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BOTTINE [bɔtin]
n. f.

Rem.

Variante graphique : (dans les documents anciens) botine.

I

Dans le vocabulaire de la chaussure. 

A

(Comme terme générique). Chaussure, généralement lacée, atteignant le niveau de la cheville, mais ne dépassant pas la naissance du mollet; (en particulier) petite botte d’aspect robuste.

Des lacets de bottine

Rem.1. À ce générique il est possible d’ajouter un certain nombre de spécifiques (v. division I.B., ci-dessous), dont plusieurs n’apparaissent que dans une situation précise sans faire partie de l’usage général (voir ex. de 1981 : bottine d’alpiniste). 2. En France, en raison de la concurrence d’autres mots (tels brodequin, boots, demi-botte, qui sont inusités au Québec), bottine est sorti de l’usage courant et désigne surtout la chaussure montante, lacée ou boutonnée, ajustée à la cheville (acception particulièrement retenue dans l’usage également au Québec, quoique concurrencée par bottillon). Toutefois, le vocabulaire de la mode en France a récupéré le mot pour couvrir exactement les mêmes emplois qu’on rencontre en français québécois. 

Tous les gens de la troupe doivent être munis de capots de bufle & de botines pour resister à la fléche, car les Sauvages des Païs dont je parle n’ont jamais vû d’armes à feu, comme je vous l’ai déjà dit. 1703, Nouveaux voyages de Mr le baron de Lahontan, t. 1, p. 183.

Sur le bord du grabat, il s’assit, enleva une bottine trouée presque autant que sa vieille passoire. Il écouta. Que quelqu’un à cette heure puisse encore venir, lui-même n’y pouvait vraiment croire. Mais l’habitude est là, d’écouter, d’attendre. Il enleva l’autre bottine. Demain alors! Demain peut-être? 1961, G. Roy, La Montagne secrète, p. 14.

« Débrouille-toi pour trouver la [carabine] 30.30 sans faire trop de vacarme », concluait l’inspecteur sans rire tandis qu’il lui tournait le dos, faisant claquer les talons de ses bottines noires, cirées avec tant de soin, racontait l’inspecteur à Jérôme arrivé sur les entrefaites, que les chiens s’arrêtaient pour s’y mirer. 1974, A. Major, L’épouvantail, p. 187.

Un seul faux pas et vous pouvez tomber dans un précipice. – J’ai déjà fait de l’alpinisme. J’en ai fait justement avec mon amie. J’ai même mes bottines dans ma valise. [/] Je vais mettre mes bottines. Il fouilla dans la grosse boîte et mit ses bottines d’alpiniste. Puis, il prit le câble, les crochets et le pic. 1981, P. Saurel et Paralique, 1XE-13, p. 226‑227.

Nous devons passer à nouveau devant la Cour à la mi-août et je ne doute pas une seconde que le Vénéré Juge, en voyant devant lui un brave petit matelot avec sa petite coupe de cheveux militaire et ses belles petites bottines cirées, va s’imaginer que tout est réglé. 1983, M. Claudais, Un jour la jument va parler…, p. 426.

De sa fenêtre, Roberto, le jaloux, voit la bonne fée qui en deux tours de baguette magique, fait apparaître de magnifiques bottines toutes rouges. Il n’en croit pas ses yeux, ses oreilles et son nez. [/] – Tiens, Pipo. Je te donne ces bottes magiques, dit la fée. Quand elles seront trop petites, tu les arroseras et elles grandiront. 1995, R. Simard, La bottine magique de Pipo, p. 11.

Tu as 18 ans. [/] Tu as verni tes bottines, et tu portes un canotier offert par Claudia, pour l’occasion. Achille s’est rasé la barbe, s’est parfumé. Il ne te dira pas qu’il est fier, mais tu le sais. Tu le salues comme si tu partais loin, et longtemps. 2015, A. B.-Lavalette, La femme qui fuit, p. 77.

 Par ext., Pop.Toute chaussure. 

Rem.Dans cet emploi, bottine peut-être chargé d’une valeur dépréciative.

« Pendant que j’vas être dans le bain, quand t’auras fini de me frotter le dos, tu viendras cacher les maudites bottines qui traînent partout, ici-dedans! Parsonne t’a jamais appris la délicatesse, verrat? » Pas de réponse. « M’entends-tu? » […] « J’vous ai entendue, vous criez assez fort! Si vous aviez pas cent huit suyers [= souliers], ça ferait pas un si gros paquet ». 1978, M. Tremblay, La grosse femme d’à côté est enceinte, p. 132‑133. 

 (En composition). Ski-bottine : jeu d’audace pratiqué par les jeunes et consistant à s’agripper au pare-choc d’un véhicule pour se laisser tirer en glissant avec les pieds sur la neige. (LaurQuéb 79 et 373).

Rem.Connu aussi sous d’autres noms, notamment taxi-bottine

 hockey-bottine.

