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FLEURDELISÉ ou  FLEURDELYSÉ [flœʀdəlize]
n. m. et adj.

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n. m. Le drapeau fleurdelisé (ou, par ellipse, le fleurdelisé; parfois avec une majuscule) : drapeau officiel du Québec, orné de fleurs de lis, qui a été officiellement adopté par le gouvernement québécois en 1948.

Hymne, salut au fleurdelisé. Adoption du fleurdelisé. Arborer, hisser, faire flotter, mettre en valeur le fleurdelisé. Fleurdelisé en berne.

Rem.1. Parfois écrit avec un e final (le fleurdelisée). 2. Aussi appelé drapeau fleur de lis ou, par ellipse, le fleur de lis. 3. Avant 1948, drapeau fleurdelisé ou fleurdelisé servait à désigner génériquement plusieurs drapeaux ornés de fleurs de lis qui ont influencé la genèse du drapeau officiel du Québec actuel (voir Notice encyclopédique).

 fleur de lis (sens 3); unifolié.

Au cours d’une conférence de presse, donnée hier au secrétariat de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, M. le chanoine […], historien et professeur d’histoire à l’Université de Montréal, a déclaré que le nouveau drapeau de la province de Québec, le fleurdelisé, est la plus solennelle affirmation du fait français au Canada, depuis 1867. 1948, Le Devoir, Montréal, 23 janvier, p. 3.

Un sentier s’accrochait au flanc raide. Martine s’y élança avec énergie […]. C’est vers l’île Verte, farouchement isolée derrière sa muraille d’eau, qu’elle jeta son regard avide, pensant que c’était peut-être d’essoufflement que lui sautait le cœur. Par-dessus les pins, les sapins et les cèdres, très haut, comme une molécule palpitante du ciel bleu, le drapeau fleurdelisé battait au vent. 1962, R. Lorrain, Perdre la tête, p. 25.

Le fleurdelisé aura 25 ans cette année. Rappelant nos racines françaises, il n’en est pas moins devenu un symbole proprement québécois. Il est de toutes les manifestations pour la libération du Québec : c’est un symbole dynamique et toute la population l’a accepté d’emblée. 1973, J.‑Yv. Morin, Québec-Presse, Montréal, 21 janvier, p. 5.

Nombreux étaient les gens qui, comme au temps des fêtes de la Saint-Jean, avaient sorti leurs drapeaux fleurdelisés qu’ils avaient accrochés à la devanture de leur appartement ou qu’ils brandissaient, à la grande joie des manifestants. À un moment, une fillette d’une douzaine d’années […] se mit, à l’arrivée du défilé, à agiter un petit drapeau québécois, en sautillant de joie et en poussant des cris qui, malheureusement pour elle, la trahirent bientôt […] cependant qu’elle continuait désespérément à battre l’air avec son drapeau et que les manifestants, amusés et en même temps émus par une si belle conviction dans un cœur si jeune, riaient et applaudissaient. 1978, M. A. Poissant, Paul Désormeaux, étudiant, p. 112‑113.

Une cérémonie consacrait mensuellement notre engagement collectif : le salut au drapeau. Le gouvernement du Québec venait d’adopter le fleurdelisé comme drapeau officiel de la province. Il contrecarrait la domination de l’Union Jack britannique qui, tenant lieu de drapeau canadien, battait au vent sur la plupart des édifices publics et des entreprises dirigées par les Anglais. Dans la grande salle de l’école, nous déployions dans une atmosphère de quasi-clandestinité ce symbole bleu et blanc qui originait de France. 1985, D. Bombardier, Une enfance à l’eau bénite, p. 83.

