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BOBETTE [bɔbɛt]
n. f.

I

Vieuxet rare(Dans le voc. de la mode féminine et de la publicité, parfois en appos. au subst. mademoiselle). Nom donné à une jeune femme portant une coiffure dite « à la garçonne », à la mode dans les années 1920, caractérisée notamment par des cheveux courts dont les extrémités sont bouclées sur les côtés du visage.

Rem.1. Le mot est parfois utilisé comme nom propre; il s’écrit alors avec un B majuscule. 2. Emploi uniquement attesté dans les années 1920. 

Les plus jolis et les plus nouveaux chapeaux – à un prix extraordinairement économique! Une occasion réellement merveilleuse pour vendredi. Depuis la femme d’âge mûr jusqu’à Mlle « Bobette » il y a des modèles pour toutes, en velours, peluche, ou velours et soie combinés. 1924, La Presse, Montréal, 16 octobre, p. 5 (annonce).

Chapeaux de velours garnis, chapeaux de feutre tailleur – pour femmes d’âge mûr, jeune fille ou « bobette ». Cloches, turbans, modèles à larges bords. 1924, La Presse, Montréal, 11 novembre, p. 5 (annonce).

Mignons Petits Chapeaux pour les « bobettes » [titre] Trois n’est pas absolument un encombrement lorsqu’il s’agit de trois couleurs sur le même chapeau. – C’est la mode. Vous en trouverez ainsi plusieurs dans nos jolis chapeaux de soie et paille ou ceux en feutre que nous avons en vente cette semaine. 1927, L’Écho du Saint‑Maurice, Shawinigan Falls, 17 mars, p. [5] (annonce).

Chapeaux de paille et paille et crin pour Dames [titre] Ces petits chapeaux sont bien faits pour plaire à l’armée des « bobettes » qui s’accroît chaque jour. Jolis effets à deux et même trois tons, d’autres tout à fait simples et unis. 1927, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 6 avril, p. 8 (annonce).

Les plus nouveaux modèles de chapeaux de printemps, échantillons d’une manufacture importante. Modèles pour dames et bobette [sic] dans le rose, bleu, vert, sable et noir. 1928, La Presse, Montréal, 3 janvier, p. 12 (annonce). 

Par méton., Vieuxet rarECheveux coupés courts, selon une coiffure « à la garçonne » en vogue dans les années 1920.

 bobé, bobée (s.v. bober).

Une nouvelle épingle à cheveux, pour les bobettes, invisible et facile à ajuster. La carte de 10 épingles [:] 15c[.] 1927, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 29 avril, p. 12 (annonce).

Une collection de filets pour cheveux. De forme bonnet avec frange. Très utile pour la vie en plein air […]. Filets pour bobettes, en même matériel que ceux décrits plus hauts [sic], mais faits pour s’adopter [sic] tout spécialement aux cheveux coupés. 1927, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 27 juin, p. 8 (annonce).

Vieuxet rarE(En emploi adj.). Qui porte cette coupe de cheveux.

Pour la saison sportive, le chapeau de feutre est un des grands favoris. Nous en avons un assortiment qui vous plaira. Jolis modèles, nuances variées et à la mode, bleu, noir, noir et blanc, drab, etc. Ils sont faits pour bien coiffer les têtes bobettes. Apparence de chapeaux très dispendieux. 1927, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 28 avril, p. 12 (annonce).

Une balance de chapeaux velours et soie ou en feutre pour dames et jeunes filles. Ils sont faits petits et s’adaptent aux têtes dites « bobettes ». Plusieurs pour les dames aux cheveux longs. 1928, Le Bien public, Trois‑Rivières, 9 février, p. 8 (annonce).

NOTICE ENCYCLOPÉDIQUE 

1. Une coupe de cheveux anticonformiste. En décembre 1914, peu après le début de la Première Guerre mondiale, la danseuse américaine Irene Castle, véritable icône de la mode, s’affiche avec une toute nouvelle coiffure lors de la première du spectacle musical Watch your Step, présentée à Broadway (New York). Cette grande vedette de la danse et du cinéma muet lance alors une nouvelle coiffure féminine caractérisée par des cheveux coupés courts (bobbed hair) au niveau des lobes d’oreilles et bouclés sur les côtés. Cette coupe au carré nouveau genre, rapidement appelée Castle bob (aussi Irene Castle bob), rompt avec la tradition de l’époque, qui valorise la chevelure féminine d’autant plus qu’elle est longue et se prête à toutes sortes d’arrangements, dont le port du chignon.

