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BÂSIR [bɑziʀ]
v.

Rem.

Variantes graphiques basir, bâzir, bâzirebazir, bazire.

  

v. intr. AcadieCesser d’être visible, disparaître; mourir.

Rem.Relevé sporadiquement entre Champlain et Montréal en 1905 (FSPFC); de nos jours, ne se rencontre au Québec que dans les régions dont le peuplement est de souche acadienne.

I’ [les pêcheurs] le voient... pas trop souvent [le vaisseau fantôme], dans l’automne avant des grosses tempêtes de norouet, parce que c’est par une tempête de norouet qu’i’ s’a perdu. Pis ensuite de ça, si que vous essayez d’aller proche, [...] la lumiére bâsit, pis elle va dans une autre place [...]. 1957, Miscou (Nouveau-Brunswick), dans C. Jolicœur, Le vaisseau fantôme, 1970, p. 230.

– Flora : Veux-tu ben m’dire oussé qu’i a bâsi lui, astheûre? – Amandine : J’sais ben pas. I’est à nulle part que j’ergarde. – Flora : I’a disparu vite, hein? 1975, L. Goupil, Le djibou, p. 29.

Depuis quatre mille ans que la terre roulait sa bosse, combien y avait-il eu de générations entre Adam, Abram, Moïse et le premier des Bélonie sorti d’un dénommé Jacques à Antoine, sorti de France au mitan du siècle précédent? Et tous ceux-là avaient bâsi pourtant, trépassé avec leurs parents et cousins et semblables, laissant la terre à d’autres qui bâsiraient à leur tour. 1979, A. Maillet, Pélagie-la-Charrette, p. 57.

v. tr. Faire disparaître (qqn ou qqch.).

 Bâsi, bâsie adj. Qui a disparu, qui est mort. (Voir par ex. GPFC, s.v. basir).

Histoire

Depuis 1897 (FréchCorr-128). Relevé en français au début du XVIe s. : Ceulx qui furent sains monterent sur les murailles et la firent sonner trompettes et tabourins en tyrant artillerye au travers de la ville comme si tout deust basir (v. Godefroy, qui définit le mot de façon contextuelle par « crouler »); bien attesté dans les parlers de France, notamment dans ceux de l’Ouest, ainsi qu’en argot (v. FEW gaul. *basire 1, 271b, MinVienne2, SainPar 505). L’emploi transitif (depuis 1953) est attesté dès le XVe s. en argot (bazir ung homme, v. SainArg 142 et SainPar 505). Bâsi (depuis 1903) a été relevé en français du XVe s. de même que dans les parlers de l’Ouest et du Centre (v. Godefroy, MeyAun s.v. bazir, PiqBourb s.v. bazi).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Bâsir. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 15 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/basir