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CINQ-DIX-QUINZE [sẽkdiskẽz]
n. m. invar.

Rem.

1. S’écrit plus souvent 5-10-15. 2. Variantes graphiques : cinq, dix, quinze5 10 15, 5/10/15, 5c, 10c et 15c.

  

Magasin, pouvant loger un casse-croûte, où l’on vend des articles à prix modique.

VieuxMagasin (de) 5-10-15 ¢.

Péjor.Bijoux, robe de 5-10-15, de mauvaise qualité, de peu de valeur.

 quinze-cents (s.v. cent, sens II.2).

Enveloppe perdue. – Samedi soir à partir du magasin 5c, 10c et 15c de St-Roch en allant vers St-Sauveur, contenant la somme de $14.15 [...]. 1913, Le Soleil, Québec, 14 avril, p. 11 (annonce).

– Fridolin : Pas si vite, j’avais pas d’argent pour m’acheter des lunettes! – Daunais : Ah, malheureux! – Fridolin : Les moins chères au cinq, dix, quinze, c’était trente sous! 1938, Gr. Gélinas, Le train de plaisir, 26 octobre, p. 2 (radio).

Partout, ces décorations, criardes pour la plupart, nous faisaient signe d’attendre avec espoir les beaux jours de fêtes. Et nous rêvions de plus belle. Nous pouvions rester des heures à examiner ces vitrines d’étrennes proposées chez les Larivière-Leblanc, les Woolworth, les Kresge, les 5-10-15 et autres bric-à-brac de cette rue commerciale! 1972, Cl. Jasmin, La Petite Patrie, p. 68.

Un des derniers 5-10-15 des années 1950, le magasin Kresge du quartier Saint-Jean-Baptiste à Québec, disparaîtra à son tour, au mois d’août. 1988, Le Soleil, Québec, 2 juin, p. D3 (légende de photo).

Mais cette volonté de faire distingué dans une rue où régnaient depuis toujours la patate frite grasse et l’omniprésent hot-dog était démentie par la présence, à l’entrée [du restaurant], d’un énorme coq en plâtre, ergots sortis et cou tendu dans un muet cocorico, surmonté d’un gigantesque abat-jour imitation paille, monstrueuse lampe aux couleurs agressives qui faisait peur aux enfants et que n’aurait pas désavouée le plus cheap des 5/10/15. 1989, M. Tremblay, Le premier quartier de la lune, p. 203.

Fig., péjor.

Un vénérable monsieur rencontré l’autre jour parlait d’une équipe de 5-10-15, ce qui révélait son âge puisque la chaîne de magasins de cossins n’existe plus depuis longtemps. Mais l’image demeure et elle risque de coller aux Expos si les résultats ne sont pas meilleurs. 1993, La Presse, Montréal, 16 avril, p. S7.

NOTICE ENCYCLOPÉDIQUE

Les premiers magasins à prix uniques voient le jour aux États-Unis en 1879 sous l’enseigne Woolworth, du nom de leur propriétaire. Au début, tout s’y vend pour cinq sous et cette idée novatrice connaît un succès commercial énorme qui se traduit rapidement par l’arrivée de compétiteurs. Au Québec, on voit apparaître dès le début du XXe siècle les premiers « 5 and 10 cts Store » qui s’annoncent, vers 1930 à Québec, comme « 5, 10, 15c to $1.00 ». Ces magasins à rabais, qui se glorifient d’offrir de tout à petits prix et pour tout le monde, sont généralement associés à de grandes surfaces, mais beaucoup de petits commerces se spécialisant dans la vente d’objets de qualité médiocre empruntent la formule. 

Source : Cap-aux-Diamants, no 40, 1995, p. 52-56.

Histoire

Depuis 1913 (Le Soleil, 29 mars, p. 8 : gérant du 5-10-15, de St-Sauveur). D’après l’anglais américain où le mot est attesté sous de nombreuses variantes, par exemple 5c store (depuis 1879), 5 & 10 Cent Store (depuis 1880), 5-10-25 cent store (1942), etc. (v. DARE, s.v. five-and-ten; v. aussi Craigie, s.v. five).

Version du DHFQ 1998
Pour poursuivre votre exploration du mot cinq-dix-quinze, consultez notre rubrique En vedette.
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Cinq-dix-quinze. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 28 mai 2024.
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