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GRAFIGNER [ɡʀafiɲe]
v.

Rem.

Variantes graphiques : (jusquaux années 1980) graffigner; graphigner

I

Fam.

1

v. tr. Égratigner, érafler, écorcher; griffer.

Un chat qui grafigne un enfant. (Emploi pronominal). Se grafigner les bras, les jambes dans les framboises.

 Par ext. Rayer la surface de (qqch.).

2022, TLFQ, Jouet brisé qui grafigne le plancher [vidéo].

Grafigner un plancher, une vitre, un bain.

Un jour, la maîtresse de la maison ayant ouvert un buffet où il y avait des provisions, prit un des petits chats dans la porte, en la refermant. Le petit animal jetta [sic] un cri fort et perçant. La femme l’ayant mis en liberté, sans qu’il eût eu beaucoup de mal en apparence, s’éloigna du buffet. Aussitôt, la mère du petit chat entre, va à lui, puis se précipite avec fureur sur la maîtresse de la maison, lui mord et lui graffigne les jambes, les cuisses et les bras, et lui saute au cou, où elle s’attache. 1827, La bibliothèque canadienne, t. 4, no 2, Montréal, p. 80.

Madame Larose entre dans la boîte des témoins en lançant sur le prévenu un regard chargé de colères olympiennes. Le prévenu. – Ne l’écoutez pas monsieur, c’est elle qui a commencé en jetant ma viande sur le plancher. Elle m’a tout grafigné la figure. 1881, Le vrai Canard, Montréal, 12 février, p. [3].

(Absol.). M. le Curé disait-il dans son langage, si mon adversaire me frappe aplonb [sic], je suis mort; si c’est moi qui frappe, il est mort; on ne graffigne pas, nous autres on défonce. 1882, La Gazette de Joliette, 3 février, p. [2].

(Absol.). Bien que personne n’aie [sic] jamais vu ce dernier [le diable], on entendait les coups de poing et Tassé sortait de ces luttes hors de lui‑même, exténué et couvert de sueurs. Détail intéressant, Tassé recommandait toujours au diable de ne pas se servir de ses griffes : « Frappe du poing à ta guise, mais ne graffigne pas, maudit ». 1954, Th. Boucher, Contes et légendes des Vieilles Forges, p. 114.

On ne coupait jamais les ongles des nouveau-nés car on craignait de les affaiblir, ou qu’à l’âge adulte, ces derniers aient à souffrir de myopie. Aussi, recouvrait-on plutôt leurs mains d’une petite mitaine : si leurs ongles étaient trop longs, les enfants étaient portés à se « grafigner » le visage. 1971, J.‑Ph. Gagnon, Rites et croyances de la naissance à Charlevoix, 1979, p. 114.

Nous l’utilisons [une camionnette] régulièrement pour participer à des sorties en plein air. Nous nous arrangeons pour qu’elle fonctionne le mieux possible, mais comme nous ne sommes pas des collectionneurs, ça ne nous dérange pas si elle se fait « graffigner » par les arbres. 2001, Progrès‑dimanche, Chicoutimi, 5 août, p. A46.

Il faut un équilibre entre les mesures disciplinaires et les mesures éducatives. Tu as déchiré le chandail de tel élève? Tu vas lui en acheter un autre. Tu as fait des graffitis dans les livres de la bibliothèque ou graffigné un pupitre? Tu vas effacer tes griffonnages et réparer tes dégâts. Il faut imposer des mesures en rapport avec les gestes posés. 2003, Le Soleil, Québec, 5 mars, p. A5.

[…] l’esprit d’un déserteur qui cherchait à échapper à la conscription lors de la Première Guerre mondiale […] habiterait entre les murs du grenier central [du vieux palais de justice de l’Assomption]. Le « fantôme » d’un juge et l’entité d’un curé malicieux qui griffe les visiteurs osant le provoquer, résideraient aussi dans l’ancien bâtiment. […] « J’ai vécu plusieurs choses anormales ici », a raconté [un témoin]. « […]. Des visiteurs se sont fait grafigner par le curé. On entend le bruit de billes qui roulent sur le sol, des voix et des craquements […] ». 2017, Le Journal de Montréal (site Web), 28 octobre.

 (En emploi pron.).

En 20 ans, [un] cinéma [de Montréal] n’a jamais diffusé un film américain. Un autre moment fort du cinéma a été de passer du 35 mm au numérique. Le dernier film du cinéma à être projeté sur pellicule est Monsieur Lazhar, en 2011. « Aujourd’hui, les films gardent la même qualité de la première à la dernière séance. Sur pellicule, les films se grafignaient dans le projeteur, c’est mécanique. » 2021, Journal Métro (site Web), Montréal, 1er septembre. 

v. tr. (Spécial., dans la langue de gens de métier). Gratter la surface de (qqch.) à l’aide d’un abrasif pour en enlever le poli, le vernis, la peinture.