2021, ElMagyar, Irene Castle dans un costume de Lucile pour Watch Your Step d'Irving Berlin en 1914 [photo], Wikimédia Commons. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:IreneCastle-hoop-1914.jpg

2. La chevelure courte parmi les symboles d’émancipation des femmes. L’apparition de la coupe dite Castle bob s’inscrit dans un mouvement d’émancipation des femmes amorcé durant la Grande Guerre, notamment au Royaume‑Uni, aux États‑Unis et en France, qui s’est affirmé davantage dans les années 1920. Aux États‑Unis en particulier, où les femmes acquièrent le droit de voter à l’élection présidentielle pour la première fois en 1920, on assiste à l’émergence du terme flappers pour désigner les jeunes femmes rebelles qui adoptent des comportements traditionnellement associés aux hommes (fumer la cigarette en public, boire de l’alcool, conduire une voiture, afficher une sexualité plus libre, rejeter le port du corset, porter des vêtements plus courts, etc.). En France, les femmes associées à un mouvement semblable sont appelées garçonnes. Dans ce contexte, le port des cheveux « à la garçonne », ou bobbed hair, devient l’un des signes distinctifs et emblématiques des flappers aux États‑Unis, les cheveux courts y étant encore alors essentiellement associés aux hommes ou aux enfants. Si cette innovation rencontre d’abord une résistance plutôt hostile, elle est également vue comme un symbole de l’émancipation des femmes face aux dictats traditionnels de la mode, souvent tributaires du regard masculin, et comme une affirmation d’un courant esthétique typiquement américain.

3. Une popularité qui marque les Années folles. Rapidement adopté par des femmes de la haute société new-yorkaise et du milieu du cinéma, ce style de coiffure se démocratise peu à peu, quoiqu’il demeure un sujet de controverses parfois orageuses. À partir des années 1920, la popularité de la nouvelle coiffure devient telle qu’elle bouleverse l’industrie américaine des salons de coiffure, qui finissent par s’adapter pour offrir cette coupe particulière, d’abord réalisée surtout chez les barbiers, qui s’attirent ainsi une nouvelle clientèle féminine : le nombre de salons passe de 5 000 à 21 000 aux États‑Unis entre 1920 et 1924. Diverses variations de la coupe originale sont créées au cours des ans, dont la « finger wave », la « Marcel », la « shingle bob » (avec la nuque rasée en forme de triangle) et la « Eton crop », popularisée par Joséphine Baker. Le « bob » et ses variantes sont adoptés par un grand nombre de femmes, en particulier celles de la jeune génération, qui sont parfois appelées Bobettes (ou bobettes), nom dérivant directement de celui de leur coiffure (voir Histoire).

4. Les retombées commerciales de la mode des cheveux courts. En vogue tout au long des Années folles, la mode des cheveux à la garçonne ou bobés (bober) traverse la frontière pour gagner le Canada, le Québec, et même la France. Elle stimule l’industrie de la mode, qui ne tarde pas à proposer des accessoires pour mettre en valeur la coiffure courte, tels que des chapeaux, des bandeaux, des peignes et des épingles, mais également des vêtements et des articles qui s’agencent avec ces accessoires : des robes, des chandails, des manteaux, des guêtres et des chaussures. L’industrie canadienne n’est pas en reste, se mettant à importer et à produire ces articles, en particulier un nouveau type de sous-vêtement féminin bouffant et court. Plusieurs de ces articles sont aussitôt associés au nom Bobette (ou bo(b)bette) dans la langue publicitaire aux États‑Unis et au Canada, une désignation qui semble incarner non seulement l’esprit de cette véritable révolution culturelle, mais aussi l’idée d’une jeunesse triomphante, comme en fait foi cette publicité parue dans un quotidien de Philadelphie en 1921 (Evening Public Ledger, 9 septembre, p. 16) : « And the bobbette styles sprang, primarily, out of the bobbed hair vogue – but has developped into anything that means just irrepressible youth! » [Traduction libre : Et les styles « bobbette » sont nés, principalement de la mode des cheveux coupés courts, mais ils sont désormais associés à tout ce qui évoque une jeunesse irrépressible!]. Si le krach de 1929 et la Grande Dépression des années 1930 ont mis fin progressivement à cette vogue vestimentaire, ils n’ont pas fait disparaître pour autant le port des cheveux courts, lequel s’est maintenu au gré des différentes modes qui se sont succédé par la suite. 

Sources : E. Spivack (2013, 26 février), The History of the Flapper, Part 4: Emboldened by the Bob, Smithsonian Magazine (site Web), Washington (États‑Unis);  Bobbing Her Crowning Glory (1915, 28 février), The Washington Herald (États‑Unis), p. 1; Kenneth A. Yellis (1969), Prosperity’s Child: Some Thoughts on the Flapper, American Quarterly, Baltimore (États‑Unis), vol. 21, no 1, p. 44‑64.

II

Par méton. (Dans des noms d’accessoires pour les cheveux et de couvre-chefs).

1

Vieuxet rare(Surtout dans le voc. de la mode féminine et de la publicité, parfois en appos. aux subst. peigne et épingle). Petit peigne pliant et décoratif pour cheveux courts, pouvant se porter au cou au bout d’un ruban ou d’une chaînette; peigne de poche.

Bobette à cheveux.

 Petite épingle à cheveux.

Rem.Le mot est parfois utilisé comme nom propre; il s’écrit alors généralement avec un B majuscule et demeure invariable.

Bijouterie peu coûteuse [titre] […] Peignes Sautoir Bobette, couleurs pour chaque costume, 1.00. 1922, La Presse, Montréal, 1er novembre, p. 13 (annonce).

