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CHAR [ʃɑʀ]
n. m.

Rem.

1. On trouve aussi une prononciation [ʃɔʀ] (très fam.). 2. Parfois féminin autrefois.

I

Véhicule de transport sur rails.

1

VieilliWagon, voiture de train.

Un train de sept, de quinze chars.

Accoupler, désaccoupler des chars, les attacher, les détacher.

Char à, de marchandises.

Char à, de fret, destiné au transport en vrac de marchandises. Char à, de bagages : fourgon. Char de la malle, destiné au transport de la poste. Char (à) plate-forme, découvert et à bords inexistants ou peu élevés. Char à, de passagers, destiné au transport des voyageurs.

Char de première, de seconde classe.

Char à dîner : wagon-restaurant.

 (En composition; avec ou sans trait d’union). Char-buffet, char-réfectoire, char-restaurant : wagon-restaurant. Char-dortoir : wagon-lit. Char-fumoir : wagon aménagé en fumoir. Char-parloir, char-salon : wagon luxueux, aménagé en salon. Char-palais, char-pullmann : wagon de voyageurs aménagé de façon particulièrement luxueuse, confortable. Char-observatoire : wagon destiné au transport des touristes. Char-glacière, char-réfrigérant, char-réfrigérateur : wagon frigorique.

La semaine dernière, le train de la malle, venant de Boston, sur le chemin de fer de Vermont et du Canada, fut jeté hors des lisses, près de Waterbury. Un des chars fut renversé et assez sérieusement brisé, fort heureusement cependant aucun des passagers n’a été grâvement [sic] blessé. 1856, La Patrie, Montréal, 24 mars, p. [3].

Le char-palais que la Compagnie du Pacifique avait généreusement mis à notre disposition était pavoisé, bien illuminé; et, sur une draperie tendue à chaque extrémité, on lisait les mots : episcopal excursion, excursion épiscopale. À l’intérieur[,] une double rangée de pancartes roses, accrochées au plafond comme des pavillons, indiquait les noms des touristes et les compartiments assignés à chacun. 1893, A.-B. Routhier, De Québec à Victoria, p. 21.

(Acadie). All-aboard!..... quelques coups de sifflets... le train s’ébranle et me voilà parti pour St-Damien, laissant derrière moi Lévis, St-Romuald, Chaudière... [...] Un jour sombre d’automne amène vite les ténèbres, surtout en novembre où les heures de soleil sont déjà assez ébrêchées [sic]. Aussi mon parti est pris. En philosophe voyageur, je me confine le nez à l’intérieur... du char fumoir. 1918, A. Melanson, Pour la terre, p. 77.

[...] le voyageur quitta l’hôtel pour reprendre le train en direction de Québec et de son village natal. Trois heures plus tard, après une rapide course à travers la paisible contrée « enneigée » de la rive nord du fleuve St-Laurent, dans un confortable et luxueux char-parloir du grand « Canadian Pacific Railway », le convoi modéra son allure puis s’arrêta. 1944, L. Rochefort, Sa marotte, p. 358-359.

Voisin de chez Fidor habitait un vieux mécanicien à l’emploi des chemins de fer depuis plusieurs années. Son travail consistait à placer les chars de marchandise sur les voies d’évitement [...] et à ramasser les chars vides pour les rouler sur une voie spéciale là-bas à la Bostonnais, en dehors de la ville. Une fois par semaine il menait à la Bostonnais un train de wagons vides. 1946, F. Leclerc, Pieds nus dans l’aube, p. 184-185.

VieilliChar à bras, à manivelle : draisine.

RareWagonnet.

La mine comprend quatre ou cinq grandes galeries ou tranchées qui courent dans différentes directions [...]; elles sont sillonnées par des lisses de fer sur lesquelles roulent de petits chars à charbon traînés par des chevaux. 1872, J.-A. Genand, Notes de voyages, p. 19.

RareChariot.

[...] elle s’endormait bruyamment [sur son lit d’hôpital]. On la laissait faire, alors, parce que c’était l’heure du petit déjeuner et qu’un ronflement ne dérangeait plus personne au milieu des conversations, des chars de métal poussés sans ménagement par des sœurs grises et des ablutions matinales qui se faisaient partout en chantant et en riant. 1980, M. Tremblay, Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges, p. 316.