Les quais [de la station de métro] sont déserts. L’équipe croise un premier chantier : deux autres cantonniers nettoient les drains de la voie, où s’accumule [sic] de l’eau, des déchets et des poussières. Première mission : « grafigner » des appareils de voie qui servent à l’aiguillage des trains. En fait, il s’agit d’enduire les appareils d’une couche de peinture noire et protectrice. 2001, La Presse, Montréal, 20 février, p. A8.

v. tr. (Par anal., d’après le mouvement de la main). Plais.Écrire, griffonner (qqch.); signer (qqch.).

Grafigner un chèque, un reçu.

Écrire et ne pas lire! mais c’est une anomalie, un contre‑sens! […] Écrire! mais tracer de vilains hiéroglyphes sur un papier pour désigner un nom plus ou moins bien orthographié, est-ce bien là ce qu’on peut appeler être instruit? est-ce même là savoir écrire? Non! ne nous y trompons pas; l’instruction pour le peuple ne consiste pas à pouvoir grafigner son nom d’une manière plus ou moins correcte au bas d’un document […]. 1873, L’Union des cantons de l’Est, Arthabaskaville, 27 mars, p. 2.

Le prix de l’auteur ou compositeur de l’année a été décerné au vieux routier Stephen Faulkner, qui s’est montré fort ému. « Mes enfants vont mieux comprendre pourquoi je passe autant de temps à ‘grafigner’ des chansons sur mon bureau », s’est-il exclamé. 2001, La Tribune, Sherbrooke, 29 octobre, p. D1.

 v. tr. dir. ou indir. Jouer (d’un instrument de musique) de façon rudimentaire, en amateur.

Grafigner la guitare.

Un cadeau pour le musicien en herbe. Il aura du plaisir à grafigner sur cette guitare. 1958, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 13 novembre, p. 15 (annonce).

J’allais sur le piano, puis j’accompagnais les chansons. L’accordéon, je grafignais l’accordéon un peu aussi, puis du violon. 1972, Chicoutimi, AFEUL, M. Bouchard 1 (âge de l’informateur : n. d.).

loc. Fig., fam.Grafigner les murs. Manifester de l’impatience, de la frustration dans l’attente ou la privation de qqch.

C’est l’époque de l’année [le printemps] où les célibataires de ma connaissance « grafignent » les murs et cherchent la sortie de secours d’un célibat qui ressemble à un long noviciat trop tranquille à leur goût. Après ça, on prétendra que l’homme et la femme ne sont pas un peu animal. 1997, J. Blanchette, Le Devoir, Montréal, 25 avril, p. B1.

« Le jeune vieux de 70 ans super en forme est probablement moins à risque que le sédentaire de 50 ans écrasé sur son divan. C’est une question de GBS : gros bon sens », illustre le […] professeur titulaire à l’Université Laval et médecin à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumonie. « Si vous me dites qu’une personne de 70 ans est en train de grafigner les murs parce qu’elle a l’habitude de courir 10 km tous les deux jours, laissez‑la tranquille! » Les personnes âgées qui sont les plus susceptibles de développer de graves complications liées à la COVID‑19 sont celles dont le système immunitaire est affaibli et qui ont des problèmes de santé sous-jacents […]. 2020, La Presse (site Web), Montréal, 3 mai, p. 13.

 (En emploi absolu).

Ça fait deux semaines qu’elle attend une réponse à sa lettre, je te dis qu’elle grafigne. 1993, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Corpus du Trésor de la langue française au Québec (enq.).

 Grafigné, grafignée adj. Qui est égratigné, rayé, écorché, éraflé ou griffé.

Avoir le visage grafigné, les mains et les bras grafignés. Un plancher grafigné, une vitre grafignée, une table grafignée.

Vous savez, nos pupitres sont vieux, rouillés, grafignés. On passe notre temps à repeindre et à visser nous-mêmes le mobilier scolaire. 2015, La Presse, Montréal, 7 octobre, p. A2.

 (Variantes). VieilliÉgrafigner ou Égraffigner v. tr.

J’comprenais pas, j’comprenais pas pourquoi qu’y disait çà, j’voulais crier, j’me sus débattue, j’voulais partir en courant, me sus mis à l’égrafigner avec mes mains, mais y continuait [...]. 1981, M. Laberge, C’était avant la guerre à l’Anse à Gilles, p. 104.

2

v. tr. (Dans la langue des sports). Jouer avec beaucoup d’énergie, de combativité sur (une surface de jeu) au point d’y laisser des marques bien visibles.

Un joueur qui grafigne la patinoire, le terrain.