Bobettes à Cheveux. La demoiselles [sic] qui porte ses cheveux courts sera enchantée de ces nouveaux peignes pliants, qui pendent d’un ruban porté au cou, se présentant dans les coloris pour assortir toutes les robes et sertis de brillants. 85c à $1.95[.] 1924, Le Droit, Ottawa, 11 février, p. 3 (annonce).

Le plus nouveau Peigne Bobette 59c[.] 1924, Le Courrier de St‑Hyacinthe, 11 avril, p. [4] (annonce).

Épingles à cheveux « Bobette » en carte de 12 épingles. Brun et noir. 1932, La Presse, Montréal, 29 mars, p. 24 (annonce).

On sait que c’est la guerre de 14‑18 qui nous a valu les chevelures « à la garçonne » et voici que la guerre actuelle nous ramène les cheveux longs, si l’on en croit les revues consacrées à la coiffure féminine. Comment concilier ce fait avec la décision prise par le gouvernement de restreindre la fabrication des épingles à cheveux sous prétexte qu’elles occasionnent la consommation d’acier nécessaire à l’effort de guerre? Mystère! On arrivera probablement à substituer à l’acier des matières plastiques pour fabriquer « bobettes » et épingles à cheveux. 1942, L’Avenir du Nord, Saint‑Jérôme, 16 janvier, p. 3.

Achetez une quantité, jeudi matin, de ces articles à 9c [titre] Peignes et bobettes [/] Grands peignes […/] Peignes de côté […] 1951, Le Droit, Ottawa, 24 janvier, p. 9 (annonce).

2

Vieuxet rarE(Dans le voc. de la mode féminine et de la publicité, le plus souvent en appos. aux subst. chapeau, bonnet, modèle et forme). Chapeau conçu spécialement pour convenir aux femmes portant les cheveux courts, selon une coiffure à la mode dans les années 1920 (voir sens I); bonnet de nuit destiné à la même clientèle.

Rem.1. Le mot est le plus souvent utilisé comme nom propre; il s’écrit alors généralement avec un B majuscule et demeure invariable. 2. Aussi écrit Bobbette. 3. Le chapeau Bobette se déclinait en plusieurs modèles, dont certains s’apparentaient au chapeau appelé cloche. 

Le chapeau « Bobette » [titre] Une création Tenne [sic] – Pour la femme qui se fait couper les cheveux […] Le « Bobette », créé à New-York par les fabricants des fameux chapeaux Tenne, résout le problème tant pour la jeune fille que pour la femme plus âgée. Des croquis du « Vogue » et du « Harper’s Bazaar » nous font voir la partialité du monde de la mode envers ce nouveau petit chapeau. 1923, La Presse, Montréal, 30 octobre, p. 5 (annonce).

Petits chapeaux d’un ajustement serré avec un soupçon de passe, coquets chapeaux « bobbette » pour celles qui ont les cheveux coupés, fascinants chapeaux de tous genres pour les sports et l’apparat. 1924, Le Droit, Ottawa, 14 mars, p. 2 (annonce).

Chapeaux de New-York « Transmettant » le chapeau Mah Jongg et autres nouveaux modèles Bobette. [/] 7.50 […]. 1924, La Presse, Montréal, 23 avril, p. 5 (annonce).

Quelques jours avant la Revue des Modes, notre acheteur a visité New-York [sic] afin d’y choisir personnellement ce qui est le “dernier cri” en fait de chapeaux, et il advint que c’était le satin noir. Les chapeaux « Bobette » reflètent l’esprit de la jeunesse par leur bord incliné et leurs broderies de soie ou de métal. 1925, La Presse, Montréal, 21 septembre, p. 5 (annonce).

Bonnet « Bobette » – .29 [/] Bonnets de nuit pour aller avec cheveux courts. Mauve, bleu, rose pâle et citron. 1926, La Presse, Montréal, 22 avril, p. 5 (annonce).

Chapeaux garnis pour dames […] Panamas – nouveaux modèles – forme bobette, garnis de gros grain de tons divers. 1932, Le Soleil, Québec, 20 mai, p. 5 (annonce).

III

Par ext. (Dans des noms de sous-vêtements).

1

Vieux(Dans le voc. de la mode féminine et de la publicité, parfois en appos. aux subst. bouffant(e), modèle et style). Pièce de lingerie féminine consistant en une culotte bouffante descendant jusqu’à la mi‑cuisse ou aux genoux et dont la taille et l’extrémité des jambes sont généralement munis d’une bande élastique.

 Sous-vêtement de forme analogue pour les fillettes et les jeunes enfants.

Bobette en rayon [= rayonne], en soie, en satin.

Rem. 1. Parfois écrit Bobette ou bobbette. 2. Bien que le mot soit le plus souvent écrit au pluriel, on ne peut déterminer s’il était couramment usité au pluriel pour désigner un seul sous-vêtement, puisqu’il figure le plus souvent dans des énumérations d’articles en magasin. 3. Très présent dans la langue publicitaire durant les années 1920 et la première moitié des années 1930, cet emploi est attesté de manière plus sporadique par la suite, surtout pour désigner un sous-vêtement pour fillettes ou jeunes enfants.