[Le chef], de la police municipale de Sorel, demande aux parents d’exercer une plus grande surveillance sur leurs enfants qui s’amusent à s’accrocher au parc-choc arrière des voitures circulant dans les différentes rues de Sorel. Cette pratique « ski-bottine » est dangereuse pour les enfants qui peuvent glisser sous un véhicule en marche sans que le conducteur puisse s’en rendre compte. Les parents sont donc priés de surveiller d’une façon spéciale leurs enfants pratiquant le « ski-bottine », sport excessivement dangereux, surtout à la suite d’une tempête de neige. 1968, Le Nouvelliste, Trois-Rivières, 20 décembre, p. 8.

À la suite de ce malencontreux accident les différents corps policiers de la région rappellent aux parents de prévenir les enfants de ne pas glisser dans les rues[,] d’éviter de jouer au hockey dans les rues et surtout de ne pas s’agripper aux voitures pour faire du « ski bottine ». 1980, La Tribune, Sherbrooke, 13 novembre, p. A6.

À bas les trottoirs! [titre] Bravo M’sieur l’Maire! […] Cette brillante politique fera la joie de nos petits écoliers qui pourront enfin faire du « ski bottine » en toute liberté puisque le maire les aura mis « à la rue ». 2001, La Voix de l’Est, Granby, 18 août, p. 35. 

« Il ne passait que quelques rares autobus par jour et, l’hiver, nous adorions faire du ski-bottine en s’y accrochant, dans des rues où il ne passait jamais d’auto, » se rappelle le Tireur de roches. 2013, Le Quotidien, Saguenay, 16 octobre, p. 8.

 Jeu qui consiste à glisser sur des surfaces enneigées ou glacées en portant seulement des bottes aux pieds.

Je me souviens d’une année où je suis allé au Carnaval de Québec. Ce jour-là, il tombait de la pluie verglaçante et j’avais dans les pieds une vieille paire de bottines d’armée dont les semelles étaient très glissantes. Et comme vous le savez, à Québec, il y a bien des côtes. Ce jour-là, j’avais beaucoup de plaisir à faire du « ski bottines ». Mais, lorsque je me suis mis à descendre une de ces côtes, j’ai perdu le contrôle. 1998, R. Fredette, La Quête, Québec, février-mars, p. 21.

Cela fait trois ans que je m’émerveille en mettant le pied sur les grands espaces de neige qui couronnent encore ce mont à la fin de juin, trois ans que je fais du « ski bottines » dans un moment de belle euphorie, et deux ans que je termine ma randonnée de huit heures par un plongeon dans la piscine chauffée de l’auberge, au bas de la pente. Un pur délice! 2011, Le Soleil, Québec, 2 juillet, p. V8.

B

Dans des appellations spécifiques. 

1

(Désignant des chaussures anciennes). Bottine boutonnée : (de la fin du XIXe siècle jusque dans la première moitié du XXe) bottine de ville fermée par des boutons.

Rem.On a dit, en France, bottine à boutons

Bottine lacée : (à la même époque) bottine de ville fermée par un lacet. 

Bottine en, de feutre : bottine confectionnée dans un feutre épais, lacée à l’avant et encore portée parfois, dans des conditions de neige sèche, pour exécuter certains travaux manuels extérieurs. 

Bottine de (en) drap : Bottine confectionnée avec une étoffe de laine dont les fibres ont été feutrées.

Bottine de (en) prunelle : Bottine pour femme confectionnée avec une étoffe de laine (parfois mêlée de soie) très solide et de couleur généralement noire.

Bottine de magasin : (dans les années 1930‑1950) bottine achetée en magasin (par opposition à celles que l’on fabriquait à la main).

Bottine française : (au XIXe siècle) bottine confectionnée par le cordonnier et sans doute munie d’une semelle rigide et d’un talon.

Le propriétaire a de grandes raisons de douter pour voleur [sic] un jeune homme d’environs [sic] 19 ans, qui a le teint blanc, les cheveux blonds et à la barbe fine; il avait sur lui le dit jour [sic], des culottes de corduroi [sic] olive, un gilet d’étoffe du pays, foulé au moulin, bleu clair, un chapeau noir et des bottines lacées, […]. 1830, La Minerve, Montréal, 11 novembre, p. [3]. 

Des petits souliers sauvages, il n’en était plus question : Mademoiselle avait bel et bien, dans ses mignons pieds, des bottines françaises de la ville. 1873, W.‑E. Dick, Drames de la vie réelle. (Un mariage à la campagne), L’Opinion publique, 11 déc., p. 593.

Chaussures françaises. [/] Bottes veau ciré, cuir verni, Maroquin, Escarpins, Souliers à la Voltaire, Bottines en prunelle avec bouts en cuir verni, Souliers pour bals, etc., etc. 1852, Le Journal de Québec, 24 juillet, p. [2] (annonce).

Si tu n’as pas acheté de paire de bottinnes [sic] de drap pour porter dans la maison; Ezilda et moi en avons fait faire; Je puis t’en faire faire sur mon pied et un peu plus long, réponds moi de suite afin que je puisse te les envoyer avec ton linge avant la fin de la navigation. 1858, Correspondance de Julie Bruneau-Papineau, Rapport de l’archiviste de la province de Québec pour 1957‑1958 et 1958‑1959, p. 169 (lettre).

Le commerce de chaussures. – Les différentes manufactures de chaussures de la ville ont beaucoup de commandes et reçoivent de nouveaux ordres tous les jours. Chez MM. J. & J. Woodley, depuis deux ou trois semaines les employés ont travaillé jusqu’à 9 et 10 heures du soir, à faire des bottines de prunelle. 1878, L’Événement, Québec, 5 décembre, p. [2].

