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FINISSANT, FINISSANTE [finisɑ̃, finisɑ̃t]
n. et adj.

  

n. Élève, étudiant(e) qui en est à sa dernière année dans un programme d’études, dans un établissement d’enseignement; celui ou celle qui vient de terminer ses études.

Un finissant en droit, en musique. Une finissante au baccalauréat, à la maîtrise. Les finissants du secondaire, du cégep, de l’université. Finissant d’une école, d’un institut, du Conservatoire. Programme d’emploi pour les finissantes. Photo, bague de finissant. Bal de(s) finissants, soulignant la fin d’un cycle d’études (surtout le secondaire).

Album de(s) finissants, de(s) finissantes : recueil contenant les photographies des élèves ou des étudiants qui terminent un cycle d’études et dans lequel on relate les faits les plus marquants, des anecdotes, etc.

 album-souvenir (sens 1).

 adj. 

Élève finissant(e), étudiant finissant, étudiante finissante.

Rem.Dans un avis de normalisation de 1982 relatif au vocabulaire de l’éducation, l’OLF avait recommandé de remplacer finissant par sortant (adj. et n.), qui est le terme usuel en France (voir OLFAvis4 1486 et 1487). Le terme proposé, qui demeure inutilisé dans la langue générale, est attesté dans les écrits administratifs et dans les journaux, surtout dans des contextes où il est question du taux de réussite des études (GDT 2023‑11, s.v. finissant, finissante); dans ces écrits, il est parfois confondu avec décrocheur, qui désigne un élève qui abandonne l’école avant la fin de ses études (voir à ce sujet LegÉduc2, s.v. sortant). L’OQLF privilégie désormais l’usage de finissant et de finissante au même titre que sortant et sortante, finissant et finissante étant présentés avec l’étiquette ‘Québec’ (GDT 2023‑11, s.v. finissant, finissante).

Le sujet tout aride qu’il fut, n’a pas effrayé Monsieur Têtu; il l’a traité avec précision, savoir et hardiesse; ce travail lui fait beaucoup honneur comme élève finissant, et il est agréable de voir l’émulation qui existe déjà entre les Messieurs qui communiquent à l’institut les fruits de leurs études. 1858, L. Fortier, La Minerve, Montréal, 27 mars, p. [2].

Le programme fut exécuté de manière à faire honneur à l’institution : musique charmante, chœurs bien exercés, dialogues de félicitation bien déclamés, adieux des finissantes surtout debités [sic] avec une vérité d’expression dont les larmes qui perlaient en leurs yeux montraient la sincérité. 1881, Le Courrier du Canada, Québec, 30 décembre, p. [2].

Chaque année, à la distribution des prix, l’élève qui est chargé de faire au nom de ses confrères les adieux des finissants, n’oublie jamais de rappeler le souvenir de cet homme éminent, dont la vie n’a été qu’une longue suite de sacrifices pour l’éducation de la jeunesse et la sanctification du peuple. 1891, N.‑E. Dionne, M. C.‑F. Painchaud : fondateur du Collège de Sainte-Anne, p. 19‑20.

Notre R[é]v[éren]de Mère Supérieure Générale offre ses félicitations aux élèves finissantes et formule pour toutes les meilleurs vœux de bonheur. 1927, Le Canada français, Saint-Jean-d’Iberville, 30 juin, p. 2.

En quatrième : année de la dispersion. L’élève entrevoit la nécessité d’avoir à subvenir à ses propres besoins d’ici quelques mois. Dans bien des cas les parents comptent sur le futur finissant pour aider à boucler un maigre budget familial. 1949, P.‑É. Borduas, Projections libérantes, p. 31.

L’album des finissantes du Collège Saint-Maurice révèle l’orientation que ces 28 jeunes filles ont choisi de donner à leurs carrières respectives. 1968, La Voix de l’Est, Granby, 30 avril, p. 5.

Je n’échappai pas, cette fois, à la retraite fermée des finissantes, l’événement majeur de cet automne 1956. Les autorités avaient bien conscience de l’importance primordiale de cet encadrement final de notre foi. Après, nous échapperions pour toujours à leur contrôle. 1985, D. Bombardier, Une enfance à l’eau bénite, p. 206.

