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CENT [sɛnt] ou  CENNE [sɛn]
n. m. ou f.

Rem.

1. La prononciation [sɛnt] et le genre masculin, comme en France, se rencontrent dans l’usage soutenu ou le discours spécialisé (p. ex. dans le cent canadien). 2. La prononciation familière [sɛn] est aussi attestée pour la graphie cent. 3. La graphie cenne est familière.

I

Monnaie des États-Unis. La centième partie du dollar; pièce de monnaie de cette valeur.

Cent américain(e).

 Par ext. Toute pièce de monnaie américaine.

2022, TLFQ, Pièces de monnaie (« cents ») américaines [photo].

Il y a maintenant un Bureau de Poste etabli dans chaque partie des Etats Unis. [...] La Poste part de Robinstown tous les Mercredis. Ce qui suit est le taux du port Américain sur les lettres simples : Aucune distance n’excédant point 30 milles... 6 Cents [...]. Les papiers nouvelles pour aucune distance n’excédant point 100 milles, un cent chaque. 1798, La Gazette de Québec, 12 avril, p. [2] (texte traduit de l’anglais).

Nézyme. – Qu’est-ce que vous allez décider dans votre union [de quêteux]? [/] Le quêteux. – Que les particuliers de Montréal soient moins peignes [« pingres »] et qu’ils ne nous donnent pas des cents américaines, à cause du change. 1920, La Patrie, Montréal, 3 juillet, p. 10 (chron. humor.).

C’est fait. Depuis jeudi, notre dollar, après bien des hésitations, a franchi le cap des 80 cents américains. Certaines personnes se permettront sans doute un petit sourire de fierté. 1988, La Presse, Montréal, 19 mars, p. H1.

II

Monnaie du Canada.

1

La centième partie du dollar canadien, aussi appelée sou (sens III); pièce de cette valeur.

2023, TLFQ, Cents [photo].

Cinq dollars (ou, plus rare, cinq piastres) et quatre-vingt-cinq cents.

loc. VieilliCinq cents, dix cents, etc., dans la piastre : voir piastre (sens II.A.1). (Ancienn.). Une grosse cent, un (gros) deux cents, en parlant de pièces qui valaient un ou deux sous.

Cour. Un(e) cent, un cinq cents, un dix cents, un vingt-cinq cents (cp. trente sous, voir sou, sens II.2), un cinquante cents.

Cenne noire : pièce en alliage cuivreux valant un sou (par oppos. à cenne blanche, moins fréquent, s’appliquant à des pièces de cinq, dix ou vingt-cinq sous, fabriquées en argent, puis en métal blanc).

Un tas de cennes noires. Vingt-cinq sous en cennes noires.

Rouler des cennes noires : enrouler un nombre déterminé de pièces de un sou dans un emballage prévu à cette fin. Bonbons, cigarettes à la cenne, vendus à l’unité (valant autrefois un sou).

Vente à une cenne. (Précédé d’un adj., pour insister sur l’importance relative de la valeur de la pièce). Un beau cinq cennes tout neuf. Avoir seulement un vieux dix cennes.

 Par ext. Pièce de monnaie quelconque.

Avoir une poignée de cennes dans ses poches.

Rem.1. Cent est l’appellation officielle de l’unité divisionnaire du dollar canadien depuis 1907, en remplacement de centin. Le mot est courant depuis l’instauration du système décimal (1858), mais il a été souvent critiqué, surtout au tournant du XXe s., en raison de son origine anglaise. 2. De nos jours, la prononciation [sɛn], dont rend compte la forme écrite cenne, est de registre familier; cent, prononcé [sɛnt] et de genre masculin, ne se rencontre pour ainsi dire jamais dans certains emplois du mot (p. ex., on dit une cenne noire, une cenne blanche, bonbons à la cenne). En comparaison, le mot sou est de registre neutre. 3. Souvent représenté autrefois par l’abréviation cts, selon l’usage anglais, de nos jours par le symbole ¢ placé après le nombre, comme dans 50 ¢; peut aussi se noter 0,50 $.

 centincoppe (sens I.1); sou (sens III).

