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BIBITTE ou  BIBITE
n. f.

Rem.

Pour voir les autres orthographes possibles, voir bibitte1.

  

Vulg., vieilliSexe, généralement celui de l’homme. 

Une grosse, une petite bibitte.

Souvent, avant de partir, à six heures, il change de pantalon devant les filles. Elles lui regardent les cuisses et examinent soigneusement la fameuse bosse dans son caleçon. […] Quant à Jeanne, elle fait exprès pour se détourner, elle s’éloigne même. Et Hans en profite toujours pour la taquiner : « Tu as peur de la grosse bibite, Jeanne? » 1967, Cl. Jasmin, Les cœurs empaillés, p. 32.

Y me pinait donc raide […], bandé comme un arrache-clous, la queue vaillante […] grosse bite, grosse bibite […]. 1974, J.‑M. Poupart, C’est pas donné à tout le monde d’avoir une belle mort, p. 117.

Maryse roucoulait, sa petite langue vorace faisait des petites chatteries au gros John qui ronronnait de plaisir. […] Mary-Lou ne voulait pas rester toute seule dans son coin, aussi, ses doigts descendirent la fermeture éclair du pantalon de son compagnon Noir et voilà la petite bibitte (petite, c’est vite dit!) qui se montre à l’air libre. Beau morceau lui aussi. 1982, N. B., Call-girl, p. 154.

Huguette était une brave fille à l’allure passablement dévergondée, qui ne pensait qu’à trouver un garçon pour se faire embrasser. Elle prétendait même qu’elle avait vu la « grosse bibite » d’un homme qui voulait faire l’amour avec elle… 1989, R. Fournier, Chair Satan, p. 49.

« Tu sais, Roméo, tu es un garçon et Jeanne, une fille. […] Tu es un grand garçon, maintenant. Il y a des choses que tu es capable de comprendre. » Roméo sait tout ça, que les filles n’ont pas de bibitte. Il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Mais Roméo écoute quand même son père […]. 1998, M. Bergeron, Le petit train du bonheur, p. 64.

Histoire

Depuis 1967 (mais relevé dès 1939 dans le français de la Louisiane, v. GranStJohn 15; v. aussi DLF). D’origine dialectale. Le mot a été relevé dans des parlers du Nord et du Nord-Ouest de la France, mais comme mot enfantin (« verge des petits garçons ») et de genre masculin (v. HaignBoul, VacNorm et DebrPic); cp. également bébête, n. f., « verge » (et variantes), dans les mêmes parlers (v. VacNorm, EdmStPol, VassPic et DebrPic). Attesté également dans des dictionnaires érotiques français dès le XIXs. (v. A. Delvau, Dictionnaire érotique moderne, 1864, p. 41 : « bibite : le membre viril »; J. Choux, Le petit citateur : notes érotiques et pornographiques, 1869, p. 52 : « bibite : pine d’enfant, qui n’en est pas encore une, ou de vieillard, qui n’est plus rien du tout », ainsi que GuirÉrot 70 : « bibite : pénis d’enfant »), de même que dans la littérature érotique française du XXe s., notamment chez San-Antonio (v. par ex. son roman Pleins feux sur le tutu, 1984, p. 19 : Voilà, le mec est paré. Non, non, range ta bibite, on ne baise pas tout de suite!). Comme dans le cas de bibitte1, le mot représente probablement au départ une variante de bébête « petite bête », mais ayant vraisemblablement subi l’attraction de bit(t)e « pénis », attesté en français populaire depuis le XVIe s. (v. TLF et RobHist).

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : décembre 2025
Trésor de la langue française au Québec. (2025). Bibitte2 ou bibite. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 10 février 2026.
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