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FOULARD [fulɑʀ]
n. m.

  

Longue bande d’étoffe ou de tricot épais que l’on enroule autour du cou et du visage pour se protéger du froid.

2023, TLFQ, Foulards [photo].

Un foulard de laine. Un bon, un gros, un long foulard. Tricoter un foulard. Mets ton foulard, il fait froid!

Rem.1. En France, pour désigner cet accessoire, on emploie plutôt le mot écharpe ou, moins fréquemment, cache‑nez ou cache‑col; écharpe est également usité au Québec, mais est moins usuel que foulard. 2. En France, foulard désigne un carré de soie ou de tissu léger que l’on met autour du cou ou sur la tête (voir PRobert 2017); cet emploi est bien attesté également au Québec depuis le XIXe siècle. 3. Au Québec, le mot foulard a longtemps été concurrencé par d’autres appellations (notam. crémone, cravate, nuage, scarf) qui ont connu une vitalité plus ou moins importante selon les régions et qui sont désormais vieillies (voir PPQ 1948, Lavoie 2631).

Vente complète de bas, gants, chemises, caleçons, foulards, chaussettes, etc. d'hiver, au No. 151, Rue Notre-Dame, Coin de la rue St. Lambert. […] 24 douz. Foulards en Laine, 1 s[ou] 4 d[eniers], valant 2 s[ous] 6 d[eniers][.] 1857, Le Pays, Montréal, 14 janvier, p. [4] (annonce).

Avec Septembre viennent les jours froids et les longues soirées; les chaleurs ne sont plus pour nous qu’à l’état de souvenir. Chacun se hâte d’endosser le proverbial pardessus. Les rhumes de cerveau sont à la mode, et les énormes foulards en profitent pour reprendre, petit à petit, leur empire sur l’imperceptible cravate de soie. 1872, L’Opinion publique, Montréal, 19 septembre, p. 446.

Les marchands peuvent fabriquer toute la bonneterie, foulards, mitaines, tuques, etc., dont ils ont besoin dans leur commerce pendant toute la saison, et de la sorte tenir leurs commis constamment employés. 1885, Le Journal des campagnes, Québec, 21 mai, p. 16.

Curé. – Notaire, voulez-vous sortir mon manteau de l’armoire, sous l’escalier? Mon casque, mon foulard, mes mitaines… […] Notaire. – Mais entre nous, monsieur le curé, je me demande si vous savez dans quelle aventure vous vous lancez. […] En pleine nuit, comme ça… […] Curé. – Allons, allons, du calme, du calme. Aidez-moi plutôt à mettre mon paletot. 1936, R. Choquette, Le curé de village, p. 8‑9.

On tricotait nos mitaines, nos foulards, nos tuques, des robes, n’importe quoi. 1972, Saint-René-Goupil (Saint-Hyacinthe), AFEUL, N. Pineault 85 (âge de l’informatrice : n. d.).

Ils [des enfants] disparaissaient tous les deux sous leur mackinaw [= manteau] de gabardine, leur capuchon bien serré autour de la tête par un lacet, leur gros foulard de laine qui couvrait le front avant de s’enrouler autour de leur cou, leurs mitaines de cuir qui se mouillaient au bout de cinq minutes […]. Ils avaient de la misère à bouger, marchaient tout écartillés, lourds et engoncés, et devaient pencher la tête par en arrière pour se parler à cause du foulard qui leur tombait sur les yeux, les empêchant de voir à qui ils s’adressaient. 1982, M. Tremblay, La duchesse et le roturier, p. 169.

La majorité des hommes attendent la venue de l’hiver pour sortir leurs écharpes des boules à mites. Mais l’automne est la saison idéale pour cet accessoire à la fois pratique et élégant. […] L’écharpe, que l’on nomme foulard au Québec, est très en vogue chez les hommes européens et gagne en popularité chez les Nord-Américains ces dernières années. Auparavant perçu comme une simple pièce de vêtement procurant de la chaleur, le foulard devient maintenant un accessoire de mode. 2003, R. De Melo, La Presse, Montréal, 30 décembre, actuel, p. 2.

Il est essentiel de bien couvrir vos mains et votre tête. Les mitaines sont plus chaudes que les gants et la tuque est de mise pour éviter les pertes de chaleur. Le foulard, le cache-cou et la cagoule sont aussi très utiles en période de froid intense. 2014, La Gatineau, Maniwaki, 9 janvier p. 2.

Pendant ce temps de fermeture, la communauté a été généreuse en dons et au magasin, il s’est ajouté des manteaux d’hiver pour les grands, les jeunes, les tout-petits, des tuques de toutes les couleurs, des foulards, des mitaines. 2021, L’écho : journal communautaire de Compton, mars, p. 15.

Histoire

Depuis 1857. Découle par extension du sens de « carré de soie ou de tissu léger que l’on met autour du cou ou sur la tête », attesté en français de France depuis 1832 (v. FEW fǔllare 3, 844b; Robert 1985), et en français du Québec depuis 1837 : […] je vis se mouvoir un être humain que je ne reconnus pas d’abord, mais qui, s’étant approché de l’endroit obscur où j’étais réfugié, me laissa bientôt apercevoir la tête ronde et bouffie de Psyché, coquettement coiffée d’un simple foulard, selon la coutume des femmes du midi (Le Fantasque, Québec, 1er août, p. 1).

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : mai 2021
Trésor de la langue française au Québec. (2021). Foulard. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 16 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/foulard