Non, le clou de la soirée se déroulera avant le match de hockey officiel quand Guy Lafleur, cet élève surdoué des Remparts de Québec au début des années 70, grafignera à nouveau la patinoire du Colisée vers les 19 h 30. 1979, Le Soleil, Québec, 27 octobre, p. D2.

Mais ce ne sont pas des vedettes qui ont gagné ce premier match [de baseball] dans le repaire des Braves. Ce sont des hommes qui ont grafigné le terrain pour décrocher des petits coups sûrs ou pour réussir des retraits. Gary Carter est un exemple de ces grafigneux. En deuxième manche, Carter, qui est lent comme une tortue sur ses genoux usés, a rampé jusqu’au premier but pour devancer le tir de Blauser. 1992, La Presse, Montréal, 26 août, p. S3.

La saison [de hockey] n’est vieille que d’une semaine et Keenan a déjà des victimes à son compte. Après avoir oublié James Patrick sur le banc, il lui a refait le même coup, du haut de la passerelle cette fois. Le vétéran de 10 saisons ne travaillait pas au goût de l’exigeant entraîneur. Patrick n’est pas le seul en pénitence. Ed Olczyk a dû patienter pendant trois matchs avant d’endosser l’uniforme une première fois. Paraît qu’il « grafignait » la glace lorsqu’il a reçu le feu vert! 1993, Le Soleil, Québec, 14 octobre, p. S3.

Le match [de hockey] d’hier était le neuvième et dernier du calendrier préparatoire et ça paraissait. Mark Recchi a eu beau marquer trois buts et en rater un quatrième en fin de troisième [période], et un autre en prolongation, il ne semblait pas là. Comme tous les autres vétérans d’ailleurs. Et les petits gars, qui « grafignent » la patinoire pour rester avec le grand club, multiplient les bagarres et les échauffourées pour maximiser leurs chances. 1998, Le Soleil, Québec, 6 octobre, p. D3.

Bergeron [l’entraîneuse-chef] ne craint pas de voir ses filles [des joueuses de soccer] rouillées ou endormies par cette inactivité forcée. Au contraire, elle éprouve même un peu de mal à contenir leur excitation. […] « Elles sont dans le même état qu’avant la Coupe du Québec. Elles connaissent leur valeur, elles ‛graffignent’ le gazon en attendant de pouvoir jouer. Elles ont hâte de se battre », a continué la pilote. 1999, La Tribune, Sherbrooke, 7 octobre, p. C5. 

Par méton., en parlant d’un objet qui laisse des marques.

Chez les garçons, les roues [des vélos] ont grafigné l’asphalte, mais cela n’a pas suffit [sic] à assurer au moins une place parmi les 20 premiers pour le Nouveau-Brunswick. 2001, L’Acadie Nouvelle, Caraquet, 14 août, p. 38.

II

Fig., fam.

1

v. tr. Malmener, provoquer (qqn) par des attaques, des critiques; critiquer (qqch.).

Depuis quelque temps certaines personnes paraissent fort intéressées font circuler par la voie « d’un correspondant régulier de l’Électeur » une série d’histoires au sujet de la question universitaire. Dernièrement, le prétendu « correspondant régulier » découragé du peu de succès des petits entrefilets, se lesta d’une longue correspondance dans laquelle il hasardait de nouveau l’assertion que Mgr Racine et M. l’abbé J. B. Proulx avaient complètement échoué dans leur mission. […] « Dans tous les cas, afin de rogner les ongles à des calculs peu bienveillants qui pourraient s’appuyer sur notre silence pour nous graffigner, ne serait-il pas bon de contredire ces rumeurs, en quelques mots clairs et courts, d’une manière autorisée […] ». 1892, L’Étendard, Montréal, 22 avril, p. [2].

M. Laurier a « grafigné » le docteur Sproule, et chacun a ri. Il a dit, comme ça, que la santé du bon vieil orangiste commençait à dépérir, et tout le monde a compris que le père Sproule commence à… rajeunir. Vraiment, il est bon que le père Sproule ne soit plus à la Chambre… 1916, Le Progrès du Golfe, Rimouski, 21 janvier, p. [1].

On a une tête [nous, les femmes] et dedans il y a une cervelle qui vaut quelque chose. On veut se défendre et on se défendra, jusqu’à ce que nous ayons plus un saprable de souffle dans le gorgotton [sic]. On a des droits et nous graffignerons les particuliers qui oseront crier le contraire. On n’est pas des volailles. 1920, La Patrie, Montréal, 12 juin, p. 13 (chron. humor.).

Les quelques fortes têtes bien installées au parterre, qui s’amusaient à l’interrompre sans qu’on puisse deviner le sens de leur intervention du troisième balcon, croyaient peut-être lui régler son cas. Mais voilà, Cohen a de l’esprit. Beaucoup d’esprit. Et chaque fois qu’un spectateur tentait de le graffigner, il se faisait mordre. 1988, La Presse, Montréal, 12 novembre, p. E12.

