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GARDE-ROBE [ɡaʀdəʀɔb]
n. m. ou f.

Rem.

Variantes graphiques : (surtout au XIXe s.) garderobegarde-robes.

1

Grand placard servant surtout au rangement de vêtements que l’on peut suspendre.

2023, TLFQ, Garde-robe [photo].

Accrocher son manteau dans le garde-robe. Serrer les vêtements d’hiver dans un garde-robe de cèdre. Ajouter des tablettes dans le fond, dans le haut d’un garde-robe. Une chambre avec un grand garde-robe. Se cacher dans le fond d’un garde-robe. Des garde-robes.

 Meuble haut et fermé servant au même usage; armoire-penderie.

Rem.Dans ces deux emplois, garde-robe est aujourd’hui vieilli en France; on dit plutôt placard ou penderie, mots peu usités au Québec.

 armoire.

L’entrepreneur posera dans le garde-robbe & tout autour, des tablettes ou tringles [...], pour y mettre des manteaux. 1834, Québec, BAnQQ, gr. R.-G. Belleau, 10 décembre, p. [3].

Vous allez avoir une bonne chambre au-d’sus de la cuisine, une chambre double, un bon garde-robe pour mettre votre linge, deux commodes. 1944, Cl.-H. Grignon, Un homme et son péché, 14 février, p. 4 (radio).

La chambre lui plut : deux fenêtres donnaient sur la rue; un lit à gros barreaux de cuivre s’étalait au milieu [...]. Une chaise berçante, un crachoir et une garde-robes dont la porte fermait mal complétaient le maigre mobilier. 1955, R. Ouvrard, La veuve, p. 76.

Il a dit, Rouvre un garde-robe qu’il y a là, tu sais, le garde-robe, pis il dit, il y a une belle [sic] habit de prince là, un habit de soldat, un habit de soldat, c’était brillant, ça! 1965, Saint-Jean-des-Piles (Champlain), AFEUL, P. Carignan 22 (âge de l’informateur : n. d.).

[...] ce temps où, enfant, il n’arrivait pas à dormir la nuit [...] au point qu’il avait pris l’habitude d’aller se coucher avant même qu’il fît noir, inspectant les lieux, regardant sous les lits et dans les garde-robes parce qu’il croyait qu’un squelette pouvait s’y trouver, ou bien un monstre [...]. 1974, V.-L. Beaulieu, Don Quichotte de la démanche, p. 234.

[...] j’étais déjà resté caché pendant près d’une heure sur la tablette du haut d’une garde-robe et mon père ne m’avait pas trouvé! 1992, M. Tremblay, Douze coups de théâtre, p. 115.

(En appos.). VieilliMalle, valise garde-robe.

Vous goûterez doublement votre congé si vous avez une valise adéquate. Notre malle garde-robe [...] répond à peu près à tous les besoins; elle est de construction solide [...], contient 9 supports pour manteaux ou costumes, boîte à chaussures, quatre tiroirs avec dispositif pour les barrer. 1930, La Presse, Montréal, 19 novembre, p. 2.

2

n. f. DisparuGrande pièce attenante à la salle des séances de la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada, qui servait à la fois de vestiaire et de salle de réunion dans la première moitié du XIXe s.

La Chambre d’Assemblée du Bas-Canada est devenue depuis quelques tems une place très fréquentée : On y voit des allées et venues continuelles, et j’aurois été longtems à déviner ce qui y donnoit lieu, si je ne m’y fusse transporté moi même. La scène curieuse qu’on y voit, est dans la garderobe : ce sont deux équipages complets de chevaux suspendus pièce par pièce au dessous des noms de plusieurs Représentans du peuple [...]. 1817, Le Canadien, Québec, 5 juillet, p. 15.

On fait savoir par le présent que l’assemblée générale spéciale des propriétaires de l’Association du Télégraphe Electrique de l’Amérique du Nord, qui a été ajournée, se tiendra dans la garderobe de la Maison du Parlement, en cette ville, vendredi le vingt-troisième jour d’août courant, à trois heures de l’après-midi [...]. 1850, Le Canadien, Québec, 21 août, p. [3].

Nouvelle assemblée à Québec le 28 mai [1837], tout à fait improvisée celle-là. On la surnomma l’assemblée de la « Garde-Robe » parce qu’elle fut tenue dans le vaste vestiaire de la Chambre d’Assemblée. 1939, G. Filteau, Histoire des patriotes, t. 2, p. 114.

Histoire

1Depuis 1831 (en parlant d’un meuble, dans Le Canadien, Québec, 27 août, p. 3 : 1 garderobe d’acajou à toilettes glissantes; « placard », depuis 1834). Vieilli de nos jours dans la langue générale en France, garde-robe « placard, armoire où l’on range les vêtements » est encore en usage dans les parlers régionaux (v. Robert 1985, PRobert 1993 et PLar 1993). Donné comme féminin dans les dictionnaires contemporains, le mot est cependant attesté avec les deux genres jusqu’au XVIIe s. On trouve encore des traces du masculin dans la langue du peuple au XIXe s. ainsi que dans des parlers régionaux de France et de Suisse (v. LaCurne, Huguet, Havard 2, p. 935-936, FEW *wardôn 17, 520b, Sauger 1838; v. aussi la remarque de Littré : « Tous les mots de ce genre étant masculins, comment se fait-il que celui-ci soit féminin? »). Les composés malle ou valise garde-robe sont peut-être des calques de l’anglais nord-américain wardrobe trunk (v. Craigie et WebsterW 1988). 2Depuis 1817. Découle du sens ancien de garde-robe qui a désigné, du XIVe au XVIIe s., une pièce qui pouvait être de dimensions assez importantes, où l’on rangeait les vêtements mais aussi des meubles, des bijoux, etc.; on pouvait même y faire coucher les domestiques ou y recevoir des intimes (v. Havard 2, p. 938-940; v. aussi Fur 1690 : « Dans les logis bourgeois on appelle Garderobbe, toute petite chambre qui en accompagne une grande »).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Garde-robe. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 13 juin 2024.
https://www.dhfq.org/article/garde-robe