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SOFA [sofɑ]
n. m.

Rem.

Variantes graphiques : (à époque ancienne) sopha, (d’après une prononciation vieillie) chofa.

  

Long siège rembourré, pourvu d’un dossier et généralement d’accoudoirs, où plusieurs personnes peuvent s’asseoir, où l’on peut s’allonger, s’étendre.

SYN. canapé (surtout dans la langue soignée).

Rem.En France, sofa désigne un lit de repos à trois appuis (les côtés et le dossier étant de la même hauteur), qui peut également servir de siège, à la mode surtout au XVIIIe s.

 divanchesterfield (sens I.1).

 (En composition). Sofa-lit : canapé-lit.

2023, TLFQ, Sofa-lit fermé [photo]. 2023, TLFQ, Sofa-lit ouvert [photo].

Les soirs que Jacques venait après le souper fini, [...] il lui semblait alors qu’il n’y avait rien de bon comme ça. Il accourait au-devant de lui dans un élan, le prenait gaiement par les épaules et l’entraînait comme un enfant s’asseoir sur le grand sofa brun. 1899, E. Choquette, Claude Paysan, p. 39-40.

Quand il fut installé sur le sofa du salon, avec la boîte de chocolats entre lui et sa dulcinée, Lomer, que tant d’émotions avaient grisé, devint audacieux. 1945, M. Grandbois, Maria de l’Hospice, p. 139.

Il en est venu un chambreur, hier, supplier m’man pour le prendre, puis elle lui a fait visiter ma chambre. [...] Ça fait que je sais ben ce qui va arriver, si elle prend un chambreur : je vais retourner passer mes nuits sur le sofa. 1981, Gr. Gélinas, Les fridolinades 1943 et 1944, p. 292.

L’appartement, bien rangé, a sombré dans la torpeur de fin d’après-midi, il fait presque noir. Anne s’est endormie, roulée en boule sur le sofa. 1992, M. Laberge, Quelques adieux, p. 74.

Vieux(Par anal., souvent dans sofa-lit). Long siège de bois rudimentaire pouvant se transformer en lit, appelé plus couramment banc-lit.

Histoire

Depuis 1730 (un sopha ou Canapé de damas Cramoisy, extrait d’un document cité dans N. Genêt et al., Les objets familiers de nos ancêtres, 1974, p. 228). Hérité de France. Cet emploi a eu cours dans la langue générale depuis la fin du XVIIe s. jusqu’à la fin du XIXe (v. Fur 1690, s.v. canapé : « Ce mot [canapé] est fort nouveau dans la Langue, & quelques-uns l’appellent sopha »; v. aussi Académie 1718-1878, Trévoux 1771 et Littré, qui signalent que les sièges appelés sofa et canapé sont souvent confondus); découle du sens de « lit de repos à trois appuis pouvant également servir de siège », attesté depuis 1657 (d’abord sous la forme sopha, usitée jusqu’à la fin du XIXe s.; v. FEW ar. suffa 19, 161a, RobHist et TLF). Le maintien au Québec du sens de « long siège rembourré » a pu être favorisé par l’anglais sofa qui désigne le même type de siège (v. OED, Webster 1986 et Harrap 1985 qui attestent en outre le mot dans sofa bed, d’où, peut-être, sofa-lit).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Sofa. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 13 juin 2024.
https://www.dhfq.org/article/sofa