TAMBOUR [tɑ̃buʀ]
n. m.
Construction ou enceinte de volume plus ou moins modeste, permanente ou temporaire, percée d’une ou plusieurs portes et placée généralement du côté extérieur d’une entrée de maison ou d’immeuble, formant ainsi un sas qui empêche le vent, le froid ou la neige d’y pénétrer.
Rem. 1. Le mot tambour est attesté en France et ailleurs dans la francophonie dans un sens similaire, mais il y est associé surtout à des édifices publics et renvoie plus généralement à une enceinte construite derrière une porte d’entrée qui empiète sur l’espace intérieur (v. Robert (en ligne) 2025‑09, Dictionnaire général des termes d’architecture et Architecture : méthode et vocabulaire, s.v. tambour). De plus, au Québec, où l’usage du tambour a longtemps été important, le mot est demeuré courant et désigne une variété plus grande de constructions. En revanche, en France, cet emploi de tambour relève surtout de la terminologie de l’architecture et le mot « est compris de nos jours au sens (d’“objet en forme de cylindre” (fût de colonne, pierre du noyau d’un escalier, soubassement cylindrique d’une coupole, etc.)) et ne se dit plus que des tambours cylindriques » (Robert 1953, s.v. tambour). 2. Souvent permanent et pouvant prendre la forme d’une véritable pièce annexe, le tambour peut être aussi temporaire et démontable. Il s’agit généralement d’une construction de menuiserie, mais il existe également des tambours temporaires dont les parois sont en toile. Il peut être situé à l’avant, à l’arrière ou sur le côté d’un bâtiment. Le tambour d’un bâtiment à plusieurs étages abrite parfois une cage d’escalier (v. Encycl.).
2022, TLFQ, Tambour adjacent à une porte extérieure [photo]. 2022, TLFQ, Tambour à deux étages [photo]. 2022, TLFQ, Tambour à plusieurs étages [photo]. 2022, TLFQ, Tambour de porte d'entrée [photo].Tambour d’entrée, de la cave, de la cuisine, de la maison, d’un immeuble, d’une église. Tambour de charpente, en planches, en vitrage, lambrissé, vitré. Tambour arrière, encastré, extérieur. Enlever, installer, ôter, poser le tambour.
C’est a sçavoir un tambour ou chassis d[’]escalier qui aura six estages de haulteur le comble y compris et le placer au milieu du logis du sieur Becquet ou il reside et demeure actuellement[.] F[air]e led[it] chassis de colombage et y laisser […]. Le rendre prest a couvrir[;] fournir generallement par led[it] entrepreneur tout le bois pour f[air]e led[it] châssis qui aura en quarré six pieds et demy de dedans en dedans […]. Encore s’oblige led[it] entrepreneur faire une gallerie au logis du sieur Becquet qui contiendra […] depuis led[it] tambour jusques a la rüe faisant un tour d’esquaire [= équerre] et commencerat aud[it] tambour. 1678, Québec, BAnQQ, fonds Cour supérieure (district judiciaire de Québec), greffe P. Duquet de la Chesnaye (CN301,S95), 30 novembre, [p. 1].
Sur la requisition et preuve a nous faites par Andre de Chaulne me tailleur d[’]habits habitant de cette ville de luy permettre de faire un petit tambour au devant de la porte de sa maison pour le garantir des incommodités et injures du temps qu’il souffre dans icelle par sa scituation; et principalement pendant le vent de NordEst, auquel elle est exposée, pendant lequel il ne peut ouvrir sa porte sans de grandes incommodites, sur tout en hyver […]. 1683, Québec, BAnQQ, fonds Grands voyers, Procès-verbal de René Robineau de Bécancour (E2,S1,D150,P665), 13 octobre.