[...] il est par le present statué par l’autorité susdite, qu’en autant et aussitôt que la chose sera jugée facile et praticable, les comptes publics de cette province, et les comptes de tous les départements et fonctionnaires publics, seront tenus par piastres et parties décimales d’une piastre, dont la centième partie sera appelée un centième ou cent, et la millième partie un millième [...]. 1851, « Acte pour pourvoir à l’introduction du système décimal dans le cours des monnaies de cette province, et pour amender les lois relatives au dit cours », dans Statuts provinciaux du Canada, chap. 47, préambule.

Le père Sansfaçon une fois la langue déliée par une couple de shnuffres [« verres d’alcool »], s’extasia sur les largesses de Cléophas, qui faisait les choses bien et qui dépensait une piastre avec autant de sans-gêne qu’une pièce de cinq cents. 1898, H. Berthelot, Les mystères de Montréal, p. 95.

La mère Thibault était en outre l’opulente propriétaire d’un « magasin » où elle vendait de tout : quincaillerie, épicerie, tabac, bonbons, « à la cent », et surtout, autre spécialité de la maison, petite bière d’épinette à un sou le verre. 1919, D. Potvin, L’appel de la terre, p. 35.

Et il met la main dans sa poche. – Tiens, je t’en donne ... toute ma fortune. – Non, non. [/] Y la force à prendre son petit change. Une bonne poignée de cennes noires, un peu de blanches. – Ça vaut ça. Ça vaut ça. 1965, Cl. Jasmin, Pleure pas, Germaine, p. 29.

Lucien Bouchard démissionne et voilà le dollar canadien qui perd près d’un cent sur les marchés. L’accord constitutionnel de Meech échoue, un mois plus tard, et rien ne se produit, les marchés restent étonnamment calmes. Même que depuis vendredi, notre dollar a gagné un peu plus d’un demi cent. 1990, Le Soleil, Québec, 27 juin, p. B3.

2

Fam.(Dans des locutions ou des comparaisons, le plus souvent employé au féminin et écrit cenne). Calculer à la cenne, de façon très précise. Pas une cenne de plus, pas une cenne de moins. Jouer aux cennes : jouer aux cartes en misant des pièces de monnaie. C’est avec des cennes qu’on fait des piastres : voir piastre (sens II.A.2).

 (Par allusion à la dimension d’une pièce de monnaie). Avoir les yeux grands comme des vingt-cinq cennes : syn. de avoir les yeux grands comme des piastres (sens I.2). Grand comme un dix cennes, pas plus grand qu’un dix cennes : très restreint, exigu (en parlant d’un espace).

Un garde-robe grand comme un dix cennes.

 (Pour exprimer la plus petite somme possible, souvent avec cenne noire où l’adj. marque l’insistance).

Ne plus avoir une cenne. Ne pas avoir une cenne qui l’adore. Ne pas faire, ne pas gagner une cenne. Ne pas payer, ne pas donner une cenne, une maudite cenne. Incapable de mettre une cenne de côté. Perdre, payer jusqu’à la dernière cenne. Être toujours à la dernière cenne.

 coppe (sens I.2); sou (sens III); token (sens 2); tôle2.

– Monsieur, lui dit-il, votre caissier vous a volé. – Ah bah! – Mon Dieu oui, deux cent mille dollars; pas un cent de plus ou de moins. 1867, L’Événement, Québec, 31 mai, p. 2.

– Q. : Est-ce qu’il joue à l’argent? – R. : Ah, je ne peux pas dire. Pour dire qu’il n’a pas joué, je l’ai vu jouer aux cents, pas un gros montant, une ou deux cents. 1889, Québec, BAnQQ, Cour d’appel (Québec), cause no 31 (1888), factum de l’appelant, p. 54.

– Tu peux en parler de Joe Greenwood. I a pas une cenne qui l’adore. J’gagerais ben à part de ça qui a pas risqué une token dans l’entreprise. – Pour dire le vrai, j’engage Greenwood pour conduire les travaux. C’est moi qui a sorti l’argent. Une fois l’aqueduc fini la corporation va me payer. J’pardrai pas une cenne. 1944, Cl.-H. Grignon, Un homme et son péché, 25 août, p. 5 (radio).