2

VieilliContenu d’un wagon; mesure, quantité que représente ce contenu.

Un char de chevaux, de bois, de fer. Acheter, vendre de la marchandise au char.

 Par ext., Fam. Grande quantité. Envoyer un char de bêtises à qqn, lui adresser un tas d’injures. Vulg.ou grossierFaire manger un char de marde à qqn, l’envoyer promener.

Par ellipse Mange un char!

Le Demandeur [...] avait poursuivi les Défendeurs de ce que les dits Défendeurs, après avoir fait rendre à Arthabaska un char de fleur [« farine »] qu’ils lui avaient vendu à terme, refusèrent de le lui livrer, à moins qu’il ne payât comptant ou ne fournit cautionnement [...]. 1883, Québec, BAnQQ, Cour d’appel (Québec), cause no 7, factum de l’appelant, p. 1.

La nouvelle qui depuis quelques jours faisait l’objet des conversations aux veillées était celle de l’arrivée prochaine d’une garde-malade. M. Rolland avait envoyé à Québec « un char de papiers » pour montrer la nécessité urgente d’une garde, et la Commission d’hygiène s’était enfin décidée à en nommer une. 1934, M. Le Franc, La rivière solitaire, p. 90.

Petit à petit, les clôtures de perches disparaissaient. La mode était à la broche. J’ai travaillé à grouper les commandes, afin d’obtenir un meilleur prix. C’était en 1921. Une année qui se ressentait encore de la prospérité de la guerre. J’ai fait venir un char entier. 1950, Fr. Gaudet-Smet, Racines, p. 116-117.

Dehors, beau temps, grand soleil, mais dans notre cerveau un char d’idées pas claires et des questions en masse [...]. 1982, J.-P. Filion, À mes ordres, mon colonel!, p. 203.

 loc. Fam.Un char (et) pis une barge : une quantité plus que suffisante, une très grande quantité.

Avoir un char pis une barge de qqch.

Comme Clotilde a fait chauffer quasiment un char pis une barge d’eau rien que pour ébouillanter le thé, [il] en reste en masse pour la vaisselle. 1973, J.-M. Poupart, Chère Touffe, c’est plein plein de fautes dans ta lettre d’amour, p. 20.

3

Vieilli(Souvent au pluriel, dans les chars). L’ensemble des wagons tirés par une locomotive; le train, considéré comme moyen ou comme service de transport.

Prendre les chars. Aller, venir, arriver, partir par les chars, en chars, sur les chars. Attendre les chars. Embarquer dans, sur les chars. Monter dans les chars. Débarquer, descendre des chars. Regarder passer les chars. Billet de chars. Conducteur de chars. Station de, des chars. Se faire frapper, se faire écraser par les chars.

Pont de, des chars : viaduc réservé au passage des trains.

(Pour désigner un train à vapeur ou diesel, par oppos. à les petits chars, voir ci-dessous, sens 4). Les gros chars.

 Voie ferrée; gare.

Habiter, rester près des chars, à côté des chars. Aller reconduire, chercher qqn aux chars.

Ces chers compatriotes! voyez-les partir l’œil morne, l’âme abattue. Le sifflet des chars qui annonce le départ, retentit au fond de leurs cœurs comme un coup de massue qui les écrase. 1880, Z. Lacasse, Une mine produisant l’or et l’argent, p. 10.

Au bon vieux temps on attelait « la Grise » pour entreprendre de longs voyages; les marins couraient des bordées sur les fins voiliers... Aujourd’hui on a les chars, les autos, les dirigeables, et on appelle « ville flottante » un bateau à vapeur... 1919, Fr. DesRoches, « En furetant », p. 154.

Le postillon n’était jamais en retard, excepté dans les tempêtes d’hiver. Non pas que son cheval, toujours le meilleur de la paroisse, restât embourbé dans les bancs de neige, mais les chars ne respectaient pas leur horaire. Et, de la gare au village, on comptait bien deux lieues. 1937, L’Oncle Gaspard, Le dessus du panier, p. 18.

– On te demande si t’as eu vent à Sorel du gros accident? – Quel accident? – Apparence que trente-quelques personnes ont péri dans une explosion à la station des chars du Pacifique, à Montréal. 1945, G. Guèvremont, Le Survenant, p. 112.