Peu après, on avait annoncé qu’effectivement c’était la victoire. […] Nous avons 71 sièges, les libéraux en perdent exactement le même nombre. Plus qu’une vague, c’est un raz-de-marée qui déferle de partout jusque sur cette foule euphorique, d’adultes riant les larmes aux yeux, d’enfants juchés sur les épaules, éberlués et ravis par ce Noël politique, le fleurdelisé qui ondule triomphal au-dessus de la marée, tous nos vétérans élus ou réélus, […], ça fait plutôt penser à un très pur et chaud premier jour, ce « début d’un temps nouveau » que nous chantions sans oser y croire. 1986, R. Lévesque, Attendez que je me rappelle…, p. 372.

À vingt heures, Plume monta sur les planches. Tout de suite, ce fut le délire. Comme l’avaient prédit les médias, le public de Montréal était vendu à l’idée de voir Plume et Gerry sur une même scène. Pour cette foule, c’était plus qu’un show. C’était une messe du rock et de la québécitude – des dizaines de fleurdelisés flottaient au-dessus du parterre –, une ode à la douce délinquance et à la folie urbaine. 1991, M. Roy, Gerry Boulet : avant de m’en aller, p. 354.

La socialisation fonde […] notre sentiment d’appartenance au groupe […]. Le fait d’assimiler et d’intégrer les mêmes valeurs et les mêmes normes sociales permet la compréhension mutuelle et augmente la solidarité entre les membres du groupe. Ainsi, lorsqu’un Québécois pavoise sa porte du drapeau fleurdelisé, il exprime par ce geste le fait qu’il partage les aspirations, les idées, les valeurs propres à la collectivité québécoise. En fait, il affiche ainsi son appartenance à une communauté. 1993, R. Campeau et collab., Individu et société, p. 130.

Il y a eu 30 ans hier, le drapeau unifolié était hissé en grande pompe sur la colline parlementaire à Ottawa. Cet anniversaire […] a été souligné avec éclat, aussi bien dans la capitale fédérale qu’à Québec. Pour des raisons différentes. Là, pour s’en réjouir et célébrer; ici, pour le dénigrer et se plaindre de la propagande préréférendaire. Comme naguère et jadis, la controverse persiste. Et, avec elle, l’ambivalence des Québécois, partagés entre le fleurdelisé si cher à leur cœur et l’emblème à feuille d’érable qui en appelle à la raison. D’une génération à l’autre, le sempiternel tiraillement entre le bleu et le rouge, entre l’île d’Orléans et les Rocheuses. 1995, G. Lesage, Le Devoir, Montréal, 16 février, p. A1.

Charles, Isabel et Blonblon arrivèrent sur les lieux vers midi et demi. Déjà, une foule énorme bourdonnait joyeusement dans un déploiement de pancartes, de banderoles et de drapeaux fleurdelisés qui palpitaient sous les souffles d’un vent tiède. Il faisait un soleil éclatant, comme si la lumière avait voulu se porter au secours de la liberté. Le défilé se mit en branle en empruntant la rue Sherbrooke vers l’ouest. 2005, Y. Beauchemin, Charles le téméraire, t. 2, p. 329.

« J’ai le fleurdelysé assez tatoué sur le cœur. Je suis contente de la fêter [la fête nationale] dans une ville francophone et de prendre le temps de se rappeler à nos racines », avance la première magistrate de la Ville. 2023, Le Journal de Chambly (site Web), actualités, 23 juin.

