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BANDE [bɑ̃d]
n. f.

Rem.

Variantes graphiques : (d’après des prononciations vieillies) band, bannebagne.

  

Vieilli(Parfois dans bande de musique). Formation musicale composée d’instruments à vent et de percussions.

La bande militaire. La bande du régiment, du bataillon. La bande municipale, de la ville, du village. La bande du collège. Chef, conducteur, maître de bande.

 Musique jouée par une telle formation.

Jouer de la bande.

Rem.De nos jours, on emploie plutôt fanfare, harmonie, clique, comme en France.

L’honorable Chs. de Salaberry [...] et les honorables P.D. Debartzch et Ch.J. Papineau [...] entrèrent dans la salle du repas, au son d’un air favori des Voltigeurs Canadiens, joué par la bande du 60e. régiment [...]. 1822, La Gazette canadienne, Montréal, 23 octobre, p. 3.

Dimanche prochain, [...] accompagné de sa bande de musique composée de 45 membres en costume du club, il [le club de raquettes] se rendra en corps à l’église [...]. 1885, La Presse, Montréal, 20 janvier, p. 4.

Ta patrie, tu la trouv’s pas belle? Tu t’sens pas fier d’êtr’ Canayen Quand les band’s jouent « Yankee Doodle » À plein’s trompett’s, le vingt-quatr’ juin? 1939, J. Narrache, J’parl’ pour parler..., p. 47.

– Casimir : On va avoir une bande... – Barnabé : Une fanfare que tu veux dire? Mais, qui c’est qui va jouer? – Casimir : Hortensias joue de la clarinette, le père Siméon joue du cornet, puis Clodomir joue de la trombone coulante [...]. Ça fait qu’on va aller chercher le capitaine au dépôt, accompagné de la bande... 1944, O. Légaré, Nazaire et Barnabé, 21 janvier, p. 6-7 (radio).

VieilliOrchestre de danse, de jazz. (DenAngl 102).

 Bandiste n. m. Musicien faisant partie d’une bande.

La scéance [sic] dramatique et musicale donnée hier soir à l’Institut par les gens de la ville, a bien réussi [...]. Aujourd’hui, les bandistes et les acteurs doivent aller passer la journée en pique-nique. 1882, La Gazette de Joliette, 29 août, p. 3.

Histoire

Depuis 1822. Emprunt de l’anglais band (v. OED et Webster 1986), probablement sous l’influence des milieux militaires anglais du Canada. Le mot est sans lien historique avec bande « troupe de musiciens », dans la grande bande (des 24 violons du Roi), comme l’ont pensé certains commentateurs québécois (v. par ex. BlainExpr-1, Dionne, RivBelg 104, GPFC, DavTrad s.v. band), puisque cet archaïsme, surtout usité aux XVIIe et XVIIIe s., n’a guère servi qu’à désigner l’ensemble des musiciens de la chambre du roi de France qui jouaient des instruments à cordes; il n’y a pas de lien à établir non plus avec bande « corps de musique militaire », relevé par les dictionnaires du français de France (depuis 1834), parce qu’il a été établi que cet emploi était attribuable à l’italien banda (v. Ddl 2/12; FEW gotique bandwa 151, 53b; Larousse 1960). Bande de musique, chef de bande et maître de bande sont des calques des locutions anglaises band of music, bandleader et bandmaster (v. Funk 1909, Craigie, OED et Random 1983) et confirment l’hypothèse d’une origine purement anglaise de l’emploi québécois. Le sens d’« orchestre de danse, de jazz » vient également de l’anglais band (v. Random 1983). Le dérivé bandiste a été fait sur le modèle de mots comme instrumentiste, percussionniste, etc.

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Bande3. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 26 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/bande-0