Guy Fournier compte « dire tout le mal qu’il pense des femmes » à cette émission. Rien de nouveau quoi! Il « grafigne » les femmes de sa plume acérée depuis des années. Il exerçait déjà son art à l’époque de Perspectives, un hebdomadaire encarté dans les quotidiens du Québec. Il faisait déjà rager les suffragettes qui manquaient d’humour. 1993, Gh. Rheault, Le Soleil, Québec, 13 août, p. A13.

Malheureusement, l’auteur qui alimente les Bye Bye de nos jours ne sait pas faire la différence entre la moquerie et l’insulte. [...] Comparez cela avec le petit chef-d’œuvre d’Yvon Deschamps qui « graffignait » juste assez le snobisme des gens-de-la-grande-ville et le régionalisme des non-Montréalais pour que tous y voient l’exagération sympathique, pour que personne ne puisse se sentir insulté, et donc pour que toutes les victimes trouvent ça franchement drôle. 1997, Le Soleil, Québec, 11 janvier, p. A31.

Journaliste le plus influent au Québec depuis des décennies, le chroniqueur [Foglia], en annonçant sa retraite […], a créé une commotion. Nous avons été nombreux, sur le coup, à vouloir ne pas y croire. Quoi? Il ne serait plus là, le vieux grincheux, pour nous grafigner le conformisme, pour nous ébranler avec style? Un monde, ce jour‑là, finissait, rien de moins. 2015, Le Devoir, Montréal, 10 octobre, p. F6.

 (En emploi pron.). 

[S’il est difficile] de plaire à tout le monde et à son père, il l’est davantage de raccommoder des époux brouillés ou des voisins qui se « grafignent » au moindre prétexte. Ce fut pourquoi [un] juge [...] n’a pas réussi à pacifier, en dépit de toute sa patience, les époux […]. 1945, La Patrie, Montréal, 22 avril, p. 50.

v. intr. Se défendre farouchement, réagir violemment. 

 Par attén. Rouspéter, protester; bouder.

Elle m’aimait pourtant et ce fut pour cette raison que je résolus un jour de changer les rôles. Ce fut d’abord une bouderie de ma part, ensuite d[e] l’indépendance affectée. Je sentis alors qu’elle retournait les yeux plus souvent vers moi. Je continuai donc ce système et après quelques rencontres avec elle, je m’aperçus qu’elle m’aimait plus qu’avant. J’étais évidemment sur un bon sentier, et dernièrement, une nouvelle bouderie est survenue au sujet d’une soirée que j’ai passé [sic] avec une autre[.] Tiens voici une lettre d’elle qui demande pardon. Je ne le donnerai pas encore et ce soir j’irai à une « première » au bras d’une autre. Je grafigne tout simplement. 1902, L’Écho des Bois‑Francs, Victoriaville, 22 mars, p. [3].

Séraphin : Le parti d’sucre que devait donner ton vieux, c’est moi qui vas le donner devant les juges. [...] On est mieux de me laisser tranquille. Je grafigne pas souvent, mais quand j’grafigne... [...] Parleur : En effet, il doit « grafigner » comme un chat, ce Séraphin. [...] On ne l’a pas encore accusé de récel [sic] et il se débat comme un désespéré. 1940, Cl.‑H. Grignon, Un homme et son péché, 6 mai, p. 7 (radio).

Les pompiers leur viennent en aide au besoin [aux riverains]. Ils interviendront aussi si des gens sont trop téméraires et qu’ils ne quittent pas leur maison lorsque nécessaire. Par contre, la situation n’en est pas encore là cette année. [Il] estime que des solutions doivent être mises en place pour limiter les conséquences des inondations, qui seront selon lui plus fréquentes. « S’il y a de plus en plus d’inondations, les gens seront tannés de payer pour compenser les citoyens riverains. Une fois, ça va, deux fois, on va grafigner, trois fois, ça va sauter », croit-il. L’homme pense qu’il n’y a pas de solution miracle et que plusieurs sont nécessaires pour amoindrir les risques. 2019, Le Journal de Chambly, 1er mai, p. 4.

 v. intr. Déranger, choquer, bousculer.

Beaucoup de femmes ont écrit des histoires de meurtre. On peut penser à Agatha Christie, entre autres. Je serais bien mal à l’aise dans des histoires d’amour. Moi, il faut que ça « graffigne », dit-elle. 2000, Le Soleil, Québec, 30 septembre, p. G2.

Sur la base d’une étude du Conference Board, la ville rétorque que la hausse du prix des maisons sera trop faible pour ralentir la construction de maisons neuves. « Je ne pense pas que ça va grafigner beaucoup », a dit […] l’auteur de l’étude. « C’est certain que plus on va diminuer l’écart entre le prix des maisons à Gatineau et Ottawa, plus on court le risque que cela ait un impact en faisant diminuer les mises en chantier, a-t-il admis. […] » 2005, Le Droit, Ottawa-Gatineau, 30 novembre, p. 4.

