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MARINADE [maʀinad]
n. f.

  

(Au pluriel). Légumes (cornichons, petits oignons, betteraves, etc.) confits dans le vinaigre ou dans un liquide vinaigré et utilisés comme condiments.

2022, TLFQ, Marinades [photo].

Marinades maison. Faire des, ses marinades. Un pot de marinades. Épices, sel à marinades.

Marinades sucrées, rendues moins aigres par l’addition de sucre (par oppos. à marinades sures). Concombres à marinades, destinés à être conservés dans le vinaigre.

 marinageamarinades.

 Par ext., RareDes marinades de fruits.

Rem.1. Parfois au singulier dans les livres de recettes (une marinade aux concombres, de concombres); au singulier, le mot a cependant plus couramment le sens de « liquide salé et épicé dans lequel on fait macérer des aliments (en particulier des poissons ou des viandes) avant de les faire cuire », comme en France. 2. On dit aussi pickles, comme en France.

 pickle.

Jean Antrobus a à vendre, à son magasin, [...] de la cassonade et du sucre de la Havanne [sic] en boucaux, [...] du caffé [sic], du tamarin, du gingembre blanc, des marinades, de la toile à carreaux [...]. 1785, La Gazette de Québec, 6 janvier, p. 4.

La nappe mise, la table se couvrit bientôt d’un excellent soc de cochon [...]; de marinades aux cornichons, de beurre frais, de patates rôties au four, et pour le dessert, d’un pâté aux pommes et de confitures à la citrouille. 1872, F. Poutré, Le coffret ou Le trésor enfoui, 2e et 3e parties, p. 30.

Excepté pour le pain, on peut puiser à sa guise et passer les plats, les vider, demander à les faire remplir, piquer dans les marinades, la sauce aux tomates vertes, [...] saucer son pain dans les soucoupes de mélasse qui attirent les mouches aux deux bouts de la table et parler tout en mangeant, la bouche pleine ou non. 1956, J.-J. Richard, Le feu dans l’amiante, p. 61-62.

Comme il n’aimait pas l’école, il quitta son village à dix-sept ans pour travailler à Montréal. Il fut d’abord brasseur de marinades chez Catelli-Habitant, camionneur chez Miron, garçon d’ascenseur chez Simpson [...]. 1974, Y. Beauchemin, L’enfirouapé, p. 6.

La saison des fruits et des légumes bat son plein! [...] C’est le temps de faire confitures et marinades qui prolongeront sur votre table les parfums de l’été tout au long de l’hiver. 1981, Sel & poivre, septembre, p. 28.

 VieuxMarinadier n. m. Plat destiné au service des marinades.

Marinadier en argent, en porcelaine.

 porte-amérinades (s.v. amarinades).

Histoire

De mariner. Depuis 1785. N’a pas été relevé comme tel ailleurs qu’au Canada; cp. cependant marinade « nom donné aux différents aliments préparés pour être conservés pendant des voyages maritimes au long cours » en français du XIXe s. (v. Larousse 1866 et Littré; v. aussi FEW marīnus 61, 346a). Cp. en outre marinade « assaisonnement dans lequel on laisse tremper les viandes et les poissons avant de les cuire », attesté en français depuis 1651, et « saumure qui sert à la conservation des viandes », depuis 1765 (v. FEW id.).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Marinade. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 15 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/marinade