Les gérants de banque, c’est toute une gang de tout-nus qui pensent qu’un compliment entre le hot chicken pis le dessert ça vaut un pourboire, pis qu’y partent sans te laisser une crisse de cenne noire. 1989, M. Tremblay, Le premier quartier de la lune, p. 213.

On en est pas encore à parler gros sous mais il demeure qu’il est épeurant de les évoquer à une époque où les pouvoirs publics sont à la dernière cenne. 1995, Le Soleil, Québec, 24 février, p. B1.

 VieilliMagasin de quinze cents ou (par ellipse, et plus usuel) quinze(-)cents, quinze(-)cennes n. m. Syn. de cinq-dix-quinze.

Moi aussi je vas faire mon petit tour au quinze cennes des fois. C’est là que j’ai rencontré la Guitte. T’as dû la remarquer quand t’es allé faire des politesses à sa petite amie de fille, la belle Florentine... 1945, G. Roy, Bonheur d’occasion, p. 423.

Rem.Parfois noté avec des majuscules dans Quinze-Cents. On trouve aussi (magasin de) 15 ¢, ou 15 cents.

3

Fig., fam. Couper, fendre les cennes en deux, en quatre : ménager jusqu’à l’extrême. Perdre cinq cennes, devoir cinq cennes au curé (au bedeau), mettre vingt-cinq cennes sur le comptoir (ou autres variantes) : avoir la braguette de son pantalon ouverte. (En parlant d’un camion, d’un autobus, etc., ou, par ext., de son conducteur). Ne pas s’arrêter, ne pas tourner sur un dix cennes : s’arrêter, tourner avec difficulté, en raison de la taille du véhicule par rapport à l’espace disponible pour effectuer la manœuvre; (en tournure positive) tourner sur un dix cennes, avec facilité, avec dextérité, malgré la taille du véhicule (cp. variante avec trente sous, voir sou, sens II.2). Changer, échanger quatre vingt-cinq cennes pour une piastre : syn. (moins fréq.) de changer, échanger quatre trente sous pour une piastre (voir sou, sens II.2).

 (Exprimant une mesure minimale). Une cenne de qqch. : une infime partie de qqch. Quelque chose d’une cenne, de cinq cennes, de peu de valeur, de peu d’importance.

Des petites misères de cinq cennes.

Ne pas valoir une cenne, cinq cennes : (en parlant de qqch.) ne pas valoir sa valeur marchande, ne pas être de qualité; (en parlant de qqn) ne pas avoir d’aptitude, de compétence (pour telle chose). Ne pas avoir (pour) deux cennes de (suivi d’un subst. abstrait désignant une qualité) : être dépourvu de.

Ne pas avoir deux cennes de bon sens, de patience.

Pas pour une cenne, pas pour deux (cinq, dix) cennes : pas du tout.

Ça ne me dérange pas pour deux cennes. (Plus cour. avec un adj.). Pas compliqué, pas méchant, pas prétentieux pour cinq cennes.

(Avec un v. au conditionnel). Elle ne ferait pas ça pour cinq cennes : il ne lui viendrait pas à l’idée de faire cela.

 coppe (sens I.3); sou (sens III); token (sens 3).

– R. : Ce soir-là je me suis aperçu qui [le cheval] clochait de cette patte-là mais je ne l’ai pas dit à M. Houle. – Q. : Lors de votre voyage à Inverness vous l’avez dit à M. Houle? – R. : Oui, et que ce cheval ne valait pas une cent pour gagner de l’argent avec. – Q. : Quand ce défaut qu’il a vient à être connu est-ce que ça ôte de la réputation à un cheval comme ça? – R. : Il n’y en a pas beaucoup qui aiment ça, ça éloigne les pratiques. 1885, Québec, BAnQQ, Cour d’appel (Québec), cause no 49, factum de l’appelant, p. 25.

Ça d’la musique? Pas pour un’ cenne! Mais c’est comm’ çà qu’on s’gât’ le goût. C’est d’la culture américaine Que l’radio répand partout. 1929, J. Narrache, « L’radio », dans L. Mailhot et D.-M. Montpetit, Monologues québécois 1890-1980, 1980, p. 141.

