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CENTIN [sɑ̃tẽ]
n. m.

  

VieuxLa centième partie de la piastre canadienne; pièce de monnaie de cette valeur.

2022, TLFQ, Centin (Prix du journal « La Presse » en 1920, 5 centins) [photo].

Un timbre de un centin. Une piastre et quinze centins. Un cinq, un dix, un vingt-cinq, un cinquante centins. Demi-centin.

Acheter, vendre, payer qqch. à cinquante centins dans la piastre : voir piastre (sens II.A.1, variantes avec cent et sou). Calculer au centin, très précisément. Ne pas avoir un seul centin : ne pas avoir un sou.

Rem.À partir de 1859, centin est la désignation officielle, dans les textes en français, de la centième partie de la piastre et ce, jusqu’en 1907 où il est remplacé par cent (déjà courant à l’époque). Centin n’a jamais obtenu la faveur populaire ni celle des critiques qui, en général, lui préfèrent sou.

 cent (sens II.1).

Et qu’il soit statué, que les dénominations de monnaie du système monétaire de cette province seront : louis, piastres, chelins, deniers, centins et millins; [...] la piastre équivaudra au quart d’un louis, le centin sera la centième partie d’une piastre, et le millin la dixième partie du centin [...]. 1853, « Acte pour régler le système monétaire », dans Statuts de la province du Canada, chap. 158, art. 2.

Présenté une pétition de William Brown et autres de la Police Provinciale [...] demandant que leurs gages soient fixés à pas moins de une piastre cinquante centins pour les sergents et une piastre vingt cinq centins pour les constables [...]. 1877, L’Événement, Québec, 3 mai, p. [2].

Je ne suis tout de même pas obligé de donner mon argent. Je consens à vous verser la somme de trois piastres et un écu [« cinquante cents »]. Pas un centin de plus. 1944, Cl.-H. Grignon, Un homme et son péché, 4 mai, p. 5 (radio).

achetez, vendez, echangez vos propriétés par les annonces classées pour quelques centins par jour [;] vous aurez l’avantage de la laisser quelque temps sous l’œil attentif de milliers de lecteurs du journal. 1950, Le Nouvelliste, Trois-Rivières, 3 janvier, p. 12 (annonce).

Que chaque personne à qui ce qu’il doit, il dit, qu’i’ [=elle] se transporte, il dit, à bord de mon navire qui est amarré au quai. Il dit qu’i sera payé jusqu’au dernier centin. 1954, Clermont (Charlevoix-Est), AFEUL, L. Lacourcière 1754 (âge de l’informateur : n.d.).

[Vers 1938]. Les lectrices [de la revue Paysana] peuvent commander les cahiers de tricot pour 30 centins (et oui, des centins...) et sont invitées à rencontrer la chroniqueuse de tricot lors des expositions itinérantes destinées aux cercles de fermières. [/] La journaliste Odette Oligny [...] présente des patrons qui se vendent 15 sous, et commente la mode. Les patrons sont en sous, et les tricots en centins, allez savoir pourquoi! 1992, J. Desrochers, Françoise Gaudet-Smet, p. 59.

Histoire

Depuis 1853. Néologisme correspondant au mot anglais cent « a bronze coin valued at one hundredth part of a Canadian dollar » (DictCan), peut-être d’après le français centime « la centième partie du franc » (depuis 1793, v. TLF). On trouve aussi à l’époque centième dans un texte législatif de 1851 (Statuts provinciaux du Canada, chap. 47, préambule : [...] les comptes publics de cette province [...] seront tenus par piastres et parties décimales d’une piastre, dont la centième partie sera appelée un centième ou cent, et la millième partie un millième [...].).

Version du DHFQ 1998
Pour poursuivre votre exploration du mot centin, visionnez notre capsule vidéo Dis-moi pas!?
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Centin. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 18 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/centin