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BRETTER [bʀɛte]
v. intr. et tr.

Rem.

Variantes graphiques : breter, brèter, brêter.

1

v. intr. Fam.S’occuper de menues besognes, passer son temps à des riens.

Bretter du matin au soir.

Perdre son temps, ne rien faire, flâner, lambiner.

Aller bretter dans les magasins.

 Se faire attendre.

Arrête de bretter, on est pressé!

(Avec un sujet impersonnel). Ça brette : ça prend du temps.

 bardasser (sens 1); zigonner (sens II.2).

Rem.Répandu au Québec, signalé en Acadie (voir PPQ 2267 et 2268, Lavoie 815, Mass no 1763, NaudÎM 2010).

D’un autre côté, si nous ne nous sentons pas assez de nerf pour cet exploit [faire une traversée], je ne vois qu’une chose sensée à faire : virer de bord et retourner au Bassin au lieu d’aller, pour fiche de consolation, bretter dans les îles. 1884, E. Renault, La dernière allumette ou une partie de pêche accidentée, L’album des familles, 1er janvier, p. 27.

À midi, je me lève, j’avale un bon dîner et puis, sans dire un mot à personne, je prends le bord du lac en apportant tout le gréement qu’il me fallait : deux bonnes lignes, des grosses hameçons, un fanal, un boucaut à confitures avec son couvert et un flash-light, tout ça enveloppé dans une poche, sous mon bras. Vous comprenez que je me watchais pour pas avoir l’air suspect. Le fait est que je passais souvent dans le village, amanché comme ça, quand j’allais bretter au bord du lac, pour tuer le temps. 1940, O. Massé, Le saumon d’Ollezède, Almanach du peuple Beauchemin 1941, p. 152.

Séraphin : J’vous avais demandé trois semaines, ça m’a pris trois jours. Todore : Arc-en-ciel! Ça brette pas. Vous vous changez les pieds de place, l’ami? 1960, Cl.‑H. Grignon, Un homme et son péché, 2 mai, p. 5 (radio).

Quand t’es en plein rush, que ça fait trois heures que tu [une serveuse dans un restaurant] te garoches d’un bord pis d’l’autre, pis qu’t’as vingt-cinq clients qui t’attendent, t’es rendue au boute, tu le sais comme moé! Bonyeu, t’as pas le goût de niaiser avec des p’tits morveux qui mangent une pétate frite, qui brettent une heure à ta table, pis qui s’en vont sans te laisser un verrat de tip! 1970, M. Tremblay, En pièces détachées, p. 24.

Non, non, dit Thomas, j’aime ainsi « bretter » avant de m’endormir. On demeure toujours un peu enfant. La fillette aime à jouer avec ses poupées, le garçon avec ses attelages, ses soldats de plomb, ses chevaux. Moi, je m’amuse avec mes cartes. 1972, W.‑H. Girard, Le conscrit, p. 203‑204.

On est sur le point de partir pis y en a un qui brette encore, qui prend son temps pis le nôtre en masse. 1980, Saint-Boniface-de-Shawinigan (Saint‑Maurice), enq. (témoin de 54 ans), Fichier lexical du Trésor de la langue française au Québec.

Vous savez, quand on travaille 50 heures par semaine et que nos loisirs consistent à bretter dans le garage, c’est impressionnant. Il y avait un peu de stress mais tout s’est bien passé. 2001, Le Quotidien, Saguenay, 20 novembre, p. 2.

Toute la cavalerie de manèges (essentiellement les mêmes que les autres éditions) attendait la population des environs : le bateau de pirates, les autos tamponneuses, la grande roue, le carrousel, les jeux d’adresse, les jeux pour hommes forts et ajoutons à cela, un bel endroit pour bretter et placoter un peu. 2014, L’Info du Nord : Vallée de la Rouge, Mont-Tremblant, 23 juillet, p. 31.

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v. tr. Fam., péjor.(En s’adressant à qqn ou en parlant de qqn dont le comportement intrigue). Chercher; comploter, manigancer.

Qu’est‑ce que tu brettes par ici? Qu’est‑ce qu’ils brettent ensemble ces deux‑là?

 (Surtout en tournure interrogative). Faire.

Qu’est‑ce que tu brettes dans le sous‑sol toute la journée?

 v. intr. Fureter, avoir le nez fourré partout; se trouver dans un endroit où l’on ne devrait pas être.

Rem.Relevé en Acadie (voir Poirier), mais n’y paraît pas répandu.

– C’est pas possible, c’est pas toi, Ladébauche!! D’où sors‑tu? – Je suis parti de Québec; je vais avec toi en Angleterre. J’ai reçu ta dépêche et je ne fais que remplir mes devoirs comme correspondant du « Canard. » Qu’est‑ce que tu vas faire en Angleterre? – Moi, répondit Johnny, je vais voir Langevin. Dans l’affaire à Luc, on n’arrive à rien. Je veux savoir ce qu’il « brette » en Angleterre. 1879, Le Canard, Montréal, 28 juin, p. [2].