On exécuta la gavotte, la polka, le brandy; on passa à la varsovienne. Et pendant que la mère Picard et ses émules faisaient faire volte-face à leurs bottines boutonnées, tout le monde alentour chantait l’air approprié, en martelant du talon le prélart à trèfles gris […]! 1927, R. Choquette, La pension Leblanc, p. 175.

Pour me marier j’avais un habit en serge que je portais depuis un an, mais qui était bien propre; je pouvais en être fier : c’était mon premier habit acheté fait; j’avais une paire de bottines, ma deuxième paire de bottines de magasin. Pour les dépenses de mon mariage j’avais dix piastres. 1934‑1935, Saint-Gédéon (Lac-Saint-Jean-Est), dans Saguenayensia, vol. 8, no 3, 1966, p. 55.

De quoi c’est que j’vas mettre? – Julia : Mon doux, pas besoin de faire tant de fla-fla pour rien. Mets ta blouse en châlis… – Donalda : (Joyeuse) Qui vient de man’zelle Angélique? – Julia : Ben oui, avec tes bottines de magasin, pis ta belle jupe noire. Tu vas te trouver la plus swell de toutes. 1943, Cl.‑H. Grignon, Un homme et son péché, 27 déc., p. 3 (radio).

Les deux familles n’étaient pas faites pour s’entendre. Les Bellerose étaient arrivés au pays dès 1672, mais les Piché, débarqués soixante ans plus tard, avaient déjà vingt bêtes. Le cordonnier en profitait. À genoux devant la jeune fille, il lui essayait une bottine lacée qu’il avait faite spécialement pour elle. 1981, L. Caron, Les fils de la liberté, t. 1, p. 29.

J’ai couru vers ma malle. J’ai sorti tout ce qui s’y cachait. J’ai choisi une jolie jupe plissée en soie brute ivoire et un chemisier de dentelle. J’ai ajouté à ma tenue une ceinture de satin de la même teinte. Je me suis regardée dans un miroir. Je me trouvais jolie. J’ai enfilé des bottines lacées à talons, après avoir bien protégé ma blessure avec un pansement. Dans un sac, j’ai découvert un chapeau haut-de-forme gris clair auquel j’ai ajouté un ruban blanc. 2017, S. Payette, Nellie, t. 4, p. 290.

2

(Désignant des chaussures modernes). Bottine de bébé : première chaussure d’enfant, montant à la cheville, souvent de couleur blanche, et qui notamment aide l’enfant à faire ses premiers pas.

Rem.En contexte, utilisé aussi absolument; on dira souvent petite bottine

Bottine de travail : chaussure robuste dont la tige atteint la cheville, portée notamment par les ouvriers et ouvrières du bâtiment.

Rem.On emploie aussi botte de travail.

Rem.On trouve aussi pour désigner le même référent bottine de construction et bottine de travailleur, mais tous deux rarement. 

Bottine de ski : chaussure de ski de fond; ancienne chaussure de ski alpin, dont la tige ne montait pas plus haut que la cheville.

Rem.On emploie aussi botte de ski.

Bottine de marche : chaussure adaptée à la randonnée dont la tige atteint la cheville. 

Rem.On emploie aussi botte de marche.

Ses commis-voyageurs parcourent maintenant les diverses provinces du Canada avec ses nouveaux échantillons du printemps, parmi lesquels se trouvent plusieurs lignes brevetées ou enrégistrées [sic], telles que : Bottines de marche anglaises, mocassins bouclés, souliers pour Lacrosse [sic], Gymnase, Yatch [sic], Bains, etc. 1881, La Tribune, Sherbrooke, 8 janvier, p. [3]. 

Le noyé était apparemment un ouvrier, âgé d’environ 30 ans, blond, la chevelure frisée. Il avait à la gorge une large blessure. Il portait un corps de laine rouge et un corps gris, des bottines de travail, des bas rouges en laine du pays. 1898, La Patrie, Montréal, 22 novembre, p. 6. 

Quand bébé commence à marcher et porte ses premières bottines, ayez bien soin de passer au papier sablé la semelle de ses chaussures. Cela l’empêchera de glisser sur le plancher ou sur le tapis et préviendra beaucoup de chûtes [sic] qui pourraient lui être douloureuses. 1914, Le Samedi, Montréal, 21 novembre, p. 29.

Elle a mis tous ses porte-bonheur : les deux petits cœurs enlacés : cadeau de fiançailles, les deux petits joncs enlacés : cadeau de mariage, les petites bottines de bébé : souvenir de la naissance de Benoit […], et tout ça [des breloques] en or 18 carats! 1985, M. Claudais, J’espère au moins qu’y va faire beau, p. 97.

Cette employée, chaussée de ses bottines de travail et qui gagne près de 16 $ l’heure, a pour mission, de 7 h à 15 h, de sensibiliser les citoyens à une utilisation adéquate de ces gros contenants dans lesquels ils déposent les déchets recyclables. 1992, La Presse, 7 août, p. A1.

