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BELLE-ANGÉLIQUE [bɛlɑ̃ʒelik]
n. f.

Rem.

1. Parfois écrit avec des majuscules : Belle-Angélique. 2. Variante graphique : Bel angelique.

  

Nom commun d’une plante de la famille des aracées qui pousse en colonie dans les endroits humides et marécageux, dont le feuillage à bords tranchants rappelle celui de l’iris et dont le rhizome odoriférant est reconnu pour ses vertus médicinales (Acorus calamus).

2022, Herbier Louis-Marie, Belle-Angélique (« acorus calamus ») [photo].

Racine de belle-angélique.

 Rhizome de cette plante; remède traditionnel fait avec ce rhizome.

Rem.1. Cette plante est également connue sous le nom simple d’angélique; en France, elle est appelée communément jonc odorant, lis des marais ou iris (jaune) des marais. Par ailleurs, angélique peut aussi désigner, comme en France, diverses ombellifères du genre Angelica, dont l’angélique commune (Angelica archangelica) qui est connue pour ses propriétés aromatiques et médicinales. 2. Les botanistes québécois désignent cette plante (la belle-angélique) sous le nom de acorus roseau, parfois aussi acorus aromatique ou acore odorant, comme les botanistes français qui lui donnent en outre le nom de roseau aromatique.

[...] La lettre a été apporté ches ton oncle André avec Le paquet de graine pour Mme Dessaules et un paquet de Racine de calamus aromaticus ou Bel angelique pour Julie. 1825, J. Papineau, dans RAPQ 1951-1953, p. 216.

Il y avait surtout la « marchande aux légumes », une bonne vieille qu’on appelait ainsi parce qu’elle vendait toutes sortes de choses appartenant aux quatre règnes de la nature. – Qu’est-ce que vous avez à vendre, la mère? lui demandait-on. – De l’anis, mes enfants, de la belle-angélique, des épingles, des raves, des œufs, des bas de laine, un cochon de lait, toutes sortes d’égumes! 1900, L. Fréchette, dans G.A. Klinck (éd.), Mémoires intimes, 1961, p. 69.

Dans la province de Québec, sous le nom de « Belle-Angélique », la plante occupe une place importante dans la médecine populaire. Dans le district de Montmagny, les rhizomes de « Belle-Angélique » font passer les « grandes fièvres, à condition de s’y prendre à temps ». Ailleurs, ils guérissent les névralgies et les troubles digestifs. 1935, Frère Marie-Victorin, Flore laurentienne, p. 845.

L’iris est toxique lorsqu’on l’absorbe en grande quantité; son rhizome a un goût fort désagréable et une mauvaise odeur. Avant qu’il soit en fleurs, il ne faut pas le confondre avec la belle-angélique (Acorus calamus) qui lui ressemble mais dont le rhizome est très odoriférant [...]. 1988, G. Lamoureux (dir.), Plantes sauvages printanières, 2e éd., p. 93.

Histoire

Depuis 1825 (la forme simple angélique a peut-être déjà le même sens dans un texte du XVIIe s., v. RoussBouch 296). Belle-angélique représente à la fois une extension sémantique à partir de angélique « plante du genre Angelica » et une forme composée originale; le mot angélique est cependant bien attesté dans les parlers de France dans diverses dénominations composées : cp. notamment angélique sauvage « berce » (v. RollFlore 6, p. 139), fausse-angélique et petite angélique « égopode podagraire » (v. FEW angelicus 24, 560b). L’appellation belle-angélique a été relevée également dans le français du Missouri (v. DorrSteGen).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Belle-angélique. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 19 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/belle-angelique