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BAND-AID [banded]
n. m.

Rem.

1. Souvent invariable en nombre. 2. Variantes graphiques band aid et bandaid

1

Fam.Petit pansement adhésif.

2023, TLFQ, Petit pansement adhésif (« band aid ») [photo].

 bandage2; diachylon (sens 1); plaster (sens 1).

Nécessaire d’urgence : 1 bandage de 3 pouces pour compresses [/] 2 petites ampoules d’iode avec étui ou 1 grande ampoule [/] 2 « band‑aids » de 1 pouce (ou autre pansement analogue) [...]. 1933, La Gazette officielle du Québec, 14 janvier, p. 193.

La malchance d’un pêcheur! Même un expert se fait parfois attraper. Mais après que la blessure a été traitée convenablement, un Band‑Aid vite appliqué aide à la protéger contre la saleté. […] Idéal pour petites coupures, brûlures et ampoules. 1940, La Presse, Montréal, 25 mai, p. 2 (annonce).

Précautions à observer avant la course : [...] Placez dans la poche de votre short, des band‑aid [sic], 2 ou 3 pastilles de sodium et de dextrosol (glucose), du papier hygiénique replié. 1979, La Presse, Montréal, 18 août, p. C6.

Un band-aid anti-tabac [titre] Toutes vos tentatives pour cesser de fumer se sont soldées jusqu’ici par des échecs? La compagnie pharmaceutique suisse Ciba-Geigy est à mettre au point un nouveau procédé qui vous permettra peut-être « d’écraser » enfin : un sparadrap à la nicotine. Lorsque ce « band‑aid » est collé sur la peau, la nicotine se diffuse dans le sang à un rythme constant. Celle‑ci exerce son effet excitant sans qu’on ait à se noircir les poumons. 1988, L’œil régional, Longueuil, 15 juin, p. 102.

Il en coûte 150 $ juste pour ouvrir un dossier au CHUS. Si en plus on additionne le coût des points de suture, des Band‑Aid et des autres soins qui peuvent être requis, ça commence à faire beaucoup d’argent[.] 1991, La Tribune, Sherbrooke, 26 septembre, p. A2.

Qui sont les mères? Ce sont des êtres indispensables qu’on croise, une liste de courses dans une main, un agenda dans l’autre, un peigne entre les dents, des élastiques autour des poignets, la sacoche débordante de Band‑Aid, de suces et de débarbouillettes, celles qui ont toujours le coffre de voiture plein de sacs d’épicerie et de pharmacie, qui ont toutes les listes qui virevoltent tout autour de la tête et surtout dedans, qui pensent à tout, tout le temps… Ou presque. 2017, Le Charlevoisien, Baie-Saint-Paul, 17 mai, p. 14.

2

Par métaph., Fam.Palliatif, solution temporaire et insatisfaisante, moyen peu efficace utilisé pour remédier à un problème complexe.

(Mettre) un band‑aid (sur un bobo).

 plaster (sens 2); diachylon (sens 2).

Certains gouvernements […] ont fustigé le document dis[an]t qu’il n’était « qu’un band‑aid qu’on applique pour calmer les protestations […] [»]. Un autre membre a dit que « les solutions étaient trop simples pour un problème aussi complexe ». 1980, Le Droit, Ottawa, 20 mars, p. 3.

La lettre qu’elle [une orthopédagogue] a écrite au ministre de l’Éducation […] est aussi courte que percutante. Elle y explique pourquoi, certains soirs, elle entre chez elle avec la douloureuse impression de ne pas avoir répondu aux réels besoins d’un enfant pour qui elle a été juste comme un « band‑aid » sur un bobo. 1989, La Tribune, Sherbrooke, 16 juin, p. B1.

Cette pandémie nous a rappelé que les failles de la société sur lesquelles on met des Band‑Aid au gré des crises et des manchettes depuis des décennies, eh bien, elles peuvent nous engouffrer, même si on s’en croit isolés. 2020, P. Lagacé, La Presse (site Web), Montréal, actualités (chronique), 12 septembre.