Malgré un épais brouillard au sommet, qui rendait la visibilité très difficile, les conditions étaient très bonnes. Une trentaine de pistes ouvertes, une température clémente et surtout, de la neige, de la neige et encore de la neige. Ceux qui n’ont pas encore chaussé leurs bottines de ski cet hiver peuvent y croire, la saison de ski a bel et bien démarré! 1994, La Presse, 19 décembre, p. S7.

En février 1994, un forum a eu lieu sur cet enjeu de la fiscalité des familles. De nombreux arguments ont été soulevés. Par exemple, comment justifier que les bottines de bébé soient taxables et non les actions à la bourse? 1995, La Presse, 7 juillet, p. B1.

Atchoum! Deux jours après la longue marche de « sept » kilomètres dans un bois de Saint-Donat, le microbe se manifeste. Tout ça parce que j’étais mal chaussé pour cette marche en forêt. Si vous voulez marcher agréablement dans les sentiers boueux et gravir des pentes escarpées, le truc, c’est de porter une bonne bottine de marche légère, antidérapante et étanche. Je n’en avais pas, donc j’ai eu les chevilles endolories durant deux jours, et le matin du troisième je me suis réveillé avec un bon rhume. 1995, La Presse, 30 avril, p. C2.

Ce jour de presque printemps, sur la roche plate à l’ombre du hêtre, elle découvre, au lieu du petit homme de pierres, un garçon de chair et d’os, les cheveux blonds en bataille, une grosse veste à carreaux ouverte sur un t-shirt sale, un jean informe et aux pieds des bottines de travail, plongé dans un livre épais. 2010, D. Fortier, Les larmes de saint Laurent, p. 235.

Bosco prend une chaise, s’assied devant moi. Il porte des bermudas de style militaire, des bottines de marche, un T-shirt noir. Son bras droit est entièrement couvert de bleu, noir, rouge, un peu de blanc là où une tête de mort semble faire la cour à un serpent ensanglanté. C’est mignon comme tout. À m’en donner des frissons. 2013, M. Potvin, Il était trois fois… Manon, Suzie, Flavie, p. 427.

Bottine à (pour) patin, bottine de (pour) patinage; vieuxBottine à (pour) patiner : chaussure à tige haute sous laquelle on attache une lame en acier (aussi appelée patin à glace) ou dont la semelle est fixée à une telle lame servant à glisser sur la glace.

 (Spécialement). VieilliBottine de hockey : modèle conçu pour la pratique du hockey sur glace.

Rem.1. En contexte, employé aussi absolument. 2. De nos jours, on emploie plus couramment patin (de hockey), qui réfère à la chaussure à tige haute vendue avec une lame fixée sous la semelle.

Vente à Bon Marché de Janvier [/] […] Bottines et Souliers [/] […] Bottines à patiner pour dames, depuis $2.00. 1895, La Minerve, Montréal, 19 janvier, p. [3].

Oh! Patineurs [/] Bottines à Patins (Spring Heel [sic]) [/] Noires ou en couleurs, fermant avec une nouvelle strappe [= courroie] patente en cuir, ligne exceptionnelle, [/] $2.50[.] 1898, La Presse, Montréal, 2 décembre, p. 3 (annonce).

Empressez vous [sic] de venir faire votre choix pour les chaussures d’automne. [/] […] Bottines à patins pour femme, garçon et homme. 1901, Le Trifluvien, Trois-Rivières, 11 octobre, p. [3] (annonce).

Bottines de hockey en cuir grenelé de la meilleure qualité. 1903, La Presse, Montréal, 5 décembre, p. 16 (annonce).

Le rayon des patins de MM. Gales jouit de la même valeur, cette année que par le passé. Cette maison compte parmi les plus importants magasins de bottines de patinage au Canada, avec une ligne complète de bottines et de patins, les modèles les plus en vogue. 1909, La Presse, Montréal, 20 décembre, p. 10.

Bottines de hockey [titre] [/] Bottines en cuir solide de haute qualité, renforcies [sic] et bien cousues. On peut se les procurer dans toutes les pointures. 1928, Le Canada, Montréal, 26 décembre, p. 5 (annonce).

Patins de Fantaisie [/] Pour dames – Bottines blanches, doublées et très hautes. 1963, L’Action : quotidien catholique, Québec, 28 novembre, p. 24 (annonce).

Nous avons tout l’équipement et accessoires [sic] au complet pour les joueurs de hockey : bottines, patins, batons [sic] de hockey. 1971, L’Éclaireur-Progrès, Saint-Georges de Beauce, 27 janvier, p. 45 (annonce). 

[…] la Fédération de patinage de vitesse du Québec désire élargir sa base en tentant de convertir le plus de nouveaux adeptes possible à sa discipline. Son slogan est « L’as-tu essayé? » et elle compte sur l’apparition [d’une nouvelle lame], qui ne coûte que quelques dizaines de dollars et peut être fixée à une bottine de hockey. 1983, Le Soleil, Québec, 6 octobre, p. C8.

Barbara hésite à participer aux championnats mondiaux [de patinage artistique] mais comme ils ont lieu à Ottawa, Paul la persuade que c’est presque une obligation morale d’y prendre part. En même temps, il lui suggère d’essayer ses vieilles bottines de patin sur ses lames neuves plutôt que de conserver ses bottines neuves. 1985, Le Soleil, Québec, 7 mars, p. S20.