La soigneuse servante, tirée de sa rêverie culinaire mise en action, sursauta sur sa chaise : – Tiens, Baptiste! Ah! bonne sainte Anne, qu’est-ce que tu viens « bretter » à c’t’ heure icitte? 1900, R. Girard, Florence, p. 115.

Il doit encore être en train de me faire des blagues; va donc voir ce qu’il brette, m’avait dit l’assistant de Bob Rogers. 1913, La Presse, Montréal, 18 octobre, p. 10 (chron. humor.).

– Nomme‑toi donc, dit Menaud. – Le Délié, répondit l’homme. [/] Alors Menaud crut qu’il venait pour la revanche. Il aplomba son corps déjà raidi sur ses vieux jambages; et prêt à l’attaque : – Qu’est‑ce que tu brettes par ici, lui demanda‑t‑il? – Je m’adonnais à passer... quand j’ai reconnu la jappe à Baron. 1937, F.‑A. Savard, Menaud, maître-draveur, p. 180.

Alexis : Ouais, comme ça, ton mari est parti pour les rangs? Tu sais pas pourquoi. Donalda : I me l’a pas dit. Alexis : Tâche don de le savoir de quoi c’est qui brette? 1944, Cl.‑H. Grignon, Un homme et son péché, 7 septembre, p. 6 (radio).

Au boutte d’une semaine i partait pour Montréal. I a été ben proche un mois parti. I est r’venu encore chez eux. Pour ben dire c’est presquement lui tout seul qui faisait vivre la maison. – I am the boss, répétait Ferdinand. Si j’étais pas là, you know, la terre tournerait pas. [/] Sa mère le croyait; les autres itou […]. – Mais bougraisse d’affaire! que j’me demandais de quoi c’est qui brette à Montréal pour gagner sa vie? 1947, Cl.‑H. Grignon, Le père Bougonneux, Le Bulletin des agriculteurs, mai, p. 4.

Pour le moment, ils rôdent autour de ses granges. [...] On ne sait plus où vont leurs pas qui sont indécis et filandreux. Si quelqu’un d’eux s’arrête, on ne peut s’expliquer ce qu’il brette là. Quand on les rencontre à la brunante et qu’on leur dit doucement bonsoir, on dirait qu’on les surprend en délit. 1948, F.‑A. Savard, La Minuit, p. 108.

Amable : Veux‑tu ben m’dire de quoi c’est que tu brettes autour des bâtiments? Phonsine (de loin) : Euh… rien! Amable! Amable : Cherche pas à m’en faire accroire. Depuis un gros quart d’heure que j’te regarde faire. Varnousse d’un bord, varnousse de l’autre. 1963, G. Guévremont, Le Survenant, 10 décembre, p. 3 (radio).

Myriam se demande ce que peut bien bretter sa tante MLF en ce moment précis sous la neige de mai, mais l’image s’estompe et elle aperçoit son autre tante, Maryse, qui entre en coup de vent dans un magasin chic où tout brille, il n’y a plus du tout de neige mais un gros soleil et un air de défi amusé sur le visage de Maryse […]. 1987, Fr. Noël, Myriam Première, p. 338.

Sur ces entrefaites, son conseiller spécial Jean-Claude Rivest fit irruption dans le bureau de Bourassa. « Maudit, Robert, qu’est‑ce que tu brettes? T’as laissé 81 messages sur autant de répondeurs téléphoniques, et tout le monde te rappelle en même temps, mais ça fait une heure que ta ligne est occupée! Pour l’amour, à qui parles‑tu? 1988, L. Gagnon, La Presse, Montréal, 18 août, p. B3.

– Allo? Ah, bonjour Eugénie. [/] Eugénie était la femme qu’il avait avoué fréquenter, lors de l’affrontement avec sa mère. – Qu’est‑ce que tu brettes? – Ce que je fais? Mais je travaille! Qu’est‑ce que tu crois? Je poursuis justement une recherche pendant que je te parle. 2009, C. Daigneault, Le culte des déesses, p. 37.

Elle avait pris soin d’enlever ses souliers et de les poser dans l’herbe. – Qu’est‑ce que tu brettes? lui cria Blandine. – Maman regarde mes souliers quand je rentre. – Pour quoi faire? demanda la bonne. – Au cas où je serais allée dans l’herbe avec un garçon. 2015, M. Doré, Nous autres, p. 87‑88.

(Hapax). Quêter; emprunter.

Il est insupportable, il est toujours à brêter une chose ou une autre. 1880, O. Dunn, Glossaire franco-canadien et vocabulaire de locutions vicieuses usitées au Canada, p. 28.