Faisons aussy deffenses à toutes personnes de quelque qualité et condition qu’elles puissent estre, de faire eslever contre leurs maisons, aucuns balcons, auvants, tambours, pas, gouttieres, volets ou autres choses semblables, qui pendent ou avancent sur les d[ites] rües, sans la permission du d[it] sieur grand voyer ou de son […] commis, et qu’auparavant ils ne s’y soient transportés, et ce sous les peines susd[ites]. 1686, Ordonnance de M. de Meulles, intendant, 28 juillet, dans Ordonnances, commissions, etc, etc, des gouverneurs et intendants de la Nouvelle-France, 1639‑1706, P.‑G. Roy (éd.), 1924, vol. 2, p. 159‑160.
Dans un moment, nous fumes fort surpris de les entendre tous les deux dans le tambour de la maison, faisant le cry de mort et disant : Tagarianguen, qui est le nom iroquois de mon mari, « tu es mort »! 1727 env., De Jeanne d’Arc à Madelaine de Verchères la femme guerrière dans la société d’ancien régime, Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 53, no 2, automne 1999, p. 203‑204.
Dans le tamboure de la cuisine [on trouve] ce qui suit – trois pioches[,] deux haches et un brocke […] [= broc « fourche »][/] 2 pelles de bois & un porte ordure[/] une paire de mitaine de cuire[,] un paquet de vieille corde & des grapints. 1803, Saint-Thomas[-de-la-Pointe-à-la-Caille], BAnQQ, fonds Cour supérieure (district judiciaire de Montmagny), greffe N.‑G. Boisseau (CN302,S7), 8 juillet.
J’entrai par la porte de cour. […] Il faut que je me dépêche si je veux voir la bourgeoise avant souper. J’entrai dans le tambour où je fis un peu de train [= bruit] en m’essueyant [sic] mes souliers de beu [= bœuf]. On vint m’ouvrir avant que j’eus le temps de clancher. Les domestiques me reconnurent de suite. 1879, H. Berthelot, Le Vrai Canard, Montréal, 31 octobre, p. [2].
Les petites maisons de bois des Madelinots ont souvent trois ou quatre pignons […]. […] le logis est généralement exigu; il comprend un corps principal et une petite annexe – le tambour – qui est à la fois la cuisine et la salle où l’on vit. […] Un bon soir […], le grand gars tient au père ce langage ou quelque d’approchant : – Papa, quand la pêche sera finie, je voudrais demander [en mariage] Aubépine à Alphé. […] Qu’est-ce que vous pourrez me donner? – Tu as toujours été bon garçon, Fortuné, je te donnerai la moitié de la prée avec le tambour! Et l’hiver venu, il y a grand mess chez le père Ben. […] Aidé des voisins, le père Ben et son gars décollent le tambour de la maison, mettent sur des rouleaux ledit tambour que les chevaux ont tôt fait de tirer à l’autre bout de la prée. Les blessures des deux habitations sont vite pansées avec de la planche d’haricot (pruche) et – l’on sait combien le bonheur est facile à loger – le jeune ménage s’installe dans la minuscule demeure. […] lorsque le pêcheur […] aura tiré de la mer quelques centaines de piastres, il adjoindra à son tambour un corps de logis plus confortable. L’homme et la femme vieilliront, par les petits. Les enfants grandiront. Et vingt ans plus tard, la suite identique des phénomènes se reproduira avec la précision des gestes appris. […] Et c’est pourquoi il y aura toujours des tambours migrateurs au Havre-aux-Maisons! Je me suis même laissé dire que là-bas, le tambour est considéré comme une sorte de bien meuble au même titre qu’un cheval et qu’un cab-à-rouet [= cabrouet « petite charrette à deux roues »]! 1920, Frère Marie-Victorin, Croquis laurentiens, p. 213‑215.
Quand arrivait le premier jour de novembre, l’hôtelier donnait l’ordre de poser le tambour. On appliquait alors, sur la porte d’entrée, une construction de planches verticales vertes qui ressemblait à une guérite. 1977, M. Ferron, Le chemin des dames, p. 122.