NOTICE ENCYCLOPÉDIQUE

La genèse du fleurdelisé. Différents drapeaux ont été arborés au Québec bien avant l’adoption officielle du fleurdelisé, en 1948; plusieurs de ces étendards ont des filiations directes avec le fleurdelisé. Sous le Régime français, la fleur de lis dorée, qui symbolise la toute-puissance de la monarchie et du christianisme français, apparaît fréquemment sur les pavillons des régiments et des navires; elle est en outre très présente sur les bannières et les armoiries de la haute société. La Conquête anglaise entraîne cependant la disparition temporaire des pavillons fleurdelisés, qui cèdent leur place à l’Union Jack, le drapeau britannique. Il faudra attendre la seconde moitié du XIXe siècle avant que la fleur de lis ne refasse apparition au Canada français. La résurgence du symbole de la fleur de lis, vers 1850, coïncide avec les retrouvailles empreintes d’émotion entre les Canadiens français et les Français, qui, à la suite de certaines circonstances, reprennent alors contact après presque un siècle de séparation forcée (voir à ce sujet l’article fleur de lis, Notice encyclopédique, sens 2). Ce renouveau des relations franco-canadiennes-françaises engendre une euphorie et un enthousiasme collectifs sans précédent. C’est dans un tel contexte de patriotisme et d’engouement pour la France que la fleur de lis et le drapeau tricolore français, arborés partout avec fierté, reviennent à l’honneur au Canada français. Voilà pourquoi la fleur de lis représente un élément déterminant lorsque les Canadiens français, à la toute fin du XIXsiècle, commencent à rêver d’un drapeau national reflétant pleinement leur personnalité et leurs aspirations. La plupart des intellectuels alors appelés à se prononcer sur le choix d’un drapeau collectif souhaitent vivement que la fleur de lis soit le premier élément à y figurer en raison de sa richesse symbolique et de ses résonances dans l’âme canadienne-française. C’est dans cette perspective que plusieurs projets de drapeaux nationaux mettant la fleur de lis au premier plan sont élaborés au début du XXe siècle. Ainsi en est-il du Carillon Sacré-Cœur, un drapeau azur à croix blanche orné d’une fleur de lis aux quatre coins et arborant en son centre un Sacré-Cœur (symbole de la piété canadienne-française) ainsi qu’un rameau de feuilles d’érable* (destinées à rappeler le premier emblème des Canadiens français; voir à ce sujet l’article érable*, sous Notice encyclopédique). Ce drapeau suscite un certain intérêt – surtout dans les milieux religieux – et connaît une diffusion relativement importante jusque dans les années 1930, en grande partie grâce aux campagnes de propagande orchestrées par l’ultramontain Jules-Paul Tardivel dans son journal La Vérité. Toutefois, un projet de drapeau concurrent ne tarderait pas à éclipser le Carillon Sacré-Cœur et à rallier un plus grand nombre de Canadiens français. À la fin des années 1930, des intellectuels, sous l’influence de l’historien et prêtre Lionel Groulx, se mettent à réfléchir à un drapeau plus dépouillé que le Carillon Sacré-Cœur et ressemblant davantage au mythique drapeau de Carillon (au sujet de ce drapeau, voir fleur de lis, sous Notice encyclopédique, sens 2); pour ce faire, on préfère mettre de côté les feuilles d’érable et le Sacré-Cœur. La suppression de ces éléments donne lieu à un drapeau qui ressemble à s’y méprendre au fleurdelisé actuel, exception faite de l’orientation des fleurs de lis, pointant vers le centre plutôt que vers l’extérieur. Une agressive campagne de propagande, menée de front principalement par la Ligue d’Action nationale de Lionel Groulx, l’Ordre de Jacques-Cartier et la Société Saint-Jean-Baptiste, s’organise donc dans les années 1940 en vue de populariser ce nouveau drapeau et d’en proposer l’adoption officielle. Puisque l’action combinée de ces différents groupes de pression réussit le tour de force de faire naître un engouement généralisé pour ce drapeau au sein de la population québécoise, le premier ministre Maurice Duplessis consent, le 21 janvier 1948, à adopter officiellement le fleurdelisé comme drapeau national du Québec, une décision acclamée par l’ensemble des Québécois et des Québécoises.