Nous n’avons jamais fait une offre aussi avantageuse dans la lingerie, soyez donc ici de bonne heure pour faire votre choix. En soie rayon de bonne qualité, et très durable. Camisoles genre opéra avec jolie bordure picot à l’ouverture. Pantalons avec genoux godés, élastique à la taille – bouffants du nouveau modèle bobette, et un petit nombre de bouffants ordinaires – unis avec élastiques aux genoux ou avec ruché. 1926, La Presse, Montréal, 27 avril, p. 12 (annonce).

Bouffants « Bobette » Harvey tricotées [sic] en soie, très reconnus pour leur durabilité et confort, les coutures sont renforcies, faciles à laver. 1926, La Tribune, Sherbrooke, 2 juillet, p. [8] (annonce).

Sous-vêtements en Pongée [/] Taillés comme seul on est capable de les tailler chez Sobie, en dessins de rafraîchissante distinction. [/] Bouffants [/] Bobettes [/] Chemises « step‑ins »[.] $ 149 […]. 1927, Le Soleil, Québec, 10 mars, p. 10 (annonce).

Échantillons de Lingeries de Rayon [titre] Le lot consiste en robes de nuit, chemises-enveloppes, bouffants, bobettes « stepins » et quelques paires de pyjamas. 1928, La Tribune, 11 septembre, Sherbrooke, p. 8 (annonce).

Pièces de Lingerie se fabriquent dans nos ateliers. Un de nos spéciaux pour demain – Bobettes $100 Super-Ra-Knit[.] 1929, Le Soleil, Québec, 27 février, p. 2.

Lingerie de rayon pour dames et jeunes filles [titre] Camisoles, bouffants, Bobettes, pantalons, avec garnitures de dentelle et applications. Bon choix de nuances. Tailles 36 à 42 dans le lot. 1930, La Presse, Montréal, 17 janvier, p. 16 (annonce). 

Ils connaitront encore de beaux jours, vos bas de soie meurtris, qui ne peuvent plus vous servir de parure! Ils connaitront encore… pourvu que vous vouliez vous donner la peine de les envoyer à l’École des enfants infirmes de l’hôpital Sainte‑Justine, où ils seront transformés… En quoi, direz-vous, en une foule de choses, que vous serez un jour conviées à venir admirer […]. Elles connaitront encore de beaux jours, sous les doigts habilement dirigés des fillettes de l’École, vos chemises, vos « bobettes », vos combinaisons dont l’usage a fait des choses qui ne peuvent plus se mettre mais qui renaitront bientôt en des fantaisies amusantes, si vous voulez bien vous en départir en faveur de cette œuvre, plutôt que de les jeter. 1931, La Presse, Montréal, 18 novembre, p. 4.

Bobette ou bouffant dont le parfait ajustement et la durabilité sont assurés par un long gousset double à fourche croisée. 1931, La Presse, Montréal, 12 décembre, p. 4 (annonce, légende sous une photo).

Sous-vêtements pour dames [titre] 100 douzaines de bouffants et bobettes, avec gousset double, aussi camisoles, en tricot de soie de bonne qualité, toutes les teintes, y compris le noir et le blanc. 1931, Le Soleil, Québec, 15 mai, p. 5 (annonce).

Bobettes en rayon pour enfants et demoiselles. Taille élastique. Populaires bobettes courtes. Couleurs rose thé et blanc. Tailles 2 à 14. La paire .27 [$] 1948, Le Courrier de Saint‑Hyacinthe, 14 mai, p. 4 (annonce).

Bobettes pour dames en satin [/] 25 c la paire[.] 1949, Le Lingot : Un journal du Saguenay, Arvida, 19 août, p. 14 (annonce).

Semaine du bébé du 10 au 15 avril [titre] […] Offre spéciale [/] Modèles tous différents [/] Échantillons [/] Comprenant : robes, bobettes, habits pour bambins et divers autres articles, tous de 1ère qualité. 1961, Le Devoir, Montréal, 11 avril, p. 14 (annonce).

2

Fam., par ext. (Général. au pluriel). Sous-vêtement moulant féminin ou masculin couvrant le bas du tronc jusqu’au haut des cuisses, avec deux jambes plus ou moins échancrées.

Une paire de bobettes. Des bobettes sales. Des vieilles bobettes. Des petites bobettes. Mettre des bobettes propres. Changer de bobettes. Laver ses bobettes. Enlève tes bobettes! Ramasse tes bobettes!

En bobettes, en slip, sans pantalon.

Être en bobettes. Sortir, se promener en bobettes. Se mettre en bobettes.