C’est à l’arrière du bâtiment central que le feu a débuté, dans un escalier fermé. L’incendie était déjà éclaté sur les trois étages du « tambour » à l’arrivée des premiers sapeurs, vers 3 h 20. 1998, Le Soleil, Québec, 10 février 1998, p. A5.
L’entrée principale [d’un restaurant de Montréal] est obscurcie par un tambour, genre d’abri Tempo que l’on a installé afin de calmer les plaintes des clients qui gelaient dans les courants d’air de l’hiver montréalais, lequel n’est pas plus clément que le nôtre. Disons que ça ne fait pas trop chic. À l’intérieur, nous avons un doux choc sur les yeux. Des boiseries, du cuir foncé, un long bar de marbre blanc moustaché de noir. 2006, Le Droit, Ottawa-Gatineau, 10 février, p. 37.
En plus des trophées de chasse de mes frères, on trouvait en hiver dans cette pièce [le tambour], un peu de tout, comme si c’était un grenier improvisé. Au printemps, on enlevait les murs du tambour et la galerie reprenait ses lettres de noblesse. 2013, Le Magazine de l’Île-des-Sœurs, Dorval, vol. 26, no 51, 18 décembre, p. 13.
Le Service de protection contre l’incendie de Québec (SPCIQ) a été alerté vers 23 h 30 pour un début d’incendie à l’arrière d’un immeuble sur la rue de Montmartre, près de la rue Bigaouette. Le feu, déclaré dans le tambour du deuxième étage, s’est rapidement propagé au troisième étage, menaçant la toiture du bâtiment. 2024, Journal de Québec (site Web), actualités (justice et faits divers) 16 novembre.
NOTICE ENCYCLOPÉDIQUE
1. Une construction adaptée au climat nord-américain. Importé de France, où il se trouvait surtout devant l’entrée des églises et autres bâtiments publics, le tambour voit son usage se répandre en Nouvelle-France dès le XVIIe siècle. Il constitue l’un des moyens de prémunir les habitations des rigueurs du climat. Pour réduire la pénétration du froid, on n’en construit pas seulement devant les entrées d’un bâtiment, incluant les issus donnant accès à une cave, mais aussi à l’intérieur des maisons, par exemple à l’entrée d’une chambre. Au XIXe siècle, l’usage du tambour comme construction en bois, fermée et souvent démontable que l’on installe à l’automne pour la défaire au printemps, est généralisé au Québec. Il se trouve souvent, mais pas toujours, devant l’« entrée de semaine » d’une maison – par opposition à « entrée du dimanche » –, c’est-à-dire sur le côté ou à l’arrière de la maison traditionnelle ou rurale. Le tambour sert alors de vestibule, de lieu de transition entre l’intérieur et l’extérieur. On peut aussi y entreposer divers objets et de la nourriture.
2. Une réalité multiforme et évolutive. Au XIXe et au début du XXe siècle, certaines habitations possèdent un tambour qui constitue une pièce annexe pouvant, dans certains cas, loger une toilette ou servir de cuisine d’été. L’urbanisation du Québec n’entame pas la popularité du tambour. De 1865 à 1880, le tambour d’entrée ou porche – situé devant la porte principale et associé à l’architecture résidentielle – est très populaire dans certains quartiers de Montréal, comme sur le Plateau Mont-Royal et dans Milton Parc; à Québec, on en trouve notamment dans le quartier Montcalm. On parle alors de « tambours menuisés », lesquels sont souvent très élégants et comportent une petite galerie qui y est intégrée. Un souci de durabilité et d’esthétique se développe relativement au tambour, et on le construit avec les mêmes matériaux que ceux de la maison à laquelle il est rattaché. Dans les quartiers ouvriers, les immeubles à logements multiples comportent eux aussi parfois des tambours, généralement situés à l’arrière, qui peuvent abriter une cage d’escalier pour accéder aux étages supérieurs. Le tambour devient souvent un lieu de rangement, une sorte de débarras qui tend à devenir permanent. En raison, entre autres, de l’amélioration des techniques d’isolation thermique des bâtiments, on a délaissé progressivement la construction de tambours, et ceux-ci ne figurent généralement pas parmi les éléments architecturaux des édifices récents. Ils se résument parfois à un abri de toile installé devant une porte d’entrée durant la saison hivernale. Ils constituent malgré tout un élément significatif du patrimoine bâti du Québec, tant en milieu urbain qu’en milieu rural. Les tambours font ainsi toujours partie du paysage de Limoilou, quartier de Québec, ainsi que des Îles-de-la-Madeleine, archipel exposé aux grands vents. Depuis le début des années 2000, on observe même une tendance à transformer les vieux tambours en des espaces « chics » pour en faire notamment un solarium ou une véranda.
