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MARCHETTE [maʀʃɛt]
n. f.

  

Techn.Pédale servant à actionner un mécanisme, à transmettre un mouvement à une machine, à un instrument.

Marchette d’un rouet, d’un métier à tisser, d’un tour de potier.

J’entends la chansonnette Que grand’mère chantait En mouvant la marchette De son vieux grand rouet. 1932, La Terre de chez nous, Saint-Jérôme, 4 mai, p. 486 (poème).

Marie avait repris le métier. [...] Et c’était sa manière à elle de dire aussi à chaque coup de marchette : « Une race qui ne meurt pas! » [...] tandis que, muets, au coin du feu, les hommes s’abimaient [sic] dans les périls du lendemain, confiantes, jamais affaissées, les femmes avaient résolu, en passant la laine, que la race ne mourrait pas. 1937, F.-A. Savard, Menaud, maître-draveur, p. 10-11.

Les tours dont se servaient les potiers canadiens étaient « à la marchette » – cette expression vient de M. Thomas Chapais, qui l’appliquait à celui de Joubert, à Saint-Denis de Kamouraska. Chez Silfrid Dion, toutefois, dans les derniers temps, « le tour marchait par un engin. » 1942, M. Barbeau, Maîtres artisans de chez-nous, p. 163.

C’étaient des rouets de grandeur moyenne (la roue avait un diamètre d’à peu près deux pieds), avec une seule « marchette ». 1960, N. Dawson, La vie traditionnelle à Saint-Pierre (Île d’Orléans), p. 48.

J’étais une des meilleures fileuses de l’univers [...]. Les pieds m’ont aplati à force de peser sur la marchette. 1963, Les Méchins (Matane), AFEUL J. d’Arc Lortie 75 (âge de l’informatrice : n. d.).

Rural, région. Bielle d’une faucheuse qui communique le mouvement à la faux.

Marchette d’une faucheuse.

Rem.Terme en usage dans l’est de la province à partir de la région de Sherbrooke; dans l’ouest, on dit surtout tournebroche.

Histoire

De marche « pédale d’un métier à tisser, d’un tour, d’un orgue », attesté en français depuis le XVIe s. (v. RobHist, Richelet 1680, Robert 1985), et suff. -ette. Depuis 1895 (GuérinS : « Au Canada, Planchette sur laquelle on appuie le pied pour faire tourner le rouet »). A eu cours en France depuis le XVIIe s. pour désigner « chacune des petites marches d’un métier à tisser » (Robert 1985 le donne comme relevant d’une technique ancienne); relevé dans les parlers de l’Ouest au sens de « pédale d’un rouet » (v. FEW a. bas-frq. *markon 16, 528b, RézVend 151, PougnDSèvr 138). Cp. aussi marchotte dans le Nord-Est pour désigner la « pédale du rouet à filer, du métier de tisserand » (v. LabMeuse 359). Au sens de « bielle d’une faucheuse », attesté depuis 1888 (BAnQQ, Ap-G 366, septembre, p. 47 : 1 marchette de faucheuze soudé).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Marchette1. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 15 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/marchette