Quand j’étais à l’école, j'avais un petit projet de fabrication de bottines de patins de vitesse. Quand j’ai suivi ma formation, j’avais eu [sic] peu cette idée derrière la tête. Je m’en suis fabriqué une paire. 2003, La Tribune, Sherbrooke, 25 avril, p. B4.

L’inconvénient, cependant, c’est que les chaussures de patinage n’ont pas évolué en fonction des efforts qu’on demande au corps. « On a plus évolué dans les bottes de ski que les bottines de patinage parce qu’il y a plus de gens qui skient que de gens qui font du patinage de compétition », mentionne celui qui souhaiterait plus de recherches dans ce domaine. 2018, Le Progrès, Saguenay, 2 juin, p. 90.

II

Dans des expressions.  

1

Fam.Patiner sur la (les) bottine(s), en se tournant les pieds, en ne sachant pas se tenir droit sur les lames.

John Ferguson (fils évidemment) n’a que trois ans, et déjà il s’objecte aux « longs exercices » sur la patinoire. Accroché à la jambe de son père, il conteste/crie sa désapprobation… et probablement sa fatigue aussi. À patiner sur les bottines, il saurait difficilement en être autrement! La scène a été croquée sur le vif hier, à l’occasion de la fête annuelle pour les enfants des joueurs du Canadien. 1970, La Presse, Montréal, 15 décembre, p. A1.

Bon essaye de v’nir me r’joindre (Gérard traverse la patinoire très maladroitement, il patine « sur les bottines »; il finit par tomber dans les bras de son père qui tente de le garder debout.) Viarge, on dirait q’ t’as la polio! 1974, A. Simard, La soirée du fockey, p. 53. 

C’est vrai qu’j’patine sur la bottine [/] Mais souffrance! la glace est rare [/] Au coin d’Peel et Sainte-Catherine. [/] Mais pour toé Gretzky j’fais des efforts [/] Pis j’vas m’entraîner toué jeudis [/] Au lac des Castors. 1983, A. Montmorency, Souffrance que j’ai du fun!, p. 65.

Enfin, nous voilà sur la patinoire. Gabrielle est très jolie dans son ensemble bleu pâle avec du minou blanc autour de sa jupe et aux poignets. Mes premières glissades sont désastreuses. Je tiens Gabrielle par la taille (au fond, je me tiens après elle pour ne pas tomber). Je patine sur les bottines. Heureusement qu’elle ne voit rien. Je peux faire semblant de savoir patiner. 2005, R. Brisebois, 312, Ontario Est, p. 250.

Pour ce qui est de vieillir, il n’y a pas d’âge. Une athlète de quarante ans est une vieille athlète à l’échelle de son sport de pointe, elle ne peut plus skier comme avant, elle a perdu la fraction de seconde… Il faut alors se retirer de la compétition. Le vieux joueur de hockey, qui fut un champion, patine « sur la bottine » lors des cérémonies de commémoration nostalgique. Dura lex, sed lex. 2016, S. Bouchard, Les yeux tristes de mon camion, p. 68.

 Fig. 

Gaston : On a voulu se camoufler pour prendre notre brosse incognito. – Adèle : Si c’est pas de valeur de se mettre dans des états pareils. – Marcel : Parlant de s’mettre… – Adèle : Mais y’en laisse pas passer une, celui-là. – Marcel : J’suis ben vite sur mes patins. – Adèle : Ouais? Ben à soir, ti-nomme, tu patines sur la bottine, permets-moi de te le dire. 1975, J. Barbeau, Une brosse, p. 76.

2

Fig. (Ne pas) avoir les (deux) pieds dans la même bottine : (en parlant de qqn) (ne pas) être maladroit, manquer de débrouillardise, d’initiative; (en parlant d’un groupe, d’un gouvernement, d’une équipe sportive, etc.) (ne pas) manquer d’agressivité, de savoir-faire, d’organisation, de leadership. 

Rem.En France, on dit avoir les deux pieds dans le même sabot ou, plus rarement, dans le même soulier. Ce dernier emploi a parfois été relevé comme un québécisme (voir Histoire). 

Seuls arrivent au succès ceux qui n’ont pas les deux pieds dans la même bottine. 1934, Le Bien public, Trois-Rivières, 22 février, p. 3.

Vous semez des idées-forces et vous enseignez à notre jeunesse que la vie est une lutte continue pour laquelle il faut se préparer, se rappelant qu’au sommet l’horizon est large et qu’il y a toujours de la place, même en temps de crise, pour ceux qui n’ont pas les deux pieds dans la même bottine. 1936, Le Bien public, Trois-Rivières, 19 mars, p. 2.

Maman… pourquoi ne pas me l’avoir dit que tu voulais te marier? plutôt de me jeter dans les bras de ce zozoteux qui a les doigts pleins de pouces, puis les deux pieds dans la même bottine? 1945, J. Bernier, Coupable ou non?, 21 mars, p. 22 (radio).

