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CHARNIER [ʃaʀnje]
n. m.

Rem.

Variante graphique : (d’après une prononciation populaire) chargner.

  

Vieux Dans un cimetière, fosse commune aménagée en prévision de l’hiver, dans laquelle les morts étaient inhumés de façon permanente ou déposés temporairement en attendant que le dégel du sol permette leur inhumation dans une autre sépulture.

2022, TLFQ, Charnier du cimetière Mount Hermon à Sillery [photo].

 Mod.Construction élevée en forme de chapelle dans un cimetière, où les dépouilles sont déposées pendant l’hiver en attendant que l’état du sol permette leur inhumation habituelle.

 cavreau (sens 4); charnière.

Mon pauvre bedeau[,] fatigué de faire des fosses si souvent en terres gelées, a pris le parti l’automne dernier de faire un beau et profond charnier qu’il a couvert solidement de madriers et mis à l’abri de toute insulte [« attaque »] tant de la part de l’air que des animaux. 1800 env., dans S. Gagnon, Mourir, hier et aujourd’hui, 1987, p. 76.

On trouve aussi dans la plupart des cimetières une petite chapelle en pierres et solidement fermée, dite le charnier, où l’on entrepose après les cérémonies ordinaires de la sépulture la dépouille mortelle de ceux qui décèdent en hiver, c’est-à-dire entre la Toussaint et Pâques; et quand le printemps permet de creuser les fosses, on enterre dans le cimetière ce peuple de défunts. L’hiver passé ce dépôt funéraire renfermait plus de cinquante cercueils. 1844, dans L. Cadieux (éd.), Lettres des nouvelles missions du Canada 1843-1852, 1973, p. 155.

Ils songeaient [...] au mort abandonné avec ses mains jointes dans son cercueil. [...] Demain un colon viendrait avec son char à bœufs, pour le transporter au cimetière. On mettrait sa boîte dans le « charnier », sur le tas des autres, en attendant le dégel du printemps. 1947, M. Le Franc, Ô Canada!, p. 226.

On porterait son corps en terre et François, et le curé Brassard et Amélie, et Lucia, peut-être, seraient les seuls êtres à verser une larme sur sa tombe. Puis on la descendrait dans la fosse; ou plutôt non, car la terre serait alors gelée. On porterait son corps dans le charnier où il passerait l’hiver; on ne l’inhumerait qu’au printemps. 1961, P. Michaud, Quelques arpents de neige, p. 164.

Au terme de la cérémonie religieuse, les deux familles, et quelques amis, se sont rendus à l’entrée du cimetière pour accompagner les dépouilles. Et, comme pour ajouter à la tristesse du moment, un nuage, le seul en ce bel, mais froid, après-midi d’hiver, est venu masquer le soleil à l’instant où les corps ont été déposés dans le charnier. 1994, Le Soleil, Québec, 30 janvier, p. A1.

Vieux Caveau de famille.

Histoire

Depuis 1800 environ. N’a pas été relevé ailleurs qu’au Canada; découle de charnier « lieu couvert, galerie où l’on dépose les ossements des morts », attesté en français depuis le XIe s. mais considéré comme vieilli depuis la fin du XVIIe (v. FEW carnarium 2, 382b; v. aussi TLF, s.v. charnier1). 

 charnière.

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Charnier. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 15 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/charnier