Grafigner, c’est ce que Mario Jean se promet dans son prochain spectacle. Mine de rien, en faisant rire, le Gros Nounours passe de sérieux messages. Avec ses nouveaux numéros, il promet d’être un peu plus incisif et de nous brasser un peu. L’humoriste plaisantera notamment sur la politique de notre pays […]. 2008, Le Journal de Montréal, 22 novembre, p. W6.

Molière traitait en son temps de sujets qui faisaient l’actualité. Il profitait de la tribune que le Roi lui avait donné [sic] pour dénoncer, par l’humour, les comportements absurdes de ses contemporains. Il lui est arrivé à plusieurs reprises de faire scandale. Molière n’est pas un auteur gentil. Il graphigne. Il se rit de l’interdit. Il prend à partie ce qui lui plaît. 2010, Théâtre de la Bordée, L’École des femmes : la comédie sous le voile, Québec, p. 4 (programme de spectacle).

« Je fais de l’humour corrosif à mon image. [...] J’aime grafigner, ça me faire [sic] rire », a mentionné [un humoriste] jeudi au lancement. Les invités en ont d’ailleurs eu un aperçu, lui qui a présenté un extrait d’un numéro où il énumère les types de public qu’il ne veut pas voir à son spectacle. 2013, Le Soleil de Salaberry-de-Valleyfield, 21 septembre, p. 34.

Est-ce que tous les sujets sont matière à l’humour. Il semble que oui à écouter l’humoriste. Ce dernier confie toutefois que certains d’entre eux ne l’intéressent tout simplement pas, mais jamais il ne sera question de se taire par peur de grafigner. « Je ne veux pas me limiter par l’autocensure, lance-t-il. Au contraire, plus que c’est sérieux, plus que le défi est grand. Pourvu que ce soit drôle. Mais s’il n’y a pas d’humour, tout ça devient une conférence! » 2018, Le Canada Français, 6 septembre, p. C3.

Les Denis Drolet, eux, continuent de marteler l’importance que revêt l’influence de Plume Latraverse dans leur œuvre, dix ans après la parution de leur album « Chants de Plume », où ils rendaient hommage à leur idole en revisitant une partie de ses pièces. « Ça nous a formés en tant qu’humains, en tant qu’artistes, de voir la démarche, de passer à gauche, de déranger, de grafigner, d’utiliser des personnages presque ‛pirates’ pour brasser la cage, mais que les gens comprennent le côté attachant et le clin d’œil en dessous. Ç’a teinté notre vie. […] » 2019, Le Journal de Montréal (site Web), 6 août.

2

v. tr. Causer une sensation désagréable à.

Grafigner les oreilles, les tympans.

 (En parlant d’états affectifs). Causer une vive douleur, porter un coup pénible à.

Grafigner la confiance, l’orgueil, la susceptibilité de qqn.

« Eh ben, Jimmy », cria Ti’‑Noir à Delongchamps, le contre maître du chantier, « tu prieras ben pour moi, hein? Voistu, moi, les prières, ça me grafigne le goulot et pis ça m’accroche dans les dents, quand j’en fais de force ». 1917, Le Clairon, Saint‑Hyacinthe, 21 décembre, p. 3.

Camus et surtout Francœur s’agitent en moi qui comme femme enceinte nourrit sa création de l’intérieur, ils me grafignent l’intérieur, ils ne savent pas, ils me grafignent l’intérieur délicatement […]. 1975, M. Bolduc, Les images de la mer, p. 37.

(Absol.). C’est à partir de cet instant précis que j’ai découvert le silence. Le vrai silence. Le grand. Celui qui tantôt dévore ou grafigne comme un vent d’aiguilles; tantôt caresse et nourrit comme du baume. 1975, J.‑P. Filion, Saint‑André Avellin... le premier côté du monde, p. 174.

T’as grafigné ma confiance [/] A’ec tes belles mitaines de v’lours [/] Aujourd’hui j’te laisse pas d’chance [/] Dans’vie c’est chacun son tour [.] 1983, Pl. Latraverse, Cris et écrits (dits et inédits), p. 54.

Premier mouvement : l’oreille à l’aguet. Le rythme de base est assuré par les répartiteurs de l’association. Diamond, en ce qui me concerne. Tantôt une voix d’homme, tantôt une voix de femme d’avant l’invention du son Dolby. Autrement dit, des intonations qui grafignent le tympan. 1990, N. Desjardins, La Presse, Montréal, 11 novembre, p. A7.