Elle devrait prendre les gros chars jusqu’à Dauphin. Là, elle devrait changer de train et il se pouvait qu’elle eût à y attendre celui de Rorketon une demi-journée et peut-être toute une journée. 1950, G. Roy, La Petite Poule d’Eau, p. 63.

loc. Fig., vieilli(En parlant d’un cheval). Avoir peur des chars : prendre le mors aux dents au moindre bruit. (En parlant de qqn). N’avoir pas peur des chars : n’avoir pas froid aux yeux.

 Fam. Avoir vu, déjà vu (passer) les chars, les gros chars : n’être pas aussi démuni, aussi inexpérimenté que cela peut paraître, en avoir vu d’autres, bien d’autres.

 (En parlant d’une femme facile, de mœurs légères).

Elle est passée en dessous des gros chars! Même les gros chars sont passés sur elle!

Fam.Les chars, les gros chars (en contexte négatif).

 (En fonction attribut, en parlant de qqch.). Ce qu’il y a de mieux, de plus extraordinaire.

La vie parfois c’est pas les chars1977, P. Graveline, Chansons d’icitte, p. 73.

(En parlant de qqn).

Vous êtes p’t-être un bon avocat, mais comme habitant vous êtes pas les chars1929, Le Goglu, Montréal, 18 octobre, p. 1.

 (En fonction de compl.). Grand-chose.

Ça vaut pas les chars! Son mari valait pas les gros chars, n’était bon à rien. Tu connais pas les chars dans la politique!

 (En fonction adverbiale). Tellement, vraiment.

Ça marche pas les chars! On s’est pas vu les chars depuis une semaine.

C’était pas vargeux dans c’temps-là pour gagner sa vie pis le métier de colon payait pas les gros chars. J’ai dû r’tourner aux chanquiers [...]. 1943, Cl.-H. Grignon, « Le père Bougonneux », dans Le Bulletin des agriculteurs, décembre, p. 5.

4

Vieilli(Général. au pluriel, dans les chars). Voiture de tramway. L’ensemble des voitures qui composent un tramway; le tramway considéré comme moyen ou comme service de transport.

Chars urbains. Chars de ville, de rues.

Chars à chevaux, tirés par des chevaux. Chars électriques, à trolley.

(Pour désigner un tramway à trolley ou un train de banlieue circulant sur une ligne électrifiée, par oppos.à les gros chars, voir ci-dessus, sens 3). Les petits (ou p’tits) chars.

Une dame a eu sa montre et autres objets de prix volés dans les chars urbains. On croit que c’est une dame qui était assise près d’elle qui s’est rendue coupable de ce vol. 1867, L’Événement, Québec, 4 juillet, p. [2].

En traversant la rue, l’imprudente ne vit pas un char urbain, à trois pas d’elle. – Attention! la mère, lui cria le garçon, vous allez vous faire frapper. [/] À ses yeux inexpérimentés s’offrit un curieux spectacle. Deux infortunées pécores, morveuses, l’œil larmoyant, la langue pendante, la carcasse à jour, le poil râpé de coups de fouet, avaient peine à se maintenir en équilibre, et prévenaient les piétons par une clochette suspendue à leur cou maîgrichon [sic]. Les pauvres bêtes tiraient après elles, sur des rails inégaux, une façon de cahute roulante de bohémiens saltimbanques. 1904, R. Girard, Marie Calumet, p. 296.

Si je possédais ce soir le tapis magique des « Mille et une nuits », je me ferais transporter en un instant dans la bonne ville de Québec. [...] Un char électrique rapide et confortable m’amènerait ensuite à la porte de la Basilique, dont le noble carillon sonnerait le dernier coup de la Messe de Minuit. 1915, E. Bilodeau, Un Canadien errant..., p. 83-84.

Il y avait des lampes à pétrole avant d’avoir le gaz. Moi, j’ai pas eu connaissance [de ça], pareil comme j’ai pas eu connaissance des chars à chevaux. 1964 env., Montréal, AFEUL, P. Perrault 91 (âge de l’informateur : n. d.).