Dans cet attirail, belle comme elle savait l’être, Angéline s’était avancée sur la scène, et avait commencé : « Ange Baziron dit le Tout-Puissant dans sa grande barbe, je vous commets à la garde particulière de Prisque Darisé qui est né, hélas! les deux pieds dans la même bottine ». 1958, L.‑P. Desrosiers, Vous qui passez, vol. 1., p. 162‑163.

Les jeunes organisateurs accueillaient la presse, hier, avec un calendrier d’activités qui met l’accent sur les dossiers qu’ils veulent voir bouger comme les pistes cyclables, l’emploi et l’écologie, le dépannage-jeunesse, etc. Bref du 5 au 11 avril, quelque 5000 jeunes vont avoir l’occasion de montrer à l’intérieur de forum [sic], d’émissions de radio, d’articles de journaux et à travers un super week-end Jello qu’ils n’ont pas les pieds dans la même bottine quand il s’agit d’améliorer leur qualité de vie. 1992, Le Soleil, 12 mars, p. C10.

Le vigneron devra, pour obtenir une couleur et un extrait suffisant (composés phénoliques situés dans la peau du raisin), écarter les raisins pourris et manquant de maturité par un tri soigneux à la vendange, ce qui évidemment aura une incidence directe sur la quantité produite. Les Châteaux de Parenchère, Lynch-Bages et Cos Labory, récemment dégustés en ces lignes, nous prouvent qu’il existe des gens compétents qui n’ont pas les deux pieds dans la même bottine. 1995, Le Devoir, 13 janvier, p. B3.

Mes patrons ont le plus grand respect pour l’instruction et les diplômes, mais ils savent aussi qu’on peut posséder des valises pleines de doctorats et avoir en même temps les deux pieds dans la même bottine. Cela dit sans vouloir vous blesser, bien sûr. 2016, Y. Beauchemin, Les Empocheurs, p. 150‑151. 

 (Dans une comparaison).

[…] inutile de dire que parfois, pour suivre le mouvement du « City » [un bateau] nous marchons comme des gars chauds qui ont les 2 pieds dans la même bottine1954, Ma Gaspésie, 12 mars, p. 7.

3

Fam.Esprit de bottine : humour facile, qui manque de subtilité, de finesse.

Faire de l’esprit de bottine.

Est-ce que votre vie est une ruine? – Ma vie? Euh… ruine, ça dépend… Ruine-babines vous voulez dire? – Non non, il n’est pas question de faire de l’esprit de bottine là! 1963, Montréal, AFEUL, P. Perrault 275 (âge de l’informateur/informatrice : n.d.).

« Le patron aimait tellement le rasoir qu’il a acheté la compagnie! » Ce classique de la publicité a malheureusement fait des petits. De plus en plus de commanditaires téméraires se découvrent des dons de présentateurs […]. Dans le genre « esprit de bottines », il est difficile de faire mieux! 1993, Le Soleil, 4 mars, p. C1.

Un musée de la chaussure, quelle drôle d’idée! Pour quoi faire? Pour stimuler l’esprit de bottine généralisé dans la population? Pour vendre des chaussures comme on vend de l’art […]? Pour rehausser le niveau d’honorabilité des pieds, demanderait un Achille Talon? 1995, La Presse, 14 mai, p. B8.

– Une vraie vedette! glissa LP pour détendre l’atmosphère. Guité s’immobilisa. – Pas besoin de faire de l’esprit de bottine, Brazzo. Pourquoi l’amputeur – continuons à l’appeler ainsi – cherche-t-il à discréditer André? 2015, J. Lemieux, Le mauvais côté des choses, p. 206. 

4

Fam.(Il faut que) les bottines suivent les babines ou les bottines doivent suivre les babines : les actions doivent correspondre aux paroles; il faut passer du discours à l’acte. 

[…] les employés ne sont pas dupes des beaux discours, ils cherchent toujours à voir si les gestes vont avec les paroles, si, comme le disait un cadre avec ironie, les bottines suivent les babines… Les gestes se posent au quotidien, dans une série de petites choses, mais ces gestes doivent être accomplis sans arrière-pensée, sinon, les employés le sentent lorsque ce n’est pas sincère. 1998, Échange, juin, p. 4. 

« Les bottines suivent aujourd’hui les babines! » a lancé le ministre Gilles Baril. Il allait de ce pas annoncer un nouveau coup de pouce annuel de 449 000 $ aux principaux organismes d’aide aux itinérants de la région de Québec. 1999, Le Soleil, Québec, 10 décembre, p. A7.

– On fera un ménage, ma femme, juste leurs vrais amis. Les nouveaux amis, on les enverra patiner ailleurs. J’ai faite cette patinoire-là pour nos enfants, je l’ai pas faite pour la rue Royale au complet! Y va falloir que les bottines suivent les babines puis qu’on tienne notre bout, c’est tout! 2009, L.‑F. Dutremble, La rue Royale, t. 1, p. 126.

Passer de la parole aux actes! [/] Les bottines doivent suivre les babines, comme diraient certains! Ainsi, un comité de producteurs a été créé : ce dernier a identifié des moyens de faire connaître le bleuet, les entreprises qui le produisent ainsi que la période de cueillette. Après tout, Chaudière-Appalaches produit beaucoup de bleuets, ce qui n’est pas assez connu. 2013, Vision agricole, Direction régionale de Chaudière-Appalaches, décembre, p. 4.

