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COURRIELLER [kuʀjɛle]
v.

Rem.

Variantes graphiques : courrielercourriéler.

1

v. tr. Envoyer un message ou un fichier (à qqn) par courriel.

Rem.1. Parfois employé absol. 2. Parfois considéré comme familier (notam. par le Bureau de la traduction du Canada, voir Clefs du français pratique); l’OQLF l’enregistre toutefois sans marque d’usage (voir GDT), tout comme Usito (s.v. courriel) et Multi. 3. Attesté à l’occasion en Europe francophone.

Juste une minuscule remarque pour commencer. Depuis un certain temps, de temps à temps – ce n’est pas le raz de marée, qu’allez-vous croire, à peine un rappel épisodique de notre existence, dont nous doutons sainement –, on nous appelle, nous courrielle, nous interpelle. 1999, J. Dion, Le Devoir, Montréal, 27 mars, p. C14.

Nous recherchons les meilleurs, des personnes qui aiment les défis. Vous avez de l’expérience dans la vente? […] Télécopier votre CV […] ou courrieller à […]. Indiquer la région et [le] poste demandé. 2003, La Tribune, Sherbrooke, 27 septembre, p. B11 (annonce).

Bien entendu, on oublie les mots sur papier aux amis, car maintenant je « courrielle ». Et au bureau, depuis déjà des lunes que mon agenda est électronique et que mes tâches se font devant l’écran. Il n’y a que ma signature qui me permet d’utiliser ma plume de temps en temps. 2007, C. Tremblay, La Presse, Montréal, 8 juillet, p. A13.

Nous communiquons depuis deux jours par boîtes vocales interposées. Nous courriellons. Nous « textons ». Elle repart ce soir. Difficile de trouver le temps de nous voir. Elle tient absolument à me parler. 2009, M. Matteau, Du chaos pour une étoile, p. 41.

[…] l’internaute branché à basse vitesse est incapable de faire des appels ou d’en recevoir quand il navigue sur le Web (et vice versa), […] il est difficile et désagréable de passer d’un site à un autre ou de courrieller de gros messages quand chaque opération prend de longues minutes, voire des heures. 2009, Groupe de travail sur les collectivités rurales branchées, Brancher les citoyens, les organismes et les entreprises du Québec rural à Internet haute vitesse : guide pratique d’accompagnement, p. [12].

J’ai envoyé un courriel à Travers. Je m’y présentais comme le réviseur de son bouquin […]. J’avais besoin d’éclaircir un ou deux points avec lui. J’espérais le ferrer. J’y allais tout doucement pour éviter de l’effrayer. Je lui ai courriellé quelques questions anodines, puis j’ai attendu. 2010, L. Hamelin, La constellation du lynx, p. 464.

Parler moins et texter – ou « courrieler » – plus. À moins de vivre sous une cloche, il est difficile de passer à côté de la mutation. Elle se chiffre même : les données numériques qui s’échangent, tous équipements électroniques confondus, servent davantage pour des mots écrits, des photos et des vidéos que pour de la voix. 2013, F. Deglise, Le Devoir, Montréal, 23 septembre, p. B3.

Si vous désirez offrir un bulletin mensuel ou bimensuel, il est bien de demander la permission. Vous pouvez le faire de deux façons. Premièrement, vous offrez un lien de désabonnement au bas de votre courriel. Un seul clic et votre souscripteur peut se désabonner facilement et sans tracas. Ainsi, « qui ne dit mot consent ». Donc, vous pouvez tenir pour acquis que s’il ne se désabonne pas, il vous donne la permission de continuer à le courrieller. 2014, P.‑L. Poulin, Vous.com : soyez vu, entendu et reconnu sur le Web!, p. 102.

Biologiste pour le compte de la Société d’histoire naturelle de la Vallée du Saint-Laurent, [il] nous a courriellé, le 29 mai, pour déplorer le fait que « ces milieux indispensables sont trop souvent sous-valorisés ». 2018, S. St‑Amour, Courrier Laval, 6 juin, p. 4.

Je ne sais pas quand j’en finirai avec cette chronique. […] Encore et toujours, il y a quelqu’un qui me remet le nez dans mon fouillis. Ou un fait nouveau vient à ma connaissance. Ou une contradiction, une incohérence m’apparaît brusquement. Et il me faut téléphoner, courrieller, reprendre la route. 2020, J. Saucier, À train perdu, p. 228.

 Rare Courriellé, courriellée adj. Qui est envoyé par courriel.

L’année commence avec déjà plus d’une centaine de textes reçus qui seront publiés dans les versions papier et électronique [d’un journal étudiant], ainsi qu’à partir de mardi prochain dans le Bulletin d’actualités courriellé (b@c Outaouais). 2012, La Revue, Gatineau, 12 décembre, p. 34.

Ceci est le 300e billet dans ce blogue. Ça fait maintenant sept ans que j’écris sur le web environ une fois par semaine, et en années de blogue, ça vaut bien la quarantaine d’une humaine. […] Au 200e billet, j’ai raconté l’histoire de l’info-lettre datant de 2003, d’abord faxée, « courriellée » puis transformée en blogue et j’y ai expliqué pourquoi je bloguais. 2015, C. Leroux, Le 300e… merci! (billet de blogue), Alizé ressources humaines (site Web), 24 septembre.

 Par plaisant.Rare Courrielleux, courrielleuse n. Personne qui envoie des courriels.

Le courriel, outil de communication essentiel, peut à la longue générer d’énormes pertes de temps. Voici des trucs pour un devenir un « courrielleux » plus efficace et plus organisé. 2015, Y. Lepage, Le Soleil, Québec, 15 février, p. 21.

2

v. pron. Échanger des courriels (avec qqn).

Plutôt shakespearien comme drame, en vérité. On réfléchit à tout ça, on se courrielle et on brunche. Dans un pub, tiens. 1999, J. Dion, Le Devoir, Montréal, 4 février, p. [B1].

On se « courrielle », pour abréger une conversation téléphonique ou pour conclure un rendez-vous. On se « courrielle » pour se raconter des petites histoires de la vie quotidienne, des histoires de boulot, des histoires de famille. On se « courrielle » pour s’envoyer des rapports professionnels. Mais on se « courrielle » aussi des mots d’amour. 2000, Le Devoir, Montréal, 25 avril, p. B2.

Krys (à force de se courrieller, on est devenus quasi intimes) est reconnue comme une autorité dans cette branche de la psychologie humaine très peu étudiée, à peine effleurée par Freud mais devenue aujourd’hui une véritable industrie : la nostalgie. 2003, J.‑Y. Girard, Le Devoir, Montréal, 24 octobre, p. B8.

On a passé un moment, Nathalie et moi, à nous rattraper sur les événements de nos vies. On se courrielle régulièrement, donc les surprises sont virtuellement gâchées. Mais il est bon de se regarder dans le blanc des yeux. 2011, J. Roy, Xman est back en Huronie, p. 150.

On ne se parle plus on se texte, on se tweete, on se facebooke, on se courrielle, on s’instagramme, on partage ses selfies... L’homme moderne est branché sur les autres 24 heures sur 24. 2014, R. Martineau, Le Journal de Québec, 30 décembre, p. 8.

Histoire

De courriel et du suffixe ‑er.

1Depuis 1999. Courriellé, courriellée, depuis 2012. Courrielleux, courrielleuse, depuis 2015. De courriel et du suffixe ‑eux, ‑euse. 2Depuis 1999.

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : mai 2023
Trésor de la langue française au Québec. (2023). Courrieller. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 14 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/courrieller