Rem.1. L’emploi au singulier est exceptionnel. 2. On emploie aussi culotte(s), petite(s) culotte(s) et slip pour désigner le sous-vêtement féminin; le sous-vêtement masculin, quant à lui, est appelé caleçon, comme en France, mais aussi slip, ou boxer quand le caleçon couvre le haut des cuisses. 3. Au tournant des années 1970, cet emploi, qui n’était attesté que dans la grande région de Charlevoix, Saguenay, Lac-Saint-Jean et Côte-Nord (d’après PPQ 1962), est général sur ce territoire entre 1973 et 1976 d’après Lavoie 2587. Il est cependant possible que bobettes ne renvoie qu’à un sous-vêtement féminin pour certains témoins âgés ayant participé à ces enquêtes. C’est à partir du début des années 1970 qu’il s’est répandu dans la langue familière de l’ensemble des régions du Québec.

Nos amis ayant réussi finalement à se déprendre SANS NOTRE AIDE, il fut possible de recommencer à rouler, sous une chaleur de plus en plus accablante. Au fur et à mesure qu’on avançait, on se déshabillait, un vrai “strip‑tease”. Vers la fin de l’après-midi, nous étions en petite culotte ou en bobette, comme on dit dans le Lac St‑Jean [sic]. 1968, G. Vachon, L’Action, Québec, 22 mai, p. 14.

En parlant de tes chaussettes, quand on ne peut pas les nettoyer, on retourne les bobettes et l’on change de pied. 1968, Salaberry-de-Valleyfield, AFEUL, A. Paré 12 (âge de l'informateur : 67 ans).

Michel […] – Qu’est-ce que j’enlève? [/] Mado – Tout. [/] Michel – J’peux pas garder mes bobettes? [/] Citrouille – Aie pas peur de nous scandaliser. On en a déjà vu, des graines. […/] Rachel – Ce sera fait très artistiquement, soyez sans crainte. [/] Michel – Il en est pas question. [/] Citrouille – As‑tu quelque chose contre la bonne photo érotique? 1975, J. Barbeau, Citrouille, p. 51.

Quand j’vas être un bon gars [/] Pas d’alcool pas d’tabac [/] M’as rester tranquille [/] M’as payer mes bills [/] M’en vas apprendre l’anglais [/] M’as l’apprendre pour le vrai [/] Quand j’vas être un bon gars [/] Pas d’alcool pas d’tabac [/] M’as mettre des bobettes [/] M’as lire la gazette [...]. 1991, R. Desjardins, Paroles de chansons, p. 90.

« Dis-moi ce que tu portes et je te dirai qui tu es! » Messieurs, vos p’tites culottes peuvent en dire beaucoup plus long que vous ne pensez sur votre personnalité. Elles sont des artifices de séduction que vous ne devez surtout pas négliger! […] on peut dire que les sous-vêtements masculins ont connu de grands changements au cours de ces décennies. Les bobettes lâches et sans forme en épaisse tricotine des années 1950 ont fait place à des slips moulants comme une seconde peau. 1995, S. Corriveau, Le Soleil, Québec, 19 décembre, p. B1.

Mon amie Claudine m’a conseillé, comme on le fait toujours en pareille occasion, de m’accrocher à ce que la séparation m’apportait de positif. À quelque chose malheur est bon. Elle a eu la sagesse d’attendre quelques mois avant de me lancer ses bouées de sauvetage, sachant, pour l’avoir vécu elle-même, que la rage ressentie les premiers temps noie tout, la capacité à raisonner comme le reste. [/] « Pensesy, t’auras plus besoin de ramasser son linge sale, de laver ses bobettes dégueulasses. […] » 2017, M.‑R. Lavoie, Autopsie d’une femme plate, p. 21.

Durant une réunion, j'apprends que des employés sortent prendre une marche de la même durée que le transport vers le bureau durerait en temps normal. Ils font ainsi une coupure entre la maison et le travail. Je lève un sourcil, incertain, me disant qu'il fait plutôt froid le matin pour se promener en bobettes. Je me demande aussi s'ils emportent avec eux leur laptop ainsi que leur sac à lunch. 2020, S. Gilbert, Quarante jours en quarantaine : une histoire de covid, p. 42.

Vieilli Concours de wet bobettes (ou, par ellipse, un wet bobettes) : concours au cours duquel les participants, vêtus uniquement d’un slip, sont aspergés d’eau afin de mettre en valeur le compétiteur pourvu des plus gros organes sexuels.

Rem. On dit aussi concours de bobettes mouillées.

Ce concours de wet bobettes était en fait très simple. Les plus beaux spécimens de la place, ou ceux qui croyaient l’être, avaient posé leur candidature à une compétition de mensuration assez spéciale : ils montaient chacun à leur tour sur la scène en bobettes, Sandra Deelicious, au comble du bonheur, leur versait un seau d’eau sur le corps, les sous-vêtements s’imbibaient… et la foule hurlait son admiration quand le candidat en valait la peine – il y en avait de vraiment impressionnants – ou sa déception […]. 1993, M. Tremblay, Le cœur éclaté, p. 178.  

3

fam.(Dans des expressions ou des comparaisons). Manger ses bobettes : s’énerver, angoisser, être pris de panique.

Mange pas tes bobettes!

 Changer (d’idée, d’opinion, de qqch.) comme on change de bobettes, constamment, avec une grande facilité.