« La foi sans les œuvres est morte », nous dit le poète biblique. Celui qui ne tient pas parole montre sa faiblesse. Il a l’allure d’un aigle… mais déploie les ailes d’une poule. Bref, il faut que les bottines suivent les babines. 2014, S. Blouin, À la recherche du sourire absolu, p. 76.

Quand j’ai vu les premières minutes du match du Canadien mardi soir à Detroit, je me suis dit que je pourrais écrire à mon ami […] en fin de soirée. Ce dernier m’avait défié en octobre de parier une bouteille de vin, puisque j’avais osé prédire que ses Glorieux allaient rater les séries. Les bottines doivent suivre les babines, alors je m’étais empressé d’accepter son offre. 2019, S. Turcotte, Le Nouvelliste, Trois-Rivières, 27 février, p. 30.

Comme d’autres, [la politicienne] avait soif d’incarner concrètement ses principes. Elle n’a pas été libre de le faire. En bon québécois, on dirait qu’un des problèmes de [son parti politique], c’est que les bottines ne suivent pas les babines (sauf pour rectifier le tir radicalement en limitant les candidatures masculines). Ainsi, quatre mois suffisent à ce qu’on s’épuise quand on constate qu’on ne réussira pas à changer la machine. 2024, J. Cossette, Le Devoir, Montréal, p. A7.

III

En parlant de qqn. Vieilli, Rareet fam.Imbécile, idiot. 

Avoir l’air bottine.

L’imagination est le menu du rêve. Les idoles sont la nourriture des rêves. Lacroix se console à la pensée que dans la police, il faut savoir patiner, parce que la police est bottine1982, J.-C. Saulnier, Patrouille de nuit, p. 130.

  VieilliPlaisantin, joyeux luron, boute-en-train.

C’est une moyenne bottine! 

La merveille démasquée, le cave des caves, la pire bottine de tout Roseville, nul autre que le Premier ministre Peter Gadget. 1973, J. Côté, On va les avoir les Anglais!, p. 146.

Histoire

IADepuis 1703; attesté en français depuis le XIVe s. au sens de « petite botte de cuir ou de tissu » (v. TLF), cet emploi est aujourd’hui considéré comme désuet en France (v. ibid.; Robert 1985, sous Rem. et GLLF). Bottine, associé à une botte courte, d’aspect robuste, n’est pas représenté dans les dictionnaires. Toutefois, on trouvait cette appellation dans les années 1990 dans des catalogues de vente par correspondance de France pour désigner différents modèles de chaussures robustes, pour homme ou femme, identiques à ceux qu’on appelle bottines au Québec (v. p. ex. 3 Suisses, automne-hiver 95‑96, p. 98, 105, 480, 484, 514, 524, etc.). De nos jours, cet emploi est plus rare sur les sites de vente de chaussures français, mais a cependant cours en français de Belgique (v. MassBelg : « grosse chaussure lourde »). B1Bottine boutonnée, depuis 1871 (Le Journal de Québec, 28 mars, p. [4]; annonce : bottines boutonnées); bien que boutonné « qui a des boutons (habit) » est attesté en français depuis le XIVe s. (v. FEW a. bas-frq. *bōtan 151, 225a), bottine boutonnée est sans doute attribuable à l’anglais button-boot (v. OED, s.v. button, no 12). Bottine lacée, depuis 1830; probablement formé à partir de l’anglais lace-boots (v. OED, s.v. lace, no 10). Bottine en feutre, depuis 1855 (Le Pays, Montréal, 14 décembre, p. [3] (annonce) : Bottines en Feutre). Bottine de drap, depuis 1798 (Sainte-Anne-de-la-Pocatière, BAnQQ, greffe L. Cazès, 26 janvier). Bottine de prunelle, depuis 1834 (L’ami du peuple, de l’ordre et des lois, Montréal, 15 octobre, p. 99 (annonce) : Souliers et bottine [sic] de prunelle). Bottine de magasin, depuis 1930 (GPFC). Bottine française, depuis 1828 (Québec, BAnQQ, O. Grégoire, 19 novembre : une paire de bottines françaises tous les deux ans), probablement sur le modèle de soulier français2Bottine (de bébé), depuis 1914, est probablement un calque adapté de l’anglais babies’s boot (v. The Daily Witness, Montréal, 23 septembre 1897, p. 11 : our easy fitting Baby’s Boot, made especially for the little ones, with wide ankles). Bottine de travail, depuis 1898. Bottine de ski, depuis 1910 (La Presse, Montréal, 14 janvier, p. 9 (annonce) : Bottines de ski, la meilleure qualité et la meilleure fabrication); attesté également en français de Belgique (v. MassBelg); relevé dans ArmParl, s.v. bottines. Bottine de marche, depuis 1881; relevé aussi en français de Belgique (v. MassBelg). Bottine à patins, depuis 1898; bottine pour patinage, depuis 1903 (Le Canada, Montréal, 28 décembre, p. 8); bottine pour patiner, depuis 1881 (L’Événement, Québec, 22 décembre, p. [3]); bottine de hockey, depuis 1903.

