Recherche avancée

BOB [bɔb]
n. m.

  

(Dans les chantiers). VieilliTraîneau tiré par un cheval, formé de deux patins réunis par une traverse, servant à traîner les billes de bois; train avant du bobsleigh double.

Rem.Voir une illustration dans MassÎG, pl. XX.

Je vois ici un bob, simple fourche de gros chêne formant patin, sur laquelle on accroche les abattis pour les glisser à force de chevaux près des chantiers où grincent les godendards. Il y a un peu partout, appuyés aux murs ou traînant sur le sol, des herses de toutes les dimensions, des ouvrages divers de bois et de fer – autant de témoignages intéressants de la petite industrie locale. 1921, J. Tremblay, Trouées dans les novales, p. 101.

VieuxTraîneau similaire utilisé pour transporter diverses marchandises en milieu urbain.

À vendre à moitié prix […] 4 sleighs (ou bob) d’épicier pour livraison, un sleigh léger couvert et environ 50 autres de toutes sortes. 1893, La Presse, Montréal, 20 janvier, [p. 6].

 VieuxPatin dont est muni ce type de traîneau.

À vendre, sleighs de toutes sortes : cutters, gladstones, berlines, « bobs », express et plate-forme sur « bobs ». 1903, La Presse, Montréal, 7 février, p. 7.

Rem.Des illustrations datant du début du XXe siècle montrent que le patin pouvait être assez haut et ajouré, étant fait de tiges de métal.

VieilliJouet fait d’un seul patin (douve de tonneau ou ski) équipé en son centre d’un court poteau surmonté d’une planchette servant de siège au descendeur de côtes enneigées. (DulCanad2, s.v. bob, sens 3, et véloneige, sens 1).

Glisser en bob.

Rem.Ce jouet porte différents autres noms sur le territoire du Québec : branle-cul, casse-cul, cogne-cul, jumpeur, tape-cul, etc. (voir PPQ 1104 et Lavoie 891). 

 VieilliBober v. tr. Traîner (les billes de bois) avec un bob tiré par un cheval, depuis l’endroit où on les a coupées jusqu’à celui où on les empile.

Bober du bois. (GPFC, Bélisle1-3, DulCanad2, MassÎG 424).

 (Absol.). 

Bober toute la journée.

 Bobé, bobée adj.

[…] la rivière pleine à déborder des billots coupés, bobbés [sic] et drivés par François Gaudreau et ses quatre fils... 1934, B. Desforêts, Le p’tit gars du colon, p. 107.

Rem.Relevé de façon sporadique dans la moitié est du Québec à partir de Trois-Rivières, notamment dans la grande région de Charlevoix, Saguenay, Lac-Saint-Jean et Côte-Nord, ainsi qu’en Estrie (voir PPQ 1306; la répartition géographique était la même au début du XXe siècle, voir VerrGéol 202). Le mot le plus usuel sur l’ensemble du territoire est skider (de l’anglais to skid).

 VieilliBobage n. m. Action de traîner (des billes de bois) avec un bob. (MassÎG 425, LavSag 36 et 176).

Histoire

Depuis 1921; dès 1893 pour désigner un traîneau en milieu urbain. Emprunt de l’anglais américain bob, attesté depuis 1856, lui-même étant une forme abrégée de bobsleigh (v. Mathews, s.v. bob n.1, sens 3; Craigie, s.v. bob n.2, sens 2; DictCan, s.v. bob; Webster 1986, s.v. 8bob). Le sens de « patin » est également un emprunt à l’anglais américain (v. OED, s.v. bob n.1, sens I.2d : « A short sleigh-runner »). Bober, depuis 1930 (GPFC), de l’anglais to bob, de même sens (v. Webster 1986, s.v. 9bob, sens 2).

  bobette2.

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : février 2021
Trésor de la langue française au Québec. (2021). Bob1. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 28 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/bob