Sources : L. Bouvier, Les tricolores, L’Action nationale, vol. 86, no 3, 1996, p. 123‑134; id., Le drapeau de Carillon, L’Action nationale, vol. 86, no 4, 1996, p. 83‑94; id., Le carillon et le Carillon-Sacré-Cœur, L’Action nationale, vol. 86, no 6, 1996, p. 91‑102; id., Vers le fleurdelisé, L’Action nationale, vol. 86, no 9, 1996, p. 97‑107; id., Le fleurdelisé, L’Action nationale, vol. 86, no 10, 1996, p. 99‑111; L. Groulx, Le drapeau canadien-français, [1944]; G.‑R. Laliberté, Une société secrète : l’Ordre de Jacques-Cartier, 1983; R. Roy, Pour un drapeau indépendantiste, 1965. 

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Fleurdelisé, fleurdelisée ou fleurdelysé, fleurdelysée adj. (Avec une valeur stylistique). Qui est relatif au Québec, aux Québécois et Québécoises, ainsi qu’à leur culture, leurs traditions et leurs produits, héritage de leurs racines françaises.

Culture fleurdelisée. Territoire, terroir fleurdelisé. Entreprises fleurdelisées. Artistes fleurdelisés.

Les monastères voués à l’éducation des filles, celui des Ursulines en particulier, entrèrent en une phase nouvelle de l’enseignement et de la pratique des arts féminins [à la suite de la Conquête anglaise]. L’arrivée en classe de nombreuses élèves de langue anglaise […] fit quelque peu dévier de sa trajectoire la culture fleurdelisée des filles de Sainte-Ursule […]. Peu importe! Le tronc de l’arbre franco-romain était si robuste qu’aucun vent, ni même la tourmente, ne purent jamais le courber, encore moins le rompre. Le Saint-Laurent devait en somme conserver la fine fleur de sa culture européenne […]. 1957, M. Barbeau, Trésor des anciens Jésuites, p. 36‑37.

La société PROMO-QUÉBEC, dirigée par Doris Lussier, mettra sous peu sur le marché, un nouveau produit de consommation. Il s’agit d’un jeu de cartes typiquement québécois, imaginé par [un] caricaturiste […]. Par la suite, d’autres gadgets viendront s’ajouter à ce jeu de cartes fleurdelysé1973, Montréal-Matin, 14 novembre, p. 14.

Au ministère de l’Agriculture, on aime étudier : on lança une vaste enquête de motivation sur l’attitude des consommateurs envers le sirop d’érable pur, dans les six grands marchés que sont New York, Chicago, Los Angeles, Dallas et Montréal. Il se dégagea deux conclusions majeures de l’enquête : il existe aux États-Unis un marché formidable pour le sirop fleurdelysé, mais à la condition qu’on organise sa distribution sur le marché de détail. 1977, L’Actualité, vol. 2, no 3, p. 23.

Le référendum peut à peine être rangé dans le dossier des « affaires classées » que déjà les ouragans économiques et autres calamités prévues par [un premier ministre québécois] s’acharnent plus ou moins sur le territoire fleurdelisé et son homologue à la feuille d’érable. 1992, La Presse, Montréal, 12 novembre, p. B2.

À la fin des répétitions, au cours desquelles tous les acteurs ont donné le maximum pour plaire au metteur en scène étranger, [un artiste québécois] s’attend à ce que son vis-à-vis [un anglophone] manifeste son approbation pour l’effort fourni par nos artistes fleurdelysés, mais c’est le silence total : l’Anglais se tait, le Bloke est coi. 1997, A. Montmorency, La revanche du pâté chinois, p. 250-251.

Majella lui remit un superbe panier en guise de souvenir, regroupant les bijoux du terroir fleurdelisé : la terrine de caribou, le caviar de saumon et les tranches d’esturgeon fumé agrémentaient un échantillonnage original de produits de l’érable, de beurre d’arachide et de fromage en crottes. 2000, J. Tardif, La route gourmande d’un Français au Québec, p. 220‑221.

