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CROQUIGNOLE [kʀɔkiɲɔl] ou  CROQUECIGNOLE [kʀɔksiɲɔl]
n. m. ou f.

Rem.

Variantes graphiques : (pour la première forme) craquinole; (pour la seconde) croxignole, crocsignolecroccignole.

  

VieilliPâtisserie général. faite de la même pâte que le beigne mais qui se présente sous des formes différentes, notam. en torsades ou en tresses.

 Syn. de beigne.

Rem.En France, croquignole (de genre féminin) désigne un « petit biscuit léger et croquant ».

D’autres [huiles de loup-marin] sont plus foncées plus rougeatres ce sont celles qui ont eté plus au feu et ou les fondeurs ont fait cuire quelques galettes ou croccinolles qui ce me semble en attirent toute la crasse en un mot et sans mystere ces huiles se font ainsi que le syndoux [...]. 1730, dans Rj 68, p. 88.

Une grande chaudière, à moitié pleine de saindoux frémissant sous l’ardeur d’un fourneau, recevait les croquecignoles que deux cuisinières y déposaient et retiraient sans cesse. 1863, Ph. Aubert de Gaspé, Les anciens Canadiens, p. 129.

I’répondait pus, mais j’l’entendais qui gigotait comme un croxignole dans la graisse bouillante. 1899, L. de Montigny, « Une histoire de loup-garou », dans La Presse, Montréal, 15 février, p. 7.

Notons que les croquignoles sont, dans nos compagnes [sic], le mets de Noël par excellence. Les bonnes ménagères croiraient manquer à toutes les traditions, si, au retour de la messe de Minuit, la famille – et même les voisins – ne pouvaient s’asseoir autour d’un appétissant monceau de croquignoles dorées et toutes croustillantes dans leur toilette de poudre blanche sucrée. 1900, L. Fréchette, La Noël au Canada, p. XV.

Il n’était pas sept heures, cette année, quand les premiers enfants du voisinage sont venus chercher leurs étrennes, le sac d’école au bras. [...] Nous étions prêtes à soutenir le choc : il y avait une ample provision de cornets de bonbons sur le piano, sur la table de la cuisine, un grand cabaret comble de croquignoles et des pommes en veux-tu, en voilà. 1941, M. Bonenfant, Canadiennes d’hier, p. 65.

Maman faisait des croquignoles[…] ils prenaient une galette là, une galette de pâte, là, pis ils coupaient deux trous dedans. Leur galette était grande comme ma main, là, pis ils faisaient deux trous dedans de même, ils avaient le tour de ça, ils pliaient ça un dans l’autre pis c’était cuit, ça rentrait ça dans la graisse, là. 1972, Métabetchouan (Lac-Saint-Jean-Est), AFEUL, Dolbec 66 (âge de l’informateur : n. d.).

VieilliJeu de croquignole(s), ou croquinole(s) : jeu d’adresse qui consiste pour les joueurs à faire pénétrer, d’une chiquenaude, de petites rondelles de bois dans des pochettes situées aux quatre coins de la surface de jeu.

Joueur de croquignole(s). Partie de croquignole(s).

[...] Pierrette se leva et grimpa sur le piédestal d’un seul coup. De voir la salle qu’elle connaissait tant pour y avoir passé d’innombrables récréations d’hiver ou de mauvais temps, d’un point de vue tout à fait nouveau l’étonna : les tables de croquignol [sic] ou de mississippi n’étaient plus les mêmes et le plancher de tuiles n’avait jamais semblé aussi régulièrement quadrillé. 1980, M. Tremblay, Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges, p. 303.

Rem.Dans ce sens, on ne trouve que la forme croquignole.

Histoire

Depuis 1730. Héritage des parlers de France; croquignole « beignet » est attesté en Côte-d’Or (Bourgogne) (v. GuillTabl, s.v. croquet); dans les parlers de la Suisse romande, croquignole désigne une petite pâtisserie brune et sucrée, de forme plus ou moins cylindrique, frite dans la graisse, que l’on confectionne pour les jours de fête et notamment pour Noël et le Nouvel An (v. GPSR, s.v. croquignole et cuisse-dame). La variante croquecignole a été signalée dans le parler de l’île anglo-normande de Jersey au sens de « sorte de beignet » (v. FEW krokk 2, 1360a, d’après SocJers; v. aussi LeMJers, s.v. croquesîngnole); elle a été relevée également dans les parlers de la Louisiane et du Missouri au sens de « beignet » (v. par ex. ReadLouis 33, GuilbLaf, s.v. crocsignole, et DorrSteGen). Les formes croquignole et croquecignole sont toutes deux attestées dans les parlers acadiens (v. Mass no 1320). Au sens de « jeu d’adresse », jeu de croquignole(s) (depuis 1901, dans Le Soleil, 18 juillet, p. 7 : Jeux de Crokinole) est un emprunt à l’anglais nord-américain crokinole, lui-même issu du français croquignole « chiquenaude », attesté en France depuis le XVe s. et aujourd’hui sorti de l’usage (v. Gage 1984, Webster 1986 et Mathews; v. aussi TLF et Robert 1985).

Version du DHFQ 1998
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Trésor de la langue française au Québec. (1998). Croquignole ou croquecignole. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 13 juin 2024.
https://www.dhfq.org/article/croquignole-ou-croquecignole