Deux mois après le passage de l’ouragan Mitch, Tegucigalpa était une ville dévastée et en ruine, une plaie béante infestée de corbeaux et de vautours, couverte de flaques de sang et peuplée de sans-abri, d’enfants maigres, sales et endormis sous les tours de 50 étages des banques. Anaïs raconte que l’image de ces enfants affalés et abrutis par la colle la grafignait intérieurement. 2000, N. Petrowski, La Presse, Montréal, 4 mai, p. D7.

Le deuxième élément qui, on peut le deviner, a grafigné l’orgueil des joueurs en bleu, blanc et rouge a été le moment où survient une telle contre-performance. Au risque de se répéter : ces matchs arrivent. Mais à quelques jours de la fin de la saison? Et après trois victoires de suite? « Je ne sais pas quoi dire. Vous avez regardé le match… Ce n’était pas notre soir », a encore reconnu […] l’un des plus francs porte-parole de cette équipe cette saison. 2021, La Presse (site Web), Montréal, 6 mai. 

v. intr. (Dans le domaine de la musique). Provoquer de vives sensations par les sonorités rudes et parfois métalliques des instruments.

Jazz, rock qui grafigne. Des tounes qui grafignent.

Il y a beaucoup de mélodies [dans la musique d’une télésérie], mais le contexte est noir. Je qualifierais ça de jazz hybride. C’est galvanisé. Il y a du polissage, mais ça reste métallique. Ce n’est pas du jazz cute, ça peut grafigner aussi, ça peut être décapant. 1996, Le Soleil, Québec, 29 juin, p. D4.

Nouvelle venue sur la scène pop, la jeune Andrée Watters s’est démarquée avec sa chanson Dépendre de toi, qui lui a même ouvert les portes de la France. Du rock qui accroche et qui peut aussi grafigner. 2003, La Presse, Montréal, 29 juillet, p. C4.

Les deux frères […] multiplient les longs « jams » batterie et guitare à travers des boucles sonores. La voix est parfois remplie de distorsions. Ça dissone et ça « grafigne » par moment, comme lors de l’interprétation d’une nouvelle pièce très « zeppelinienne » dans le dernier droit. 2021, Le Journal de Québec (site Web), 25 août.

III

Fam.

1

v. tr. et intr. Par anal., d’après le mouvement des mains. VieilliGrimper en s’agrippant, en s’accrochant (à); (chercher à) s’agripper à, s’accrocher (à).

 v. pron.

Se grafigner après un arbre.

 grappigner.

Aussitôt que Petit‑Jean embarque sur son dos, elle [une vieille fée] part. Dans la grotte, elle commence à monter en graffignant les murs, comme le fait un écureuil. 1916, Tadoussac (Saguenay), The Journal of American Folklore, 1919, vol. 31, no 123, p. 148.

Ils [des gens dans un canot] viennent à bout de gagner terre avec bien de la misère, en se grafignant après ce bouleaulà. Ils s’arrachent quasiment les ongles des doigts à se grafigner après les crans pour tâcher à se sauver la vie. 1976, Notre-Dame-d’Hébertville (Lac-Saint-Jean-Est), B. Bergeron (éd.), Les Barbes-bleues, 1980, p. 175.

Les boats chaviraient eux autres aussi de temps en temps. [...] Les gars ressoudaient [= surgissaient] de là, juste la tête en dehors de l’eau comme un rat musqué, pis là y grafignaient pour poigner une pole qu’on leur présentait... quand on avait le temps... 1976, B. B. Leblanc, Moi, Ovide Leblanc, j’ai pour mon dire, p. 58.

 Regardez. Ils [des alpinistes] sont là dans la crevasse. Un point noir et un point blanc piqués sur la paroi rocheuse entre le ciel et rien du tout. Avec un rien d’admiration et d’incompréhension, notre hôte ajoute : – Il faut avoir du cœur pour aller graffigner de la roche de même. 1993, La Presse, Montréal, 28 août, p. G5.

Fig. Jusqu’à tout récemment, [la femme dont la maison a été incendiée] dirigeait une garderie en milieu familial. Lorsque les conditions seront réunies, [elle] souhaite toutefois renouer avec le domaine de l’éducation à l’enfance. Elle espère d’ailleurs que certains anciens clients feront de nouveau appel à ses services. « Je ne suis pas le genre de fille à rester dans le fond du trou, comme on dit. Je m’organise pour grafigner afin de remonter. Et on avance. » 2018, La Voix de lEst, Granby, 15 janvier, p. 9.

2

v. intr. Fig. Travailler sans relâche, en déployant de grands efforts (pour obtenir qqch.).

C’est vrai qu’il me faut un peu « graffigner » mais que vaudrait un amour sans « graffignage »? 1920, La Patrie, Montréal, 18 décembre, p. 15.

