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BOILER [bɔjlœʀ] ou  BÂLEUR [bɑlœʀ]
n. m.

Rem.

Variante graphique boileur.

1

VieilliRécipient servant à faire chauffer, à faire bouillir des liquides; son contenu.

Boiler à bière, à lait. 

 (Spécial.). Grande cuve métallique de forme ovale, munie de poignées, dans laquelle on faisait bouillir l’eau destinée à l’usage domestique.

Boiler en cuivre, en fer. Mettre le boiler sur le poêle. Un boiler d’eau chaude.

 Réservoir à eau chaude dont étaient pourvus certains poêles.

Remplir, vider le boiler. Mettre, prendre de l’eau dans le boiler.

 Bouilloire.

– Tit-Bé : [...] Vous voulez trois chaudiérées d’eau, ma tante, vous allez les avoir! [...] Tiens, ma tante, en v’là une chaudiérée! [...] – Azelma : [...] Tu verseras les deux autres dans le boileur, sur le poêle... [...] J’ai si peu de lavage, j’aurai pas besoin de tout ça. 1954, Y. Thériault, Maria Chapdelaine, 30 juillet, p. 1 (radio).

Et puis, ensuite, on se procurait un poêle de cuisine à fourneau, à réchaud, et garni d’un grand « boiler », ou réservoir sur le côté du brasier qui fournissait alors en quantité et en permanence toute l’eau chaude nécessaire pour les besoins de la famille. 1974, H. Grenon, Us et coutumes du Québec, p. 48.

Tout le monde, comme à chaque samedi soir, est en train de se laver de la tête aux pieds. Le poêle ronfle, l’eau bout dans le grand boiler, maman s’approche. 1975, J.-P. Filion, Saint-André Avellin... le premier côté du monde, p. 141.

Ce fut le grand lavage de la famille. Dans le bas-côté, la cuisine servait aussi à cet effet. Ma tante Bine faisait chauffer de l’eau dans un grand « boiler » sur le poêle à bois et, quand l’eau était à point, la vidait avec un chaudron à long manche dans le baquet de bois encerclé de lames de fer et installé près du poêle. 1979, L. Nacké, Le passé oublié, p. 25.

Évaporateur d’eau d’érable.

2

VieilliChaudière à vapeur.

Chauffeur de boiler : ouvrier chargé de l’entretien d’une chaudière à vapeur.

 Chaufferie.

– Q. : Voulez-vous dire quelles étaient les machineries qu’il y avait dans le moulin? – R. : Il y avait d’abord un boiler, un engin, un moulin à bardeau, [...] et une moulange à gaudriole. 1898, Arthabaska, BAnQQ, Cour d’appel (Québec), cause no 35, factum de l’appelant, p. 21.

– Le métier de mon mari? Ah! c’était un métier ben dur... pis ben chaud... c’était les boilers du vieux moulin à papier. [...] – Oui, moé j’travaillais aux boilers. J’chauffais les boilers. Les boilers, c’est comme un gros fourneau pour mettre du charbon dedans pis y mette [sic] le feu là. C’est là que montait la steam. 1980, Port-Alfred (Chicoutimi), dans Saguenayensia, vol. 22, no 1, p. 12.

 VieilliBoiler-maker n. m. Ouvrier chargé de la construction, de l’entretien des chaudières à vapeur.

 VieilliBoiler-room n. f. Chaufferie.

Histoire

De l’anglais boiler (v. OED et Webster 1986).

1Depuis 1849 (ANQM, gr. Ch.-E. Belle, 26 mars : un boiler); une première fois en 1807, mais avec le genre féminin (BAnQQ, gr. J. Bélanger, 22 juin : une petite boiler). 2Depuis 1898. Boiler-maker (depuis 1895, R. Rinfret dans La Patrie, Montréal, 24 août, p. 2) et boiler-room (depuis 1909, BPFC 7/6, p. 206) viennent également de l’anglais (v. OED, s.v. boiler, et Webster 1986, s.v. boilermaker et boiler room).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Boiler ou bâleur. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 17 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/boiler-ou-baleur