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TIRE [tiʀ]
n. f.

I

Action de tirer.

1

Rural(Bête, bœuf, cheval) de tire, destiné à tirer des charges lourdes; (animal) de trait, (animal) de tirage.

Trois paires de bœufs de tire.

Cheval franc pour la tire : cheval franc du collier.

Rem.1. Chevaux de tire, relevé à Saint‑Évariste (Frontenac) en 1970 (voir PPQ 393x). 2. On trouve aussi, depuis le XIXe siècle, cheval, bête de trait (p. ex. dans « Ordonnance pour pourvoir à l’amélioration des Grands Chemins de la Reine, dans cette Province, en hiver, et pour d’autres objets », dans Les actes et ordonnances revisés [sic] du Bas‑Canada, Montréal, 1845, p. 378 : le cheval ou les chevaux ou autres bêtes de trait).

[…] deux grandes chaudieres de cuivre, un superbe poële à patente, environ vingt chaudrons de charbons de forge, six bons chevaux de tire, cabrouets, et brouëtes, pelles pioches […]. 1802, La Gazette de Québec, 12 août, p. [4].

Les bestiaux et animaux donnés consiste [sic] en quatre vaches laitières, une taure de deux ans, une taure d’un an, dix-sept moutons vieux et jeune [sic], quatre porcs de dix-huit mois, un vieux cheval de tire. 1824, Appendice no 6157, Second Rapport du Comité des Griefs, 1831, p. 133.

Lors et aussitôt que le dit pont sera érigé et construit […] il sera loisible à la dite compagnie, de temps à autres [sic] et en tout temps, de demander […], avant de permettre le passage sur le dit pont, les différentes sommes suivantes, c’est-à-dire : Pour chaque voiture d’été ou autre, à quatre roues, tirée par deux chevaux, huit deniers courant; Pour chaque voiture d’été à quatre roues, tirée par un cheval, quatre deniers courant; […] Pour chaque bête de tire additionnelle, deux deniers courant. 1856, Statuts de la province du Canada passés dans les dix-neuvième et vingtième années du règne de Sa Majesté la reine Victoria et dans la seconde session du cinquième parlement du Canada, p. 92.

Les fils de Clément Chauvette, de Princeville, un des pionniers des tires de chevaux au Québec, perpétuent la tradition paternelle. Gervais et Yvan Chauvette continuent, en effet, à parcourir le Canada et les États-Unis avec leurs bêtes de tire, les Chauvette Pullers. 2001, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 1er mai, p. 32.

Par méton.VieilliFaçon de tirer du bœuf, du cheval.

Tire égale d’un bœuf.

Rem.Bien attesté dans la région de Charlevoix, du Saguenay‑Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, en parlant du cheval (voir Lavoie 1492).

Deux bœufs de l’äge de cinq ans bon de tirre estimé à 80 l[ivres]. 1730, île de Montréal, AnQM, greffe Chaumont (fichier Robert‑Lionel Séguin), 14 février.

Mon père avait deux bœufs, deux fines bêtes; on en avait baptisé un « Bobbeur » et l’autre « Beautrain »; ça labourait bien et pas paresseux; bon pas, tire égale, ça marchait rien qu’à la parole; on n’avait pas besoin de cordeaux […]. [1935], Hébertville (Lac-Saint-Jean-Ouest), V. Tremblay, Mémoires de vieillards, no 88, p. 2. 

Par méton., VieilliAttelage; (spécial.) trait court reliant la cheville d’attelage au collier.

Rem.Relevé à quelques reprises encore dans les années 1969‑1972, surtout dans Berthier et Joliette (voir PPQ 453 et 484x; voir aussi SoltSor 165‑166, qui décrit la façon d’atteler le cheval).

Une tire pour une traine prisé [sic] à six sols. 1811, Québec, AnQQ, greffe D. Lefrançois, 24 juin.

Au tumulte de départ avait succédé l’étonnant silence du désert de neige. Les traîneaux glissaient avec régularité, presque sans secousses, comme entraînés vers un but prodigieux. La galopade des chiens ne produisait aucun bruit. Ils allaient sans efforts apparents sous les tires de cuir tendues. 1924, R. de Roquebrune, D’un océan à l’autre, p. 73.

Par méton.Vieilli Résistance rencontrée lors du tirage, du déplacement par traction. (GPFC, PPQ 86). 

La tire d’un chemin, le tirage.

Il y a de la tire pour monter la côte. 1909, N.‑E. Dionne, Le parler populaire des Canadiens français, p. 634.

2

Force de traction (exercée par un animal ou un véhicule).

Quant à l’arrachage des souches il est facile, car les racines ne sont pas pivotées, mais courent à la surface du sol : ce qui fait qu’après le feu, il ne reste que fort peu de souches qui résistent à la tire d’un cheval. 1935, J.‑E. Laforce, Le Quotidien, Lévis, 7 janvier, p. 2.

Concours de tire de chevaux, comté des Deux‑Montagnes, le 28 [août] en soirée. 1959, L’Avenir du Nord, Saint‑Jérôme, 27 août, p. 5 (annonce).