Huguette : Ben j’comprends donc... du pauv’monde comme nous autres quasiment accoté su l’bien-être social. Simone : Pis qui grafigne du matin au soir pour réussir à s’ramasser un p’tit brin d’bonheur par ci par là. 1977, J. Frigon, Ti‑Jésus, bonjour, p. 81.

La conque acoustique, qui enveloppe l’orchestre sur la scène, permet non seulement aux musiciens de s’entendre convenablement, mais elle aide à projeter le son dans la salle pour une qualité sonore grandement accrue. « Ça fait 15 ans qu’on grafigne pour avoir ça mais pour nous, le prix était inaccessible » [...]. 2002, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 14 septembre, p. 3.

L’équipe [de hockey] ne marque pas et ne joue pas très bien en défensive. [...] « On [les entraîneurs] sait que les gars peuvent donner ce qu’ils peuvent, mais ils ne peuvent pas par contre passer à côté de l’éthique de travail et des jeux de base. Les gars doivent graffigner et bien faire pendant 60 minutes » [...]. 2002, Le Quotidien, Chicoutimi, 31 octobre, p. 43.

(Acadie). Je suis le premier à dire que les juges ont une lourde charge sur leurs épaules lorsqu’ils sont en fonction, mais ils ont un salaire équivalent. Ils sont bien rémunérés monétairement, ils font leur devoir, comme vous et moi dans notre travail. Alors, pourquoi auraient-ils des faveurs supplémentaires pendant que nous autres on « grafigne » pour mener une vie. 2003, L’Acadie Nouvelle, Caraquet, 7 février, p. 13.

« Il n’y a personne dans la Ligue [de baseball] qui donnait cher de notre peau, cette saison, on a surpris tout le monde en se retrouvant dans une course au championnat. Nous avons des joueurs qui ont grafigné tout l’été, on va continuer à le faire. On ne changera pas notre façon de faire, on va utiliser la même recette d’ici la fin. [»] 2021, Le Soleil (site Web), Québec, 1er septembre.

(Hapax). v. tr. Obtenir (qqch.) en travaillant d’arrache‑pied.

C’est difficile de commencer un match lorsque tu tires de l’arrière de la sorte. Je pensais bien que le circuit de Thomlinson nous avait remis dans la rencontre et que par la suite, nous réussirions à « grafigner » des points. 2001, Le Soleil, Québec, 5 septembre, p. 27 (cahier extra).

Histoire

De l’ancien nordique (norrois) krafla « gratter », avec influence des représentants de la famille de égratigner (dont les anciennes variantes gratiner et gratigner) pour le passage de kr à gr à l’initiale et pour la suffixation en iner et igner (v. FEW ancien nordique (norrois) Krafla 16, 350b‑352 et 761b); les sens regroupés sous III sont peut-être à rattacher plutôt à des représentants du germanique *krappa « crochet ». L’orthographe graphigner est consignée dans des dictionnaires aux XVIe et XVIIe s. (v. Estienne 1549, Thierry 1564, Nicot 1606, Poille 1614). 

I1Depuis 1810 (d’après J. Viger, qui précise : « Je crois qu’il y a cette différence entre graffigner et égratigner, que l’égratignure peut se faire avec toute autre chose que les ongles, une épingle par exemple, au lieu que par égrafignure nous n’entendons que la blessure faite avec les ongles », v. VigerBlais 68). Héritage de France. Grafigner est attesté en français depuis le XIIIe s. (notam. en parlant des chats), mais les lexicographes en limitent l’usage à la langue populaire dès le début du XVIIIe, époque où son concurrent égratigner avait déjà commencé à s’imposer dans la région parisienne. Il n’en reste pas moins que grafigner était alors très répandu dans les parlers des régions de France, où il est encore connu (v. FEW 16, 350b, Godefroy, Huguet, Fur 1690 ‘Il ne se dit que des chats’, Trévoux 1704‑1771 ‘On doute que ce mot soit aujourd’huy en usage, si ce n’est parmi le plus petit peuple’, Féraud 1787 s.v. égratigner, Laveaux 1820‑1828 ‘expression populaire’, Besch 1847‑1892 et Larousse 1960 s.v. graffigner ‘pop.’, GLLF ‘dialect.’, Robert 2001 ‘régional’, ALCB 647 et 1036, TavBourg; v. aussi TLF, qui le donne comme ‘fam.’). Sa large distribution sur le territoire de la France explique que grafigner soit naturellement passé dans le français des colonies américaines à partir du XVIIe s.; le mot s’est maintenu non seulement dans les français du Québec, de l’Acadie et de la Louisiane (v. p. ex. PoirierG, Mass no 1538, DitchyLouis, DLF), mais aussi dans les parlers créoles de la Martinique, de la Guadeloupe, d’Haïti et de la Louisiane (v. p. ex. GermCréole s.v. grafigné, TelchAnt, FaineCr2, PelCréole s.v. grafinin(é), ValdCreole s.v. grafiyen). La variante grafiner (1912‑1930) a eu cours en ancien français et elle a été relevée dans de nombreux parlers de France (v. FEW 16, 350b; TamChamp s.v. graffiner); encore attestée dans le français et le créole de la Réunion (v. BaggRéun s.v. grafin(é), CarRéun 192, et ChaudRéun 775). Grafigner « écrire, griffonner; signer », depuis 1873. Dans cet emploi, le mot a été relevé dans des parlers de la Normandie et du Poitou, de même que dans l’argot (v. FEW id., 351b, EsnArg s.v. graffer); cp. aussi esgraphigner (ou égraffigner) « écrire mal et peu lisiblement », que relèvent comme vieux mot plusieurs dictionnaires de France depuis le XVIIe s. (v. Fur 1690 et Besch 1892; figure dans Larousse 1866‑1953). Grafigner « jouer de (un instrument de musique) de façon rudimentaire » (depuis 1958) n’a été relevé qu’au Québec; il paraît faire écho à gratter de v. intr. « jouer un peu, ou plus ou moins bien (d’un instrument) », lequel est attesté en français depuis le milieu du XIXe s. (v. TLF). Grafigner « éprouver de l’impatience, de l’agressivité, de la frustration dans l’attente ou la privation de qqch. », depuis 1993. Égraf(f)igner, depuis 1880 (Dunn); il est attesté en français depuis le XVe s. (d’abord sous la forme esgrafigner), mais il est donné comme populaire ou régional dès la fin du XVIIIe s. (v. FEW 16, 351a, Féraud 1787 s.v. égratigner, Laveaux 1820‑1828, Larousse 1866, DelvArg 1866, EncXXe, Larousse 1953; v. aussi ALCB 647 et 1036, ALCe 506, ALFC 450). 2Depuis 1979.

