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VENTE [vɑ̃t]
n. f.

1

(Emploi critiqué). Vente à rabais qu’un commerçant fait, souvent dans un but de promotion; liquidation.

Profiter des ventes. Courir les ventes. Journée des ventes. Grande vente de paletots, de chaussures, de blanc. Vente anniversaire, annuelle. Vente d’automne, de janvier.

Vente à sacrifice, de débarras, d’écoulement, de liquidation : liquidation. Vente à un sou ou (à l’oral) vente à une cenne, au cours de laquelle l’acheteur obtient deux articles semblables en ajoutant un cent au prix du premier article. Vente d’inventaire, de fermeture, de faillite, de feu, etc. : vente à rabais, liquidation pour cause d’inventaire, de fermeture, etc. Vente d’entrepôt : liquidation de marchandises dont on veut se débarrasser pour faire place à de nouveaux arrivages ou qui ont été endommagées lors de l’entreposage. Vente de trottoir, vente trottoir : liquidation qu’un commerçant tient devant son magasin. Vente finale : vente ferme, définitive.

 En vente : à prix réduit, à rabais.

Acheter un manteau, une table en vente. C’est en vente à tel magasin.

SYN. en solde.

Rem.1. Cet emploi de vente est courant dans le vocabulaire de la publicité et du commerce (depuis le XIXe s.), mais est de plus en plus concurrencé par solde(s), liquidation. 2. En France, vente est nécessairement suivi d’un déterminant quand on veut exprimer l’idée de « vente à prix réduit » (vente au rabais, à bas prix, exceptionnelle, extraordinaire).

Le soussigné commencera lundi prochain la Grande Vente Annuelle de corniches et ornements de rideaux à des prix défiant toute compétition. 1870, L’Ordre, Montréal, 15 décembre, p. 3 (annonce).

Pendant ce temps, madame Lafrenière (comme disait son mari), questionnait Hortense sur la vie à Montréal et sur les grandes ventes du lendemain chez Morgan et chez Simpson. 1949, Ringuet, Le poids du jour, p. 204.

Il arrive qu’Ottawa sache, dans certaines circonstances très particulières, se faire divertissante; des circonstances comme la grande fête du 1er juillet, avec feu d’artifice, [...] la semaine des secrétaires, une « vente de trottoir » rue Bank, une visite royale, l’agitation atteignant un comble si c’est Sa Gracieuse elle-même qui visite. 1979, L’Actualité, juin, p. 83.

Je m’interroge pour ma part sur la vente de feu d’où viennent les lampadaires qu’on semble avoir acheté [sic] par milliers : vous n’avez qu’à attendre de voir votre maison se lézarder pour qu’on vous en flanque un sous votre fenêtre, avec un cèdre bruni dans une boîte de tôle en prime à l’électeur. Un jour, peut-être Montréal verra qu’elle est belle et rejettera le corset qui l’étouffe. 1983, Cl. Charron, Désobéir, p. 241.

Le « boxing day » [le lendemain de Noël] demeure tout de même un événement très couru, mais c’est surtout pour profiter des ventes que les consommateurs envahissent les centres commerciaux, en cette traditionnelle journée de magasinage. 1988, Le Journal de Québec, 27 décembre, p. 5.

2

(Emploi critiqué). Vente de garage : vente à bas prix que l’on tient devant sa maison, dans sa cour, dans son garage, d’objets dont on veut se défaire (articles de ménage, meubles, jouets, par ex.).

Faire une vente de garage.

Rem.1. On trouve parfois aussi vente de débarras. 2. Avis de recommandation de l’OQLF : vente-débarras (voir OLF-Avis4, no 1602).

Vente de garage, 27 juin, 10 h à 4 h, articles de ménage, vêtements, neufs et presque neufs [...]. 1974, La Presse, Montréal, 26 juin, p. F13 (annonce).

Les ventes de garage offrent quelquefois de véritables aubaines. Certaines personnes sont heureuses de se débarrasser d’une vieille chaise ou d’une vieille table pour quelques dollars seulement. 1980, M. Ste-Marie, Guide des antiquités québécoises, vol. 1, p. 12.

Vente de garage samedi 2 juillet de 14 h à 19 h, avant départ : meubles québécois, grand frigo, nombreux articles. 1988, La Presse, Montréal, 30 juin, p. E2 (annonce).

Histoire

1Depuis 1870. D’après l’anglais sale « a special disposal of shop goods at rates lower than those usually charged » (v. OED et Webster 1986). Vente d’écoulement, de fermeture, d’inventaire, de faillite, etc., d’après l’anglais clearance, closing, inventory, bankruptcy sale (figurent rarement comme tels dans les dictionnaires anglais, mais sont bien attestés dans les journaux canadiens-anglais, par ex. bankruptcy sale, dans The Gazette, Montréal, 22 janvier 1992, p. A12; inventory clearance sale, ibid., 24 janvier 1992, p. A4). Vente d’entrepôt et vente de trottoir d’après l’anglais warehouse sale (v. The Gazette, Montréal, 11 janvier 1992, p. A6) et side-walk sale (v. The Globe and Mail, Toronto, 16 juillet 1970, p. W5). Vente finale, probablement d’après l’anglais final sale (v. The Gazette, Montréal, 1er septembre 1993, p. C5). La locution en vente, d’après l’anglais on sale « offered at a reduced price » (v. Gage 1997). 2Depuis 1974; d’après l’anglais nord-américain garage sale (v. OAD 1980, s.v. garage, et WebsterC 1989, s.v. garage sale).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Vente. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 14 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/vente