Au Québec, [une célèbre rockeuse] a occupé le trône pendant plusieurs années, dont les six ans où elle a été une figure de proue du groupe Corbeau. Illégal lui a valu une place de choix dans la mythologie du rock fleurdelisé. 2009, R. Baillargeon, 401 petits et grands chefs-dœuvre de la chanson et de la musique québécoises, p. 58.

Je lève mon chapeau à trois entreprises québécoises qui figurent au Palmarès TSX 30 2022 de la Bourse de Toronto. Il s’agit d’un classement annuel des 30 sociétés (90 % des sociétés sont canadiennes) ayant enregistré les meilleurs rendements sur trois ans, selon l’appréciation du cours de leur action ajusté en fonction du dividende. […] Petite déception, au cours des deux dernières années, on comptait cinq entreprises fleurdelisées dans ce classement. 2022, Cl. Plante, La Tribune (site Web), Sherbrooke, chronique (affaires), 23 septembre.

(Hapax). Fleurdelisée n. f. Québécoise.

[…] la thérapie individuelle s’est déroulée en anglais! C’est Linda qui l’a demandé; elle fréquente un anglophone d’origine italienne, ce choix de l’autre langue n’est donc pas futile, elle penche du côté du cœur et je la comprends. Fatima aussi, mais elle voit, dans cette absorption amoureuse d’une « fleurdelysée » par un italien anglophone, une métaphore du Québec actuel. 1990, Fr. Noël, Babel, prise deux, p. 304.

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Fleurdelisé, fleurdelisée ou fleurdelysé, fleurdelysée adj. (Avec une valeur stylistique, surtout attesté dans des essais et des journaux). Qui exprime un parti pris nationaliste; qui traduit des idées, des convictions politiques de nature autonomiste, souverainiste.  

C’est l’étouffement qu’il fa[u]t surtout craindre pour notre culture et le pire ennemi de notre particularité française est l’immobilisme. […] et il semble un peu ridicule, en 1953, de se méfier des dollars que nous offre Ottawa sous prétexte qu’ils sont empoisonnés de centralisation. Somme toute, il serait plus prudent, pour nos universités françaises, de se méfier des dollars de Duplessis pour ce qu’il faut payer en retour de courbettes autonomistes et fleurdelysées. 1953, L’Autorité, Montréal, 14 novembre, p. 1.

Depuis le temps qu’on nous casse les oreilles avec cette révolution verbale, qui sert d’étendard à Jean Lesage, comme l’autonomie fleurdelysée servait de drapeau à feu Duplessis, il ne serait peut-être pas inutile de nous demander, au moins une fois, si oui ou non nous sommes en révolution au Québec. 1964, P. Vallières, Sommes-nous en révolution? Cité libre, vol. 15, no 64, p. 7.

Depuis vingt ans, nous vivons au Québec le fait fleurdelisé […] qui a créé la garde montante des Québécois et des Québécoises de plus en plus compétents qui veulent non seulement prendre leur place au soleil, mais prendre la place de voisins qui sont devenus trop ambitieux. Ce sont des Québécois et des Québécoises qui veulent réaliser un pays à leur image. 1980, G. Michaud, Fait fleurdelisé, La tête et le cœur, p. 40.

Le schisme meechéen, la flambée fleurdelisée et la crise amérindienne ont provoqué une hausse de l’écoute de la radio AM, révèlent les résultats des sondages BBM d’été, publiés hier. 1990, La Presse, Montréal, 25 août, p. D3. 

Le 12 septembre 1994, il fallait s’y attendre, Jacques Parizeau prend le pouvoir à Québec avec une confortable majorité. L’issue du scrutin n’étonne personne! Au SaguenayLac-Saint-Jean, la marée fleurdelisée n’a épargné aucun comté. 1997, R. Bouchard, Histoire de Jonquière, p. 500.