Gros succès, comme chaque année, pour le concours de tire de chevaux [...]. Onze équipes étaient inscrites à la compétition et le poids de départ était de 3 000 lbs. 2017, La Gatineau, Maniwaki, 2 février, p. 16.

Le 11e concours de tire de tracteurs antiques de Saint-Arsène aura lieu le samedi 27 juillet. […] cette compétition met en présence des tracteurs de modèles 1962 et antérieurs à cette année de fabrication, lesquels doivent répondre aux standards de compagnie sans modification aucune. 2019, Infodimanche, Rivière-du-Loup, 17 juillet, p. 21.

3

Par méton. Concours où des bêtes doivent tirer de lourdes charges sur une certaine distance.

Tire de chevaux, de poneys, de chiens, de traîneaux.

Par ext. Concours semblable avec des tracteurs, des camions.

Tire de tracteur.

Rem.Relevé en Beauce en 1975 (voir Lorent).

Ce spectacle, désigné sous le nom de « tire de chevaux »[,] met en évidence la force et l’habileté de plusieurs paires de chevaux et l’adresse de leurs conducteurs. Cette « tire de chevaux » consiste en un concours original qui met en lice des paires de chevaux de poids différents répartis en autant de classes. 1963, L’Union des Cantons de l’Est, Arthabaska, 26 septembre, p. 15.

Tire de poney simple et double [/] Dimanche le 2 août à 1 h 30 [/] Au Lac au Sable [/] Chez Marcel Cloutier [/] En cas de pluie, remis au dimanche suivant. 1970, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 31 juillet, p. 17 (annonce).

Les grands divertissements populaires sont la lutte et la « tire » des chevaux. 1972, M. Ferron et R. Cliche, Quand le peuple fait la loi, p. 106.

Tous les soirs, cette semaine, les propriétaires de chevaux présentent des « horse shows » dans le stade. Demain, c’est une « tire » de poneys d’envergure provinciale; mercredi ce sont les « olympiades du cow‑boy »; jeudi, la soirée s’intitule « Colorado 1846 »; vendredi, c’est le « super rodéo p’tit caribou »; enfin samedi, un souper au bœuf (un rancher ne mange jamais de cheval) précédera la soirée de clôture. 1980, Le Soleil, Québec, 25 août, p. A5.

3e Encan provincial de cheveux lourds et légers au Terrain de l’Exposition […] Horaire de la journée [/] 9 h 30 : Vente d’équipements à chevaux, tels que harnais, voitures de parade, sleighs, etc. […] 6 h 00 Tire de cheveaux [sic] avec bourses et trophées. 1990, La Tribune, Sherbrooke, 31 mars, p. D10 (annonce).

Le lendemain, spectacle des jeunes, […] tire de chevaux, olympiades, démonstrations culinaires, animation musicale, dîner du Grand maître sucrier et soirée rétro. Dimanche, la dernière journée du festival, une messe sera célébrée à 10 h à l’église paroissiale. Le tout sera suivi d’un concours provincial de sciage, de la partie de sucre, de la descente des palettes sur la rivière Bulstrode, de l’encan des exhibits du concours des produits de l’érable et souper spectacle avec un orchestre folklorique. 2000, La Presse, Montréal, 18 mars, p. H19.

L’amour des équidés ne se dément pas à Saint-Isidore-de-Clifton. Les tires de chevaux légers et lourds attirent toujours autant de monde. Le pesant attelage de 5000 livres de Jacques Labranche a remporté la bourse de 2 100 $. La foule s’était massée nombreuse sur la remorque et dans les estrades préparées pour cette activité équestre. 2015, Journal Le Haut-Saint-François, Cookshire‑Eaton, 12 août.

La tire de tracteurs de retour à Saint‑Agapit [titre] La compétition de tire de tracteurs sera de retour cette année à Saint‑Agapit. Après un an d’absence, tracteurs et camions modifiés prendront possession des terrains de l’Expo, le 6 juillet prochain. 2019, Le Peuple Lotbinière (site Web), Lévis, 24 décembre.

4

Mouvement de l’air aspiré par la cheminée, résultant de l’attraction par le foyer de l’air frais nécessaire à la combustion; phénomène semblable dans le fonctionnement d’une locomotive à vapeur.

La tire du poêle. Donner de la tire à la cheminée.

Rem.1. Relevé un peu partout sur le territoire du Québec au tournant des années 1970, mais concurrencé par hale dans la moitié est de la province, surtout dans le Bas-Saint-Laurent et en Acadie, ainsi que dans la région de Charlevoix, Saguenay–Lac-Saint-Jean et Côte‑Nord, où l’usage des deux mots est répandu de manière équivalente (voir PPQ 86 et Lavoie 2029). 2. Emploi critiqué au profit de tirage vers la fin du XIXe siècle, à partir de Gingras 1880 (voir aussi LusFaut 19; L. Fréchette, dans La Patrie, Montréal, 9 février 1895, p. 1; Rinfret 208); relevé également dans les glossaires de Clapin, Dionne, GPFC et Bélisle1‑3, qui ne portent pas de jugement.

On a placé sur les locomotives du chemin de fer du Nord de nouveaux tuyaux […] qui ont une tire tellement terrible que les morceaux de charbon de la fournaise sont lancés en l’air au risque de blesser les passants. 1880, Le Vrai Canard, Montréal, 27 novembre, p. [3].