Sources : M. Bradette, L’architecture des Îles-de-la-Madeleine : Faire face aux éléments, Université du Québec à Chicoutimi (site Web), 2015, http://www.uqac.ca/espace-bois/larchitecture-des-iles-de-la-madeleine-faire-face-aux-elements/; La Presse, Montréal, 28 septembre 1996, p. K4; M. Lessard et al. Encyclopédie de la maison québécoise, 1972, p. 85, 88, 268, 294, 297, 422 à 424, 575, 709; M. Lessard et G. Vilandré, L’architecture traditionnelle du Québec, 1974, p. 269; Le Soleil, Québec, 14 février 2004, p. J3; J.‑M. Pérouse de Montclos, Architecture : méthode et vocabulaire (3e éd.), 2002, p. 48; R.‑L. Séguin, L’habitation traditionnelle au Québec, Les Cahiers des dix, no 37, 1972, p. 191‑222; F. Varin, Les porches et les vérandas, Manoirs et seigneuries, no 44, p. 38‑40; F. Varin, Tambours et porches : pour une transition en douceur, De l’architecture au mobilier, no 115, 2007, p. 11‑13; J. White, La pièce annexe réinventée, Nouvelles opportunités de design pour la maison québécoise contemporaine, Rapport de recherche – Création en architecture, 2005, p. 1 et 13.
Par ext., Vieuxou hist.À l’intérieur d’un bâtiment, petite pièce ou espace fermé situé à l’entrée d’une autre pièce afin de préserver l’intimité ou de procurer une isolation thermique ou acoustique.
Tambour (d’)intérieur.
Rem.En lien avec un autre type de tambour intérieur, tambour est aussi attesté dans des sources antérieures au XXe siècle comme nom d’une sorte d’enceinte cloisonnée construite autour d’un escalier pour l’isoler du reste de la maison, en limiter l’accès ou en améliorer l’isolation thermique et sonore; par ex. : Faire dans le[dit] bas de la maison trois cabannes et un tambour à l’escallier pour monter dans les chambres et descendre dans la cave (1680 env., Québec, BAnQQ, fonds Cour supérieure (district judiciaire de Québec), greffe P. Duquet de la Chesnaye (CN301,S95), [p. 1]). Cet emploi ou un emploi similaire est également relevé en France dans la terminologie de l’architecture : « petits refends circulaires en bois, ajourés ou formés de panneaux sculptés, placés le plus souvent dans l’angle d’un appartement et enveloppant des escaliers intérieurs faisant saillie » (Lexique des termes d’art, s.v. tambour).
[…] fera led[it] entrepreneur un escalier pour monter depuis le plancher de la cour jusqu[’]au grenier, a l[’]endroit ou il luy sera indiqué, fera les cloisons de haut & du bas avec bonnes planches[,] scavoir a la chambre d[u] bas une cloison avec un tambour a une desd[ites] portes […]. 1688, Montréal, BAnQQ, fonds Cour supérieure (district judiciaire de Montréal), greffe A. Adhémar dit Saint-Martin (CN601,S2), 28 août, no 1325.