[…] au chapitre des réunions, on souligne le « remake » d’1 x 5, mythique concert des grands de la chanson originellement tenu en 1976. Paul Piché, Éric Lapointe, Dan Bigras, Pierre Flynn et Pierre Légaré, ensemble sur scène, qui reprennent le flambeau des Vigneault, Leclerc et consorts. Une soirée qui, devine-t-on, s’annonce hautement fleurdelysée. 1999, La Presse, Montréal, 8 mai, p. D16. 

Du côté d’Ottawa, […] des voix s’élèvent au sein du CRTC et commencent à poser des questions. Comme celle-ci : permettre [qu’un groupe privé] acquiert [sic] [une station de télévision], n’est-ce pas concéder trop d’influence aux mains d’un seul groupe? Un groupe, n’est-ce pas, dont les artisans cachent mal leurs sympathies fleurdelysées2001, D. Fessou, Le Soleil, Québec, 13 février, cahier Extra, p. 8. 

Dans le creux du quotidien, le fantasme est souvent ce qu’il y a de plus réconfortant. Et il est tout à fait légitime de vouloir autre chose pour soi-même et les autres. Pourquoi pas un pays? C’est d’ailleurs ce que propose le PQ encore aujourd’hui. Une république. […] Mais même avec des lunettes fleurdelysées, on ne voit pas le début du commencement du bout du nez d’un renouveau… 2017, M. Hébert, Le Journal de Montréal (site Web), opinions, 25 janvier.

 adj. RareQui réfère à l’effervescence sociale, politique et culturelle du Québec des années 1960 et 1970.

C’était au soir des Poèmes et chants de la résistance, une veille assez cocardière à laquelle il [un célèbre monologuiste québécois] hésitait un peu à participer, peut-être parce qu’on y fabriquerait ce soir-là des mythes fleurdelysés. Y ayant été invité à la toute dernière minute, au lendemain des arrestations massives, il ne savait trop quel monologue pourrait bien convenir à une manifestation comme celle-là. 1971, J.‑V. Dufresne, Yvon Deschamps, p. 9.

Il faisait beau, le temps était bon et Stéphane Venne écrivait de fort jolies chansons… dont voici les plus célèbres, enfin réunies sur une compilation digne de ce nom (paroles, livret fourni et commentaires des interprètes inclus). Dix-sept chansons sur quelque 300 écrites par Venne en 20 ans, cela semble peu, encore que la sélection soit tout à fait signifiante, chaque morceau ayant fait sa marque dans l’inconscient collectif québécois entre 1967 et 1981. […] À sa façon, Le Temps est bon témoigne d’une époque, d’un âge d’or fleurdelysé. 1998, J.‑C. Laurence, La Presse, Montréal, 8 août, p. D7.

Ce grand succès de l’été 70 [la chanson « Québécois » du groupe La Révolution française] fut un des premiers hymnes nationalistes à émerger de notre scène rock, confirmant que la fièvre « fleurdelysée » n’était pas exclusive aux chansonniers. 2009, La Presse, Montréal, 20 juin, cahier Arts et spectacles, p. 3.

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n. pr. (Surtout dans des chroniques et commentaires sportifs). Vieilliou rareLe Fleurdelisé ou, plus rarement, les Fleurdelisés (parfois avec une minuscule) : surnom donné autrefois aux Nordiques, une ancienne équipe de hockey ayant évolué à Québec de 1972 à 1995, et dont les joueurs arboraient un uniforme orné de fleurs de lis.

Les victoires, les revers du Fleurdelisé. Les étoiles du Fleurdelisé. Un match disputé par les Fleurdelisés. La rivalité entre le Fleurdelisé et le Canadien de Montréal.

  Fleurdelisé, fleurdelisée ou fleurdelysé, fleurdelysée adj. Qui est relatif aux Nordiques.

L’attaque, la défensive fleurdelisée. Le chandail, l’uniforme fleurdelisé. La formation, l’équipe fleurdelisée.

Rem.Cette équipe fut également surnommée le Fleur de lis.

 fleur de lis (sens 4).

