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ENTAILLÉ, ENTAILLÉE [ɑ̃tɑje]
adj.

  

Dans lequel on a fait une entaille (en parlant d’un érable).

 Par méton. Dont les érables ont été entaillés (en parlant d’une érablière).

Un érable bien entaillé, une érablière entaillée.

Trois cents érables, dit-il [un correspondant], bien entaillés peuvent produire 1000 livres de sucre, c’est-à-dire, 3 livres un tiers chaque environ. 1843, Le Journal de Québec, 15 avril, p. [2].

– […] Mais, à mon tour, petit. Sais-tu la différence qu’il y a entre un érable bien entaillé et un collégien mal appris? [/] – Non! [/] – […] Écoute : un érable bien entaillé dégoutte jusqu’à l’été; et un écolier polisson dégoûte… jusqu’au bedeau. 1892, L. Fréchette, Originaux et détraqués, p. 47.

En effet, en mars 1927, le dixième jour du mois avait trouvé les quatre-cinquièmes [sic] des érablières entaillées et même dans certaines cabanes où l’évaporateur était alimenté par une érablière disposée vers le sud les coulées, au 10 mars avaient été assez bonnes pour permettre de faire déjà un bon « brassage ». 1928, La Tribune, Sherbrooke, 10 mars, p. 1.

Le nombre d’érablières entaillées est de 1947 pour la Beauce et de 1114 pour Frontenac, soit 3,061 érablières au total. Le nombre moyen d’érables entaillés par érablière étant d’environ 1800, on entaille donc, chaque année, environ 6,000,000 d’érables. 1942, L’Éclaireur, Beauceville, 21 mai, p. 10.

À cet endroit, on faisait [= autrefois] bouillir la sève au grand air dans un chaudron en fonte suspendu à une bille de bois. Le nombre de chaudrons suspendus était fonction du nombre d’érables entaillés. 1979 env., L. Groleau, La saison des sucres au Québec, p. 6.

[O]n vient d’avaler trop de calories, la course redonnera un regain de vie. C’est le temps d’explorer la campagne entre les érables, la remise, les cordes de bois et les autres visiteurs. On retourne vérifier le dernier érable entaillé, le semonce un peu : la sève n’a pas encore coulé. 1986, H. Tardif, Petits prétextes pour sortir le nez dehors, p. 253.

Celui-ci [un technicien d’expérience en aménagement forestier] estime que la culture d’une érablière, entaillée ou non, repose avant tout sur le moment choisi pour intervenir. « Le bon moment, explique-t-il, permet d’optimiser le potentiel de croissance des arbres et, du même coup, hâter le développement d’une forêt en santé et productive. ». 2009, La Terre de chez nous, Longueuil, 21 mai, p. 16.

Cette nuit du 20 avril, j’ai rêvé à papa à la cabane à sucre de la ferme de mes jeunes années, il y avait un peu de différence de celle de mes souvenirs de jeunesse, je voyais plusieurs érables entaillés autour de la cabane à sucre, avec des chaudières comme nous avions dans le temps, comme nous le voyons encore lorsque nous allons à une partie de sucre familiale. 2015, Aur. Bilodeau, Mon passage de la vie terrestre à la vie céleste, p. 170.

[…] les pertes en revenus de l’industrie se sont chiffrées dans les dizaines de millions de dollars pour cette seule année. Les dégâts se sont étendus des arbres entaillés aux conduits acheminant la sève. 2018, La Tribune, Sherbrooke, 8 janvier, p. 16.

Histoire

De entailler. En parlant d’un érable, depuis 1843. En parlant d’une érablière, depuis 1928. Le mot semble avoir été créé spontanément au Québec dans le contexte du développement de l’industrie de l’acériculture et paraît sans lien direct avec les emplois français de sens voisins (v. Littré, s.v. entaillé, ée : « Un arbre entaillé. Gravé (vieilli en ce sens). »; Robert (en ligne) 2023‑12, s.v. entailler : « Qui présente une, des entaille(s). »).

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : janvier 2024
Trésor de la langue française au Québec. (2024). Entaillé, entaillée. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 18 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/entaille-entaillee