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VOÛTE [vut]
n. f.

Rem.

Variante graphique : (surtout à époque ancienne) voute.

1

Cave, partie d’une cave maçonnée en arc de cercle, de dimension appréciable et tenant général. lieu d’entrepôt, de cellier.

Il y a en outre à vendre, une maison sise sur le Port, à la place de la ville de Québec, joignant la maison de Monsieur Amiot, de 45 pieds de front et de 70 pieds de profondeur, bien bâtie en pierre, et de trois étages, avec trois belles voutes dans lesquelles il peut tenir huit à neuf cens barriques. 1764, La Gazette de Québec, 1er novembre, p. 3 (annonce).

[...] une maison de pierre à deux étages, y compris le rez de chaussée, [...] composée de divers appartemens aussi bien distribués que propres à toutes sortes de commodités, grenier au dessus, cave au dessous, avec des voutes, cour derrière, écuries et autres aisances [...]. 1765, La Gazette de Québec, 7 février, p. 3 (annonce).

Satisfait de l’encouragement qu’il a reçu jusqu’à présent dans sa ligne de commerce[,] [P. Rivard] informe les gens de la campagne qu’il a ouvert une voûte à Montréal. [...] Il continuera comme par le passé à acheter et vendre des provisions (lards, fleurs [« farines »], grains, etc.) à Joliette [...]. 1866, La Gazette de Joliette, 6 septembre, p. 4 (annonce).

Voûtes du Palais [titre]. [...] Cet ensemble de sept voûtes reliées par des arches, isolées par des murs de pierre d’un mètre d’épaisseur, abrite le Centre d’initiation à l’histoire de la ville de Québec. Des expositions thématiques à caractère historique [...] s’ajoutent à une section qui décrit l’histoire de ce site sur lequel s’élevait le second palais de l’Intendant. 1990, Région de Québec. Guide touristique, 7e éd., p. 55.

Chambre funéraire, caveau.

Avoir une voûte au cimetière. (PoirierG, Dagenais1-2, Colpron2 96).

2

(Emploi critiqué). (Parfois dans voûte de sûreté). Chambre forte, local construit spécial. pour que l’on puisse y mettre en sûreté des effets précieux (billets de banque, titres et documents divers, bijoux, etc.); par anal. coffre-fort.

La voûte d’une banque. Les voûtes d’un notaire. Ouvrir, fermer la voûte, les voûtes. Mettre, déposer, garder de l’argent, des papiers dans une voûte, dans des voûtes.

 safe1.

 (Parfois dans voûte frigorifique, voûte réfrigérée). Local à température contrôlée, destiné spécial. à l’entreposage des fourrures.

L’auteur a connu à la campagne, pendant son enfance, deux notaires qui passaient régulièrement tous les trois mois, chargés de leur étude, dans un sac de loup-marin, pour la préserver de la pluie. Ces braves gens se passaient bien des voûtes à l’épreuve du feu : dans un cas d’incendie, ils jetaient sac et étude par la fenêtre. 1863, Ph. Aubert de Gaspé, Les anciens Canadiens, p. 410 (« Notes et éclaircissements »).

On force les serrures de la voûte de sûreté au Palais de Justice de Montréal, renfermant 10,000 dossiers de la Cour de Circuit [...]. [...] Les employés du Palais de Justice [...] ont été très surpris de constater, hier, que la porte de la voûte des archives avait été forcée durant la nuit. 1903, Le Soleil, Québec, 27 février, p. 8.

Quatre murs de pierre calcinés et un amas de cendres, voilà ce qui reste de la jolie église de Saint-Boniface de Shawinigan qui a été complètement détruite, hier après-midi, par une conflagration qui a aussi brûlé sept des plus importants édifices de la paroisse : le Bureau de Poste, la « Caisse Populaire », le bureau central du Téléphone, et qui a failli détruire également le Couvent et le presbytère. [...] M. LuDGer Dugré est le gérant de la « Caisse Populaire » de la paroisse. La voûte de la Caisse a pu être sauvée et transportée dehors. 1921, Le Nouvelliste, Trois-Rivières, 6 mai, p. 1.

– Fabien : [...] Va bien falloir qu’il vienne porter ses papiers importants dans la voûte avant de partir. [...] (Il entre et ferme la porte de la voûte). – Desmond : (Sort de son bureau, va vers la voûte, il regarde à gauche et à droite). Bon, le bureau est en ordre, y a rien qui traîne. (En tournant le bouton de la combinaison). On barre la voûte et on s’en va au golf. 1969, M. Gamache, Cré Basile, 13 mai, p. 28-29 (télév.).

Mon petit neveu, ça fait deux ans qu’il est là [à la banque]. Il en a eu un [hold-up] [...]. Il remplaçait le gérant à part de ça. [...] alors il fallait qu’il ouvre la voûte. Il dit : « Je l’avais là, le pistolet, là. J’aimais pas trop ça. [...] » 1971, Montréal, Corpus Sankoff-Cedergren 5-430.

3

Région.(Charlevoix, Saguenay–Lac-Saint-Jean et Côte-Nord). Plafond de l’habitacle d’une automobile.

Histoire

1Depuis 1764. Le mot a été relevé en ancien français (v. Godefroy, s.v. volte2), en moyen français (Car bien souvent, par faulte de leur soulte Ilz vont pillant en maison, grange et voulte, v. Huguet, s.v. voulte1) et, avec le sens plus général de « cave », dans quelques parlers de France (v. FEW vŏlvĕre 14, 620b-621a); s’il s’agit d’un héritage de France, l’influence de l’anglais vault, qui se dit également d’une cave maçonnée tenant lieu d’entrepôt, de cellier, et qui a lui-même été emprunté à l’ancien français (v. OED; v. aussi Webster 1986, s.v. vault1), est cependant indubitable comme le montrent les premières attestations québécoises, toutes postérieures au Régime français. Il en va de même pour voûte « chambre funéraire, caveau » (depuis 1933, d’après PoirierG); relevé dans le parler de l’île anglo-normande de Guernesey sous la forme vôte, ainsi qu’en bourguignon sous la forme vau (v. FEW 14, 620b), cet emploi a pu être hérité de France mais l’influence de l’anglais vault (v. OED) paraît certaine. 2Depuis 1863; d’après l’anglais américain vault (v. WebsterW 1988 et Random 1983; v. aussi Mathews). 3Depuis 1973 (Lavoie 973).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Voûte. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 20 février 2024.
https://www.dhfq.org/article/voute