Rem.Semble avoir été recopié d’un glossaire français.

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v. intr. Par ext. Mettre du temps et de l’énergie à faire, à réparer qqch., avec plus ou moins d’habileté, souvent sans résultat; bricoler.

Bretter après qqch. Bretter pendant deux heures sur un moteur.

 placoter (sens 2);  zigonner (sens II.1).

Vacances. Il y en a qui voyagent pour se reposer. D’autres s’adonnent à des besognes manuelles chez eux, sur leur propriété, ou à la campagne; ils améliorent, bâtissent, ou brettent. Pour se reposer. 1948, L’Action catholique, Québec, 13 juillet, p. 4.

Zézette : C’est lui, monsieur Brisefer? Désiré : Je le sais pas, mais il essaye de faire partir son auto... Zézette : Papa! donne‑lui pas tout de suite le petit morceau de l’auto... laisse‑le bretter un peu... 1962, O. Légaré, Zézette, 5 décembre, p. 2 (radio).

Ti‑Lou : Ah! Laisse donc ton journal, ça fait trois jours que tu brettes avec ça, pis tu trouves rien. Gus : Il suffit d’une chance, des fois. 1963, J. Daigle, Margot, 18 avril, p. 1 (radio).

Hilaire : Que c’est que tu fabriques là? Fabienne : … Une jupe. […]. Hilaire : Tu « brètes » depuis quand là‑dessus? … Envoye donc! Faut‑i’ te parler anglais? Fabienne : …Trois jours, monsieur. Manon : Hein? Hilaire : T’as déjà mis trois jours là‑dessus? 1969, G. Dufresne, Cap-aux-Sorciers, p. 124‑125.

Le tondre, qui était du cèdre séché et presque pourri, avait la propriété de s’allumer à la moindre « flemèche ». C’était le seul instrument capable de fournir du feu, car il n’y avait pas alors d’allumette. Souvent la femme trouvait plus simple, quand elle voyait « boucanner » la cheminée du voisin, d’aller quérir du feu plutôt que de « bretter » après le tondre. 1979, J. Gagnon, Histoire de la paroisse de Saint-Narcisse de Champlain, p. 26.

Ça fait combien de temps que tu brettes après ce meuble‑là pour le décaper? 1980, Laval (Montréal), enq. (témoin de 23 ans), Fichier lexical du Trésor de la langue française au Québec.

Un mordu des automobiles [...] était du genre à « bretter » sur ses véhicules. Bien qu’il ne se considère pas mécanicien, il aime la petite mécanique. Rafistoler un vieux véhicule est toute une joie pour celui qui est devenu, par pur hasard, conseiller en service automobile. 1999, Le Droit, Ottawa, 30 octobre, p. A38 (cahier 2).

L’avènement de la technologie et des moteurs électroniques a aussi enlevé le plaisir que nous avions dans le passé à se retrouver pour « bretter » dans le garage, à changer nous-mêmes le carburateur et autres pièces du moteur, tout en jasant entre chums autour d’une bouteille de houblon. Il y a des fois où je m’ennuie d’être autour d’une bagnole dans le garage, juste pour le fun! 2014, Le Courrier de Jonquière, 22 janvier, p. 12.

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v. intr. Fig., fam., Par anal. Être indécis; hésiter, tergiverser.

Décide‑toi, arrête de bretter! Avec lui, ça ne brette pas longtemps. Prendre une décision sans bretter.

 tataouinerzigonner (sens II.3).

J’ai commencé à écrire mon livre avec une appréhension insupportable. Faudra‑t‑il que j’en arrive à ma centième page avant de me sentir libéré de ma chienne au corps? Le temps que j’aurai mis à me décider à faire cette chose, dont je t’ai si souvent parlé, n’a pas de nom. Des mois. Des années. Bretter à ce point en face d’un projet à réaliser n’est pas possible. Peur? Depuis longtemps, longtemps, toutes les excuses du monde furent bonnes à mes yeux pour me dispenser de m’attabler devant une page blanche. Lâcheté? Va donc savoir. 1975, J.‑P. Filion, Saint-André Avellin… le premier côté du monde, p. 35.

Éliminer les conciliabules d’arbitres : Ça n’a parfois pas d’allure. Ça passe des heures à se faire une opinion, ça brette, ça niaise pendant que le consommateur attend; allons, messieurs, un peu de nerf, on a autre chose à faire. 1993, La Presse, Montréal, 25 septembre, p. H5.

Un autre de ses principes : ne pas bretter, ne pas avoir peur de décider et ne pas être paralysé par la crainte de se tromper. « Avec lui, les problèmes ne traînent pas. Lorsque quelqu’un lui soumet une question, il voit précisément ce qu’il y a à faire » […]. 1999, Commerce, 1er mai, p. 21.

