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BEURRAGE [bœʀaʒ]
n. m.

Rem.

Prononciation populaire : [bøʁaʒ].

1

Fam.Action de recouvrir, d’enduire (le corps, une partie du corps) d’une substance grasse ou huileuse.

 (Spécial.). Péjor.Action ou manière de maquiller, de se maquiller; rare produits servant au maquillage.

– Brie : Voyons, pas plus tard qu’il y a un instant, vous parliez de l’usage du fard avec modération. – Tobie : Ah! le beurrage!... Enfin... euh... la farde, le rouge à lèvres, tout c’qui fait d’une femme qu’elle est belle en se grimant. 1951, A. Brie, Le père Tobie, 31 août, p. 2 (radio).

J’vas ouvrir le châssis, moé, j’étouffe! J’viens de passer devant la table à beurrage, là, pis j’ai eu un étourdissement! 1973, M. Tremblay, Hosanna, p. 21.

2

Fam.Action de salir exagérément, en partic. brimade que l’on inflige aux nouveaux arrivés (étudiants, sportifs, etc.) lors d’une cérémonie d’initiation en les recouvrant de substances dégoûtantes; résultat de ces actes.

– Désiré : Va falloir que j’achète de la peinture pour toute la maison maintenant! – Mathilda : Ou bien... remplacer la brique qui est déjà peinturée... mais est-ce que ça ne se lave pas? – Désiré : Va donc laver de la peinture sur la brique de même! Ça va faire un beurrage pas montrable! 1961, O. Légaré, Zézette, 10 juin, p. 11 (radio).

C’est à se demander si les étudiants manquent d’imagination quand ils préparent l’initiation puisque c’est toujours le « beurrage » qui est à l’honneur. Les premières années, cela pouvait être drôle mais quand dix ans plus tard on ne trouve rien d’autre à faire que de « beurrer » les nouveaux arrivés alors là, ils manquent d’originalité. 1979, Le Réveil à Jonquière, 12 septembre, p. 23.

Quoi qu’il en soit, à cette rentrée de 1980, on a pu remarquer certaines tendances que prennent les initiations des nouveaux : il y a eu beaucoup plus d’initiations que par les années passées, mais les séances de « beurrage » ont presque disparu [...]. 1980, Au fil des événements, Québec, 25 septembre, p. 7.

Fig.vieilliFlatterie. (GPFC).

 Pot-de-vin. (Bélisle1-3).

 graissage.

Histoire

De beurrer.

1Depuis 1951. 2Depuis 1906 (FSPFC).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Beurrage. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 12 juin 2024.
https://www.dhfq.org/article/beurrage