Q. : Veuillez dire quelle précaution la défenderesse prend pour prévenir les incendies par suite d’étincelles sortant du tuyau de ses locomotives R. : Aux places dangereuses, le « damper » [= registre] est toujours fermé. Q. : Quel est l’effet de cela, quand le damper est fermé, que vous le fermez? R. : Ça ôte la tire. C’est comme quand vous fermez la porte d’un poêle. 1884, Trois‑Rivières, BAnQTR, Cour d’appel (Québec), cause no 88 (1885), factum de l’intimé, p. 52‑53.

Un encendie [sic] malheureux a détruit de fond en comble la demeure et les dépendances de M. Xavier Labbé, de notre campagne. Le feu a commencé vers les deux heures de l’après-midi, jeudi, causé par des éteincelles [sic] de la cheminée. M. Labbé nous disait que des déchets de papier et tapisserie avaient été jetés au feu et le fort vent de jeudi donnait une telle tire à la cheminée que ces feuilles en feu furent projetées hors de la cheminée. 1922, L’Union des Cantons de l’Est, Arthabaska, 11 mai, p. 4.

« Vous voyez, M. Morel, que je suis passablement au courant de vos affaires… de cœur. Est-ce cela?... » – « Oui, oui, je vois », répondit lentement Jean‑Baptiste Morel, se baissant devant le poêle pour en fermer la petite porte et empêcher ainsi la tire trop forte de la cheminée, « je vois que vous en savez pas mal, mais que vous savez pas tout. » 1925, D. Potvin, Le Français, p. 303.

La relation ordinaire entre le combustible et l’approvisionnement d’air ou d’oxygène dans cette construction est renversé [sic]. […] L’air est fourni au poêle par le tire de la cheminée, et du poêle au brûleur comme expliqué ci‑haut. 1940, Technique : revue industrielle, février, p. 120.

Ça ne boucanne pas un foyer […]. La tire normale empêche ce phénomène. Cependant, si après l’installation du foyer, les clients installent une plaque chauffante avec ventilateur intégré, ou encore s’il y a un extracteur d’air dans la maison, même avec une hotte qui tire 300 pieds cubes d’air à la minute, il y aura de la fumée. Ce ne sera pas à cause du foyer mais de la ventilation mécanique plus puissante que la tire de la cheminée. 1991, La Presse, Montréal, 28 septembre, p. L3.

Le projet de réduction de la tire de la cheminée du four de coulée de l’usine Laterrière a séduit les jurys du concours. « Chaque four de coulée dans nos usines possède une cheminée avec des brûleurs [...]. La tire de la cheminée occasionne normalement des pertes de chaleur importantes. Une équipe du Centre de recherche et de développement d’Arvida (CRDA), a mis au point un boîtier qui permet de récupérer cette chaleur et donc de sauver sur la consommation. » 2013, Le Journal de Québec (site Web), 20 février.

Une toute nouvelle famille de petits évaporateurs traditionnels au bois […] a donc vu le jour chez l’équipementier beauceron. L’étiquette traditionnelle s’applique entre autres parce que le maintien de la flamme est assuré par la tire de la cheminée et qu’aucun système de ventilation mécanique n’est utilisé. 2021, L’Éclaireur progrès, Saint‑Georges (Beauce), 10 mars, p. 19.

Par anal. Tire d’une rivière : force de son courant. (Coaticook (Stanstead), 1970, dans PPQ 1355).

5

Tire au poignet.

2023, TLFQ, Tire au poignet [photo].

 poignet (sens II.2).

II

Par méton. du sens I. Friandise.

1

Petite friandise de consistance souple, faite d’une pâte de sucre (cassonade, beurre, etc.) refroidie et étirée après la cuisson; cette pâte de sucre.

2021, TLFQ, Tire Sainte-Catherine [photo].

Tire à la mélasse, à base de mélasse; tire blanche, à base de sucre* blanc. Étirer la tire, la pâte de sucre refroidie, jusqu’à ce qu’elle prenne la consistance et la couleur désirées (d’où l’appellation vieillie tire étirée).

Bâton de tire.

Tire (de la) Sainte‑Catherine, faite ou consommée traditionnellement à l’occasion de la fête de la Sainte-Catherine (le 25 novembre).

VieilliTire canadienne.

VieilliFête à, de la tire, partie de tire : anciennement, soirée de réjouissances qui avait lieu à certaines époques de l’année (notam. à la Sainte-Catherine, au Mardi gras et à la mi‑carême), au cours de laquelle on confectionnait et consommait de la tire.

Rem.1. Bien attesté sur tout le territoire du Québec et de l’Ontario francophone, et connu dans quelques régions acadiennes limitrophes au tournant des années 1970 (voir PPQ 242). 2. L’Acadie n’est guère attachée à la tradition de la Sainte-Catherine et ne semble pas avoir connu l’association qui s’est établie au Québec entre la fête de la Sainte-Catherine et la tire (voir A.‑M. Desdouits, La vie traditionnelle au pays de Caux et au Canada français, 1987, p. 389; d’après CormAcad, le mot tire dans ce sens est « sporadique » en Acadie). 3. La tire porte aussi d’autres noms dans le Québec régional (kiss et klondike); en Acadie, le mot traditionnel pour ce bonbon est tamarin, aujourd’hui vieilli (voir CormAcad, s.v. tamarin). 4. De nos jours, la tire est commercialisée et associée surtout à l’Halloween (journée du 31 octobre).

