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ÉPAISSEUR [epɛsœʀ]
n. f.

1

RuralProfondeur d’un labour.

2

Profondeur, hauteur de l’eau d’un lac, d’une rivière, d’un fleuve.

[...] il y a des places où la rivière est plus large, où elle a près de quatre-vingts pieds à aller jusqu’à cent (100) pieds de large et l’épaisseur de l’eau peut aller de dix-huit (18) pouces à (4) pieds. 1883, Québec, BAnQQ, Cour d’appel (Québec), cause no 2, mémoire de l’appelant, p. 31.

Quelle épaisseur d’eau y a-t-il sur ces battures? [...] Avez-vous mesuré la profondeur de l’eau? 1892, Trois-Rivières, BAnQQ, Cour d’appel (Québec), cause no 2, factum de l’intimé, p. 8-9.

Dès que le Richelieu avait paru à leur gauche, elle s’était assise plus droite. [...] La rivière coulait avec une telle tranquillité, une telle plénitude de force et de vie calme qu’on devinait à peine la grande épaisseur de ses eaux sombres sous une mince croûte de glace. 1945, G. Roy, Bonheur d’occasion, p. 259.

3

Fam.Vêtement, couche de vêtements relativement épais et chauds.

En mettre, en avoir plusieurs épaisseurs. En enlever une épaisseur.

Moé j’m’habille chaudement parce que j’m’en vas vers le nord. Le nord c’est frette. [...] J’ai une combine, deux paires de culottes, des bas, des bottines de feutre pis mes bottes. Si j’ai frette, ça va être parce qu’y fait ben frette. » [...] « Moé avec, ma mére a m’a pas laissée partir sans que j’mette une paire de collants [...] pis j’ai mes culottes pis mes pantalons. Ça fait ben des épaisseurs à enlever. 1968, Montréal, dans M. Letellier, On n’est pas des trous-de-cul, 1971, p. 142.

4

Péjor.Caractère, comportement d’une personne épaisse (voir épais, sens I.4).

Peuh! les livres, c’est bon qu’à déniaiser un paroissien, lui faire voir l’épaisseur de ses semblables, et à le faire remarquer. Rapport que plus un paroissien s’instruit plus il se trouve bête. 1934, La Presse, Montréal, 30 juin, p. 51 (chron. humor.).

D’ailleurs, Clo est pas la seule qui oublie de rire de ses farces. Des jours, y prend des résolutions, y se dit que c’est fini, net sec, qu’y va être sérieux. Mais ça marche pas tellement, y retombe dans l’épaisseur c’est pas long. 1973, J.-M. Poupart, Chère Touffe, c’est plein plein de fautes dans ta lettre d’amour, p. 27-28.

Histoire

De épais.

1Depuis 1969 (d’après PPQ 727). Peut-être hérité des parlers de France; cp. épais (sens I.1). 2Depuis 1883. 3Depuis 1968. N’a pas été relevé dans les dictionnaires de France, mais n’est pas inconnu des Français comme en témoigne cet exemple tiré de J. Joffo, Un sac de billes, 1973, p. 208 : A Valence, je mis deux chemisettes, deux shorts et ma troisième et dernière paire de chaussettes [...]. Malgré ces épaisseurs successives, j’avais toujours les bras nus, les genoux nus [...]. À rattacher au sens de « couche, étendue de matière plus ou moins épaisse » et « degré de densité et de matière d’un tissu » en français moderne (v. TLF, et FEW spĭssus 12, 199a). 4Depuis 1934. N’a pas été relevé ailleurs qu’au Canada; cp. cependant épaisseur « grossièreté (de l’esprit); caractère de ce qui manque de finesse, de pénétration, d’élégance ou de raffinement » en français moderne (depuis 1713, v. FEW 12, 199a; v. aussi TLF).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Épaisseur. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 25 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/epaisseur