Les romans canadiens que tu m’as prêtés, je les ai lus. Je te dis franchement que ça m’ennuie. Des romans français, pas canadiens pour deux cennes. 1965, A. Major, La chair de poule, p. 17.

Entre autres Claude Morin et Pierre Renaud, le premier venu de la haute administration, où il s’était exercé aux longues patiences, le second, du rin, où il avait appris à couper les cents en quatre et à défendre comme sa vie le trésor d’un parti pauvre. 1986, R. Lévesque, Attendez que je me rappelle..., p. 340.

Fallait voir Mario virer son carrosse [sa chaise roulante] sur un dix cennes sans lâcher la raquette, freiner en utilisant l’avant-bras, attaquer les balles (« j’aime pas frapper au deuxième bond », la seule concession qu’on leur fait) puis revenir au centre, pour réaliser que ces gens-là pratiquent deux disciplines sportives en même temps. 1995, La Presse, Montréal, 16 août, p. S8.

4

(Par ext. des sens 1 et 2). Fam.(Au pluriel). Argent; montant indéterminé d’argent.

Avoir des cennes. Ramasser ses cennes. (Se) faire quelques cennes en passant les journaux.

Être proche de ses cennes : être avare. Question de piastres et de cennes : voir piastre (sens II.A.3). Penser en cennes et en piastres : voir piastre (id.). (Au sing.). Être à la cenne : syn. de être à l’argent (sens II.4). Faire une cenne : syn. de faire la ou (une) piastre (sens II.A.3).

 piastre (sens II.A.3).

Il m’a demandé des cents pour boire. Je lui donnai 7 cts. 1883, Le Nouvelliste, Québec, 24 avril, p. [2].

Quand j’ai parlé de travailler, j’pensais à me faire qué’ques cennes pour pas être obligé de demander de l’argent pour m’en retourner en Canada. 1938, Ringuet, Trente arpents, p. 279.

I font des bavassements dans mon dos que j’ai l’cœur dur, que j’sus proche de mes cennes. J’vas leu montrer ça, moi, si j’sus proche de mon argin. 1944, Cl.-H. Grignon, Un homme et son péché, 12 septembre, p. 2 (radio).

D’un côté comme de l’autre, je les trouve ridicules [les propriétaires et les joueurs] [...]. Quand je pense que nous, on économise nos cennes pour aller au Stade... En plus, il fallait que ça arrive [la grève] alors que les Expos connaissaient leur plus belle saison depuis longtemps : c’est pas compliqué, j’en ai des motons dans la gorge! 1994, La Presse, Montréal, 25 août, p. S2.

Après la Chine, c’est au tour de l’Inde et du Pakistan de recevoir la visite de Team Canada. Ces pays violent les droits de la personne? Bof, les affaires sont les affaires. Jusqu’où le Canada est-il prêt à aller pour faire une cenne? 1996, Voir, Montréal, sem. du 18 au 24 janvier, p. 6.

 Baise-la-cenne, ou suce-la-cenne, ou gratte-la-cenne, ou pince-la-cenne n. ou adj. : syn. de baise-la-piastre.

Quand il parlait, c’était pour bougonner. Et quand il ne bougonnait pas, c’est qu’il m’espionnait. Et suce-la-cenne! Il comptait les secondes, madame. Si je partais à cinq heures moins dix plutôt qu’à cinq heures, vous pouvez être sûre que ça paraissait sur ma paye. 1989, Y. Beauchemin, Juliette Pomerleau, p. 221.

Histoire

De l’anglais nord-américain cent « the hundredth part of a dollar » (attesté depuis 1782, v. OED et Craigie). Le genre du mot est attesté de façon nette depuis 1859 pour le féminin (dans Procès de J.-B. Beauregard, 2e éd., p. 6 : une cent), depuis 1867 pour le masculin (v. ex. sens II.2); les glossairistes le donnent le plus souvent comme féminin (v. par ex. Clapin et Bélisle1). La prononciation [sɛn] est relevée depuis 1890 (GeddChal 232); celle avec [t], comme en anglais, faisait déjà l’objet d’une recommandation dès la fin du XIXe s. (v. par ex. Clapin : « pron[oncer] ceinne-te »; par contre, d’après GPFC : « Il faut prononcer sans faire entendre le t »). La graphie cenne apparaît en 1916 (dans une transcription de contes oraux par Ch.-M. Barbeau; v. la collection Barbeau aux AFEUL, ms. 104, p. 1) et elle devient fréquente à partir des années 1940, surtout dans les passages dialogués.