II1Depuis 1970. 2Depuis 1934. Construit sur le modèle de l’expression française avoir les deux pieds dans le même sabot (v. à ce sujet PoirVarTop et KrivExpr), attestée en France depuis la deuxième moitié du XIXe s. au sens de « être incapable d’agir, être passif » (v. A. Léo, L’enfant des Rudère, La Justice, Paris, 30 décembre 1882, p. 2 (feuilleton) : Oh! l’ouvrage ne manque pas! J’aide à tout dans la maison. Je m’occupe des vaches, du laitage et du jardin. Oh! l’on n’a pas les deux pieds dans le même sabot.), laquelle paraît être une variante de (avoir) les deux pieds dans un sabot, attestée dès les années 1830 (v. Le Mercure de France au dix-neuvième siècle, Paris, 7 avril 1832, p. 20 : Les campagnards, dont l’existence entière est destinée à être active et soumise à toutes les rigueurs des saisons, ne doivent nullement être […] élevés sous un couvert, les deux pieds dans un sabot […]; Œuvres de Jacques Bujault, 1845, p. 116 : Elle allait, venait, galopait, disant : Ah! le rude métier d’être maîtresse de maison; ne faut avoir les yeux dans sa poche, ni les deux pieds dans un sabot.) (v. aussi GLLF, s.v. pied et ReyExpr2, s.v. pied : être, rester, etc. les deux pieds dans le même sabot, le même soulier « embarrassé, incapable d’agir; passif et sans initiative »); également relevée dans les parlers d’Anjou et du Poitou (v. VerrAnj, s.v. sabot : ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot « être vif, actif, alerte »; PougnDSèvr, s.v. soulier : avoir les deux pieds dans le même soulier « être lent à comprendre, benêt, niais »). Dès 1853, on trouve avoir les deux pieds dans un sabot dans un journal québécois, dans une section reproduisant un extrait d’un ouvrage publié en France (v. Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 18 mars, p. 4). De même, les variantes de l’expression avec les verbes mettre et rester figurent dans des feuilletons français reproduits au Québec au début du XXe s. (v. p. ex. Le Soleil, Québec, 26 octobre 1903, p. 6 : Monsieur tarde à rentrer et il ne fait pas bon mettre ses deux pieds dans le même sabot quand on a un Parisien sur les bras, sans parler de la noce dans trois jours…), puis dans les journaux québécois (v. p. ex. Le matin, Montréal, 1 septembre 1923, p. [1] : Nous restons les deux pieds dans le même sabot, toujours ennemis de l’effort.), mais elle a été supplantée dès les années 1920 par des variantes québécoises avec le mot bottine, probablement parce que sabot est peu usuel pour désigner des chaussures au Québec (v. par ex. Le Canard, Montréal, 20 mars 1921, p. 6 : Rémi R., quand tu iras à Montréal fais attention de ne pas mettre les deux pieds dans la même bottine.). L’expression a ensuite été relevée dans différents ouvrages spécialisés québécois sous des sens légèrement différents du sens français, le sème de « maladresse » étant propre à l’expression québécoise (v. RobMan2 « être empêtré »; LavSag 64 « être maladroit au travail »; MassÎG 125 « maladroit (d’un travailleur) »; Seutin 2, p. 383 « être lourdaud, peu débrouillard »; DubRég, s.v. pied « être peu débrouillard, maladroit, empêtré », Bergeron « ne pas être débrouillard; être épais »; DesRExpr1 « être empoté, niais », ne pas avoir les deux pieds dans la même bottine « être débrouillard, éveillé »; BourrAm, qui indique qu’il s’agit d’une « expression de la maladresse »; v. aussi RoyMiq et BibFr). Les variantes avoir les deux pieds dans le même soulier et avoir les deux pieds dans la même chaussure ont aussi été relevées dans des recueils de québécismes (p. ex. BeauchQuéb, Barbeau 2), mais elles sont attestées en France. 3Depuis 1963. 4Depuis 1998. Innovation québécoise dont l’effet ludique repose sur le recours à l’emploi familier babines « lèvres d’une personne » (v. Usito) ainsi que sur l’allitération en b et la rime en ‑ine des mots bottines et babines. L’expression est peu présente dans les recueils d’expressions québécoises, mais elle a été relevée dans ArmExpr 38 et dans DesRExpr 2009, s.v. bottines. Cette expression est l’équivalente de l’expression anglaise walk the walk and talk the talk ou talk the talk and walk the walk « to say something that appears to be real or true and show it is real or true through your actions » (CambridgeDictionary of idioms, s.v. talk, v. aussi Oxford Dictionary of Phrase and Fable, s.v. walk), attestée depuis les années 1990 (v. Dictionary of American Slang) et construite à partir des locutions walk the walk « to behave in a manner consistent with the image one projects or the values one advocates » et talk the talk, de même sens (OED (en ligne) 2024‑05, s.v. walk et talk). DesRExpr mentionne l’équivalent anglais the walk must meet the talk, mais cette expression est absente de la documentation anglaise consultée (v. DesRExpr 2009, s.v. bottines). 

IIIDepuis 1982 (« idiot ») et 1973 (« plaisantin »). 

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : mai 2025
Trésor de la langue française au Québec. (2025). Bottine. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 21 janvier 2026.
https://www.dhfq.org/article/bottine