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CARROSSE [kaʀɔs]
n. m.

Rem.

Variante graphique carosse.

  

Voiture d’enfant, plutôt haute, munie d’une capote, servant à transporter un bébé, surtout en position couchée, et que l’on pousse devant soi.

2023, TLFQ, Carrosse [photo].

Carrosse de bébé, d’enfant. Bébé qui dort dans son carrosse.

Rem.En France, cet objet est appelé landau, mot peu usité au Québec.

 pousse-pousse.

Nous racontions à nos « petites » [poupées] que la neige s’en venait, qu’on mettrait des lices à leur carrosse et qu’on les traînerait sur le trottoir. 1916, M. LeNormand, Autour de la maison, p. 63.

Affamée de fraîcheur, la population avait fui vers les endroits ombragés; des enfants court vêtus piaillaient sur les pelouses; les bébés, couchés dans leurs carrosses, « lyraient » de leur voix aiguë; attroupées selon les castes des quartiers, les commères caquetaient sur un même sujet : la chaleur. 1950, R. Legault, Risques d’hommes, p. 51-52.

Ensuite, les patins à roulettes sont venus. À la minute qu’ils pavaient une rue, les patins à roulettes sortaient. À part de ça, les petites charrettes d’enfants, ils fabriquaient ça eux autres mêmes. Quand un carrosse de bébé était fini, ils prenaient l’essieu, pis ils allaient chez le marchand de ferraille, là, pis ils achetaient un essieu avec deux petites roues. Ils vendaient ça bon marché. 1964 env., Montréal, AFEUL, P. Perrault 91 (âge de l’informateur : n. d.).

Ma chère vieille rue Jean-Talon! Les tramways qui virevoltent au carrefour... c’est bête, je m’en ennuyais! N’ai-je pas été bercé par leur tintamarre depuis ma plus tendre enfance, depuis le « carrosse » sur le balcon! 1974, Cl. Jasmin, Sainte-Adèle-la-vaisselle, p. 130.

Ce matin-là, elles s’étaient rendues au magasin de meubles de seconde main pour acheter un carrosse de bébé. Elles trouvèrent ce qu’elles cherchaient. Elles sont vite revenues à la maison et furent prêtes pour le départ. Mona dit : « [...] On poussera le carrosse chacune notre tour. Si ça va bien, on devrait être à Ste-Thérèse pour la fin du jour demain. » 1974, M. B. Froment, Les trois courageuses Québécoises, p. 21.

Chariot comportant un grand panier métallique, mis à la disposition des clients dans les supermarchés ou les magasins pour transporter les denrées ou les marchandises.

Sans regarder qui rouspète, elle tasse son carrosse, s’étire pour prendre des mots croisés, cherche d’autres provisions et roule vers la caisse. 1983, J.-d’Arc Jutras, Délira Cannelle, p. 17.

Rem.Panier est beaucoup plus usuel.

(Au golf). Chariot sur lequel on dépose le sac de golf.

Histoire

Depuis 1900 (La Presse, 7 avril, p. 6 : À vendre, un carrosse de bébé en parfait état). Découle par analogie du sens de « voiture tirée par des chevaux », attesté depuis le Régime français. On trouve déjà le mot désignant une voiture conçue pour transporter un enfant dans un document de 1832 (Saint-Constant (Laprairie), ANQM, gr. F.-H. Leblanc, 26 septembre : carosse pour enfant estimé douze livres) mais, d’après le contexte, il doit s’agir d’autre chose, peut-être d’une voiture à traction animale (on y parle de cabrouets, de carrioles, de berlots qui sont évalués environ au même prix); cp. d’ailleurs un wagon d’enfant, une charrette d’enfant, une carriole d’enfant, attestés à la même époque et également dans des documents notariés.

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Carrosse. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 20 février 2024.
https://www.dhfq.org/article/carrosse