Le tonnerre grondait dans le vestiaire des Nordiques. « Ça fait deux ans qu’ils se lamentent (la direction) que nous manquons de muscles. […] Ils n’ont pas besoin de se creuser les méninges. Du muscle nous en avons. Faut s’en servir », ont fulminé plusieurs porte-couleurs de l’uniforme fleurdelisé. 1975, M. Dumas, Le Soleil, Québec, 25 février, p. C2.

Au milieu du vestiaire, j’ai entendu la remarque d’un observateur affirmant que les Fleurdelisés avaient poussé les chaudières jusqu’au bout dans un déploiement encore plus étourdissant que celui qu’ils avaient réservé aux Soviétiques dans le triomphe mémorable de 1975, et je ne suis pas loin de souscrire à cette théorie. 1979, Cl. Larochelle, Le Soleil, Québec, 29 octobre, p. C1.

Bien posté à l’embouchure du filet, Guy Lafleur a inscrit le but de la victoire à 15:49 de la deuxième période. Les partisans ont alors salué son premier but dans l’uniforme fleurdelisé par une ovation et des « Guy, Guy, Guy ». 1989, La Presse, Montréal, 29 septembre, cahier Sports, p. 13.

Les Nordiques ont disputé un match de la honte, hier soir à Pittsburgh. […] Tenter d’expliquer la tenue des Fleurdelisés au cours de ce match à sens unique commanderait une analyse exhaustive. Disons seulement que la différence entre les équipes était tellement grande qu’on aurait cru assister à un match d’une ligue de « garages ». Poreuse et « gentille » comme à l’accoutumée, la défensive fleurdelisée aurait [sic] même pas fait le poids contre une équipe de division B d’Europe, hier. 1989, M. Leclerc, La Presse, Montréal, 17 novembre, cahier Sports, p. 7.

Le 29 novembre [1988], on annonce en grande pompe que le Fonds de solidarité, avec une belle brochette de partenaires pure laine, vient de se porter acquéreur du Club de hockey Les Nordiques de Québec, qu’on surnomme patriotiquement les Fleurdelisés […]  un bien national qui fait quasiment partie du patrimoine à Québec… 1991, L. Fournier, Solidarité inc., p. 174.

Nouveau duel de titans entre les Nordiques et les Canadiens au printemps en finale de division. Les Fleurdelysés surprennent le Tricolore lors des deux premiers matchs présentés au Forum et s’en retournent confiants au Colisée, mais le Tricolore rebondit à la troisième rencontre avec un gain de 7‑2. 2003, P. Bruneau et L. Normand, La glorieuse histoire des Canadiens, p. 441.

Le soir même, les Nordiques affrontent les Rangers de New York dans le sixième match de leur série de première ronde. Une victoire des New-Yorkais et les Fleurdelisés seront éliminés. […] Ce sera le dernier match de l’histoire des Bleus. 2012, Ph. Cantin, Le Colisée contre le Forum, t. 1, p. 61.

Le cinquantième anniversaire de la création des Nordiques de Québec, dans l’Association mondiale de hockey, sera l’objet d’une grande fête, du 30 septembre au 2 octobre prochains. Près d’une soixantaine d’anciens joueurs du « Circuit maudit » sont attendus dans la capitale cet automne […] et plusieurs visages marquants de l’histoire des Fleurdelisés. 2022, M. Lalancette, Le Soleil (site Web), sports, 22 juin.

