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ZIGAILLER [ziɡɑje]
v. tr.

Rem.

Variantes graphiques zigâillercigaillercigâiller.

1

VieilliCouper, trancher, scier mal (qqch.), par manque d’adresse ou en utilisant un instrument mal affilé, mal affûté.

Cigâiller une côtelette. 1930, dans GPFC (s.v. cigâiller).

Fig.

Une troupe de canards s’abattit soudain dans le marécage. Et tout cela, gaiement, se mit à plonger, à zigailler l’eau, les uns s’emperlant à même tous les bijoux de la mare étincellante [sic], les autres n’en finissant plus de se lisser, de s’étirer les palmes, de jouer de la gouge dans leurs plumes ébouriffées... 1937, F.-A. Savard, Menaud, maître-draveur, p. 253.

2

Vieilliou ruralSyn. de zigonner (sens I.4).

Zigailler un cheval.

Histoire

Mot qui paraît remonter à un radical expressif, avec influence probable de zigonner.

1Depuis 1894 (Clapin). Héritage des parlers de France. Relevé dans le Nord-Ouest et l’Ouest (v. FEW zik- 14, 663a); cp. en outre zigailler « faire le mouvement d’un homme qui lime ou qui scie vivement » dans le Centre (v. FEW a. haut-all. gîga 16, 37b). Cp. encore siguenailler « couper avec peine; couper en déchirant » dans les parlers du Nord-Ouest, ainsi que cignailler « couper maladroitement » dans ceux de l’Ouest (v. FEW si- 11, 563b); cp. enfin zigouiller « couper avec un mauvais couteau » et sigouiller « couper un objet avec un mauvais couteau en faisant des déchirures comme avec une scie » dans les parlers de l’Ouest (v. FEW 14, 663a, et 11, 563b). 2Depuis 1930 (GPFC, s.v. zigâiller; dès 1907 sous la forme cigailler, v. BPFC 5/5, p. 194). Peut-être hérité des parlers de France également; cp. [siɡɛje] « tirer par secousses » en manceau (v. DottMaine 474).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Zigailler. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 17 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/zigailler