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ENCALMÉ, ENCALMÉE [ɑ̃kalme]
adj.

  

Mar., vieilli(En parlant d’un bateau à voiles, de celui qui est à bord). Qui est immobilisé par l’absence de vent, qui est à l’abri du vent.

Notre goëlette était encalmée par le travers des Capucins. On voyait, devant nous à petite distance, deux baleines qui jouaient sur l’eau [...]. 1863, J.-Ch. Taché, « Forestiers et voyageurs », dans Les Soirées canadiennes, vol. 3, p. 82.

Il n’y a pas de point de marée où le courant se tire au large. Je ne me suis jamais trouvé encalmé à part cette fois-là. Dans ma conviction on a resté à la même place tant qu’on n’a pas ramé. 1869, La MALBaie (Charlevoix-Est), dans Procès de Eugène Poitras, p. 12.

Quand ils sont arrivés au port du roi, il ventait beaucoup, P’tit Jean dit : « Vous allez attendre à soir et vous entrerez. » P’tit Jean débarque à terre et se rend à pied au château. Le roi demande à P’tit Jean ce qu’il a fait de son bâtiment. Il dit : « Il est encalmé dans l’anse voisine. Il se rendra à soir. » 1929, Montmagny, dans JAF 44/173, 1931, p. 241.

Par métaph.

Si les goélands planent au-dessus des caps, c’est un signe de vent; mais par contre si vous voyez quantité de goélands encalmés, c’est signe de beau temps. 1980, J.-Cl. De L’Orme et A. Leblanc, Histoire populaire des îles de la Madeleine, p. 80.

 AcadieS’encalmer v. pron. S’immobiliser faute de vent.

Quelquefois, la brise tombant à plat, les voiles, dégonflées, pendaient aux mâts; l’embarcation s’encalmait1974, H. Carbonneau, Gabriel et Geneviève, p. 19.

Histoire

Depuis 1863. Il s’agit probablement d’une variante de accalmé qui a été relevé dans le même sens en France dans la langue du XIXe s. (v. Larousse 1866 et Besch 1892) et qui est sans doute un dérivé du verbe calmer (cp. accalmée n. f. « apaisement momentané du vent et de la mer », également relevé dans la langue du XIXe s. comme terme maritime et lui-même un dérivé de ce verbe, v. TLF). Il n’est cependant pas exclu que encalmé soit issu directement de calme, sur le modèle de encalminé, attesté dans le même sens dans le vocabulaire maritime depuis 1856 (ibid.).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Encalmé, encalmée. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 24 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/encalme-encalmee