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ÉCORE [ekɔʀ]
n. m. ou f.

Rem.

Variantes graphiques écorreécart; (anciennement) escore, escorreecore, ecorre.

1

Bord escarpé (d’un cours d’eau, d’une étendue d’eau); falaise.

Les écores d’une rivière, d’un ruisseau, d’un lac. Un écore de pierres, de roches, de terre, de sable. Un écore escarpé, élevé, à pic. Se trouver au bord, au pied d’un écore. Des maisons bâties sur l’écore. Grimper, tomber dans l’écore.

Rem.A également été relevé avec le sens de « bord escarpé d’un écueil, d’un banc », par exemple dans les écores des bancs de Terre-Neuve (Lahontan) (voir Histoire).

 accore.

Kiskabiskau [mot montagnais signifiant] Lieu pierreux et Ecorre Escarpé. 1695 env., B. Fabvre, dans G.E. McNulty (éd.), « Racines montagnaises », 1970, p. 117.

Elle [la seigneurie de Bequet] n’est pas establie que depuis peut [sic] par la difficulté que produit [sic] les Escores qui bordent le fleuve estant presque inaccessible quoique sur cette hauteur les terres y soyent tres belles et unies entrecoupées de ravines [...]. 1712, G. de Catalogne, dans Le Bulletin des recherches historiques, vol. 21, no 10, 1915, p. 302.

Aucun moyen de gagner terre à cause des rochers abrupts qui formaient les rives du lac... [...] Mes pauvres bêtes ne pouvaient pas escalader ces « écores », vous pensez bien. 1925, D. Potvin, Le Français, p. 125.

Et puis là, on commence à lui dégager les pattes, puis on l’arrache de dans la neige, pis on l’amène sur son territoire, qui était durci, la neige était durcie. Et puis, il s’est planté là debout, sur ses quatre pattes […]. C’était un jeune [orignal] du printemps probablement du printemps précédent, qui avait à peu près sept, huit mois, je suppose. Le lendemain, le surlendemain, il était sorti, il avait laissé son hivernement, pis il avait sorti sur notre chemin de raquette, il calait pas du tout. Pis, quand il a été près des écores de la rivière Sainte-Anne, il s’est envoyé dans la neige, pis il a descendu dans les écores. 1961 env., Baie-Saint-Paul (Charlevoix-Ouest), AFEUL, P. Perrault 91 (âge de l’informateur : n. d.).

Beaucoup de poissons seraient pris par le Vieux maintenant qu’il avait ses grandes bottes et pouvait s’aventurer dans les espèces de poches que faisait la rivière le long des rives. [...] Les écores venaient d’être bûchées et les abatis sentaient bon. 1971, V.-L. Beaulieu, Les grands-pères, p. 46-47.

Le seigneur n’habitait pas son domaine de façon permanente, il y venait deux fois l’an, au printemps et à l’automne, semble-t-il. Un manoir fut bâti, près de l’écore, côté sud-ouest de la rivière. 1974, M. Ferron, Les Beaucerons, ces insoumis, p. 62.

2

loc. Vieilliou région.À pleine(s) écore(s) : sur le point de déborder (en parlant d’un cours d’eau en crue).

 À ras bord.

L’eau monte à pleine écore.

La rivière est noyée à plein écart. 1930 env., région de la Mauricie, ASTR, fonds D. Dubé (Fn-0127).

En fin de mars, il était allé chercher du foin à la grange qui se trouvait, en haut de leur terre, de l’autre côté de la rivière, justement à quelques cents pieds au-dessus de la chute. La rivière était à pleine écore. 1941, L. Boivin, Dans nos montagnes, p. 54.

Ça faisait douze jours qu’ils le cherchaient [le noyé], et ils ne pouvaient pas le trouver. Là, c’était aux temps que les billots descendaient, et l’eau était à plein écart. 1965, Saint-Théophile (Beauce), dans J.-Cl. Dupont, Le légendaire de la Beauce, 1974, p. 25.

Histoire

1Depuis 1695 environ. Cet emploi a eu cours en français, comme terme de marine, du XVIIe s. jusqu’au XIXe, d’abord sous la forme escore (v. par ex. Nicot 1606 s.v. escore, Académie 1814, Laveaux 1828, Poitevin 1856; v. aussi TLF, s.v. écore3, qui le signale encore sous la plume de Flaubert); relevé également en Normandie (v. FEW m. néerl. schore 17, 55a). Ce sens est associé à celui de « bord escarpé d’un écueil, d’un banc », attesté en français depuis la même époque (ibid.) et lui aussi sorti de l’usage au XIXe s., au profit de accore (v. en outre Raymond 1835, Larousse 1866 et Littré). 2Depuis 1930 environ.

Version du DHFQ 1998
Pour poursuivre votre exploration du mot écore, consultez notre rubrique En vedette.
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Écore1. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 20 février 2024.
https://www.dhfq.org/article/ecore