 Rare Se foutre (de qqch., de qqn) comme de sa première paire de bobettes, n’y (ne lui) accorder aucun intérêt.

 Péjor. (Emplois récents, attestés de façon plus marquée depuis l’avènement du phénomène de la téléréalité). Parler de la couleur des bobettes (de qqn), s’intéresser à la couleur des bobettes (de qqn), vouloir savoir la couleur des bobettes (de qqn) : manifester une curiosité déplacée à l’égard des moindres détails de la vie privée (de qqn, en partic. des vedettes et des personnalités publiques). Regarder, avoir le nez (ou, plus rarement, fouiller, farfouiller) dans les bobettes (de qqn) : s’intéresser de manière excessive aux moindres aspects de la vie intime (de qqn); faire preuve d’indiscrétion, de voyeurisme. Demander (à qqn) la couleur de ses bobettes (ou, plus rarement, demander à qqn sa marque, sa sorte de bobettes) : poser des questions indiscrètes, inconvenantes (à qqn).

Il [un livre] relance de façon éclatante un débat, à la fois fondamental et sempiternel, sur le droit à la vie privée des politiciens et, de façon générale, des personnages publics. […] Certains opinent que tout doit être public et que ceux qui s’y opposent ont probablement des cadavres dans leur placard; d’autres croient au contraire que ce qui est de nature privée doit le rester, précisément, et que nul n’a le droit d’aller farfouiller dans les bobettes de qui que ce soit […]. 1993, G. Lesage, Le Devoir, Montréal, 27‑28 novembre, p. D1.

Dans sa publicité, [une banque] dit de ses clients qui bénéficient du Service VIP : « Par ce service, nous consacrons votre qualité de client de premier ordre... » D’ailleurs, pour avoir accès au Service VIP […], on vous demande de déposer jusqu’à vos T4 et Relevé 3, plus des preuves du reste de votre actif. Un cran d’indiscrétion de plus, et on vous demandera la couleur de vos bobettes! 1998, M. Girard, La Presse, Montréal, 15 juillet, p. D3.

C’est bien connu, les Québécois ont le sens de la fête. Et aussi celui de la chicane. Considérant ces deux traits de caractère […], doit-on s’étonner de voir la chicane éclater au sujet de la signification à donner à une fête? […] Comme si le calendrier festif n’était pas assez confus comme ça, voilà qu’on crée un psychodrame autour d’une fête dont à peu près tout le monde se fout comme de sa première paire de bobettes, si l’on excepte la belle journée de congé printanière qui vient avec. 2002, N. Provencher, Le Soleil, Québec, 28 novembre, p. A5.

De fait, le public recevra peut-être ce film comme un de ces shows de téléréalité qui foisonnent, faisant appel aux plus bas instincts de voyeurisme en l’être humain. Tout le monde a le nez dans les bobettes de tout le monde par les temps qui courent, dans les alcôves, dans les coulisses. L’époque savoure les odeurs intimes du voisin jusqu’à la nausée. 2003, O. Tremblay, Le Devoir, Montréal, 13‑14 septembre, p. F6.

Autrefois, dans mon village, on avait une bonne douzaine d’« écornifleurs ». Ma mère plaignait beaucoup ces gens qui n’avaient rien de mieux pour se distraire que l’« écorniflage »... […] Aujourd’hui, je suis confronté dans ma maison à la même maladie que ma mère décriait. […] Chez moi, on ne connaît pas le nom de nos voisins mais on peut vous dire la couleur des bobettes de purs inconnus participant à ces émissions [de télé-réalité]. 2003, La Presse, Montréal, 14 octobre, p. A23.

On connaît nos voisins (le mien est le cousin de mon conjoint). On sait qui s’occupe de quel organisme, qui est en pleine forme, qui vient de se faire opérer, qui n’a pas de famille proche et qui est mère monoparentale. Bref, on connaît presque la couleur des bobettes de notre voisinage. 2020, J. Gaudreault, Haute-Côte-Nord, Forestville, 8 avril, p. 9.