Dans l’autre [salle], c’était les éclats de rire des jeunes garçons et des jeunes filles qui, tout barbouillés de melasse [sic], se poursuivaient et s’agaçaient avec les longues filasses de tire, semblables à des échevaux [sic] de fils d’or et d’argent. […] Quand la tire fut bien tressée et coupée par petits bâtons, disposés symétriquement sur de grands plats de faïence, on la porta comme en triomphe dans la salle du festin. Il n’est pas besoin de dire que l’apparition du mets que le père Morelle considérait avec raison comme la partie essentielle et le trait caractéristique de la fête, et le renfort puissant que présentait une douzaine de jeunes personnes en bon train de faire du vacarme, portèrent à son comble, la bruyante gaité de tous les convives. 1853, P.‑J.‑O. Chauveau, Charles Guérin, p. 119‑120.

C’était en ce jour-là la Sainte Catherine. [/] Pour savourer la tire et pour tromper l’ennui; [/] Pour chanter et danser, alors comme aujourd’hui, [/] Au son du violon s’assemblait la jeunesse. 1875, P. LeMay, Les Vengeances, p. 24.

Lundi prochain, vous savez, les amis, c’est la fête des vieilles filles, rapport que c’est la fête de Sainte‑Catherine [sic] qui est leur patronne […]. C’est parce que Sainte‑Catherine est la patronne des vieilles filles qu’on fait de la tire en son honneur, ce jour-là. La tire c’est, comme qui dirait, le symbole de la vieille fille, vu que c’est collant en scie ronde, sous votre respect. 1912, La Presse, Montréal, 23 novembre, p, 10 (chron. humor.).

La porte s’ouvrit toute grande et Cyprien Lachance qui parut sur le seuil fut salué par un concert de : « Bonsoir! bonsoir! » – Il ne manquait plus que toi, s’écria Philias Ouellette, en recevant le paletot du nouveau venu. – Tu ne serais pas canadien pure laine, repris Johnny Bellefeuille, si tu n’aimais pas la tire de la Sante‑Catherine. 1919, frère Gilles, L’héritage maudit, p. 5.

Marie profita du brouhaha pour sortir, revint avec deux platées de tire brune qu’elle passa à la ronde. Les assiettes furent aussitôt vidées qu’apportées, remplies de nouveau à la cuisine, où la mère Beaudry et ses deux belles-sœurs, près du poêle rouge, ne cessaient de mêler la mélasse brune et les amandes, d’étirer longuement, dans leurs mains enduites de farine, la belle friandise luisante. 1925, H. Bernard, La terre vivante, p. 64.

Entre 1880 et 1885, tous les citadins à l’ouest du carré Chaboillez, connurent Tiquenne à la tire. Homme âgé, courbé, demi-aveugle, ne regardant qu’à ses pieds, il parcourait les quartiers résidentiels pour débiter sa friandise : une tire vraisemblablement faite avec de la cassonnade [sic] blanche et qui avait un goût agréable, différent des bonbons de même sorte. Elle coûtait un sou le morceau. […] Dès qu’on lui avait remis les sous, il les glissait dans sa bougrine, soulevait un volet de sa boite et remettait de main à main, les morceaux durs et brillants. 1940, E.‑Z. Massicotte, Au temps de la vie lente et douce, Bulletin des recherches historiques, vol. 46, no 3, p. 93‑94.

Nous invitons tous ceux qui sont désireux de gagner de beaux prix à venir tenter leur chance à notre bingo dimanche prochain. Vous vous régalerez de bonne tire canadienne faite par les Dames Fermières. 1966, Le Bulletin de Buckingham, 24 novembre, p. 7.

On a sorti les bonbons, c’était hier l’Halloween! Des milliers d’enfants déguisés ont défilé dans les rues, à la recherche de friandises. Des suçons, du chocolat, de la tire, des arachides, bref, de quoi se régaler pendant des mois... et entretenir le dentiste pour aussi longtemps... 1993, Le Soleil, Québec, 1er novembre, p. A7.

Les bonbons, au fil des ans, ont pris différentes formes et saveurs et ont fait partie de toutes les fêtes. Choisir ses bonbons dans les bocaux sur le comptoir du magasin général faisait la grande joie des enfants. À la maison, on fabriquait des sucreries : la tire éponge, la tire Ste‑Catherine, les bonbons aux patates, le fudge, le sucre à la crème étaient parmi les favoris. 2010, Le Journal de Montréal, 24 novembre, p. 44.

