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COUCHE [kuʃ]
n. f.

1

(En parlant d’un enfant). Être aux couches ou, plus rarement, à la couche : porter encore des couches, n’être pas encore propre.

Par ellipse Un enfant de deux ans encore aux couches. Ils ont encore deux enfants aux couches.

Ça fait deux mois que j’sus couché comme un bébé à la couche; qu’y me bourrent de pilules pour assommer mon mal, que j’ai le teint comme de la terre glaise, une face de consomption, que je dépéris à vue d’œil, pis j’ai rien? 1976, B. B. Leblanc, Moi, Ovide Leblanc, j’ai pour mon dire, p. 197-198.

2

Par métaph.Iron. ou plais.(En parlant d’un adolescent, d’un adulte). Avoir la couche aux fesses, avoir encore la couche aux fesses : être très jeune; être trop jeune, manquer d’expérience, de maturité pour les choses dont il s’agit. 

Par ellipse (Une personne) la couche aux fesses.

Ecoute moé ben Polion [...] si tu veux t’exiler à Montréal c’est d’ton affére. Si j’t’en empêche c’est qu’t’as pas les capacités, que t’es pas assez formé, pi si y faut l’dire que t’as encore la couche aux fesses. 1950, A. Brie, Le père Tobie, 5 octobre, p. 4 (radio).

– André : La prochaine offensive, préparez-vous, ce sont les jeunes qui la livreront! [...] – Gravel : Il serait beau à voir, votre jardin d’enfants québécois, fait sur mesure par des bébés la couche aux fesses! 1968, Gr. Gélinas, Hier, les enfants dansaient, p. 99.

Mon père buvait comme un trou et j’ai dû commencer à travailler la couche aux fesses; à quatorze ans, je vendais des capotes dans les toilettes de clubs; ce n’est pas très formateur, avouez-le. 1974, Y. Beauchemin, L’enfirouapé, p. 45.

Qu’est-ce que vous faites, vous, mademoiselle? Non. Dites-moé le pas. J’le sais... J’le sens... Vous êtes étudiante... « cégépisse »... Ç’a encore la couche aux fesses... 1974, J. Barbeau, La coupe Stainless, p. 37.

 (Variante). Porter encore la couche. Être trop jeune pour avoir autant de prétentions. (Dionne).

 Fig.

Pays en couches depuis des siècles, et qui attend encore, et qui grandit, devient une industrie, des rues de ville, des montagnes de paperasse en forme de gratte-ciel, des autoroutes miracles, des rivières détournées, des forêts noires, rasées. Pays en couches qui craint d’y laisser sa peau, pays la couche aux fesses1975, P. Filion, Sainte-bénite de sainte-bénite de mémère, p. 54.

Histoire

1Depuis 1976. 2Depuis 1950; dès 1909 (Dionne) dans une variante. Cp. être (encore) à la bavette, de même sens, que signalent les dictionnaires de France (v. TLF, Robert 1985).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Couche. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 17 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/couche