IDepuis 1798. Cent « monnaie des États-Unis » est attesté en France depuis 1835 seulement (d’après FEW cent 18, 41a). Cent américaine, depuis 1920.

II1Depuis 1851. De l’anglais canadien cent, attesté également depuis 1851 (v. dollar, Hist.). Cent canadien, depuis 1920. Cenne noire, depuis 1943 (chez Cl.-H. Grignon); cenne blanche, depuis 1970 (Barbeau2 191). Bonbons à la cent, depuis 1919; cigarettes à la cenne, depuis 1946 (É. Coderre, Rêveries de Jean Narrache, 25 juillet, p. 1; radio : un petit magasin de nénanes à la cenne, de cigarettes à la cenne). Précédé d’un adjectif, depuis 1930 (Le Goglu, Montréal, 25 octobre, p. 6 : sans arracher une vieille cent percée au Trésor public). En parlant d’une pièce de monnaie quelconque, depuis 1944 (R. Lemelin, Au pied de la Pente Douce, p. 55); cp. sou dans le même sens (v. TLF, s.v. sou). L’abréviation cts (depuis 1867) est empruntée à l’anglais (v. par ex. Random 1983, s.v. cts.). 2On trouve des emplois comparables avec sou en français, au Québec comme en France (par ex. n’avoir pas un sou, jusqu’au dernier sou, v. TLF et Robert 1985). Pas un cent de plus, depuis 1867 (pas une cent de moins, depuis 1945, chez O. Légaré). Ne pas avoir une cent, depuis 1919. Ne pas avoir une cent qui l’adore, depuis 1917 (BarbGourg 202). Ne pas donner une cent, depuis 1880. Jusqu’à la dernière cent, depuis 1944 (O. Légaré, Nazaire et Barnabé, 24 novembre, p. 4; radio). Magasin de quinze cents, depuis 1930 (La Presse, 12 juillet, p. 37; écrit magasin de 15 c); quinze cents, depuis 1945 (dès 1936 sous la forme 15 ¢). 3Couper une cent en quatre, depuis 1938 (É. Baudry, Rue Principale, 30 juin, p. 4; radio). Perdre cinq cennes, depuis 1970 (d’après Barbeau2 191, où l’on suggère que l’expression peut être née du fait que le bouton de culotte ressemblait à une pièce de cinq cents). Ne pas valoir une cent, depuis 1885. Pas (+ adj.) pour une cenne (ou variantes), depuis 1919 (La Patrie, Montréal, 18 janvier, p. 13 : pas orgueilleuse pour dix cents). Pour les expressions où cent sert à exprimer une mesure minimale, cp. ne pas valoir un sou, deux sous, n’avoir pas un sou de (bon sens, jugeote, malice, etc.), pas (jaloux, poseuse, etc.) pour un sou, etc., qu’on trouve en France (v. TLF et Robert 1985) de même qu’au Québec. 4Depuis 1883. Se faire des cents, depuis 1944 (chez O. Légaré). Être proche de ses cennes, depuis 1944 (chez Cl.-H. Grignon). Pince-la-cenne, depuis 1944 (J. Laforest, Pierrot Latulipe, 14 janvier, p. 4; radio : pince la cent; les autres variantes ne sont relevées qu’à partir du milieu des années 1960); par analogie de baise-la-piastre (et variantes), attesté plus anciennement; cp. en outre grippe-sou « personne que l’avarice attache à de petits gains sordides », attesté depuis au moins 1778 (v. TLF) et qui rend la même idée que pince-la-cenne

Version du DHFQ 1998
Pour poursuivre votre exploration du mot cent, consultez notre rubrique La langue par la bande
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Cent ou cenne. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 20 février 2024.
https://www.dhfq.org/article/cent-ou-cenne