NOTICE ENCYCLOPÉDIQUE

La fête de la Sainte‑Catherine, le 25 novembre, était célébrée avec éclat autrefois. Marie‑Ursule écrivait en 1951 : « Toutes les familles la célèbrent [la Sainte‑Catherine] à la canadienne, c’est-à-dire qu’elles font et mangent la tire étirée (faite souvent avec de la mélasse). » Soixante-dix ans plus tard, elle est pour ainsi dire disparue : « Aujourd’hui, rares sont les familles où on prépare encore la tire Sainte-Catherine » (P.‑Fr. Sylvestre). La tire était une friandise qui se consommait spécialement lors de cette fête, mais aussi à d’autres occasions. Il se trouvait même des personnes qui en vendaient par les rues (voir la citation de 1940, ci‑dessus); un bronze du sculpteur Alfred Laliberté intitulé Le vendeur de tire a immortalisé cette activité. Par ailleurs, depuis la fin du XIXe siècle, on a souvent attribué à sœur Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la congrégation de Notre‑Dame de Montréal, la coutume canadienne de manger de la tire le jour de la Sainte‑Catherine, et même l’invention de ce bonbon auquel elle aurait donné le nom de tire. Cette hypothèse est rappelée dans une note publiée par le Bulletin des recherches historiques en 1900 : « La bonne religieuse aurait inventé le bonbon du pays, pour attirer à elle les petits sauvages qu’elle voulait instruire, et comme les jeunes indiens [sic] s’y laissaient prendre comme des oiseaux à la glu, sœur Bourgeoys aurait baptisé le sucre ainsi préparé et qui attirait si bien, du nom de tire » (voir aussi J. Rousseau). Ces explications appartiennent à la légende. L’historien Robert Rumilly, qui trouve « dommage que cette anecdote soit erronée », explique que cette légende repose sur une confusion : la sainte Catherine qui présida à l’ouverture de la première école fondée par la religieuse n’est pas sainte Catherine d’Alexandrie, dont la fête est le 25 novembre, mais bien sainte Catherine de Sienne, dont la fête est célébrée le 30 avril. C’est ce jour‑là, où a été ouverte l’école, la veille du premier jour du mois de Marie, soit le mois de mai, que sœur Bourgeoys voulait inaugurer avec ses élèves (explication reprise par l’historien Jean Provencher). Qui plus est, ni la tradition voulant que la tire ait été créée par Marguerite Bourgeoys ni l’idée selon laquelle celle-ci se serait servi de cette friandise pour attirer des enfants à l’école ne semblent reposer sur des preuves documentaires.

Sources : [Anonyme] (1900), Le mot canadien ‘tire’, Le Bulletin des recherches historiques, 6(11), 349; P.-A. Dubois (2020), Lire et écrire chez les Amérindiens de Nouvelle-France, p. 167-195; Marie-Ursule (sœur) (1951), Civilisation traditionnelle des Lavalois, p. 90; J. Provencher (1984), C’était l’automne, p. 141; J. Rousseau (1969), Le parler canadien et le français universel, Les Cahiers des Dix, (34), 217; R. Rumilly (1936), Marguerite Bourgeois, p. 52‑53; P.‑Fr. Sylvestre (2019, 24 novembre), La tire Sainte‑Catherine, une tradition qui se perd, L’Express.ca (site Web).

2

Par ext. du sens précédent. Tire (d’érable) : confiserie obtenue par évaporation du sirop* d’érable, d’une consistance plus épaisse que celle du miel, que l’on conserve dans de petits contenants.

2012, J. Walker, Tire d’érable [photo], CC BY 2.0, Wikimédia Commons. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Maple_syrup_popsicle_(6974621697).jpg

Tire en boîte, vieuxen cassot.

 Par ext. Tire (d’érable) ou tire sur (la) neige : confiserie faite de sirop* d’érable épaissi que l’on étend encore chaud sur de la neige et que l’on enroule sur un bâtonnet ou une petite spatule de bois (appelée palette*) pour la déguster. VieilliToque de tire : petite boule de neige vivement plongée à demi dans le sirop bouillant.

Rem.Général au Québec et en Acadie (voir PPQ 988 et CormAcad).

Ah! grand général; ce n’était pas comme ça du tems de Lord Gosford, le plus grand gouverneur après tous les autres. Loin d’emprisonner ses fidèles sujets; il mangeait l[e]ur sucre d’érable, faisait de la tire avec eux, leur serrait la main et tapait sur la joue de leurs ménagères comme s’il n’avait été qu’un vrai dos blanc […]. 1840, Le Fantasque, Québec, 23 mars, p. 112.

[…] j’ai le plaisir de vous annoncer que dans huit jours nous irons à la sucrerie : peut-être pas à une sucrerie aussi poétique que celle chantée dernièrement par Mr. Guérin Lajoie [= Gérin‑Lajoie]; toujours y aura-t-il de la trempette, de la tire, du sucre en grain, des diamans [sic] autour du chaudron, &c. &. toujours aurez-vous chacun votre petit cornet de bouleau. 1850, L’Abeille, Québec, 27 mars, p. 3.

Bientôt Pierre Gagnon y plongeant de nouveau sa micouenne [dans la chaudière] l’en retira remplie d’un sirop doré presqu’aussi [sic] épais que le miel. Puis, vint le tour de la tire. Notre homme prenant un lit de neige en couvrit la surface d’une couche de ce sirop devenu presque solide, et qui en se refroidissant forme la délicieuse sucrerie que les Canadiens ont baptisée du nom de tire; sucrerie d’un goût beaucoup plus fin et plus délicat que celle qui se fabrique avec le sirop de canne ordinaire. 1862, A. Gérin‑Lajoie, Jean Rivard, le défricheur canadien, Les Soirées canadiennes, p. 129‑130.