Histoire

I Depuis 1924 : Quantités de magnifiques chapeaux pour femmes d’âge mûr, jeunes femmes, Mlle Bobette ou sa jeune sœur (La Presse, Montréal, 19 mai, p. 5). Emprunt à l’anglais nord-américain Bobette (var. bob(b)ette), de même sens, par l’intermédiaire du commerce. Non consigné dans les dictionnaires de langue anglaise consultés, cet emploi est attesté dans la presse américaine depuis 1922 : Hundreds of Off-the-Face, Poke bonnets, Bobettes and Matron’s Hats in the stunning new shades […] (South Bend News-Times, 3 février 1922, p. 21), peut-être dès 1921 dans le composé Bobette hat (v. Histoire, sens II.2). On remarque d’ailleurs que les premières attestations claires de Bobette pour désigner une femme portant une coupe à la garçonne figurent surtout dans des contextes où il est question d’un style de chapeau conçu pour elle (autre ex. : These are model and pattern Hats of embroidered velvet […]. Small head sizes for ‛Bobettes,’ also extra large head sizes (Evening Star, Washington, 18 novembre 1923, partie 2, p. 5). On trouve le même emploi en anglais canadien dès 1924 : The amazing variety of these Pattern Hats will permit bobettes, brides, and youthful matrons of every age to choose Hats for formal functions, for sports wear and for delightful summer trips […] (The London Evening Free Press, Ontario, 29 mai, p. 4). Il est possible que cet emploi soit attesté dès 1917 dans Bobette Dress, nom donné à l’une des 50 créations du couturier français Georges Dœuillet conçues spécialement pour le marché américain (v. The Evening Star [The Sunday Star], Washington, 30 septembre, partie 3, p. 2), mais on ne peut en être certain, le prénom Bobette étant également en usage en France et pouvant servir à dénommer des créations du milieu de la mode (on trouve p. ex. un « chapeau Bobette », sans lien apparent avec le « Bobette hat », à la une du Petit écho de la mode (Paris), édition du 22 juillet 1900). Dans cette acception, l’anglais Bobette procède sans doute d’un jeu de mots reposant sur l’homonymie du prénom Bob et du substantif bob « coiffure courte ou style de coupe de cheveux au carré » (OED (en ligne) 2021‑03, s.v. bob, n.1; Random House Webster’s Unabridged Dictionary, 2002, s.v. bob2). Bobette évoque à la fois la dimension quelque peu masculine, selon les standards de l’époque, de l’apparence mise en valeur (le prénom Bob), la coupe elle-même (bob) ainsi que l’appropriation féminine de celle‑ci (le suffixe ‑ette). Qui plus est, en tant que prénom féminin déjà en usage aux États-Unis, quoique plutôt rare, Bobette était disponible pour identifier, par calembour, une femme portant les cheveux « bobés » (bobbed hair). Dès le début des années 1920, on le rencontre parfois comme prénom que se donnent des femmes aux cheveux courts dans des rubriques de courrier des lecteurs : Bobbette, Montclair. – […] I have bobbed hair, have been known to smoke, but the idea of men demanding a kiss in payment for the price of theatre tickets annoyes me (The Evening World, New York, 14 juin 1920, p. 20); autre ex. : Dear Martha Lee: I am a young married woman with a ‛bobbed head.’  […] [signé :] BOBETTE (The Indianapolis Times, 11 septembre 1924, p. 5). Cette double nature (nom propre / nom commun) de la forme anglaise s’est transposée dans l’emprunt Bobette/bobette attesté en français québécois, lui-même sujet à l’antonomase. Au Québec, l’usage de cet emploi de Bobette semble s’être limité à la langue commerciale. 

II 1Depuis 1922. De l’anglais nord-américain bob(b)ette comb et hair bar pin Bobbette (ce dernier étant peut-être une marque déposée), attestés dès 1922 : Bobette combs – new and attractive for the bobbed coiffure (Morning Oregonian, Portland (Oregon), 8 novembre, p. 24); A New Hair Bar Pin ‛Bobbette’  [/] 50c [/] Very useful for the girl who requires a clasp to hold her hair (The Washington Times, 6 juin, p. 8). En ce qui concerne l’emploi renvoyant à une épingle à cheveux, il semble que l’anglais bobette ait été rapidement évincé par l’équivalent bobby pin, également attesté à partir de 1922 : bobby pins and combs [/] 15c to $1.00 each (The Lynden Tribune, Lynden (Washington), 7 décembre, p. 9). 2 Depuis 1923 : Le chapeau ‛Bobette’  fait par Tenne [sic] […] (La Presse, Montréal, 27 octobre, p. 13). De l’anglais Bob(b)ette hat, attesté dès 1921 aux États‑Unis et au Canada anglais : Tenné Bobette Hats […] Introducing Advance Models for Summer and SportsWear (The New York Herald, 4 juin, p. 4); A New Feature! Bobette Hats [/] Fashionable hats for bobbed hair, but equally as becoming for every purpose[.] The style critical lady who wishes to further enhance her individuality will be charmed and delighted with the new Bobette Hats designed especially for us (The West Virginian, Fairmont (Virginie-Occidentale), 28 juin, p. 7); Styles suitable for misses and matrons, including soft crushable hats, rolling and straight brim sailors, the new ‛Bobette’  shape, as well as tricorns and becoming little toques (The London Advertiser, London (Ontario), 30 septembre, p. 2). Dans cette acception, si Bobette renvoie, par association, à une femme portant les cheveux à la garçonne, il désigne avant tout un modèle ou une forme particulière de chapeau conçu pour mettre sa coiffure en valeur.