II1Depuis 1892. 2Depuis 1917. Notons que les sens figurés de grafigner sous II traduisent une évolution sémantique semblable à celle du verbe égratigner en français. Ainsi, à partir du sens concret de « blesser légèrement en déchirant superficiellement (la peau) », égratigner a évolué vers des emplois figurés comme « blesser légèrement (qqn) par des propos piquants ou ironiques » et « porter légèrement atteinte à (qqch.) » (v. TLF, qui cite des exemples d’auteurs célèbres du XIXe s., dont Victor Hugo et Paul Valéry, ainsi que Louis Veuillot, qui écrit Après avoir (...) égratigné la morale, il prêtera sa forte épaule pour la soutenir). 

IIIPeut-être du même étymon que pour les emplois précédents. Toutefois, le mot pourrait se rattacher plus ou moins directement à un autre étymon germanique, soit *krappa « crochet », qui aurait donné au cours de l’histoire du français à la fois des formes en p ou pp et des formes en pf (après une mutation consonantique). Passées en latin vulgaire, les formes de ces deux groupes auraient fourni des représentants apparentés par le sens que Wartburg a regroupés sous des bases distinctes : une base grap, d’où proviendraient des mots de l’ancien français comme grape « agrafe » et agraper « s’accrocher à; v. pron. saisir avec avidité » et du jersiais grappiner « grimper; aller à 4 pattes »   grappigner; une base graf, d’où des mots du moyen français comme graffe « agrafe », agrafer « saisir, s’emparer de; v. pron. s’accrocher à » (pour les formes citées, v. FEW *krappa 16, 357b, 358b, 362a, 365a et b; sur l’existence de deux bases issues de l’étymon germanique *krappa, v. FEW id., 366‑367a, et TLF, s.v. agrafer, Étymol. et hist.). Dans le premier des deux emplois qui suivent, grafigner pourrait avoir été influencé par les représentants de la base graf, ou peut-être même avoir été recréé à partir de cette base.  1Depuis 1916; issu des parlers de France. A été relevé dans un parler angevin sous la variante grafugner « essayer de gravir avec beaucoup d’efforts une pente abrupte ou ébouleuse » (v. VerrAnj). Cp. en outre graffigner « saisir, prendre, empoigner », dans le français argotique des XIXe et XXe s., et grafiné « chercher à prendre », dans un parler normand du XIXe s. (v. FEW 16, 350b, DelvArg 1866, EsnArg, s.v. graffer, FrVerte); cp. aussi s’esgraffigner v. pron. « s’accrocher par les griffes », en ancien français (v. Godefroy), et ègrafegné « gripper », dans un parler lorrain (v. FEW id., 351b).  2Depuis 1920. N’a pas été relevé ailleurs qu’au Québec; paraît découler du sens précédent.

 grafignegrafigneux, grafigneusegrafignure.

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : mars 2022
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Trésor de la langue française au Québec. (2022). Grafigner. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 16 juillet 2024.
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