Mais puisque nous voulons créer une littérature qui traduise notre pays, notre âme, demandons-nous si la langue française a bien tout ce qu’il faut pour exprimer notre âme, notre pays. Si je veux parler d’une bordée de neige, et d’une sucrerie, et d’une paire de raquettes, et d’une batture de glace, et des balises de nos chemins d’hiver, et d’un casseau de tire, et d’une clôture d’embarras, et d’une traîne sauvage, et de souliers mous, etc., comment pourrai‑je le faire convenablement, avec les seuls vocables du dictionnaire académique? 1914, A. Rivard, Études sur les parlers de France au Canada, p. 80.

Et que d’autres vocables ont reçu l’empreinte, l’ineffaçable marque de notre vie! Mots du terroir sortis du sol en touffes rustiques, et qui portent encore la fleur de notre esprit! Syllabes […] sonores et rutilantes que les gelées d’avril font éclater dans nos érablières, et qui, autour de la cabane des sucriers, à l’heure où déjà la tire suspend à la palette ses fils d’or, ou se répand en couches d’ambre sur la neige éclatante, s’imprègnent sur les lèvres des convives de tous les aromes [sic] de la sève nourricière […]. 1928, C. Roy, Études et croquis, p. 66‑67.

Toute la maison gardait de l’érablière comme un lointain murmure. Sur la table reposait un grand baquet de neige; on y jetait du sirop qui durcissait aussitôt et devenait une belle tire odorante et couleur de miel. Rose‑Anna frémit. Elle voyait ses enfants se régaler de trempette et de toques, douceurs toutes nouvelles pour eux. 1945, G. Roy, Bonheur d’occasion, p. 233.

Un grand éventail d’activités est proposé par les stations de ski pour célébrer l’arrivée du beau temps. Rendez-vous musicaux, BBQ extérieur, courses amicales et dégustation de tire sur neige ne sont que quelques exemples de ce que réservent les stations aux amoureux de la montagne. 2019, L’Écho de Laval (site Web), 22 mars.

Région.Fête à la tire, partie de tire : fête printanière à la cabane* à sucre au cours de laquelle les participants dégustent de la tire sur la neige.

Rem.Cette fête est plus communément appelée partie de sucre* (voir PPQ 970 et Lavoie 602).

Le lundi de Pâques les révérendes Sœurs du Couvent ont donné une fête à la tire à leurs élèves. Aidées de quelques jeunes filles du village, les Sœurs ont, on ne peut mieux organisé cette petite fête intime et toutes les élèves en garderont le meilleur souvenir. Personne ne s’est fait prier pour savourer le délicieux produit de nos forêts canadiennes qu’on appelle la tire. 1913, Le Soleil, Québec, 29 mars, p. 8.

3

Par ext. du sens II.1. (Parfois avec trait d’union). Tire éponge : confiserie très légère et à la texture cassante, généralement à base de sirop de maïs, dont l’aspect poreux rappelle l’éponge, et qu’on laisse fondre dans la bouche.

Rem.1. Mot du vocabulaire de l’alimentation qui tend à s’imposer devant toffee (Vieilliou pop.)2. De nos jours, le mot est parfois utilisé par certains chroniqueurs de vin pour décrire l’arôme des vins et portos (voir Histoire).

Fidolin : Woo! Woo! Approchez, mes petits agneaux, que je vous paye la traite! Cloutier : La traite… Fridolin : (Bruit de sac de papier) Oui, choisissez dans le sac : j’ai des bâtons forts, des fouets de réglisse, de la tire éponge1937, Gr. Gélinas, Le carrousel de la gaieté, P. Pagé, Le comique et l’humour à la radio québécoise, 1976, t. 1, p. 94.

Le jus tourne en tire et ça colle partout, les gars, l’engagement, la liberté, la justice, le vin rouge, l’atmosphère surchauffée. L’orgasme fondant de la tire éponge : une saveur de brûlé sur des trous d’air. Léger à n’y pas croire et pourtant mon cœur s’empoisse d’écœurement. 1969, M. Mailhot, Le fou de la reine, p. 107.

Enfin, si vos dents peuvent le supporter, vous pouvez toujours essayer la tire éponge, une friandise de saison. La tire éponge est constituée d’une solution de sucre et de sirop de maïs (ou de sirop de glucose) à laquelle on ajoute du bicarbonate de sodium (NaHCO3) juste avant le refroidissement. Sous l’effet de la chaleur, le bicarbonate se décompose et forme du carbonate de sodium (Na2CO3), de la vapeur et du gaz carbonique, le gaz à l’origine des bulles! 1994, Québec Science, octobre, p. 75.

Des souliers d’école [/] Dans une boîte en carton [/] Annie s’affole [/] Quand elle voit des garçons [/] Un roman d’amour [/] Pour les nuits qui s’allongent [/] Odeur de pomme [/] Et goût de tire‑éponge. 1994, M. Rivard, La Nouvelle saison (chanson), Beau dommage.

