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TATA [tata] ou  TATAIS [tatɛ]
n. m.

Rem.

Variantes graphiques tétaistetais.

  

Fam.(Général. comme terme d’insulte). Personne qui fait preuve d’insignifiance, dont la bêtise, l’allure ou le comportement un peu fou prête au ridicule.

Espèce de grand, de gros tata! (En fonction attribut). Être, avoir l’air tata.

 innocent, innocentetarla.

 Homme qui fait preuve d’un manque de virilité, qui est efféminé; par ext. homosexuel.

Tremblay dit du Tremblay entreprit de devenir le tsar ou plutôt le Napoléon de la finance. [...] Constatant que les tatas qui étaient à l’hôtel de ville s’entêtaient à ne pas vouloir homologuer la rue Burnside [...], il y construisit une magnifique maison à appartements [...]. Cet édifice construit, [...] il en réclama aussitôt l’expropriation. 1929, Le Goglu, Montréal, 15 novembre, p. 5.

Et s’il a le visage moins effilé que celui de m’man, Archibald a les mêmes oreilles qu’elle. Des oreilles comme jaillies de la tête et battant au vent. En plus de ça, il est trop grand, ses bras démesurés, ses cheveux courts et raides comme de la corde de poche, ses jambes trop longues... Y peuvent ben m’appeler Le grand tata. 1965, A. Major, La chair de poule, p. 131.

Et quand Jeanne a parlé du David et de Michel-Ange, Toni l’a entraînée dans la cour des Devaux, dans le hangar à bidons du père Levasseur, pour lui faire voir ses collections de nus masculins et ses fameux petits films cochons tout déchirés, tout brûlés. Pour ces maudits bums, l’amour, ça s’arrête là, aux fesses. [...] Jeanne préfère les explications autrement plus savantes et plus distinguées d’Yvon, le chef démonteur de l’atelier, l’assistant du Danois. Yvon est peut-être un peu « tata » comme on dit, mais il est délicat en la matière. Il rougit quand il en parle, c’est vrai, n’empêche qu’il sait des tas de choses scientifiques et historiques aussi. 1967, Cl. Jasmin, Les cœurs empaillés, p. 31-32.

Et je haïssais Jack dans l’avion d’Eastern Air Lines car il était pour moi le romancier québécois dans toutes ses misères, un demeuré, un grand tata de l’écriture, et si semblable à nous tous qui ne pouvions être plus que les projections de nous-mêmes. 1972, V.-L. Beaulieu, Jack Kérouac, p. 202.

[...] considéré comme le père de la publicité québécoise, Jacques Bouchard est catégorique : nous sommes entrés dans « l’ère des tatas ». Surtout à la télévision américaine où, dit-il, l’idiot triomphe. 1989, L’Actualité, mai, p. 70.

Histoire

Depuis 1929. Mot d’étymologie incertaine, sans doute hérité des parlers de France. Peut-être à rattacher à un radical expressif tat-; cp. tatu « niais » en provençal, et « stupide » en savoyard (v. FEW 131, 128a); cp. en outre tauti « niais », en lorrain, et sot tata « jeune fille légère, écervelée », en wallon (v. FEW 131, 128). Peut-être aussi s’agit-il d’une variante de dada « benêt, nigaud, sot, niais », attesté notamment en manceau, en franc-comtois et en lyonnais, ou de dadais « garçon niais », relevé en français moderne depuis Oudin 1642 (notam. dans grand dadais; v. FEW dad- 3, 3b-4a). Peut-être encore à rattacher à la famille du latin tata « père »; cp. tata « oncle » et « grand-père » en languedocien (v. FEW 131, 129a). En raison du genre masculin qu’il connaît au Québec, paraît sans lien avec tata n. f. « homosexuel », attesté en français de France depuis la fin du XIXe s. et lui-même issu de tante (v. FEW amīta 24, 455b).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Tata1 ou tatais. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 6 décembre 2023.
https://www.dhfq.org/article/tata-ou-tatais