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TOMBE [tɔ̃b]
n. f.

  

(Emploi critiqué). Cercueil.

Tombe en chêne. Mettre, exposer un mort dans sa tombe. S’agenouiller, se recueillir devant la tombe de qqn.

Fermer, refermer une tombe, la sceller.

Porter une tombe à l’église, au cimetière.

Petite tombe : cercueil d’enfant.

Rem.Tombe a également le sens de « lieu, fosse où l’on ensevelit les morts », comme en France.

Quelques travailleurs employés à enlever les décombres à l’église de l’ouest d’Edimbourg, découvrirent une tombe de plomb, qui contenoit quelques os et une urne de plomb. 1774, La Gazette de Québec, 17 mars, p. 2.

Au cimetière, il vint se mettre tout près du trou béant qu’on avait creusé. Avec ses yeux qui n’avaient pas pleuré, laissant tomber toutes leurs larmes au fond de son cœur, il regarda la tombe descendre lentement... Puis, on commença de jeter la terre dans la fosse, et il entendit ce bruit affreux qui devait le réveiller plus tard, si souvent : le crépitement des premières poignées sur le couvercle du cercueil. 1931, Cl. Robillard, Dilettante, p. 178-179.

Mais voici que la grand’porte [de l’église] s’ouvre : dans une poussée de soleil, la tombe brune s’avance, portée par des écoliers. Une voix cassée entonne le Subvenite, la même voix qui avait lancé le triomphal Minuit, chrétiens. La tombe approche. Luce ne marche plus, elle ne va plus dans les bois, genoux à l’air; elle dort dans cette boîte. 1946, M. Trudel, Vézine, p. 262-263.

Méo reposait dans sa modeste tombe de bois [...]. Autour du cercueil, on ne voyait pas de fleurs; aucune couronne, non plus; rien de ce luxe qui épate et reluit, même dans la mort. C’était un défunt de petite condition. 1951, G. Proulx, Chambre à louer, p. 176.

Comme tous les grands, René Lévesque a quitté Montréal triomphant, hier. [...] À 16h20, quand le cercueil de bronze de l’ancien premier ministre a quitté l’édifice Ernest Cormier et traversé la haie d’honneur, au moins 10 000 Montréalais l’attendaient [...]. [...] Puis, tandis que le fourgon mortuaire gris avalait lentement la tombe de bronze, des premiers applaudissements retentissaient. D’abord timidement, puis sans retenue. 1987, Le Devoir, Montréal, 5 novembre, p. 1.

 Fausse(-)tombe n. f. Grande caisse dans laquelle on dépose un cercueil avant de le mettre en terre pour mieux le protéger.

Histoire

Depuis 1774. Hérité de France; relevé dans la langue du XVIe s. (« cercueil de pierre en forme d’auge ») ainsi que dans les parlers du Nord-Est (v. FEW tǔmba 132, 410; ALF 214).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Tombe. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 15 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/tombe