Par métaph.Fam.Arracher, enlever le band‑aid : mettre un terme plus ou moins brusquement à une chose ou une situation qui cause de l’inconfort psychologique, émotif ou moral.

J’ai perdu une de mes meilleures amies, lentement mais sûrement, parce qu’elle s’est fait un chum. Je suis rendue à un point où je veux juste arracher le Band‑Aid, mais je ne peux pas m’empêcher d’être amère lorsque je pense à l’amitié perdue. 2014, J. Brunet, Courrier de la patate TLP : première édition! (billet de blogue), Ton petit look (site Web), 3 septembre.

Je savais bien que je venais d’agir en parfait salaud avec Mackenzie […]. Je regrettais déjà mes paroles, mais elle ne le saurait jamais. Il valait mieux arracher le band‑aid d’un coup sec, même si ça faisait plus mal. C’était la façon la plus efficace que je connaissais pour me sortir d’une situation embarrassante. 2015, A.‑M. Vallée, Fossile, t. 1, p. 65.

Puis, montant sur scène pour ouvrir officiellement le bal, l’animateur a d’emblée affirmé vouloir « arracher le band aid », faisant ainsi allusion aux remous provoqués par le retrait du programme du fameux sketch [impliquant deux humoristes]. Il a toutefois avancé que l’incident était « seulement la suite logique des 12 derniers mois en humour au Québec ». 2016, Métro (Montréal), 16 mai, culture, p. 18.

« Plus j’en parle, plus je ressens un peu une force là‑dedans, d’être un leader positif, poursuit l’avocate. J’essaie de rendre cette peur‑là positive. Une fois qu’on a arraché le Band‑Aid, on se sent mieux. » 2020, Droit‑Inc (site Web), Montréal, 8 mai.

[Une professeure de l’École de santé publique] […] propose au gouvernement « d’arracher le band‑aid » plutôt que de continuer à « jouer au yoyo » avec le confinement. 2021, Métro (Montréal), 19 février, perspective, p. 5.

Histoire

1Depuis 1925 (La Presse, Montréal, 5 décembre, p. 24, dans une annonce détaillant l’offre de produits d’une pharmacie : Band‑Aids). De l’anglais Band‑Aid, nom d’une marque de commerce nord-américaine (v. OED, Gage 1984 et Webster 1986). 2Depuis 1980. De l’anglais band‑aid « a temporary or makeshift solution to a problem, etc.; a palliative », attesté depuis la fin des années 1960 (v. OED (en ligne) 2022‑09, qui rattache son origine à l’anglais américain). Arracher, enlever un/le band‑aid, depuis 2014. Toutefois, la comparaison entre un band‑aid qu’on enlève rapidement et la terminaison d’une situation pénible est plus ancienne, comme le montre cet exemple de 1970 : Y a une chanson qui avait attiré mon attention : […] la sensation de donner un coup de pied dans une porte […] et de sortir enfin. La sortie violente comme on arrache un band‑aid d’un coup sec (Le Droit, Ottawa, 26 septembre, p. 12). Il s’agit probablement de la traduction d’expressions anglaises de même sens, reposant sur la même métaphore, telles que to pull the band‑aid off / to pull off the band‑aid, to rip the band‑aid off / to rip off the band‑aid, etc. (v. p. ex. A. Kerlin et P. Oh, Secrets of the Model Dorm, 2007, p. 161; R. M. Lemer, The Good Teen, 2007, p. 133), lesquelles sont toutefois absentes des dictionnaires anglais consultés (v. toutefois The Free Dictionary : Idioms, qui enregistre rip the band‑aid off / rip off the band‑aid).

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : février 2023
Trésor de la langue française au Québec. (2023). Band-aid. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 19 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/band-aid