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BALANCE [balɑ̃s]
n. f.

1

Tout appareil servant à peser des personnes, des choses.

2022, TLFQ, Balance numérique [photo]. 2022, TLFQ, Balance à cadran [photo].

Monter, embarquer sur la balance. Balance de bébé, pour bébé.

 VieilliBalance publique : appareil à l’aide duquel on pèse les véhicules (p. ex. les camions), les animaux.

Rem.En français de France, pour bon nombre d’instruments de pesée, on a souvent recours à des appellations spécifiques (pèse-personne, pèse-bébé, pèse-lettre, bascule, etc.), de sorte que le mot balance y est d’usage moins courant qu’en français du Québec où ces appellations sont limitées au vocabulaire de la publicité ou à la langue soignée.

« J’en pouvais à peine croire mes yeux lorsque je montai sur la balance, après avoir pris ma sixième bouteille de Tanlac [nom d’un médicament], car je constatai que j’avais engraissé de trente-cinq livres », déclara M. Drouin. 1920, Le Devoir, Montréal, 24 mai, p. 6 (annonce).

Carrosse anglais, lit d’enfant, balance de bébé. 1940, La Presse, Montréal, 2 avril, p. 21 (annonce).

Ils passent les mains dans les côtes, pis ils savent comment ce que le bœuf est gras. – Pis comment ce [combien] qu’il pèse, ils connaissent tout ça. […] – Avant de passer à l’encan, il y a une grosse balance publique, ils pèsent toutes [sic] leurs animaux. Là, quand ils passent à l’encan, ils ont toutes leurs pesanteurs pis tout ça.1964 env.,Montréal, AFEUL, P. Perrault 1204 (âge de l’informateur : n. d.).

Il nageait dans la graisse et était pour ainsi dire affligé de bourrelets. Hier, quand il est monté sur la balance, il pesait 215 livres, vingt livres de moins que l’an dernier. 1980, Le Soleil, Québec, 5 mars, p. C2.

2

(Dans le voc. politique). Balance du pouvoir : possibilité qu’a un parti politique peu représenté au Parlement de donner ou non au parti au pouvoir l’appui dont il a besoin pour conserver la majorité.

Détenir, avoir, tenir la balance du pouvoir.

Rem.On trouve en France l’expression balance des pouvoirs qui désigne l’équilibre, la pondération des pouvoirs politiques entre le pouvoir exécutif et les Chambres.

Le Bloc, avec quinze pour cent du vote, n’avait remporté que quatre sièges mais se vantait néanmoins de sa victoire et disait détenir la balance du pouvoir. 1977, C. Black, Duplessis, t. 1, p. 466 (texte traduit).

À Ottawa, avec 25 % de la population, on tient toujours la balance du pouvoir. Mulroney a 63 députés, si c’était les libéraux qui les avaient eus, c’est Turner qui serait premier ministre. 1989, Le Devoir, Montréal, 25 février, p. A11.

Histoire

1Depuis 1914 (BPFC 12/10, p. 402 : « Balance dans le sens de Bascule (sorte de balance pour peser les lourds fardeaux). »). Maintien d’un usage français ancien; en France, les mots spécifiques sont d’une époque relativement récente (pèse-personne 1937, pèse-bébé 1875, pèse-lettre 1870, v. TLF). 2Depuis 1937 (DufrAngl 266); calque de l’anglais balance of power « the power of a minority to give control to a larger group by allying forces with it » (v. Gage 1984 et WebsterW 1988).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Balance1. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 15 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/balance