Chaque trimestre ramenait la corvée d’aller toucher les loyers des maisons. [...] Pour les maisons de l’Est, cela se passait très bien [...]. Mais pour Saint-Henri! Ce quartier excentrique, très éloigné du quartier Saint-Louis, nécessitait un véritable petit voyage. Il fallait emprunter plusieurs tramways, changer « de chars », attendre à des coins de rues. Et l’expédition ne pouvait avoir lieu que le soir parce que les locataires des maisons, ouvriers de filatures et d’usines, n’étaient chez eux qu’à la nuit tombée. 1966, R. de Roquebrune, Quartier Saint-Louis, p. 128-129.

Kate a refusé de laisser sa fille à l’orphelinat mais elle ne la voit pas souvent : elle a dû la mettre en pension à Rosemont, chez des cultivateurs. C’est loin, Rosemont, même en p’tits chars. On est en 1913 et c’est encore la banlieue. 1987, Fr. Noël, Myriam première, p. 147.

II

Fam.Voiture automobile.

2022, TLFQ, Voiture (« char ») [photo].

Char neuf, usagé.

Char automatique, à transmission automatique. Char à (la) mitaine, à transmission manuelle.

Embarquer, monter dans un char. Débarquer, descendre d’un char.

Partir son char : mettre en marche le moteur de sa voiture.

Mener, conduire un char.

Parquer, stationner un char, le garer. Petit char : petite voiture, dont l’usage est réputé économique. Gros char : voiture puissante et souvent luxueuse. Char de l’année : voiture du tout dernier modèle. Char loué : voiture de location.

Char de police. Char de course.

 bazoucitron.

 VieilliChar privé : voiture individuelle réservée au transport de son propriétaire ou d’une personne en particulier.

Chauffeur demandé pour char privé.

Les automobiles « Studebaker » sont fabriqués [sic] en Canada par la plus puissante et la plus vieille manufacture du genre. La longue expérience des fabricants, leur capacité de production, leur capital, voilà ce qui leur permet d’offrir d’aussi bons chars à si bon marché. 1913, Le Soleil, Québec, 12 février, p. 9 (annonce).

Un jour que je dois aller autographier des disques dans un grand magasin, je trouve les portes de devant bloquées. Quatre rues, noires de monde, pas un char ne peut passer. 1955, F. Leclerc, Moi, mes souliers..., p. 220.

Quand le cosmonaute a posé son engin sur le sol lunaire, une fine poussière s’est élevée. Comme celle que tu soulèves vers moi en décollant ton gros char. 1974, Cl. Des Rochers, J’ai des p’tites nouvelles pour vous autres, p. 21.

Police! dit-il. Votre permis et les papiers du char. [...] Posez pas de questions et débarquez du char! 1974, J. Poulin, Faites de beaux rêves, p. 11-12.

Et, heureusement, je n’ai pas vu le nouveau char de Gaston. Je n’y connais rien en voitures, ça ne m’intéresse pas, et je n’aurais pas su quoi dire. Je reste toujours un peu bête devant une voiture neuve qu’on veut me faire admirer. 1986, M. Tremblay, Le cœur découvert, p. 238.

III

Char allégorique : véhicule à traction ou motorisé, décoré, construit spécialement pour faire partie d’un défilé organisé à l’occasion d’un carnaval, d’une fête populaire.

La procession du 24 juin, favorisée par un temps magnifique, se composait de plus de vingt mille personnes. [...] Des députations de toutes les villes du Canada s’étaient jointes aux sociétés nationales de Montréal, et la procession qui s’étendait sur un parcours de trois milles, offrait un coup d’œil magique. On comptait cent trente et un drapeaux français, cinquante trois bannières, trente et un corps de musique et quinze chars allégoriques représentant des sujets empruntés à l’histoire du Canada. 1878, H. Beaugrand, Jeanne la fileuse, p. 256.

Demain, à Montréal, c’est la procession de la St-Jean-Baptiste, rue Sherbrooke, de l’est à l’ouest! [...] C’est la fête nationale des Canadiens français! Le dernier char allégorique représente toujours le petit Jean Baptiste tout frisé avec son mouton, lui aussi tout frisé. C’est un honneur pour un enfant d’être choisi. Mais c’est fatigant, des heures de temps à saluer et à sourire. Je n’aime pas ce rôle-là. 1931, S. Monet-Chartrand, dans Ma vie comme rivière, t. 1, 1981, p. [102].