Un champagne qui balaie sur son passage tout ce que l’on sait déjà sur le sujet, car il ne ressemble à nul autre. Fabuleuse robe soutenue, à la fois ambrée, abricotée et à l’éclat vif de vieux rose; parfums complexes, racés, sorte d’essence de vin infusé d’abricot mûr, de noix sucrées, de tire éponge (eh oui!) et saveurs pleines, presque « tanniques », crémeuses et au goût intense d’abricot. 1997, J. Aubry, Le Devoir, Montréal, 31 décembre, p. B3.

Le chef pâtissier […] incite lui aussi à la sobriété en s’assurant que ses plats sont conçus avec des produits locaux et de saison. L’un des desserts les plus populaires, le Hokey Pokey, est d’ailleurs servi avec une glace à la vanille maison et de la tire éponge à la framboise et aux bleuets. 2019, Métro (Montréal), 1er août, p. 11.

4

Pomme de tire : pomme piquée sur un bâtonnet et enrobée d’un sirop cristallisé de couleur rouge (parfois vert, bleu, etc.).

2009, C. Barbu, Pomme de tire [photo], CC BY 2.0, Wikimédia Commons. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Candy_apples_in_a_row.jpg

Vin avec des arômes de pomme de tire et de fraise.

Rem.En France, on appelle cette friandise pomme d’amour.

Au mois d’août, mon père décidait brusquement « qu’une fille de huit ans et demi » devait être utile à la société, et il me reconduisait à bicyclette chez l’oncle Roméo et ses quatre filles, où nous vendions, à vingt sous la journée, « des pommes de tire à cinq cents », « des frites croustillantes comme du velours » et « de la crème glacée molle comme du savon ». […] mes cousines et moi regardions nos doigts esclaves qui baignaient des pommes vertes (lesquelles étaient remplies de vers blancs) dans un majestueux sirop rouge auquel il était défendu de goûter. « Pas permis de manger en travaillant », disait l’oncle, mais le travail terminé, vite il rangeant ses bâtons et ses pommes. 1968, M.‑Cl. Blais, Manuscrits de Pauline Archange, p. 94.

Il nous est venu à l’idée, avec l’arrivée de l’automne, d’associer au sirop d’érable une autre de nos productions canadiennes, la pomme, pour vous suggérer une friandise très en vogue en cette saison mais modifiée à notre façon, la pomme de tire à l’érable. 1973, La Voix de l’Est, Granby, 9 octobre, p. 13.

Ah! que j’aurais le goût d’une pomme de tire [/] Quand il fait beau soleil en automne à midi [/] Ou quand il est quatre heures, que l’école est finie [/] Et que j’enlève enfin mes jarretières qui tirent! 1969, Cl. Des Rochers, Sur un radeau d’enfant, p. 36.

Les dizaines de manèges de l’Expo Québec se mettent en marche aujourd’hui, donnant ainsi le coup d’envoi de la 99e édition à laquelle 400 000 visiteurs sont attendus jusqu’au 29 août. Outre les classiques tels que la petite ferme UPA, les jeux d’adresse et le goût sucré de la traditionnelle pomme de tire, les gens pourront revivre en lumière le déluge du Saguenay, les ouragans et les tremblements de terre à l’intérieur du tout nouveau Pavillon des sciences. 2010, Le Journal de Québec, 18 août, p. 12.

Activités toute la journée [titre] – Samedi et dimanche – Autocueillette [/] Balades en tracteur [/] Ferme Napoli sur place [/] Pique-nique [/] Kiosque pommes de tire et barbe à papa [/] Vente de hot dogs au profit des Loisirs du Cap [/] Les alpagas du Cap (deux alpagas sur place) [/] Musique et animation en continu. 2018, L’Oie blanche (site Web), Montmagny, 19 septembre, p. 4 (annonce).