[…] sera mis a l[’]etage d[’]enbas une porte et serrure fermant a clef, un escalier en eschelle pour monter a l[’]etage et chambre d’audessus, et a lad[ite] chambre une cloison ou tambour, avec porte fermant a serrure ou loquet. 1691, Québec, BAnQQ, fonds Cour supérieure (district judiciaire de Québec), greffe F. Genaple (CN301,S114), 5 avril, [p. 1].
Entre les deux petittes chambres il y a un petit tanbour [sic] auquel il y a une petitte fenestre qui a veue sur la cour[,] de neuf careaux de verre. 1706, Québec, BAnQQ, fonds Cour supérieure (district judiciaire de Québec), greffe F. de La Cetière (CN301,S146), 7 juin, p. 7.
[…] deux autres petits cabinets dans un desquels il y a une cheminée avec quatre croisées [« fenêtres »] donnant veue sur la cour[;] a coste desd[its] cabinets est un tambour qui conduit a une cuisine avec une cheminée et deux croisées donnant veue sur la cour […]. 1751, Québec, BAnQQ, fonds Prévôté de Québec, Registre de la Prévôté de Québec des saisies réelles des biens immeubles, no 87 (TL1,S11,SS1,D87), 24 septembre, fo 39.
[…] que led[it] sieur Edward Watts promet et s[’]oblige par les presents de faire faire excecuter [sic] et accomplir en tout son contenu [:] […] tertio faire faire une cloison à la mansarde formant un tambour et une porte pour la fermer avec un [sic] clanche […]. Chambre du fond [:] faire un plancher dans lad[ite] chambre et au tambour d’icelle en crouttes [« planches comportant l’écorce des arbres sciés »] embouvtées […]. 1763, Québec, BAnQQ, fonds Cour supérieure (district judiciaire de Québec), greffe S. Sanguinet (CN301,S251), 9 mai, no 1641, [p. 1‑2].
Fut présent sieur Joseph Hely dit Breton, Maître Charpentier de maison demeurant fauxbourg St Roch[,] lequel s’est par les prèsentes [sic] obligé de faire […] les ouvrages suivants, savoir de faire et lever la charpente et completter la menuiserie […] d’une maison au fauxbourg St Roch sur la rue St Joseph[.] […]. Laquelle maison aura cinq chassils & une porte d’assemblage […] et une porte de cave dans le solage […]. Il y aura un tambour d’intérieur & un escalier pour monter au grenier auquel tambour il y aura aussi une porte d’assemblage. 1808, Québec, BAnQQ, fonds Cour supérieure (district judiciaire de Québec), greffe J. Bélanger (CN301,S16), 19 février, [p. 1].
La clarté des châssis aux vitres dépolies, l’électricité avec ses centaines de lampes, ses cinq électroliers, distribués avec goût et art tant qu’ailleurs qu’aux autels; le confort des bancs en bois franc […] : le tambour intérieur protecteur de chaleur et adopté [sic] au style existant, jusqu’à la chaleur bienfaisant [sic] de deux énormes fournaises à air chaud, frappent le visiteur, l’engagent à y rester plus longtemps et à s’écrirer « Qu’il fait bon d’être ici » […]. 1906, Histoire de la construction de l’église de Saint-Jean-Baptiste de Keeseville, N.Y. érigée par les Franco-Américains en 1901, p. 83.
On peut donc affirmer que l’image actuelle de la maison Bélisle – sans parler de son état de délabrement avancé – ne correspond plus du tout au type architectural en vigueur au milieu du XVIIIe siècle, époque à laquelle elle aurait été construite. Cela se vérifie aussi pour ce qui est de l’intérieur. Ainsi, en 1765, on accède au rez-de-chaussée par un escalier de cinq marches et cet étage, le seul qui soit aménagé, est occupé par un tambour, une salle, une cuisine, une chambre et trois cabinets. 1996, L. Noppen, dans La Presse, Montréal, 3 février, vacances voyage, p. H12.