NOTICE ENCYCLOPÉDIQUE

Les Nordiques de Québec ont fait d’abord partie de l’Association mondiale de hockey, puis, à partir de 1979, de la Ligne nationale de hockey. Les fleurs de lis sur le chandail des joueurs des Nordiques témoignaient de l’identité francophone et du caractère résolument québécois de cette équipe, des caractéristiques distinguant nettement celle-ci des autres formations. Ainsi, à l’origine, ses dirigeants favorisaient le recrutement de joueurs francophones et rédigeaient les contrats en français. De plus, au Colisée de Québec, le temple des Nordiques, les annonceurs commentaient l’action, le pointage et les punitions en français, au lieu de le faire dans les deux langues, ou uniquement en anglais, comme il était d’usage ailleurs dans la Ligue nationale de hockey. La direction a également privilégié l’embauche d’entraîneurs francophones et le choix d’investisseurs du Québec afin que l’équipe ne soit pas assujettie à des intérêts étrangers. Comme le souligne le journaliste sportif Philippe Cantin, « […] les fleurs de lys sur le gilet [des Nordiques] ne servaient pas qu’à l’apparât [sic]. Elles représentaient quelques [sic] chose de profond, reflétant le vigoureux désir de l’organisation de faire du hockey professionnel en français. C’était une première, malgré notre historique attachement à ce sport. » (La Presse, Montréal, 27 mai 1995, p. G3; voir aussi La Presse, Montréal, 2 juin 1990, p. [H1]).

 n. pr. Vieilliou rareNom donné à diverses équipes sportives québécoises (de crosse, de balle-molle, etc.) ayant, dans certains cas, représenté le Québec à l’échelle nationale ou internationale.

 adj. Qui est relatif à ces équipes sportives québécoises ainsi qu’aux joueurs ou aux joueuses qui les composent.

Équipe, formation, délégation fleurdelisée. Joueuse fleurdelysée.

 fleur de lis (sens 4).

Le club de balle-molle Fleurdelisé l’a emporté par 12‑2 sur le O. Chalifour, au cours d’une récente partie d’exhibition. 1949, Le Soleil, Québec, 1er août, p. 12.

Aux récents Jeux de Lethbridge [Alberta], l’équipe fleurdelisée [de ski de fond] formée de quatre membres, dont trois de Québec, a pris une deuxième place dans les relais 3 x 10 kilomètres. 1975, Le Soleil, Québec, 15 mars, p. C5.

Le Québec n’a rien fait qui vaille chez les moins de 66 kg [dans une compétition canadienne de judo]. Il a d’ailleurs été blanchi laissant filer les médailles aux représentants des autres provinces. […] Les représentantes fleurdelysées ont mieux paru dans les catégories plus légères. 1976, P.-Ol. Houde, Montréal-Matin, 28 juin, p. 70.  

Les Québécoises auront raflé tous les honneurs aux différentes épreuves de patinage de vitesse courte piste au programme des Jeux du Canada à Prince George, en Colombie-Britannique. La Félicinoise Rosalie Tremblay fait partie du trio d’athlètes à l’origine de la razzia des fleurdelysées. 2015, Le Quotidien, Saguenay, 21 février, p. 44.

La formation québécoise [de baseball] termine donc sa série de quatre duels contre les Jackals avec trois gains contre un seul. La formation de la Belle Province jouera mercredi le premier de deux matchs contre les Boulders de New York. Avec la défaite des ValleyCats […], le « Fleurdelysée » se situe au premier rang de la division atlantique de la Frontier League […]. 2021, Le Journal de Montréal (site Web), sports (baseball), 6 septembre.

Histoire

Emplois issus de l’adjectif fleurdelisé « orné de fleurs de lis », attesté en français depuis Fur 1690.

1Depuis 1948, année de l’adoption officielle du drapeau fleurdelisé au Québec (v. Encycl. sous sens 1). 2Depuis 1957. Découle, par métonymie, du sens précédent; par association entre le peuple québécois et le symbole qui le représente (le fleurdelisé). 3Depuis 1953, par extension du sens précédent. 4Depuis 1975, par référence aux fleurs de lis qui ornaient l’uniforme de cette équipe sportive.

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : février 2024
Trésor de la langue française au Québec. (2024). Fleurdelisé ou fleurdelysé. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 17 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/fleurdelise-ou-fleurdelyse