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MANCHON [mɑ̃ʃɔ̃]
n. m.

1

VieilliManche, poignée (d’un outil, d’un instrument).

2022, TLFQ, Manchon de marteau [photo].

– Mathilda : [...] Soit dit en passant, un godendard c’est cette grande scie pour scier à deux... – Zézette : Ah oui, j’ai vu ça chez ma tante Agathe là... Ils scient à deux hommes avec ça. – Mathilda : Justement... alors ayant coupé un des manchons, on peut facilement glisser la scie dans l’eau pour scier la glace... 1962, O. Légaré, Zézette, 9 février, p. 4 (radio).

On pêchait à la mer. Nos rames avaient 18 pieds de longueur. Ils [« elles »] avaient 5 pieds de palette. [...] Du manchon, tu ramais à aller à l’eau. 1971, Bonaventure, AFEUL R. Cavanagh 3 (âge de l’informateur : n. d.).

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vieilliou ruralTige de direction placée à l’arrière d’une charrue ou de tout autre instrument aratoire semblable (une herse p. ex.).

 Chacun des deux bras qui constituent les brancards d’une charrette, d’une brouette, les tiges de direction d’un traîneau.

Il existe aussi malheureusement parmi nos populations rurales un préjugé funeste qui leur fait croire que les connaissances et l’éducation ne sont nullement nécessaires à celui qui cultive le sol : à quoi sert d’être savant, dira-t-on, pour manier le manchon de la charrue? 1862, A. Gérin-Lajoie, « Jean Rivard, le défricheur canadien », dans Les Soirées canadiennes, vol. 2, p. 71.

Ah! l’orme des Hamel! L’oncle Siméon pouvait labourer loin de l’autre côté du chemin sans quitter son ombre, et souvent aussi le soc plantait tout droit et l’attelage s’arrêtait court : la charrue venait de toucher une racine! Siméon regardait alors avec orgueil pendant un instant l’arbre superbe; puis, passant les guides à son cou et assujettissant sa pipe entre ses dents, il tirait dur sur les manchons, commandait les chevaux et continuait le sillon commencé. 1919, Frère Marie-Victorin, Récits laurentiens, p. 21.

J’aimais cet obsédé, dégénéré à demi à dix-huit ans. [...] Sans égards pour l’effort de son père vieilli traînant ses bottes dans le purin quand lui portait souliers cirés. Doigts brillants au violon. Mains souples au volant quand son père crispait la carapace des siennes aux manchons de la charrue avec l’espoir têtu de tailler un fief à ce dernier rejeton en qui il avait mis toutes les complaisances de son déclin. 1969, J. Bernier, Non monsieur, p. 42.

Nous bourrons le grand traîneau de boîtes de marchandises et partons, fouet en l’air [...]. Agrippé aux manchons, Marcel se tient debout derrière le traîneau et sikisse [« excite »] les chiens. 1975, J.-P. Filion, Saint-André Avellin... le premier côté du monde, p. 124.

Histoire

Diminutif de manche2, manchon est une variante ancienne de mancheron (v. FEW manĭcus 61, 220a et 225b).

1Depuis 1874 (d’après L’HeurMoul 384 : 1 manchon de pige [« sorte de marteau »]). Héritage des parlers de France; relevé en bourguignon sous la forme mouéchon (v. FEW 61, 220a); cp. par ailleurs mancheron relevé dans le même sens en saintongeais (ibid.). 2Depuis 1804 (BAnQQ, gr. A. Dionne, 27 février, p. [4] : 1 paire de manchon de charul). Hérité de France; relevé en moyen français, ainsi que dans les parlers du Nord et du Nord-Ouest (v. FEW 61, 225b, BouchCauch, s.v. manchons, et DudPerch).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Manchon. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 25 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/manchon