Dans l’angle, une horloge grand-père égrenait son tic-tac; devant, une berçante se trouvait placée entre deux fenêtres, ce qui permettait, quand on s’y assoyait, de voir l’allée menant à l’écurie ou la rue. Du côté de la rue, un buffet vitré. Plus loin, la porte extérieure avait été dissimulée par une sorte de tambour intérieur, pour que les clients du mari de Delphina puissent entrer et passer au salon sans jeter de regards indiscrets à la cuisine. 2009, B. Renaud, Un homme comme tant d’autres, p. 120.
VieuxConstruction de menuiserie servant de passage fermé entre deux bâtiments.
Rem.Ce type de tambour, généralement d’une longueur de 10 à 30 pieds, relie, par exemple, des granges jumelées ou un silo à une grange. On en trouve particulièrement dans les régions qui correspondent aujourd’hui à Acton Vale, Drummonville, Yamaska et Sorel-Tracy.
Les dits entrepreneurs promettent […] de faire [passage raturé : et annexer à la dite maison] un fournil de dix huit pieds quarrés et séparés [sic] de la maison par un passage ou tambour […]. 1866, Québec, BAnQQ, fonds Cour supérieure (district judiciaire de Québec), greffe J.‑B.‑C. Hébert (CN301,S134), 5 janvier, no 978, [p. 2].
Comme leur nom l’indique, les granges jumelées se composent de deux corps de bâtiments ayant une forme et des dimensions identiques. Les toits sont à deux versants. Construites de vingt à trente pieds l’une de l’autre, ces bâtisses sont reliées entre elles par un troisième hangar appelé tambour et couvert d’un toit pratiquement plat. 1976, R.‑L. Séguin, Les granges du Québec du XVIIe au XIXe siècle, p. 81.
[Une] photographie ancienne fait voir un silo octogonal coiffé d’un toit conique entre […] deux ponts de fenil. Il était relié à la grange par un tambour. Ces structures ont été démolies à la fin des années 1970 […]. 2010, D. Pigeon, La grange-étable Gilmour de Stanbridge-East, mars, p. 43.
Histoire
1.Depuis 1678. Attesté en français depuis 1666 (v. TLF), peut-être dès 1630 selon RobHist, qui ne fournit cependant aucune référence. Cet emploi repose sur une analogie de forme entre le tambour, élément architectural d’abord de forme circulaire, et l’instrument de musique (v. TLF et RobHist), et non parce que ce type d’enceinte « produisait des effets de tambour par temps écho alors que les gens s’y déneigeaient les pieds » (BélHomme-2, p. 123). Il figure dans de nombreux dictionnaires français depuis le 17e siècle (v. notamment Fur 1690, Besch 1847, Littré, Larousse 1953, Robert (en ligne) 09‑2025). Aussi relevé en français acadien (v. GeddChal, p. 215, Mass, p. 491, Poirier et NaudÎM), cet emploi a parfois été considéré, à tort, comme une pure innovation du français québécois (v. BélHomme-2, ibid.). Il n’a pas attiré l’attention des glossairistes québécois, sans doute en raison de l’existence d’un emploi similaire en France; v. cependant Clapin et Dionne, qui le présentent comme un canadianisme. 2.Depuis 1688. Probablement un héritage des parlers de France, car des emplois similaires sont relevés dans des parlers du nord-est de la France : « petit corridor à l’entrée de la première pièce de la maison » (en Lorraine) et « petite antichambre entre la porte du dehors et la porte de la cuisine » (dans les Ardennes) (v. FEW tabīr 19, 176a). On ne peut cependant pas totalement exclure qu’il s’agirait d’une innovation québécoise. 3.Depuis 1866.