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NONO, NONOTTE [nono, nɔnɔt]
adj. et n.

Rem.

Variante graphique : neno.

  

adj. et n. Fam.(En parlant de qqn). Syn. de innocent, innocente.

Être, avoir l’air nono. Passer pour un nono, un beau nono. Faire le nono. (Comme terme d’insulte, de mépris). Espèce de nonotte! Bande, gang de nonos!

 adj. (En parlant de qqch.).

Un questionnaire nono. Une réponse nonotte.

 nounoune.

Ayez [...] un pli sus l’ front, une grimace sus l’coin de la bouche, les bras écartés du corps, faites-vous une frisatine sus l’ boute d’ la tête, pis vous allez voir les nenos s’écarter pour vous voir passer. 1950, A. Brie, Le père Tobie, 9 novembre, p. 5 (radio).

P’is vous, là, notre Sauveur, o.k., i’ vous ont pas manqué quand i’ vous ont crucifié sans vous faire de procès mais moé itou on m’a mis à la torture, on m’a fait un procès en anglais, j’ai rien compris pantoute, p’is on m’a pendue dans une cage en fer pour un crime dont j’étais pas responsable, mais vous on vous appelle un Dieu, on vous encense tandis que moé, belle nonotte, on m’appelle la sorcière p’is on crache sur moé [...]! 1978, P. Châtillon, Philédor Beausoleil, p. 182.

– T’es-tu content d’avoir parlé au Pére Noël, Marcel? [/] Marcel paraissait songeur. Ce soir-là, lorsqu’elle le mit au lit, Marcel retint sa mère par le bord de sa robe. – Vous me prenez pour un nono, hein? 1980, M. Tremblay, « Un Noël », dans L’Actualité, décembre, p. 62.

Mais non, je ne fais pas l’apologie de la violence. Ce serait aussi nono que d’en faire le procès. Je ne fais que la « constater ». Elle est là. C’est une montagne. 1990, P. Foglia, dans La Presse, Montréal, 21 juillet, p. A5.

Histoire

Peut-être d’un radical expressif; peut-être aussi de la même famille que niais (lui-même d’un latin *nīdācem, accusatif de *nīdāx, v. BW5). Depuis 1950; déjà en 1930 comme sobriquet (v. Le Goglu, Montréal, 8 août, p. 2 : Martial Rhéaume, qui doit sa piteuse victoire à Nono Blais, va-t-il le renvoyer là d’où il l’a fait sortir?). Héritage des parlers de France; relevé en poitevin, en bourguignon et en wallon (nonot et naunaud, v. FEW nann- 7, 6a); cp. en outre nono « homme irrésolu » en lorrain et nioniot « nigaud, niais » en bourguignon et en franc-comtois (ibid., et *nīdax 7, 114a). De nombreuses autres formes voisines ont également été relevées en France; cp. notamment gnogno(t), ote « niais, imbécile » en picard, en franc-comtois et dans le parler populaire de Paris, gnognote « femme simple d’esprit » en picard et « personne de peu de valeur » en français du XIXe s. (sous la plume de Balzac; ibid. 114a, et ñan- 7, 4a; v. aussi BédFou 150).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Nono, nonotte. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 12 juin 2024.
https://www.dhfq.org/article/nono-nonotte