III1Depuis 1926. Non attesté en anglais américain, cet emploi est sans doute une innovation canadienne survenue dans la langue commerciale, tant en français qu’en anglais, à partir des emplois antérieurs de Bobette désignant des articles vestimentaires pour femmes associés à la mode des coupes de cheveux « à la garçonne ». En effet, les premières occurrences de cet emploi en anglais figurent dans des quotidiens canadiens à partir de 1926, soit la même année que celle de l’apparition du mot en français québécois (v. p. ex. The Simcoe Reformer, Simcoe, 9 décembre 1926, p. 7; The Waterford Star, Waterford, 2 juin 1927, p. 7 : Bobette style Bloomer; The Globe, Toronto, 1er décembre 1927, p. 20; ibid., 9 février 1928, p. 16; ibid., 23 novembre 1928, p. 17 : Sale of 1200 Bloomers, Bobettes and Step‑ins; ibid., 7 décembre 1928, p. 23 : Sale of Bobettes and Bloomers; ibid., 21 décembre 1928, p. 18; The Perth Courier, Perth, 20 décembre 1929, p. 10 : Bloomers, Bobettes, or Knickers). C’est toutefois dans un journal québécois qu’on en trouve la plus ancienne attestation en langue anglaise, environ deux mois après la première occurrence en français : Harvey Bobette bloomers (Sherbrooke Daily Record, 2 juillet 1926, p. 5); Famous Harvey Underwear Perfectly Tailored Bobbette Bloomers (ibid., 18 novembre, p. 5), laissant ainsi supposer que cette innovation sémantique est d’origine québécoise, en anglais et en français. Montréal étant la métropole commerciale du Canada dans les années 1920 et 1930, Bobette/bobette a pu se diffuser rapidement dans différentes régions du pays. Essentiellement usité dans la langue commerciale, le mot semble avoir connu une meilleure fortune au Québec qu’au Canada anglais, bien que son usage y ait néanmoins commencé à péricliter dès la seconde moitié des années 1930, sans jamais pénétrer dans la langue courante. 2Depuis 1968. Par extension du sens précédent. Après sa disparition plus ou moins complète de la langue commerciale, dans laquelle il désignait une pièce de lingerie féminine, puis un sous-vêtement pour enfants, bobette s’est finalement installé dans le langage courant, dans le style familier, comme terme générique (le plus souvent au pluriel) s’appliquant tant au sous-vêtement masculin qu’au sous-vêtement féminin. Ce recyclage du mot bobette s’est probablement effectué à la faveur de l’apparition du sous-vêtement moderne au début des années 1950 (v. C. Lalonde, Le Devoir, Montréal, 27 octobre 2012, p. A12), plus moulant et de forme analogue pour les deux sexes. C’est d’abord dans la région de Charlevoix, Saguenay, Lac-Saint-Jean et Côte-Nord, où le mot connaît dès le départ une vitalité particulière, qu’il s’implantera avant de se répandre peu à peu dans le reste du Québec à partir des années 1970. Concours de wet bobettes, depuis 1978 : Pour calmer les féministes […], vous annoncez en plus la tenue d’un concours de ‛Wet bobettes’! Pensez-vous sérieusement que le mépris du corps de la femme peut être racheté par le mépris du corps de l’homme? (Le Soleil, Québec, 6 décembre, p. A6, lettre). Est à mettre en lien direct avec la locution québécoise concours de wet t‑shirts (calque de l’anglais wet T‑shirt contest), qui sert à désigner une compétition au cours de laquelle des femmes vêtues de t‑shirts blancs se font asperger d’eau dans le but de déterminer laquelle des participantes a la poitrine qui plaît le plus au jury. 3Manger ses bobettes, depuis 1976 (Shawinigan (Saint‑Maurice), enq., FTLFQ). Cette expression est à mettre en lien avec la locution manger ses bas « s’énerver, s’affoler », apparue en français québécois à la même époque. Changer (d’idée, d’opinion, de qqch.) comme on change de bobettes, depuis 1997 (Le Soleil, Québec, 26 avril, p. A5). Variante de l’expression changer (de qqch., de qqn) comme (on change) de chemise (v. TLF et ReyExpr2, s.v. chemise). Se foutre (de qqch., de qqn) comme de sa première paire de bobettes, depuis 2002. Variante de l’expression se moquer (ou se ficher, se foutre, etc.) de qqch., de qqn, comme de sa première culotte (v. TLF et ReyExpr2, s.v. culotte). Parler de la couleur des bobettes (de qqn), s’intéresser à la couleur des bobettes (de qqn), depuis 1992 : qui s’intéresse vraiment à la couleur des bobettes de Claude Mouton? (La Presse, Montréal, 19 septembre, p. D10). Regarder, avoir le nez, fouiller, farfouiller dans les bobettes (de qqn), depuis 1993. Demander (à qqn) la couleur de ses bobettes (ou sa sorte, sa marque de bobettes), depuis 1975 : Et puis il y aura, bien sûr, le jour où l’on dira que je ne suis pas un deuxième Michel Tremblay. Le soir où Lise Payette me demandera la couleur de mes bobettes (N. Desjardins, La Presse, Montréal, 8 novembre, Perspective, p. 12).

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : juillet 2021
Pour poursuivre votre exploration du mot bobette, visionnez notre capsule vidéo Dis-moi pas!? et consultez l’article de G. Martin, qui arrive de façon indépendante à des conclusions similaires sur l’origine du mot bobette.
Trésor de la langue française au Québec. (2021). Bobette1. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 12 juin 2024.
https://www.dhfq.org/article/bobette