Histoire

IDéverbal du verbe tirer au sens d’« action de tirer ». Tire est peu attesté dans cet emploi en français, où on lui a préféré tirage. Il a été relevé chez Cotgrave 1611, chez Voltaire, puis, rarement, depuis Larousse 1876 (v. FEW martyrium 81, 400a).  Il demeure toutefois en usage dans les locutions vol/voler à la tire « vol/voler en tirant ce qu’on dérobe hors de la poche ou du sac » (v. TLF, s.v. tire2). Dans cet emploi, tire a connu un meilleur sort dans les parlers régionaux. 1Depuis 1698 (bœuf de tire, Montréal, greffe A. Adhémar, 12 août, p. 1); cheval de tire, depuis 1712, chez le même notaire (Laprairie-de-la-Madeleine, 7 novembre, fichier R.‑L. Séguin); bête de tire, depuis 1818 (Saint‑Thomas (Montmagny), BAnQQ, greffe N.‑G. Boisseau, 20 juin). Héritage des parlers de France; attesté en Saintonge et dans le Centre (v. FEW id. : chevaux de tire « de trait »). Cheval de tire est attesté en outre dans la région francophone de Détroit et en Louisiane (v. BénDétr 469‑470, DitchyLouis 203, HickmJeff 272 et SaucAvoy 527). Les emplois métonymiques sont également des héritages de la France régionale. Tire « partie d’un attelage », depuis 1785 (Sainte-Anne-de-la-Pocatière, BAnQQ, greffe L. Cazès, 17 juin : deux peres de trais de tire); attesté en Saintonge, v. FEW id. : « cheville reliant le joug au timon ». Tire « résistance rencontrée lors du tirage », depuis 1909; relevé en Normandie, « difficulté de tirer une voiture sur un chemin montant », et dans le Centre, il y a de la tire pour monter ce coteau (v. FEW id., JaubCentre2).  2Depuis 1935.  3Tire de chevaux, depuis 1962 (Le Droit, Ottawa, 1er février, p. 11). 4Déverbal de tirer au sens d’« avoir un mouvement ascensionnel de la fumée (d’un poêle) » (depuis Balzac, v. FEW 81, 398b). Depuis 1880 (Gingras3 : TIRE – Se dit improprement au lieu de TIRAGE d’une cheminée, d’un poêle, etc.). Probablement hérité de France. On trouve des emplois analogues en français moderne (tire du vent « force qu’a le vent lorsqu’un vaisseau est à l’ancre de faire raidir son câble »), dans le parler angevin (« force d’un courant d’eau »); et dans le parler de Verdun-sur-le-Doubs et de Chalon-sur-Saône (« haleine »); cp. aussi tirée « tirage d’une cheminée » en Anjou et « aspiration de la fumée d’une pipe » à Neuchâtel (v. FEW id., 400a).

IIDéverbal de tirer au sens d’« exercer un effort sur qqch. de manière à allonger, à tendre », lui-même attesté en français depuis le XIIIe siècle (v. PRobert 2021, TLF, s.v. tire, sens I.A.3b; FEW 81, 398a).  1Depuis 1810 (VigerB 89; v. aussi GuérinS, qui est le premier lexicographe français à enregistrer l’emploi canadien); celui-ci s’explique par le fait que, pour obtenir la confiserie ainsi nommée, on devait traditionnellement étirer la pâte de sucre en longues tresses après la cuisson jusqu’à obtention de la consistance désirée. Tire blanche, depuis 1913 (v. Le Soleil, 17 avril, p. 7). Tire de la Sainte‑Catherine, depuis 1896 (L’Union des Cantons-de-l’est, Arthabaskaville, 3 décembre, p. 3 : Toute la neige que nous avons eu [sic] ces jours derniers est disparue, il ne nous en reste pas même assez pour y préparer la tire de la Ste-Catherine, cette bonne patronne que les jeunes aiment mieux fêter que les vieilles!).   2Depuis 1840. Tire d’érable, depuis 1872 (Faucher de Saint‑Maurice, « À la brunante », dans L’Opinion publique, Montréal, 11 janvier, p. 22 : une lagune de tire d’érable bornée par des collines de tourtières et de langues pivelées d’aromates). Tire sur la neige, depuis 1891 (v. Journal de Waterloo, 28 mai, p. [3] : on a fait de la tire sur la neige, ce qui arrive rarement à ce temps de la saison).  3Depuis 1908 (v. La Presse, Montréal, 28 novembre, p. 20 : Je demande pour vous comment on fait la tire‑éponge et le pouding au coco); traduction de l’anglais sponge taffy ou sponge toffee, appellations qui ne figurent pas dans les dictionnaires consultés, mais dont on trouve de nombreuses occurrences dans la presse canadienne-anglaise depuis la fin du XIXe siècle (v. p. ex. The Toronto World, 16 novembre 1899, p. 7 : Sponge Taffy, 12½ c. per lb.; The Chatham Daily Planet, 13 novembre 1903, p. 5 : Sponge Taffy 10c a lb.; Waterloo Region Record, 10 mars 2012 : the best sponge toffee you ever tasted; The Toronto Star, 26 avril 1989, p. B11 : Sponge Taffy [:] 1 cup white sugar 1 cup corn syrup 4 tsp baking soda). Le recours à tire éponge pour décrire les arômes des vins et portos s’explique sans doute par le fait que l’anglais toffee, utilisé par les chroniqueurs anglophones pour décrire le vin, s’applique en anglais aussi bien à la tire éponge (appelée aussi toffee au Québec, dans la langue populaire) qu’au bonbon caramélisé (pour un exemple du mot toffee chez les chroniqueurs anglophones de vins et portos, v. p. ex. The Toronto Star, 9 décembre 2000, p. 9 : My top scores for the second half of my tasting went to Chateau Filhot 1990, a glorious Sauterne, all honeyed spice and toffee with great length). 4Depuis 1939 (v. L’Étoile du Nord, Joliette, 24 août, p. [2] : Fameux beignes au miel, Pomme de tire, Caramel liquide pour manger avec toasts). Innovation québécoise à partir du sens de « friandise collante » qu’a acquis le mot tire (ci‑dessus, sens II.1 et II.2).

Dernière révision : janvier 2022
Pour poursuivre votre exploration du mot tire, visionnez notre capsule vidéo Dis-moi pas!?.
Trésor de la langue française au Québec. (2022). Tire1. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 20 février 2024.
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