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CAVREAU [kavʀo]
n. m.

Rem.

Variante graphique cavereau.

1

VieilliPetite cave située sous une habitation, servant à entreposer des provisions, à conserver des denrées.

Cavreau à légumes.

 Mod.Compartiment à légumes aménagé au sous-sol d’une habitation; chambre froide.

[...] dans le cavereau apres avoir lever nos scellez s’est trouvé les boissons et autres choses qui suivent : deux bariques de vin [...]. 1709, Québec, BAnQQ, gr. P. Rivet, 5 février.

2

Syn. de cave1 (sens II.2).

Deux ma[is]ons autour de lad[ite] cour, un fournier [« fournil »], un cauvreau [sic] [...]. 1695, Trois-Rivières, BAnQQ, gr. A. Adhémar, 31 mai, p. [10].

J’ai vu là deux réservoirs dans un terrain bien bas. Ces réservoirs étaient de petites bâtisses de douze pieds carrés environ, semblables à des cavreaux pour des patates. 1873, Trois-Rivières, BAnQQ, Cour d’appel (Québec), cause no 10, factum de l’appelante, appendice, p. 18-19.

À quelques pieds en arrière de la maison d’habitation, dans la pente d’une coulée, est un « cavereau » (caveau), de 10 pieds carrés et 6 pieds de profondeur, recouvert de planches au ras du sol; on y emmagasine en hiver les racines et pommes de terre. 1898, L. Gérin, dans MSRC 4/1, p. 159.

3

VieilliSyn. de caveau (sens 2).

Cavreau à bois. Enfermer qqn dans un cavreau.

[...] une porte pour l’ouverture de la dite escalier et une autre porte pour le cavereau [...]. 1842, Québec, BAnQQ, gr. É. Tessier, 23 août, no 1127, p. [4].

[...] il y aura aussi des petits cavreaux dans les mansarde, 2 sur le devent et un sur le derrièrre [...]. 1852, Québec, BAnQQ, gr. H. Bolduc, 14 janvier, no 1826.

[Ça] fait que la bonne femme, le soir, elle se met à lui parler. En lui parlant, les belles roses sortaient de dedans la bouche. Ah! Bonjour, la bonne femme, ça la choque, elle te poigne Cendrillonne, elle y donne une bonne volée, pis elle l’envoye dans le cavreau. 1955, L’Anse-Saint-Jean (Chicoutimi), AFEUL, C. Laforte 170 (âge de l’informatrice : n. d.). 

4

VieilliConstruction souterraine située sous une église ou dans un cimetière, servant de sépulture.

2022, TLFQ, Cavreau du cimetière Mount-Hermon à Sillery [photo].

SYN. caveau.

 Construction élevée en forme de chapelle dans un cimetière, où l’on dépose les dépouilles pendant l’hiver en attendant que l’état du sol permette leur inhumation habituelle.

 charnier.

Le coroner fit déposer les restes du comte dans le « cavreau » de l’Église [sic] en attendant qu’ils fussent rendus à sa veuve. 1880, H. Berthelot, « Les mystères de Montréal », dans Le Vrai Canard, Montréal, 22 mai, p. 2.

J’apprends qu’un de mes vieux parents me laisse sa fortune en mourant, ça me fait plaisir, ça me fait plaisir. On va à son domicile, verser des larmes de crocodile, ça me fait plaisir, ça me fait plaisir. On lui fait des belles funérailles, un beau cavreau en pierres de taille, ça me fait plaisir, ça me fait plaisir. 1972, Sainte-Marie (Beauce), AFEUL, M. Gagné 1335 (chanson) (âge de l’informatrice : n. d.). 

Histoire

De cave1, et suff. -(e)reau (variante de -eau).

1Depuis 1709. Hérité de France; attesté dans la langue générale depuis la fin du XVIe s. jusqu’au début du XVIIe et signalé dans les parlers de l’Ouest et du Centre (v. FEW cavus 2, 559b). 2Depuis 1695. Sans doute hérité de France; cp. l’exemple suivant, relevé dans la langue du XVIe s. : Ladite maison et cavereau aussy voulté sis pres icelle (v. Huguet, s.v. cavereau). 3Depuis 1842. 4Depuis 1880. Hérité de France; relevé dans la langue du XVIIe s., chez Béroalde de Verville (v. Huguet id.).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Cavreau. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 13 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/cavreau