Les festivals et les carnavals avec leurs ornements, leurs masques, leurs bonshommes, leurs chars allégoriques accompagnés de corps de majorettes demeurent des riches moments de création populaire [...]. 1975, M. Lessard et H. Marquis, L’art traditionnel au Québec, p. 439.

Julienne apparaît aussitôt dans l’embrasure de sa porte [...]. Je la salue sans m’arrêter, courtois comme une duchesse du Carnaval sur son char allégorique, mais elle exige davantage, elle veut une halte complète, un autographe, un baisemain, qui sait. 1993, M. Proulx, Homme invisible à la fenêtre, p. 211.

Histoire

I1Depuis 1856. D’après l’anglais américain car, attesté notamment dans freight car (d’où char à, de fret), baggage car (d’où char à, de bagages), mail car (d’où char de la malle), platform car (d’où char (à) plate-forme), passenger car (d’où char à, de passagers), dining car (d’où char à dîner), buffet car (d’où char-buffet), restaurant car (d’où char-restaurant), dormitory car (d’où char-dortoir), smoking car (d’où char-fumoir), parlor car (d’où char-parloir), palace car (d’où char-palais), Pullmann car (d’où char-pullmann), observation car (d’où char-observatoire), refrigerating et refrigerator car (d’où char-réfrigérant et char-réfrigérateur) (v. Craigie, Mathews et OED, s.v. car; v. aussi Mathews, s.v. freight, baggage car, mail, platform, passenger car, dining, buffet, restaurant, dormitory, smoking, palace, Pullmann, observation, refrigerating car et refrigerator). Pour désigner un wagon, char a été relevé à quelques reprises en français de France dans la première moitié du XIXe s. (v. FEW carrus 2, 426b; P.J. Wexler, La formation du vocabulaire des chemins de fer en France, 1955, p. 26, 82, 118 et 124 notam.); cet emploi, qui découle de char « voiture, en particulier voiture à quatre roues destinée au transport de grosses charges » (attesté en français depuis le Moyen Âge, v. TLF et GLLF), est donc sans lien de filiation directe avec l’emploi canadien. 2Depuis 1883. D’après l’anglais américain car (v. Craigie, Mathews et OED-Suppl 1972 qui ne signalent cependant pas l’emploi par extension). 3Depuis 1836 (La Minerve, Montréal, 1er septembre, p. [3] : Chars de Laprairie). D’après l’anglais américain car, usité surtout au pluriel dans cet emploi (dans the cars; v. Craigie et Mathews). 4Depuis 1867. D’après l’anglais car, usité aussi bien aux États-Unis qu’en Angleterre (v. Craigie; v. aussi OED et Webster 1986). Char de rues, calque de l’anglais américain street(-)car (v. OED-Suppl 1986 et Craigie; v. aussi Mathews, s.v. street); chars électriques, calque de l’anglais américain electric car (v. Craigie; v. aussi OED-Suppl 1972 et Mathews, s.v. electric).

IIDepuis 1913. D’après l’anglais car, attesté notamment dans police car (d’où char de police) et dans private car (d’où char privé) (v. OED-Suppl 1972; v. aussi OED-Suppl 1982, s.v. police et private). Pour désigner une voiture automobile, le mot a été relevé à quelques reprises en Suisse romande, plus spécialement à Genève et à Neuchâtel (MannoSR 213), mais il n’y a pas de lien historique immédiat entre cet emploi et l’emploi canadien.

IIIDepuis 1878; déjà en 1874 dans un journal franco-américain (v. L’Écho du Canada, Fall River (Massachusetts), 29 juin, extra, p. 1 : des chars allégoriques, où toutes les branches de l’industrie étaient représentées). Sans doute d’après l’anglais allegorical car, attesté dans des journaux canadiens à la fin du XIXe s. (v. The Gazette, Montréal, 25 juin 1880, p. 2, et 23 juin 1890, p. 2), à moins que cet emploi n’ait lui-même été emprunté au français du Canada; cp. par ailleurs allegorical float, également attesté avec le même sens dans un journal canadien, mais à époque plus récente (v. The Globe and Mail, Toronto, 24 juin 1991, p. 13).

Version du DHFQ 1998
Pour poursuivre votre exploration du mot char, consultez notre rubrique Les fins mots de l'histoire
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Char. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 12 avril 2024.
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