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ÉGOPORTRAIT [eɡopɔʀtʀɛ]
n. m.

Rem.

1. La graphie est hésitante au cours des premières années suivant l’apparition du mot. 2. Variantes graphiques : egoportraitégoportraitégo portraitegoportraitego portrait

  

Photo numérique que l’on prend de soimême avec un appareil portatif (le plus souvent un téléphone intelligent) que l’on tient directement dans sa main ou à l’aide d’une perche munie d’une pince.

Faire, partager, prendre, publier un égoportrait. Se prendre en égoportrait. (Se) tirer un égoportrait. Perche à égoportrait.

Rem.1. D’autres personnes que l’individu qui prend l’égoportrait peuvent également figurer sur la photo. 2. Bien qu’il soit surtout utilisé au Québec, le mot n’est pas inconnu dans le reste de la francophonie (voir Histoire).

Le selfie – ou, en français, l’« égoportrait » (dixit le collègue Fabien Deglise) – est cette variation du portrait pris à l’aide d’une webcam ou d’un téléphone cellulaire. 2013, É. Folie-Boivin, Le Devoir, Montréal, 6 septembre, p. B1.

L’ambiance était survoltée lorsque MarieMai a foulé l’immense tapis rose déroulé sur la patinoire des Galeries de la Capitale. Plusieurs ont profité de l’occasion pour faire un égoportrait avec la chanteuse. 2014, S. Godin, Le Journal de Québec, 16 mai, p. V2.

Comme la migration des oies blanches, l’été ramène invariablement son avalanche de selfies, son tsunami de visages bronzés, idiots ou pas. Depuis que les vacances pointent le bout du nez, les égoportraits ont commencé à déferler sur les réseaux sociaux, devenus les baromètres de vacances réussies. La preuve par mille que le bonheur a posé ses pantoufles chez nous. Surtout le signe que, même en pause, l’Homo erectus reste soudé à son téléphone intelligent, devenu le tamtam de son humeur du moment, son alter ego virtuel. « Voyez, j’y étais! » 2016, I. Paré, Le Devoir, Montréal, 5 août, p. B10.

Dans le cadre de la journée mondiale de l’égoportrait (selfie), le jeudi 21 juin, les utilisateurs des médias sociaux du monde sont appelés à se photographier dans les contextes les plus divers. Pour les organismes œuvrant dans la promotion et la formation en littératie numérique, cette journée spéciale est une occasion de parler aux internautes, particulièrement les jeunes, des médias et de l’image corporelle. 2018, P. Martínez, Société Radio Canada, Info (site Web), 21 juin.

Par ext., Rare Photo que l’on prend de soimême avec un appareil non portatif ou non numérique.

On apprend aussi qu’en 1839, l’Américain Robert Cornelius a été le premier photographe à se prendre en photo avec un daguerréotype. Il est l’heureux pionnier de l’égoportrait. 2018, L. Boulanger, La Presse (site Web), Montréal, arts visuels, 25 avril.

Fig., RareÉgoportrait littéraire : récit autobiographique ou autofiction où l’auteur ou l’autrice se met en scène et devient le héros ou l’héroïne de sa propre existence.

L’autobiographie, stricto sensu, me semble moins pratiquée aujourd’hui que l’égoportrait littéraire, ces histoires dont l’auteur est le héros. C’est pourquoi lorsqu’une véritable autobiographie m’arrive, je suis curieux d’aller y vérifier si l’image que son auteur se fait de luimême correspond à celle que je perçois. 2015, J.‑F. Crépeau, Géographie d’un territoire vital, Lettres québécoises, no 160, p. 36.

Histoire

Depuis 2013. Inspiré du mot autoportrait, égoportrait est formé de égo- (du latin ego « moi ») et de portrait. Il s’agit d’une création généralement attribuée au journaliste québécois Fabien Deglise, qui cherchait à proposer un équivalent français au mot anglais selfie exprimant la dimension narcissique de ce type de photo (Le Devoir, Montréal, 16 juin 2015, p. B8). Toutefois le mot apparaît de manière ponctuelle presque simultanément dans la presse française (« Par selfie, comprendre autoportrait, ou égoportrait » (M. Duretz, Le Monde, Paris, 9 septembre 2013, p. SCQ8). Il s’agit soit d’une création parallèle, soit d’une reprise rapide de l’innovation québécoise. Adopté promptement par divers médias ainsi que par l’OQLF (intégré au GDT dès mars 2014), égoportrait s’est implanté dans l’usage soigné au Québec, où il demeure fortement concurrencé par l’anglicisme selfie dans la langue courante, emprunt également bien implanté dans le reste de la francophonie. Employé sporadiquement en Europe francophone et ailleurs, égoportrait est relevé comme québécisme dans PLar et PRobert, dès leur édition 2016.

Dernière révision : octobre 2022