Recherche avancée

BOUETTER [bwɛte]
v. tr.

Rem.

Variantes graphiques boéterboiter, boitter.

  

Rural, vieilliDonner de la bouette à (un animal).

Bouetter un cochon, une vache.

Rem.Verbe homonyme (voir bouetter sous bouette1).

 bouette2.

À l’ouverture de la fromagerie, elles [les vaches] me donnaient 80 lbs. de lait par jour; au 11 juin, avec un peu plus de soin, je me suis rendu à 92 lbs., et comme je n’étais pas encore satisfait du poids, je me suis mis à les bouetter, et, au grand étonnement de mes amis, le 22 juin, j’étais rendu à 100 livres, but auquel je tendais […]. 1875, La Revue agricole, vol. 1, no 4, p. 56.

Achetons donc s’il le faut, du son ou du gru [= avoine] pour bouetter nos vaches à lait soir et matin, si nous n’en avons pas assez de nos récoltes de grains. Il n’y a qu’à faire un calcul et l’on verra si cette nécessité s’impose à tous ceux qui veulent faire des profits et non pas seulement empêcher leurs vaches de mourir de faim. 1891, J. E. Pouliot, Notions d’agriculture, p. 148.

Et, dans le cas où vous ne disposeriez d’aucune espèce de fourrages verts, quoique la chose soit moins économique, il y aurait encore profit à bouetter les vaches. 1930, La Presse, Montréal, 11 juillet, p. 6.

Plus une vache mange de bon foin, moins elle requiert de moulée, et vous savez combien dispendieuse est la pratique de bouetter les vaches. D’autant plus qu’une disette de grain est prévue pour l’hiver prochain. 1947, La Tribune, Sherbrooke, 28 juin, p. 6.

 (Hapax). RuralBouetté, bouettée adj. Nourri(e) avec de la bouette (en parlant d’un animal).

Dès la fin octobre, la ménagère avait fait un choix minutieux d’une dizaine de volailles. Pour qu’elles soient bien en chair pour « Les Fêtes », elles étaient placées en « épinettes » (cages) et gavées de grains et « bouettées » de moulée d’orge. 1988, Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 21 décembre, p. 71.

 Rural, vieilliBouettasser v. tr. (GPFC, Bélisle1‑3, RobMan2 98).

 (Hapax). RuralBouettasseux n. Personne qui prépare la bouette des animaux. (GPFC).

Rem.La forme féminine bouettasseuse n’est pas attestée dans la documentation consultée.

Histoire

Depuis 1875; de bouette2 (sens 1). Probablement un héritage des parlers de France; cp. aboiter « donner à boire aux bestiaux » dans un parler du Centre (v. FEW bibita 1, 351a). Bouettasser, depuis 1930 (GPFC); de bouetter et du suffixe ‑asser.

Dernière révision : janvier 2023
Pour poursuivre votre exploration du mot bouetter, consultez notre rubrique En vedette.
Trésor de la langue française au Québec. (2023). Bouetter. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 28 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/bouetter