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DAIM [dẽ]
n. m.

Rem.

Variantes graphiques : (aux XVIe et XVIIe s.) din, dyndain.

  

Vieuxou litt.Nom donné au cerf de Virginie, appelé cour. chevreuil.

2006, S. Bauer, United States Department of Agriculture, Daim [photo], Wikimédia Commons. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:White-tailed_deer.jpg 2009, I. Sévi, Daim [photo], CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Odocoileus_virginianus_clavium_fawn.jpg

 Cuir ou peau de ce cerf, souple et suédé.

 Viande de ce cerf .

 chevreuil.

Et pendant le temps qu’ilz [les Indiens de Stadaconé] estoient dehors venoyent tous les jours force gens à noz navires comme ilz avoyent de coustume nous apportant de la chair fresche de serfz et de dins poissons fraiz de toutes sortes qu’ilz nous vendoyent fort cher ou myeulx l’aymoient remporter pource qu’ilz avoyent necessité de vivres pour lors à cause de l’yver qui avoyt esté long. 1538 env., J. Cartier, dans M. Bideaux (éd.), Relations, 1986, p. 175.

Il y a aussi plusieurs bestes sauvages, comme orignas, cerfs, biches, dains, ours, porc-epics; lapins, regnards, castors, loutres, rats, musquets, & quelques autres sortes d’animaux que je ne cognois point, lesquels sont bons à manger, & dequoy vivent les Sauvages. 1603, S. de Champlain, Des Sauvages, p. 21.

Il porte l’habit complet d’un coureur de bois. Ce vêtement, qui lui convient sous tous les rapports, se compose d’une blouse ou tunique de chasse en peau de daim, de guêtres et de mocassins de même matière. La blouse, les guêtres et les mocassins sont piquées [sic] avec soin et enjolivés de broderies en poil de porc-épic. 1888, E. Rousseau, Les exploits d’Iberville, p. 20.

Le calme, la paix d’un tranquille fourré à l’abri de la tempête nordique. C’est le bonheur. Les pieds délivrés des raquettes reposent. Un morceau de daim sous la dent; une gorgée d’eau qui n’est pas de la neige fondue. On est heureux. 1932, D. Potvin, La robe noire, p. 151.

Je me souviens de l’écorce. C’était au temps où les échos ne répondaient qu’en notre langue. [...] Alors l’écorce était parmi nous [les Amérindiens] comme le sang était aux veines et la peau de daim sur nos épaules. 1960, Y. Thériault, Ashini, p. 93-94.

Histoire

Depuis 1538 environ (Cartier). Par extension du sens de daim en France, désignant depuis le début du XIIe s. un cervidé (genre Dama) indigène d’Eurasie comparable au cerf de Virginie par la taille et l’aspect (v. TLF). Daim est attesté sporadiquement dans les relations de voyages des XVIe et XVIIe s., mais il disparaît assez tôt devant son concurrent chevreuil* qui s’est imposé dans l’usage; comme daim et chevreuil figurent parfois ensemble dans une même énumération de cervidés dans les textes de cette époque (v. chevreuil, sous Hist.), il est possible que le premier ait pu servir à désigner le faon tacheté du chevreuil. Le mot daim au sens de « cerf de Virginie » réapparaît dans la littérature québécoise vers le milieu du XIXe s. (v. par ex. J. Doutre, Les fiancés de 1812, 1844, p. 30 : on a vu dans la foret [sic] de grandes troupes d’orignaux et de daims); cette résurgence s’explique sans doute par l’influence de la littérature française du XIXe s. sur les lettrés québécois (le mot est employé aussi par les historiens M. Bibaud et Fr.-X. Garneau). En effet, certains auteurs français réputés mettent en scène l’Amérique et rendent compte de ses réalités en recourant à des mots différents de ceux qui étaient utilisés dans la langue courante au Québec (peut-être, dans le cas du mot daim, parce qu’ils n’avaient pas conscience de la différence entre le daim et le cerf de Virginie); dès 1826, on relève daim « cerf de Virginie » à la fois dans Les Natchez de Chateaubriand (Les neiges descendirent; les daims, les carribous, les oiseaux mêmes disparurent, cité d’après l’éd. de G. Chinard, 1932, p. 241; v. aussi p. 123 et 425) et dans Le dernier des Mohicans, traduction française d’une œuvre de l’écrivain américain J.F. Cooper (Allons, montez sur le rocher, et j’irai chercher les deux Mohicans avec le daim qu’ils n’ont pas oublié de charger sur un des chevaux, cité d’après l’éd. de Ph. Jacquin, 1992, p. 97; v. aussi p. 90, 99 et 100). Il est possible, enfin, que le fait que l’on employait le mot daim en France dans la langue du commerce, dès la fin du XIXe s., en parlant de peaux autres que celle du daim véritable (en partic. de celle du cerf de Virginie) ait pu jouer un rôle dans la diffusion de cet emploi (v. Larousse 1897, GrEnc, Quillet 1937, TLF, GLLF).

Version du DHFQ 1998
Pour poursuivre votre exploration du mot daim, visionnez notre capsule vidéo Dis-moi pas!?.
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Daim. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 25 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/daim