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BLANCHON [blɑ̃ʃɔ̃]
n. m.

1

Vieilli(Dans la langue des pêcheurs, des chasseurs de baleines). Nom donné au jeune béluga (Delphinapterus leucas, fam. des monodontidés) qui commence à prendre une coloration blanchâtre.

 marsouin.

La coloration de la peau [du béluga ou marsouin blanc] change pendant la croissance. La peau du fœtus est brunâtre de même que celle du sujet jeune (Veau). Quand l’animal a atteint une taille de sept pieds il prend une livrée bleuâtre caractéristique qui lui a fait donner, parmi les chasseurs du St-Laurent, le nom de Bleuvet. Lorsque sa taille dépasse 9 pieds, le Bleuvet devient le Blanchon; il est blanc grisâtre et commence à perdre toute pigmentation. Le Marsouin dont la taille dépasse 11 pieds est blanc, d’un blanc brillant qui réfléchit la lumière. 1940, W. Bonin et V. D. Vladykov, dans Le Naturaliste canadien, vol. 67, nos 10-11, p. 255.

En fait, à l’embouchure du Saguenay, le fleuve est si pollué qu’il est en train de tuer son troupeau de bélugas, ces petites baleines couleur de neige que les gens de l’île aux Coudres pêchaient jadis sous le nom de blanchons ou de marsouins. 1988, L’Actualité, juillet, p. 26.

2

Nom donné au nouveau-né du phoque du Groenland (Pagophilus groenlandicus, fam. des phocidés) dont la fourrure est entièrement blanche.

2006, Matthieu Godbout, Blanchon (« delphinapterus leucas ») sur une banquise aux Îles-de-la-Madeleine [photo], CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blanchon-idlm2006.jpg

La chasse aux blanchons. Des peaux de blanchons.

SYN. plus cour.bébé phoque.

Durant cette partie de l’année, certains groupes [de chasseurs montagnais] préfèrent s’installer près de la côte pour profiter du retour des oiseaux migrateurs et chasser les petits « blanchons ». 1989, R. Dominique, Le langage de la chasse, p. 164.

Depuis les temps immémoriaux, à chaque année au mois de mars, quelques centaines de milliers de phoques du Groenland viennent mettre bas sur les glaces qui entourent les îles de la Madeleine. Ils ont défrayé la manchette, ces fameux phoques, en compagnie de leurs rejetons, les photogéniques blanchons au regard mouillé et à la mine pathétique. 1990, Le Devoir, Montréal, 15 mars, p. 15.

À leur naissance, les bébés phoques, ou blanchons, sont couverts d’une fourrure blanche, le « lanugo ». Cette première fourrure ne dure que deux semaines, après quoi les jeunes revêtent un nouveau pelage gris crémeux, parsemé de petites taches noires. 1992, Y. Ouellet, dans Franc-Vert, novembre-décembre, p. 17.

Histoire

Blanchon appliqué à un animal qui se distingue par sa couleur blanche ou qui connaît un stade de coloration blanchâtre est sans doute un terme de chasse hérité de France; il a été relevé au sens de « lièvre blanc » dans quelques parlers provençaux et franco-provençaux (sous la forme blanchon ou des variantes qui sont propres à ces parlers; v. FEW germ. *blank 151, 143a, DurFrProv s.v. blanc; v. en outre RollFaune 1, p. 88, qui signale son emploi dans un journal savoyard destiné aux chasseurs).

1Depuis 1940. 2Depuis 1972 (d’après PPQ 1443x). Cet emploi, d’abord attesté dans le parler des Madelinots, ne s’est répandu au Québec qu’à la fin des années 1970.

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Blanchon. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 24 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/blanchon