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CLAM [klam]
n. f. ou m.

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n. f. (parfois m.). Nom donné à la mye (fam. des myidés) et à la palourde (fam. des vénéridés), mollusques comestibles pourvus d’une coquille bivalve de couleur blanchâtre qui vivent enfoncés dans le sable ou la vase des côtes.

2022, TLFQ, Palourdes (« clams ») [photo], Collections du département de biologie de l’Université Laval. 2022, TLFQ, Coquille de palourde (« clam ») [photo], Collections du département de biologie de l’Université Laval.

Aller aux clams. Une boîte de clams. De la soupe aux clams (voir clam chowder, ci-dessous).

Rem.1. Le nom s’applique en particulier à deux espèces présentes sur la côte atlantique nord-américaine : Mya arenaria, connue sous le nom de coque en Acadie, mais appelée officiellement mye (voir BNQ-Pêches2 64, et OLF-Avis4, no 1023), et Venus mercenaria, appelée officiellement palourde américaine (voir BNQ-Pêches2 65, et OLF-Avis4, no 1067). 2. Le mot clam a également cours en France où il s’applique à la palourde américaine, mais son usage y paraît récent (voir Histoire).

Vous êtes, nous supposons, à Rimouski; allons ensemble sur la grève à mer basse chercher des spécimens. [...] – Quelle est cette autre [coquille] blanche, aussi à deux valves que je vois là? elle est morte, mais les valves se tiennent encore. – C’est une clam, celle-là non plus n’est pas rare. 1889, L. Provancher, dans Le Naturaliste canadien, vol. 19, no 5, p. 99.

La bouette dont on se sert [pour la pêche à la morue] consiste quelquefois en clams, sorte de mollusques bivalves, qui restent utilisables jusqu’à huit jours après avoir été recueillis. Ces coquilles s’enfoncent dans le sable du rivage, et, lorsque la mer est basse, on les déterre avec une bêche. 1897, V.-A. Huard, Labrador et Anticosti, p. 332-333.

Un waiter m’avait pris sous ses soins et me servait de ces petites clams délicieuses du Pacifique, celles de l’Atlantique sont loin d’avoir leur saveur; frites au beurre, elles pouvaient faire revenir les morts. 1936, F. Bélanger, Mémoires d’un cultivateur, p. 93.

On ramassait des clams en tout [sic] saison pour la bouette [= boëtte « appât »]; c’était pour bouetter [« appâter »] pour prendre la morue. – Ah, ils prennent de la morue avec ? – Ah, avec les clams […]. 1959, Sept-Îles (Sept-Rivières), AFEUL, G. Landry 137 (âge de l’informateur : 78 ans).  

Ils mangent, tard, dans une gargote de Cape May. Un drôle de plat de « clams », c’est du caoutchouc! Ça ne s’avale pas! Ça rebondit dans la bouche! De la gomme! On rigole. On arrose cette bizarre recette avec de la bière. 1976, Cl. Jasmin, Revoir Éthel, p. 28.

La région de la Haute-Côte-Nord est propice à la récolte de mollusques comme les clams. À ce temps-ci de l’année, les cueilleurs se préparent à amorcer une nouvelle saison. 1994, Le Soleil, 21 mars, p. B1 (éd. du Bas-Saint-Laurent/Gaspésie/Côte-Nord).

 Clam chowder n. m. Soupe consistante faite à base de clams, de pommes de terre et d’oignons, typique de la cuisine de la Nouvelle-Angleterre et des provinces atlantiques.

La Nouvelle-Angleterre est en perte de vitesse, sauf si vous en êtes resté à la phase homard et clam chowder, comme on en trouve à Ogunquit et à Wells. 1992, L’Actualité, 15 octobre, p. 86.

Rem.Dans la langue soignée et dans les menus des restaurants, on emploie plutôt chaudrée de palourdes.

2

n. f. ou m. (Par anal. avec les organes internes de la clam). Pop.Crachat épais.

Envoyer, lâcher une, un clam.

Histoire

1Depuis 1883 (La Gazette de Joliette, 12 octobre, p. 3 : les 50 membres de l’association ont consommé 12 boisseaux de Clams à écaille tendre). De l’anglais nord-américain (v. Craigie et Webster 1986 qui attestent également, pour désigner la mye, l’appellation soft-shell(ed) clam qui est à l’origine de clam à écaille tendre, v. l’exemple de 1883 ci-dessus). Le mot clam est attesté en français de France (au masculin seulement) dès 1803, mais il ne semble s’être répandu que récemment « avec le tourisme aux États-Unis et l’ouverture en France des drugstores » (ReyDAngl3); il ne s’applique toutefois qu’à la palourde américaine, laquelle a été introduite en 1917 sur les côtes de France (v. L. Joubin et E. Le Danois, Catalogue illustré des animaux marins comestibles des côtes de France et des mers limitrophes, 2e partie, 1925, p. 148, et LarGastr; v. aussi Larousse 1960-1987, PRobert 1967-1995, PLar 1980-1995). Clam chowder (depuis 1881, clam-chouder) a été emprunté à l’anglais nord-américain (v. Craigie, Mathews et AHD 1981). 2Depuis 1939 (BarbRam 111). De l’anglais nord-américain (v. RandomSlang, qui donne un ex. de 1970).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Clam. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 15 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/clam