Plus ça change, plus c’est pareil. On vend du rêve. Le bal des finissants devient l’hameçon qui incite les jeunes à terminer leur cours secondaire et l’escorte tient lieu de diplôme, beaucoup mieux que le résultat des examens. Il faut voir toutes ces jeunes étudiantes intelligentes, saines, délurées, hanter les salles de bal des grands hôtels déguisées en poupées Barbie, aux bras de jeunes gens attifés comme des poupées Ken, empêtrés dans des costumes loués. 1993, M. Claudais, Ne pleurez pas tant, Lysandre…, p. 259.

« La preuve que la mode est ridicule, c’est qu’elle change tout le temps », écrivait Oscar Wilde. Les finissants du collège Lasalle ont certainement voulu faire mentir l’excentrique auteur. Après trois ans de dur labeur – de nuits blanches, les élèves du collège Lasalle, l’illustre école privée spécialisée dans la mode, n’étaient pas peu fiers de présenter leurs créations finales lors du défilé des finissants du programme de mode, le 10 mai au Palais des congrès. 1998, La Presse, Montréal, 17 mai, p. A11.

Je suis en compagnie de deux Anglais et de trois stagiaires en médecine vétérinaire allemands qui viennent parfaire leurs connaissances en milieu naturel. La Namibie étant une ancienne colonie allemande, ils m’expliquent que leur faculté a établi une entente avec la réserve, afin de permettre aux meilleurs finissants d’effectuer ce voyage chaque année. 2017, L. St-Onge et L. St-Onge, Lydiane autour du monde, p. 95.

Les professeurs et professeures sont habituellement recrutés à partir d’un bassin de finissants et finissantes au doctorat ou au postdoctorat. Ironiquement, la capacité à effectuer des projets de recherche n’est pas l’aptitude la plus importante dans ce métier. Il faut surtout avoir la capacité de créer un engouement autour de sa vision. 2023, D. Claveau-Mallet, Québec Science, décembre, p. 43.

Histoire

Depuis 1858. Paraît être une innovation sémantique, finissant et finissante n’étant pas utilisés en France comme noms et leur emploi comme adjectifs se limitant à quelques locutions du type jour finissant, siècle finissant, société finissante (v. Larousse 1866, Quillet 1937 et Robert 2001). Les ouvrages de référence français qui relèvent finissant, finissante comme nom le font avec la mention « Français du Canada » ou « Au Canada » (v. Robert (en ligne) 2023‑11, Larousse (en ligne) 2023‑11). À partir des années 2000, on trouve tout de même quelques attestations de bal des finissants dans les journaux français, le plus souvent dans des contextes où l’on parle directement de la tradition nord-américaine ou de soirées françaises s’en inspirant : Jeudi soir, le traditionnel bal de fin d’année du lycée Chateaubriand a réuni plus de 330 élèves de première et terminale. […] Un bal des finissants sous le signe des années folles cette année. (Ouest-France (site Web), Rennes (France), 10 février 2012). Les attestations de finissant dans le même sens qu’au Québec demeurent rares, mais montrent que cet emploi n’est pas impossible en français de France : Le deuxième forum du prérecrutement des finissants et des jeunes diplômés des Grandes écoles auvergnates aura lieu le 15 novembre, à Polydôme (La Montagne (édition Issoire), Clermont-Ferrand (France), 13 novembre 2012, p. 13). Quant au mot sortant en parlant d’une personne qui termine un cycle d’études, il est attesté depuis le XIXe siècle en France dans la locution élève sortant (v. Besch 1847, TLF et Robert (en ligne) 2023‑11). Le mot s’emploie également comme substantif en France : les sortants de troisième, les sortants de BTS, d’un BP (d’après des exemples tirés d’Eureka.cc).

Dernière révision : février 2024
Trésor de la langue française au Québec. (2024). Finissant, finissante. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 20 février 2024.
https://www.dhfq.org/article/finissant-finissante