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MARABOUT [maʀabu]
adj. et n.

Rem.

1. Invariable en genre. 2. Variante graphique marabou.

  

adj. fam.Qui est de mauvaise humeur, maussade, revêche.

Des enfants marabouts. Se lever marabout. Par ext. Avoir l’air marabout. Être d’humeur marabout.

 n.

Un vieux marabout, une vieille marabout.

 malcommode (sens I.2).

Mais si les maris Ne sont pas tous garantis, C’est qu’il y en a trop De ces femm’s qu’ont des défauts... De ces humeur’s marabouts, Que rien n’est à leur goût; Quand on veut leur parler Dans un coin s’en vont bouder. Comment n’pas fair’ courroux Avec un tel hibou? 1865, E. Gagnon, Chansons populaires du Canada, p. 294 (couplet de la chanson populaire « Dans tous les cantons »).

Annonceur : Ce matin, Désiré est pas mal marabout; il critique sur tout; il chicane à propos de rien... 1958, O. Légaré, Zézette, 8 novembre, p. 1 (radio).

Hubert l’a remerciée de lui avoir trouvé la grammaire latine, mais il n’a pas voulu jaser plus longtemps, il était occupé, un devoir important. Elle a insisté pour lui dire encore deux mots, il a dit qu’il n’avait pas de temps à perdre. Un vrai marabout. Il a fermé le téléphone sans même dire bonsoir. 1964, A. Major, Le cabochon, p. 84.

[...] quand je suis arrivée il m’a à peine dit bonsoir, tout énervé qu’il était, [...] questionnant dru d’abord, qu’est ce qui se passait, pourquoi j’arrivais à une telle heure sans mon mari, Roch n’était pas malade au moins?... puis, lorsqu’il a commencé à comprendre, il s’est recouché, visage crispé... à présent il se tourne et se retourne sous les couvertures, se plaignant à voix basse, nos voix qui le dérangent... – On peut passer au salon, moman, si on l’empêche de dormir... – Mais non, mais non, on est correctes ici, laisse faire ton père, tu le connais, y est toujours marabout comme ça... 1972, G. La Rocque, Après la boue, p. 86.

Région.(Lac-Saint-Jean). Avoir, se lever le marabout sorti : être, se lever de mauvaise humeur. (Lavoie 2879, 2921).

Histoire

Depuis 1865. Héritage de France. Marabout est attesté en français populaire, au XIXe s., comme terme d’injure que l’on adresse « à un homme laid, renfrogné et fort petit » (v. FEW ar. murābit 19, 131) ou « à un personnage austère et d’âge mûr » (v. ÉdInj2 : Vieux marabout!). Cp. en outre le sens de « personne laide, malpropre, et qu’on méprise », relevé en français populaire depuis le milieu du XVIIIe s. (v. FEW id.) et celui de « misanthrope, qui fuit la compagnie; fou, insensé », signalé dans la région de Marseille à la fin du XVIIIe s. (ibid.). Ces emplois découlent du sens de « pieux ermite musulman », attesté en français depuis le XVIe s. (d’abord sous les formes moabite et morabuth, ibid.).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Marabout. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 23 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/marabout