Toronto s’est regroupée en mégapole depuis quelques années déjà, alors qu’à Montréal, on en est encore à ébaucher des scénarios, à supputer, à « bretter ». 2000, La Tribune, Sherbrooke, 15 septembre, p. A4.

Tous les témoins s’entendent : le VM [le vrai monde] posséderait une qualité indiscutable : un gros bon sens inné et inébranlable. Le VM sait. Or, ça fait 30 ans et deux référendums, pour ne parler que d’ici, que ça brette, que ça tête et tergiverse. L’expression préférée du VM : « Ben chais pas, peut-être, j’vais en parler à ma femme [mon chum, mon boss, mon beau-frère, mon voyant]. ». 2002, M.‑Fr. Bazzo, Le Devoir, Montréal, 9 février, p. E2.

Qu’est-ce qu’on tergiverse au Québec! Qu’est-ce qu’on hésite, qu’est-ce qu’on soupèse, qu’est-ce qu’on « brette »! Même quand il s’agit d’initiatives emballantes, qui font l’unanimité contrairement à ces mégaprojets douteux pour lesquels certains se sont lamentés au printemps. 2006, J. Boileau, Le Devoir, Montréal, 31 juillet, p. A6.

Le maire Régis Labeaume veut convaincre le premier ministre Stephen Harper de reconstruire rapidement le Manège militaire. Il prévoit pouvoir lui parler aujourd’hui, M. Harper étant en déplacement depuis la Pologne au cours de la journée d’hier. M. Labeaume insiste pour une décision rapide. Il serait inutile de « bretter » et de faire des études si c’est pour arriver au résultat qu’il faut reconstruire, dit‑il. « Le danger, c’est qu’on y pense pendant deux ans. » 2008, Le Soleil, Québec, 6 avril, p. 2.

Où est l’argent pour le port de Québec? Il faut arrêter d’en parler, il faut arrêter de bretter. Il faut officialiser ça une fois pour toutes pour qu’on procède […]. 2016, Le Soleil, Québec, 24 mars, p. 15.

NOTICE ENCYCLOPÉDIQUE

Dans sa chronique du 28 mars 2000 (La Presse, Montréal, p. A5), le journaliste Pierre Foglia se demandait d’où pouvait venir le mot bretter. Parmi les nombreuses réponses qu’il a reçues, plusieurs de ses lecteurs établissaient un lien avec l’anglais to take a breath (voir sa chronique du 18 avril, p. A5). Cette anecdote traduit un réflexe qu’ont souvent eu les Québécoises et les Québécois d’attribuer à la langue anglaise leurs mots caractéristiques.

Histoire

1Depuis 1884. Mot qui a certainement été hérité de France, mais dont l’origine précise n’est pas facile à déterminer. Bretter figure sous plusieurs étymons dans le FEW et on peut se demander s’il existe autant de verbes bretter différents. On trouve en outre de nombreuses formes paronymes qui peuvent être mises en rapport avec le verbe bretter dans ses divers emplois au Québec. Le verbe québécois a des liens plus étroits avec les mots issus du latin brittus « breton », tels que brêteler (aussi brêtler) « aller de ci, de là, en fainéant », « perdre son temps » relevé en Anjou, en Beauce et dans le Perche, berteler « flâner, aller de droite et de gauche » en Bourgogne, brétler « bavarder » en Normandie (v. FEW brittus 1, 538b, 539b et 541a; PontBeauce, VerrAnj). Ces emplois ont pu jouer un rôle dans la genèse du sens québécois de bretter, mais il paraît plus probable que cet emploi du mot se soit dégagé surtout sous l’influence de bretteur, qui s’est dit de quelqu’un qui bat le pavé, d’un vagabond (v. bretteur). 2Depuis 1879. Comme il est attesté également en Louisiane, on peut considérer que ce mot est un héritage de France (v. DitchyLouis 58, HickmJeff 37; DLF : Qui‑ce tu brètes ici? What are you doing here?). Wartburg rattache à un radical *brag‑ un verbe brêter ayant des sens qui peuvent être rapprochés de celui de « fureter », par exemple ceux de « quêter, emprunter », « quémander », « demander avec insistance » et « mendier » dans des parlers du Centre, brêter « demander sans besoin, à tout propos » en bourguignon (v. FEW *brag‑ 1, 491b; EdSol, JaubCentre2). La connotation péjorative de cet emploi est peut-être le résultat d’un rapprochement avec bretteur. 3Depuis 1948. Par extension du sens 1. 4Depuis 1975.

 brettage; bretteux, bretteuse.

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : janvier 2023
Pour poursuivre votre exploration du mot bretter, consultez notre rubrique En vedette.
Trésor de la langue française au Québec. (2023). Bretter. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 16 juillet 2024.
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