Recherche avancée

TIRASSE [tiʀas]
n. f.

  

Vieilliou région.Syn. de tiraille.

C’était, devant chaque assiette, un beau combat sans prétention de mains, de couteaux et de fourchettes avec les petits pois, les patates frites, les sauces piquantes et les tirasses de viande. 1929, Le Goglu, Montréal, 13 décembre, p. 7 (feuilleton).

Il se souvient des morceaux de viande remplis de tirasse, de ce bœuf bouilli qui servait d’abord à faire la soupe et paraissait ensuite dans les assiettes, blême et fade; il fallait en arracher un par un les bouts de maigre. Il le revoit dans son assiette, ce bœuf bouilli; c’est comme un gros nerf sur lequel le maigre a poussé dru et court [...]. 1946, M. Trudel, Vézine, p. 137.

Histoire

Depuis 1929 (Le Goglu, Montréal, 15 novembre, p. 4 : les vieux restes, le suif, les tirasses). Sans doute héritage des parlers de France. On trouve en effet dans ces parlers divers dérivés du verbe tirer qui sont formés avec un suffixe à valeur dépréciative (comme -asse dans tirasse) et qui servent à désigner les filandres et autres parties tendineuses de la viande ou encore une pièce de viande filandreuse, comme tiraille* (voir ce mot), tiragne (dans l’Ouest, v. FEW martyrium 61, 401b-402a), tiraillon (dans le Maine, ibid. 402b), ou encore tirosso dans un dialecte du Bas-Limousin (ibid.).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Tirasse. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 13 juin 2024.
https://www.dhfq.org/article/tirasse